TRAVERSÉ
par
la lumière.
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mq
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Ainsi, en portant de 1 “,20 à 1“,80, c’est-à-dire en augmentant de moitié la largeur de la fenêtre, on n obtient que o'n<<,40 d’éclairage du plancher, tandis qu en augmentant dans la môme proportion la hauteur (3 mètres au lieu de 2 mètres), on arrive à 8m'' de plancher éclairé.
608 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
Si la pièce, c[iio nous avons supposée avec 5 mètres de profondeur et 3 mètres de hauteur, a 4 mètres de largeur, la face éclairée se trouve avoir de 12 à 14 mètres carrés de surface; la fenêtre à 3 mètres de hauteur sur lm,20 de large en occupe au moins le quart et représente l"'i,20 de surface de fenêtre pour 20 mètres cubes de capacité intérieure. Baumeister n’exige que 1 mètre carré de fenêtre pour 30 mètres cubes de capacité (Putzeys).
Persiennes, stores, rideaux. — Les persiennes, jalousies, stores, rideaux, ont pour but de régler et d’atténuer l’afflux des rayons lumineux. La mode et le luxe inutile, il faut le dire, se sont aussi emparés de cette ressource et imposent trop souvent la forme et la nature de ce qui ne devrait être qu’une protection.
Les persiennes doivent être à lames mobiles, susceptibles d’inclinaison sur leur axe et pouvant être appliquées au mur ou rassemblées de façon à dégager entièrement la fenêtre, quand leur . rôle n’est plus utile. On les peint avec raison en vert, d’après ce fait d’observation que la lumière tamisée à travers le feuillage des arbres est particulièrement agréable.
Les stores répondent au même but avec moins d’avantages. Une modification heureuse à introduire dans leur fonctionnement consisterait à en renverser le sens; ils se dérouleraient, non de haut en bas, mais de bas en haut, comme c’est établi dans quelques écoles d’Autriche. En effet, quand il y a trop de lumière, c’est par en bas, au niveau des yeux, qu’il convient d’intercepter les rayons directs ; ceux de cet ordre qui pénètrent par dessus la tête des habitants se diffusent assez pour éclairer doucement audessous d’eux.
Les rideaux rendent encore d’une façon moins satisfaisante le service d’atténuer la lumière. D’ordinaire ils la diminuent très positivement, là où il y en avait à peine assez. Ceux d’étoffe l’arrêtent par en haut, où elle est le moins offensive et le plus efficace; et si on les ferme, c’est l’obscurité, qui ne peut guère être utile qu’à des maladies d’yeux. Les rideaux de mousseline ont l’avantage d’intercepter la lumière aussi peu que possible et mériteraient la préférence; mais la vanité n’est pas satistaite à ce prix; il lui faut de riches et lourdes tapisseries qui barrent le passage à l’air et à la lumière, mais recueillent les poussières flottantes et, tout en rétrécissant le cube intérieur, emmagasinent les miasmes.
Ém. Trélat a décrit et figuré un arrangement de draperies dans lequel un rideau unique, pouvant glisser devant toute la largeur de la fenêtre, se rassemble sur un côté et peut être ramené en une courbe, non sans grâce, devant la moitié inférieure seule de la baie d’éclairage, lorsque la lumière est excessive.
B. Éclairage artificiel. — La question de l’éclairage artificiel est plus complexe que la précédente. L’hjrgiène de la vue n’est plus seule en cause, cette fois; les modes artificiels d’éclairage introduisent dans nos habitations des corps qui sont rarement indifférents et deviennent parfois hautement offensifs; l’éclairage n’est obtenu qu’à l’aide de la combustion,
générale.] ÉCLAIRAGE DES HABITATIONS.
condition de la luminosité de ces corps et, par conséquent, élève la température intérieure en même temps qu’il mélange à l’air de nos demeures des produits plus ou moins oxydés, aux dépens de l’oxygène de notre atmosphère. La lumière électrique, que nous rangeons à part, ne fait pas absolument exception; mais réchauffement de l’air et la consommation d’oxygène sont si faibles qu’on peut les regarder comme nuis.
Matières éclairantes. — L’essence du phénomène de la luminosité dans certaines combustions échappe encore aux physiciens ; mais l’.on en connaît au moins les conditions. Tous les corps capables de donner par leur combustion une lueur éclairante sont des carbures d’hydrogène; solides, ils doivent pouvoir fondre à une température peu élevée ; liquides, ils doivent pouvoir prendre facilement l’état gazeux ; la combustion lumineuse n’a lieu, en définitive, que sur un corps identique au gaz d’éclairage supposé pur, c’est-à-dire sur de l’hydrogène carboné. A la faveur de la chaleur et de l’afflux de l’oxygène de l’air, l’hydrogène carboné se décompose; c’est le carbone qui brûle le premier, l’hydrogène ensuite. On sait que la flamme se compose d’une partie centrale, sombre et froide; d’une partie moyenne, lumineuse, et d'une zone périphérique, peu lumineuse, mais qui a la température la plus élevée ; c’est dans la partie lumineuse que brûle le carbone et dans la zone chaude que brûle l’hydrogène. On a dit pendant longtemps que la luminosité est subordonnée à la présence, dans le gaz en combustion, de particules solides, qui, dans le cas particulier, sont des molécules de charbon; on expliquait ainsi la lumière fournie par la combustion du magnésium et le magnifique éclat donné à la flamme par l’introduction de fragments de chaux, de strontiane, de magnésie, selon le procédé de Drummond. Mais Frankland a démontré que les particules solides ne sont pas nécessaires et qu’il suffit d’une vapeur dense, mêlée aux gaz brûlants. Landolt et Hilgard sont arrivés à la même conclusion, en même temps qu’ils montraient la rapidité avec laquelle l’air atmosphérique se diffuse à travers la flamme, avec les produits de la combustion, et comment les gaz combustibles diminuent dans celle-ci, en même temps que les produits de combustion augmentent. Erismann a reconnu que les carbures hydriques constituent cette vapeur dense, éclairante.
Deville a établi que la température à laquelle un corps brûle a une influence décisive sur son pouvoir éclairant. C’est sur ce principe que reposent les appareils de Tessié du Motay (au gaz oxy-hydrique), dans lesquels un courant d’oxygène est projeté sur une flamme de gaz d’é- 1 airage ; au milieu de celle-ci se tient un crayon de magnésie ou de zircone.
La pression forte augmente la luminosité de la flamme; faible, elle la diminue. Dans 1 air tranquille, les hydrocarbures brûlent sans fuliginosités, lorsqu ils renferment G parties (en poids) de carbone contre 1 d’hydrogène; 1 essence de térébenthine, par exemple, qui contient 7,5 de carbone pour 1 d hydrogène, brûle avec une flamme fuligineuse que l’on évite à peine avec les lampes armées d’un tube cylindrique, faisant office de cheminée d’appel (lampes à double courant d’air).
| Hygiène
DES ABRIS ET DU VÊTEMENT
Les matières éclairantes sont solides, liquides ou gazeuses :
Solides.
Suif.
Cire.
Acide stéarique.
Huile do palme.
Blanc de baleine.
Paraffine.
Torche de résine.
Liquides.
Huile de colza
— d’olive
— de poisson.
Campbine
Huile du goudron
— solaire
Pétrole
j fixes.
! volatiles.
Gazeuses.
Les gaz d’éclairage obtenus par distillation du bois, de la tourbe, de la houille, etc.
Le suif. — Celte substance est brûlée sous forme de chandelles, dans lesquelles on est obligé de ménager une mèche volumineuse, dont la combustion complète est difficile à obtenir.
La chandelle des six (à la livre) perd en brûlant lt grammes de son poids à l’heure; 1 gramme de suif peut porter 100Kr,33 d’eau de 0° à 100° (Moigno). Une chandelle de ce calibre échauffe, en une heure, 3mo,56 d'air de 0° à 100; t kilogramme de suif consomme en brùlanl 10', 33 d’air.
Une chandelle des six, à la température moyenne de l’appartement, fit monter d’un degré un thermomètre placé à 13 centimètres de distance, de 0°,4 un thermomètre éloigné de 30 centimètres. L’intensité de la lumière d’une lampe Carcel de 29 millimètres étant 100, celle cl’une chandelle est de 10,60. Si l’on ne mouche pas assidûment la mèche, on peut perdre les 3/4 de la lumière. On sait que la flamme de chandelle vacille dans tous les sens; cette circonstance, très fatigante pour les yeux, est pourtant son moindre défaut, si l’on songe à la malpropreté de ce genre d’éclairage et à l’odeur nauséabonde qu’il répand. Cette odeur est due à quelquesuns des produits de la combustion du suif, qui ne se fait pas complètement : hydrogène carboné, acides carbonique, stéarique, margarique, oléique, acroléique, acétique, sléarone, oléone, margarone, eau, huile empyreumatique odorante. Ajoutons les particules de charbon qui ont échappé également à la combustion et que l’on retrouve dans les crachats des personnes qui font un usage habituel de ce médiocre éclairage.
Les torches de résine, dont se servaient nos pères et qui flambent encore sous les baraques des bûcherons du Schwarzwald, se distinguent de même par la richesse des produits charbonneux non brûlés qu’elles projettent dans l’atmosphère.
La cire, le blanc de baleine , la stéarine. — La cire ne sert plus guère qu aux flambeaux funéraires et aux ex voto ; encore y est-elle mélangée de suif. La plus importante de ces matières est la stéarine dont on fait les bougies (stéariques) de l’Étoile et autres. La chimie nous enseigne comment on retire la stéarine des graisses en faisant un savon de celles-ci à base de soude, de potasse ou surtout de chaux (procédé de Milly) et en dégageant de ce savon l’acide stéarique par l’action d’un acide minéral, l’acide sulfurique généralement. On ajoutait autrefois un peu d’arsenic il la stéarine pour l’empêcher de cristalliser en se refroidissant; de Milly a substitué à cette pratique quelque peu dangereuse celle de verser l’acide stéarique dans des moules préalablement chauffés.
Une bougie stéarique perd en brûlant 9 grammes environ de son poids par heure et consomme la même quantité d’oxygène qu’une chandelle (tO',32 d’air par kilogramme), en échauffant 3mo,07 d’air de 0° à 100° (Moigno). Un thermomètre placé à 13 centimètres d’une bougie s’élève de l°,3; à 30 centimètres, de 1/2 degré (à la
générale.] ECLAIRAGE DES HABITATIONS. ,J'1
température moyenne des appartements). La stéarine fond a 08° ; la lumière des bougies, moins large que celle des chandelles, est plus blanche; son intensité est de 14,30 (celle de la lampe Garcel = 100). Les mèches, assez minces, sont imbibées d'acide borique ou d’acide pliosphorique, qui en rend la combustion complète et supprime l’opération du mouchage. Il se produit peu de vapeur, peu d’hydrogène carboné, de l’acide carbonique, une huile lourde, une matière colorante et du charbon. En somme, les bougies stéariques sont d’un usage beaucoup plus agréable et moins offensif que les chandelles.
Huiles grasses. — Les plus employées sont les huiles de colza, de navettes, d’olives, de poisson, de pavots.
La quantité d’huile qui brûle en une heure dépend de la construction de la lampe dans laquelle on l’emploie :
Lampe à mèche plate 11 gram. par heure.
— astrale 26,7 1 —
— Carcel (Schilling) 42 —
— à réservoir supérieur 45 —
— à pression 60 —
Avec ce dernier appareil, l’intensité de la lumière d’une lampe, rapportée à celle de la stéarine = 100, est de 168. Il porte en une heure 20mc,17 d’air de 0° à 100°, fait monter de 3°, 8 un thermomètre placé à 15 centimètres de distance et de 1°,1 un thermomètre à 30 centimètres. Les lampes vieux modèles dégagent en s’éteignant une vapeur odorante qui renferme du charbon, de l’hydrogène carboné, de l’acide carbonique et de l’azote; autant d’éléments agressifs pour les voies respiratoires et compromettant leur fonctionnement.
Huiles volatiles. — Le pétrole, ou huile minérale, qui nous vient du Caucase et de Nord-Amérique et occupe, dans ces régions, presque autant de bras que l’exploitation de la houille ou du fer, a pris dans ces derniers temps une extrême importance pour l’éclairage. A l’état brut (huile de naphte), c’est un mélange de substances solides (parafüne) ou gazeuses, dissoutes dans une matière liquide. Il donne, à la température ordinaire, des vapeurs dont le mélange avec l’air est explosif. Par la distillation, on sépare de cet ensemble extrêmement complexe les matières les plus volatiles et l’on obtient le « pétrole rectifié » d’une densité de 0,83 à 0,90, et qui est essentiellement composé d’huiles lourdes. 11 y reste cependant quelques portions de naphte, corps très dangereux, mais sans lequel le pétrole est difficilement inflammable et fume.
Selon sa composition, le pétrole bout entre 26° et 72° (Allen). En France, le décret du 19 mai 1873 fait une première catégorie des huiles qui, aune température inférieure à 35°, émettent des vapeurs susceptibles de prendre feu au contact d une allumette enflammée, et une deuxième des autres. Les premières, sous le titre d 'essence inflammable , sont l’objet de prescriptions rigoureuses. Les autres, dites huile minérale, ont plus de liberté. En Amérique, le point de démarcation est à 43°o. Roth et Lex voudraient le mettre à 52°.
Le pétrole a une très grande intensité lumineuse. Il faut 532 grammes d huile pour représenter la lumière de cent bougies stéariques et seulement
672 DES ADRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
320 ou môme 280 grammes de pétrole ; soit une économie de 40 p. 100.
Mieux on remplit les lampes à pétrole, moins il y a de danger d’explosion ou de propagation du feu au liquide, puisqu’il n’y a pas d’air au-dessus de l’essence. Dans les conditions ordinaires, le pétrole versé sur le carreau on le plancher ne prend pas feu aisément, môme à proximité d’une flamme ; si, au contraire, il est répandu sur des lapis, des étoffes, un lit, il est absorbé par les tissus, s’étale en surface, donne des vapeurs et devient éminemment inflammable. L’explosion a sa plus grande force quand il y a 1 partie de vapeur sur 8 à 9 d’air (Cbandler).
On a essayé de paralyser la redoutable propriété explosive du pétrole en le mélangeant d’huile de colza (o parties d’huile et 1 de pétrole), ou d’alcool amylique (Hurtault). Le premier de ces expédients n’a pas réussi. Pour le transport, on ménage dans les vases qui contiennent le pétrole un espace vide suffisant pour que la dilatation qu’il éprouve par la chaleur n’entraîne pas la rupture de ces vases.
L’huile qui bout à 31-52° seulement ne donne lieu à une explosion que si l’on agite vivement la lampe, de manière à mélanger les vapeurs et l’air, et si en même temps la vapeur est artificiellement chauffée.
D’ailleurs, toutes les huiles légères obtenues par la distillation du pétrole ou du goudron (benzine, éther de pétrole, photogène, huile solaire, ligroïne, lcérosine), voire la camphine, obtenue par distillation de la résine de sapin et de la térébenthine, mal éclairantes et fumeuses, parce qu’elles ne contiennent pas d’oxygène, sont pour le moins aussi capables d’explosion et d’incendie que le pétrole, par le mélange de leur vapeur avec l’air. On a imaginé des appareils spéciaux pour leur utilisation. Le mieux paraît être de chercher autre chose.
Gaz d'éclairage. — Le gaz d’éclairage se présente tout d’abord sous la forme que la chaleur et la combustion imposent aux matières précédentes pour devenir éclairantes. Ici, toute matière est bonne, dès qu’elle peut fournir un gaz utilisable, quel que soit le résidu. D’où il semble résulter, théoriquement, que le gaz d’éclairage ne renferme plus de substances inutiles ou gênantes et qu’il ne doit laisser ni fumée ni cendres. C’est bien à son propos que l’on a pu songer que l’hydrogène carboné remplace les particules de charbon qui, ailleurs, rendent la flamme lumineuse ; néanmoins, Heumann persiste à croire qu’ici encore la luminosité est due à des molécules charbonneuses infiniment petites (en réalité, le gaz d’éclairage en entraîne toujours de telles).
On peut obtenir du gaz d’éclairage par la distillation sèche de toute matière organique capable de donner, d’une part un résidu fixe, d’autre part des produits volatils qui, après refroidissement et concentration, se séparent en trois parties : une aqueuse, une oléo-résineuse (le goudron) et des gaz permanents. Ces derniers sont l’acide carbonique, l’oxyde de carbone, l'hydrogène, le gaz des marais, etc., qui par eux-mêmes sont peu ou point éclairants, mais empruntent ce pouvoir au gaz défiant ou éthylène, dont la combustion donne une lumière éclatante.
C’est surtout le charbon de terre, puis le bois, qui sont utilisés pour la fabrication du gaz d’éclairage. On a essayé, ou l’on pourrait employer aussi la tourbe, le
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lignite, l'huile, la résine, le goudron, l’eau de savon, l'huile de schiste, les chiffons gras, les os, le marc de raisin ou de colza, etc. Schwamborn a calculé que les eaux de foulage, rejetées par les fabriques de draps, représentent rien que pour l’Europe 2 millions de quintaux de savon calcaire, que l’hygiène verrait avec une grande faveur convertir en gaz d’éclairage.
Dans ces derniers temps, on a fabriqué du gaz à l’eau par des opérations reposant sur le principe suivant : quand, dans un tube de porcelaine chauffé au rouge vif (1300°) et rempli de fragments de braise, on fait passer lentement un courant de vapeur d’eau, celle-ci est décomposée : on obtient un mélange, à parties à peu près égales, d’hydrogène et d’oxyde de carbone ; il reste une certaine quantité d’acide carbonique. Ce gaz est inodore et serait peu coûteux; mais il éclaire moitié moins que le gaz à la houille. En revanche, il est effroyablement dangereux, en raison de sa constitution. Comme il se perd toujours du gaz entre l’usine et la maison, il se perdrait aussi du gaz à l’eau et ce serait surtout l’hydrogène qui s’échapperait des conduites. Il n'arriverait guère à la maison que de l’oxyde de carbone (A. Fichet, Vallin).
La distillation du charbon de terre se fait dans des « usines à gaz », à l’aide de cornues en argile puissamment chauffées. Les produits de la distillation gagnent, par des tubes de fer, un premier récipient où se déposent les matières aqueuses et le goudron, puis circulent dans de nouveaux tuyaux de condensation, se rendent dans un récipient-laveur, de là dans les appareils de purification ; enfin, en passant par un compteur, vont s’ emmagasiner sous un gazomètre. C’est le gaz desLinéàla consommation. Le coke qui reste dans les cornues représente 70 à 75 p. 100 de la matière employée.
Les résultats de la distillation de la houille se répartissent en quatre ordres de substances (Roth et Lex), savoir: 1° le coke et les cendres; 2° l’eau ammoniacale; 3° le goudron : acides divers (phénique, crésylique, rosolique, créosote, etc.), bases (pyridine, aniline, etc.), hydrogènes carbonés liquides ousolides (naphtaline, paraffine); 4° le gaz d’éclairage, dont les propriétés éclairantes ont été découvertes par l’ingénieur français Philippe Lebon (1818) et qui,primitivemenl, est composé comme il suit :
Gaz d’éclairage (non purifié) .
i' Acétylène.
Elaïlo.
Trityle.
Ditétryle.
t Benzol, i Styrolène.
Naphtaline.
Acétylnaphtaline.
Fluorène.
Propylo.
Butyle.
, / Hydrogène.
Eléments do dilution ou photophores ) Hydrure de méthyle.
^ Oxyde de carbone.
Acide carbonique.
Ammoniaque.
Acide cyanhydrique.
— sulfocyanhydriquo.
— sull'hydriquo.
Hydrogène carboné, sulfuré, peut-être même :
Sulfuro de carbone.
Azote.
Impuretés .
/ Gaz.
Éléments éclairants ou photogène.
Vapeurs .
AnxoüLD, Hygiène. 2e édit.
DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
Après l’oxyde de carbone et avec lui, ce sont les éléments de la dernière catégorie qui excitent le plus la sollicitude de l’hygiène. Si l’on ne trouve pas le moyen de les éliminer, il est il craindre qu’ils ne pénètrent avec le gaz dans les appartements, à l’occasion de fuites accidentelles ou d’appareils de conduite défectueux; abstraction faite de cette éventualité, il se peut que quelques-uns d’entre eux échappent à la combustion, ou que leur oxydation donne lieu à des produits nocifs. De là les justes proscriptions des hygiénistes et les efforts des ingénieurs pour arriver à fournir à l’éclairage des habitations du gaz pur, c’est-à-dire dépouillé des corps étrangers dont il esL question.
Les acides sulfhydrique, cyanhydrique , sulfocyanhydrique, et le sulfure de carbone ne préexistent pas dans la houille; ils sont évidemment le résultat de la distillation. L’analyse chimique ne peut reconnaître dans la houille, en outre du carbone et des carbures hydriques solides, que l’oxygène, l’azote et le soufre en quantités variables; mais on n’y trouve ni les carbures solubles dans l’éther ou les huiles essentielles, ni Y ammoniaque en combinaison avec quelques acides (Kühlmann). Le soufre provient en partie des pyrites qui imprègnent les dépôts de charbon de terre, mais probablement aussi, pense Kühlmann, de la réduction des sulfates solubles et en particulier du sulfate de chaux. Quelques pyrites contiennent de Yarsenic; de là les petites quantités d’hydrogène arsénié qu’on trouve quelquefois dans le gaz d’éclairage. L'acide cyanhydrique et l’acide hyponitrique , qui donnent particulièrement aux gaz d’éclairage des propriétés délétères, sont engendrés par l’ammoniaque en présence de l’oxygène; Kühlmann en a expliqué la formation. Les acides sulfureux et sulfurique s’expliquent par la combustion de l'acide sulfhydrique et par la facilité avec laquelle l’acide sulfureux se convertit en acide sulfurique. Quant à l’acide carbonique et à l’oxyde de carbone, la formation s’en explique aisément parla présence simultanée d’oxygène et de carbone.
Épuration du gaz d'éclairage. — Le gaz se purifie déjà par le lavage, l’ammoniaque étant en grande partie absorbée par l’eau ; ce qui donne, dans les usines, des produits soigneusement recueillis pour l’agriculture. Mais il faut recourir à des moyens d’épuration supplémentaire par la chaux, les chlorures de manganèse, les sels de fer, ou l’action directe de 1 acide sulfurique. Dans quelques usines d’Angleterre, on fait couler cet acide dans des colonnes en plomb munies de coke et à travers lesquelles le gaz chemine en sens contraire du liquide. La chaux sèche, seule, absorbe d’abord de l’eau, puis l’acide carbonique, l’acide sulfhydrique, 1 acide cyanhydrique, l’acide sulfocyanhydrique et quelques autres éléments liés à la présence de l’ammoniaque; humectée, elle retient une part de 1 ammoniaque et des sels qui en dérivent. Le lait de chaux absorbe plus encore d’ammoniaque. En ajoutant à la chaux le sulfate de fer et de la sciure de bois, on prépare le mélange de Laming, dans lequel l’oxyde de fer décompose l’hydrogène sulfuré, tandis que la chaux opère comme précédemment. L’épuration par l’hydrate d’oxyde de fer présente cet avantage que 1 oxyde de fer a la propriété de se revivifier spontanément à l’air après qu il a été sulfuré dans les cuves.
Voisinage des usines à gaz. — On peut noter ici les inconvénients du voisinage
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des usines à gaz pour les habitations à proximité. Chandler les a signalés pour New-York; Fronmüller mentionne expressément, pour Nuremberg, la fumée et la suie, les vapeurs émanées des cornues (assez peu dangereuses, a-t-on dit, sous prétexte qu’on y expose les enfants atteints de coqueluche — sans succès d ailleurs); les vapeurs qui s’échappent de l’eau tout autour des gazomètres; les dangers d’explosion, plus redoutés du vulgaire que réels, et qui ne se réalisent guère que dans la chambre des cornues, par suite du mélange de l’air avec le gaz (1 vol. de gaz avec S à 10 vol. d’air, d’après lourdes et Würtz, donne lieu, sous l’influence de la flamme, à une explosion violente; selon Pappenheim, le mélange est dangereux depuis 1 sur 4 jusqu’à 1 sur 13 à 16); les efl’els sur la végétation, plus hypothétiques que démontrés; enfin, et c’est l’inconvénient le plus sérieux en même temps que le plus grave, l’infiltration de sels ammoniacaux et d’acide sulfurique dans les eaux du sous-sol environnant, reconnue par le chimiste Langhans. On peut, heureusement, y pourvoir par la construction de bassins étanches et l’établissement de conduites d’évacuation portant les eaux ammoniacales à de grandes distances.
Éléments dangereux du gaz. — h' ammoniaque ne brûle pas avec les becs dits de Bunsen; elle donne lieu à la formation de cyanure d’ammonium (Romilly). Les produits de combustion du soufre et de l’hydrogène sulfuré répandent dans l’appartement des vapeurs d’acides sulfureux et sulfurique très irritantes; il se dépose sur les verres qui surmontent les becs et sur les vitres un enduit blanc de sulfate d’ammoniaque. Les procédés d’épuration viennent aisément à bout de l’hydrogène sulfuré.
L 'acide carbonique et Yoxyde de carbone se trouvent toujours dans le gaz d’éclairage; le second, dont la nociveté commence à 1/75 et est déjà énergique à 1/30 (Tourdes), représente de 4 à 15 p. 100 du volume de certains gaz de bois ou de tourbe.
L’oxyde de carbone du gaz d’éclairage paraît se brûler assez exactement quand les becs sont bien construits. Gréhant fait brûler un bec d’Argand sous une cloche où le gaz et l’air arrivent au moyen de tuyaux dont le débit est connu, et les produits de la combustion sont refroidis et recueillis dans un ballon. La respiration de 20 litres des gaz ainsi obtenus diminue seulement de 0CC,5 le pouvoir absorbant du sang d’un chien pour l’oxygène. La différence est de 1 cent. cub. si, au lieu d’un bec d’Argand, l'on a employé le bec de Bunsen. Dans tous les cas, c’est à peine si les produits obtenus renferment des traces de GO. Bien plus, la combustion d’éclairage consomme les proportions de CO qui pourraient se trouver dans l’air, ainsi que ce savant l’a démontré en alimentant la flamme d’un air à 1/400 de CO. Voilà un nouvel exemple de l’assainissement par l’éclairage. Gréhant le regarde comme applicable à l’air des mines. La garantie des becs bien faits est évidemment dans la cheminée dont on les surmonte et qui assure le tirage. Les becs de rue n ont pas de cheminée, mais l’oxyde de carbone peut se diluer dans la masse atmosphérique libre.
1 11 va sans dire cIue le mélange de gaz et d’air (fuites) peut être l’occasion d explosions dans les maisons particulières aussi bien que dans les usines.
Usage du ga* d éclairage. Les produits de la combustion du gaz-lumière
sont essentiellement : 1 eau, l’acide carbonique et l’azote. Ils renferment
676 DES ADKIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène
aussi du charbon non brûlé et peuvent présenter une certaine proportion d’acide sulfureux , de cyanure d’ ammonium, d’acide nitrique (produits de la combustion de l’ammoniaque), d’acide sulfurique provenant de l’oxydation de l’acide sulfureux.
D’après F. Fischer, 1 met. cub. de gaz d’éclairage consomme lœc,12 d’oxygène et produit 0mo,57 ou luil,13 d’acide carbonique et lkil,07 de vapeur d’eau. Ces chiffres sont probablement faibles et, selon A. Thomas (Lille), devraient être : oxygène dépensé imc, 60; CO2 produit lk,650; vapeur d’eau lk,254.
Cette consommation d’oxygène et cette production de CO2 sont loin d'approcher des dangers d’explosion et d’empoisonnement. A lumière égale, le gaz n’échautferait et ne souillerait même pas autant l’air que les autres matières éclairantes (Odling).
Le gaz extrait du pétrole, beaucoup plus pur que celui du charbon, ne renferme ni produits ammoniacaux, ni composés sulfureux, ni acide carbonique, ni oxyde de carbone. Il représente par volume 4 à 5 volumes de gaz ordinaire; il échauffe moins l’air que celui-ci; lorsqu’il y a une fuite, on le reconnaît aisément à l’odeur de pétrole, d’ailleurs moins désagréable que celle du gaz au charbon.
Un bec de gaz au charbon, consommant 138 litres à l’heure, porte 134 mètres cubes de 1° à 100° (Briquet). A 30 centimètres d’une flamme de gaz entourée d’un verre cylindrique, un thermomètre s’élève de 2°; à 13 centimètres de 6 degrés. Hammond a constaté que la flamme d’un bec simple, dans une pièce cubant 1600 mètres cubes, portait la température de 12°8 à 17°, 2 et la maintenait à ce taux pendant plusieurs heures. Wazon calcule que le becBengel, correspondant à la lampe Carcel de 42 grammes à l’heure, brûle 103 litres de gaz par heure en produisant 88 litres de CO2, lesquels exigent 176 mètres cubes d’air pour maintenir l’atmosphère au titre de 1/1000 d’acide carbonique. A raison de 6814 calories produites par la combustion d’un mètre cube de gaz, 105 litres en produiront 715, lesquelles pourront échauffer les 176 mètres cubes d’air de ventilation de 13 degrés.
On sait quelle chaleur insupportable se développe, à la fin de la soirée, dans les salles de réunion, bibliothèques, amphithéâtres de cours, cafés, éclairés au gaz ; dans les magasins luxueux de Paris et dans certains ateliers. La situation n’est pas tenable sur les gradins supérieurs ou dans les galeries. Ces locaux sont aussi mal ventilés, d’ailleurs, que surchauffés; le calorique s’y accumule donc tout autant que les souillures organiques. Pourtant ils ne renferment pas rien que des visiteurs de passage; des employés des deux sexes, la plupart jeunes gens, passent de longues heures dans les magasins à lutter contre réchauffement, â s’affaiblir et à contracter une anémie dont ils ne reviennent plus. Parmi les circonstances qui réclament une ventilation puissante dans les locaux éclairés au gaz, cet échauffement de l’atmosphère est une des plus impérieuses. Elle mérite atttention peut-être plus encore que l’extraction des produits de la combustion du gaz, auxquels il suffit d'ouvrir quelque issue à la partie supérieure de la pièce pour qu’ils se dirigent naturellement au dehors.
Comparaison des diverses matières éclairantes. — Cette comparaison, qui serait bien utile, n’est pas d’une exécution simple, malgré les instruments
générale.]