‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 112 sur 268 · ANS S · texte numérisé non relu

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Fig. 145. — Calorifère céramique de Geneste-Herscher.

(H. Tresca). Une seule chose est à craindre dans son emploi, c’est qu’il ne fournisse de 1 air chauffé à près de 80°, comme cela a eu lieu dans les épreuves dont il a été l’objet.

D’après le baron de Derschau, les calorifères céramiques prennent une certaine extension en Russie, dans les habitations collectives. C’est le meilleur moyen de conserver le chauffage à l’air chaud en s’abritant de l’altération que peuvent lui faire subir les surfaces de chauffe.

Les ingénieurs Geneste et Herscher ont également présenté, à l’Exposition d’hygiène de Londres (1884), le dessin d’un calorifère céramique

(lig. 143) a parois lisses. Le but poursuivi est la température modérée et la propreté de l’air.

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L’usine de Kaiserslautern avait envoyé à l’Exposition de Berlin (1883) le modèle ci-après (fig. 146), qui est en métal et laisse les gaz se rendre dans la cheminée par le plus court chemin, mais obtient néanmoins leur utilisation presque complète au moyen des côtes ou nervures de rayonnement dont la surface de chauffe est pourvue. On peut y brûler tout combustible; mais la disposition du col de chargement est telle que le combustible qu’on vient d’y placer est sur une grande épaisseur et se transforme en coke avant de glisser sur la grille où brûlent les gaz de cette distillation au-dessus d’une mince couche de combustible ardent. Le foyer est enchâsse dans un mur, qui 1 empêche de rougir; il se nettoie par l’extérieur. La

Fig. 146. — Fourneau à ouverture latérale pour chauffage central (usine de Kaiserslautern).

chambre de chauffe, en maçonnerie, entoure l’appareil; l’air extérieur y arrive par dessous, s’élève et pénètre par la voûte dans des canaux qui le conduisent dans les locaux à chauffer. On a annexé à l’appareil des vases remplis d’eau, dont l’évaporation humecte l’air; comme on le voit dans la Figure, un tube qui relie entre eux ces vases porte, à l’une de ses extrémités, un indicateur de niveau que l’on peut surveiller de l’extérieur, de manière à régler l’évaporation sur les besoins accusés par l’hygromètre.

Le calorifère avec foyer à étages, de Michel Perret, est merveilleusement compris pour économiser le combustible; mais nous sommes moins convaincu qu’il laisse à l’air envoyé clans les pièces ses propriétés naturelles. Putzeys, qui le décrit amplement, assure que la chaleur en est « agréable ».

Il ne nous paraît pas irrationnel, bien que l’appareil soit dans le local même qui en bénéficie, de rattacher au chauffage central par circulation d’air le dispositif excellent, réalisé par Geneste et Ilerscber en faveur des écoles de Paris et qui, d’un point de la salle, conduit à la périphérie la chaleur portée par l’air de la combustion et par les gaz qui en résultent. Nous en empruntons la description aux Putzeys. « Un foyer distinct, construit en matériaux réfractaires, dégageant peu de chaleur, est installé dans chaque salle. Les produits de la combustion traversent un tuyau en fonte, horizontal, muni de nombreuses nervures et s’étendant sur toute la longueur de la paroi la plus refroidissante, c’est-à-dire en contre-bas des fenêtres, pour s’élever ensuite dans un conduit vertical, établi dans l’axe d’une gaine réservée pour l’évacuation de l'air vicié. L’air pur, amené directement de l’extérieur, arrive en abondance dans un coffrage métallique ajouré qui enveloppe

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la surface de chauffe, passe sur des vases à eau, se charge d humidité et pénètre enfin dans la salle sur toule la longueur du soubassement. Ainsi disposée, la surface de chauffe permet de combatlre l’action du courant d’air froid qui descend le long des parois vitrées et assure en outre l’entrée de grands volumes d’air pur modérément chauffé. » Voilà un calorifère auquel l’hygiène n’a rien à reprendre.

On construit encore des calorifères à eau et des calorifères à vapeur, dans lesquels le foyer est remplacé par des tuyaux où circule de la vapeur ou de l’eau chaude. Ces tuyaux sont enfermés dans une chambre de chauffe à laquelle arrive l’air extérieur, pour en repartir, une fois chauffé, par des gaines de distribution aux locaux, comme précédemment (systèmes d'Hamelincourl, Savalle, Price, Libert).

Chauffage à l'eau chaude. — L’eau est capable, grâce à sa densité et à sa haute chaleur spécifique, d’emmagasiner du calorique qu’elle pourra ensuite céder à l’air. Ainsi, 1 kil. d’eau, en se refroidissant de 100° à 20°, abandonne 80 calories qui peuvent échauffer de 10 degrés 8x4 = 32 kil. d’air = 24mc,6l (Péclet), la chaleur spécifique de l’air n’étant que le quart de celle de l’eau. Telle est la base des systèmes de caléfaction par l’eau.

L’application du procédé paraît remonter loin; les Romains et les Orientaux chauffaient leurs bains par circulation; en 167b, Evely, en Angleterre, trouvait le chauffage des serres par le thermosiphon ; Bonnemain (1777), en France, utilisait la circulation d’eau chaude pour les incubations artificielles.

Étant donnés deux vases communicants, remplis d’eau, si l’on chauffe l’un

des deux, l’eau s’y dilatant (de pour I degré d’élévation de température), il

y aura tendance à l’établissement d’un courant de l’eau chaude à la surface vers l'eau froide et de celle-ci dans les couches inférieures vers l’eau chaude. En pratique, on établit une circulation parfaitement nette en faisant communiquer les deux vases par en haut et par en bas, en disposant le premier de façon qu’il s’échauffe le plus facilement et le second de manière que le refroidissement y soit au maximum, et en donnant à chacun d’eux une hauteur notable pour rendre plus sensible l’inégalité de densité des deux colonnes.

Il y a trois modes suivant lesquels on emploie l’eau chaude au chauffage : sans pression, avec pression faible, à haute pression.

Dans tous les systèmes, il y a une chaudière , un tuyau d' ascension, un vase d'expansion, des tuyaux de distribution, souvent des mêles ci eau, une conduite de retour.

Les appareils sans pression (ou à basse pression) n’élèvent pas l’eau audessus de 100°, puisqu’elle est chauffée à l’air libre. Le vase d’expansion est ouvert et placé à l’étage le plus élevé des locaux à chauffer. Les tuyaux de distribution partent de la partie supérieure du tuyau d’ascension, immédiatement au-dessous du vase d’expansion; on peut aussi faire parcourir chaque étage par un embranchement qui se détache du tronc principal et se dirige ensuite vers la chaudière, où il pénètre isolément ou après s être réuni à d autres. Dans ce cas, des dispositions sont prises pour que le courant soit obligé de dévier de la verticale (Schoilz, Tomlinson, Putzeys).

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Dans l’intérieur des locaux, le chauffage est obtenu par des poêles à eau, des registres, des tuyaux.

Les poêles à eau sont d’habitude formés de deux cylindres concentriques en tôle, dans l’intervalle desquels circule l’eau chaude; ils présentent ainsi deux surfaces de chauffe, une intérieure, l’autre extérieure. L’eau y pénètre par en haut. On fai L déboucher l’air frais dans l’espace cylindrique intérieur, ou encore dans des tuyaux qui traversent le poêle. Celui-ci devient ainsi un calorifère à eau local. Dans les poêles tubulaires, la capacité intermédiaire aux deux enveloppes est remplacée par des tuyaux à eau.

« Les registres sont des tuyaux en fer forgé, horizontaux ou verticaux, réunis dans des caisses communes en fonte; on les applique contre les murs, dans des niches, ou dans les embrasures des fenêtres. Le réglage et la fermeture sont obtenus au moyen d’une clef à vis. Une grille soustrait le registre à la vue. » (Putzeys).

On se borne parfois à l'usage des tuyaux simplement protégés par une grille, et que l’on fait à ailettes ( batteries ), lorsqu’on veut leur donner plus d’efûcacité. Les Putzeys conseillent avec raison de dissimuler les registres et les batteries dans les allèges des fenêtres, une grille ménagée dans les appuis permettant à l’air chaud de s’élever verticalement le long de la surface, et de neutraliser le courant descendant d’air froid qui tend à s’établir au niveau des fenêtres.

Sauf qu’il coûte un peu cher d’installation, le chauffage par circulation d’eau chaude est excellent, par le fait de l’intensité très faible du rayonnement (sombre) qu’il procure et par celui de son action très modérée sur l’air, qu’il ne surchauffe ni ne dessèche et dont il ne grille pas les poussières. Il n’y ajoute, d’ailleurs, ni gaz étrangers ni impuretés nouvelles, et il est très favorable à la propreté des locaux.

Oa a songé à utiliser pour le chauffage les eaux chaudes naturelles (Ch. Joly); il existe même des applications de cette idée. A Chaudesaigues (Cantal), les maisons particulières se chauffent avec des eaux qui jaillissent de terre à 90°; l’hôtel Péreire, à Amélie-les-Bains, fait de même, et Bouillard estime que 320 mètres cubes d’eau thermale par vingt-quatre heures suffiraient à entretenir à l’hôpital militaire de cette station une température de 14 à 16 degrés, sans rendre, d’ailleurs, celte eau impropre aux usages thérapeutiques.

Les appareils à pression faible échauffent l’air jusqu’à 120° (L. Duvoir) ou même 130°, par conséquent entraînent des pressions de 2 à 3 atmosphères. Le vase d’expansion renferme de l’air et de l’eau et, à la réunion du tuyau ascendant avec sa paroi inférieure, porte une double soupape : quand la pression est trop forte, la soupape supérieure laisse passer de l’eau dans le vase ; quand elle s’abaisse, la soupape inférieure rend de l’eau à la conduite principale.

La figure 147 montre une réalisation du chauffage à eau chaude à petit volume et à pression faible, que Geneste-Herscher installent, sous le nom de microsiphon, dans les locaux dont l’importance n’est pas suffisante pour permettre l’usage de la

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vapeur. Ou y voit la disposition îles surfaces de cliauffe ( llcizkorper des Allemands) en tuyaux dans l’allège d’une fenêtre, protégées par une grille. La partie supérieure de la même fenêtre est munie de vitres perforées, pour la ventilation.

Le chauffage L. Duvoir-Leblanc (fig. 148), installé en un certain nombre d’édifices parisiens (Luxembourg, Conseil d’État, Préfecture de police, Conservatoire des Arls-el-Métiers, pavillons de gauche, laboratoire, etc.), est un type du genre. Il a été dans son temps l’objet d’une sorte d’engouement, principalement parce qu’il solidarisait la ventilation avec le chauffage, selon les erreurs d’alors. L’air nouveau, emprunté au dehors, courait dans des gaines en maçonnerie entourant les tuyaux de conduite d'eau, en sens contraire à la direction du courant de celle-ci (Malepeyre), de manière à s’échauffer de plus en plus à mesure qu’il avançait. Il était appelé dans la salle par les poêles à eau qui, eux-mêmes, comme il a été dit, sont des surfaces de chauffe.

Fig. 147. — Chauffage à eau chaude. Microsiphon de Geneste-Herscher.

Fig. 148. — Calorifère à circulation d'eau chaude (système Duvoir) [*).

Ces appareils ont les mérites du chauffage à circulation d’eau chaude et même

(*) A, chaudière à foyer intérieur; B, tuyau ascendant; E, vase d’expansion; G, tuyau descendant distribuant l’eau chaude dans les pièces à chauffer et la ramenant ensuite à la chaudière; H, Poêles d’eau chaude.

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plus accentués, en ce sens qu’il leur faut moins d'eau, moins de tuyaux, et qu’ils coûtenl moins cher. Ils n’exposent pas aux incendies, ni môme aux fuites d’eau chaude par fissure ou rupture, si l’on a eu soin d’éprouver, au préalable, les tuyaux sous des pressions de quinze ou vingt atmosphères. Une rupture à la chaudière n’intéresse que la maçonnerie qui est autour d’elle. Le système gagnerait à ne plus être solidarisé avec la ventilation; nous avons vu, il est vrai, que L. Duvoir ventile, en été, par un seul et énorme poêle à eau, situé dans les combles, et par appel. Il semble facile, d’ailleurs, de transformer les poêles à eau en registres ou en batteries, et de les reporter au bas des murailles.

Le type des appareils de chauffage àl’eau à haute pression est celui qui a

été imaginé par l’Anglais Perkins (1830), perfectionné par Perkins et Bacon (1864), et qui peut porter l’eau jusqu’à 150 et 200 degrés (4 à 15 atmosphères). La circulation y a lieu dans des tuyaux en fer étiré de 15 à 22 millimètres de diamètre intérieur et de 6 millimètres d’épaisseur, à joints absolument étanches, éprouvés à plus de cent atmosphères. La chaudière est remplacée par un serpentin dont l’enroulement représente le sixième de la circulation totale. Le vase d’expansion est un autre tuyau de 7 à 8 millimètres de diamètre, renfermant de l'air et formant également 15 à 20 p. 100 de la capacité totale. 11 est fermé par un bouchon fileté. Les poêles à eau contiennent des serpentins.

La vitesse de circulation est de 0m,80 par seconde, ce qui assure un chauffage rapide, et la quantité d’eau n’est que de 0ut,25 par mètre de tuyau, soit 40 litres pour

Fig. 149. — Coupe d'une maison à plusieurs étages, chauffée par une circulation d'eau chaude (haute pression, système Perkins).

un appareil de 160 mètres, circonstance qui rendrait à peu près inoffensives les fissures, s’il venait

à s’en produire. L’eau, partie à une

température initiale de 150 à 200°, rentre à celle de 50 à 70°. Bacon a remplacé le tube d’expansion par une soupape de sûreté, qui présente plus de garanties et qui permet aussi d’abaisser à 120° la température initiale. Au point de vue du surchauffage de l’air, nous apprécions beaucoup ce dei-

nier progrès.

Ce système est encore moins coûteux que le précédent. On lui re

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proche surtout la haute température de scs tuyaux et la mauvaise odeur (Wolfl’hügel, Schollz) qu’il provoque lorsque, les tuyaux étant sous le plancher ou très bas, au pied des murs, leur chaleur agit sur les poussières et spécialement sur les ordures rapportées humides, de la rue, par les chaussures, ou humectées par le lavage des appariements. Il se prête mal à la distribution de la chaleur dans les locaux, lorsque quelquesuns de ceux-ci demandent à être moins chaudes que les voisins ou à ne pas l’être du tout. On peut, à la vérité, interrompre l’accès de l’eau dans les pièces qu’il ne faut pas chauffer, au moyen de robinets convenablement placés; mais alors les pièces qui continuent à la recevoir sont chauffées à l’excès.

Le système Perkins, très répandu en Angleterre, en Belgique, en Hollande, a été appliqué, en France, à la prison du Clierche-Midi, par l’ingénieur Gandillot. Nous l’avons vu fonctionner, à Lille, dans les bureaux des ingénieurs E. et P. Sée ; les poêles à eau y sont remplacés par des circuits au bas des murailles, les « rubans de chaleur » demandés par E. Trélal; la ventilation est obtenue par des vitres perforées dans le compartiment supérieur des fenêtres. Geneste et Ilerscher exposaient, à Londres (1884), un poêle de chauffage, ou plutôt un hydrocalorifère local, chauffé par circulation d’eau, que l’on peut rapprocher du système Perkins, quoique des dispositions (soupapes de sûreté, réglage automatique) y soient prises pour éviter les hautes pressions. Les surfaces peuvent agir par rayonnement, tout en réservant un passage pour l’air pur modérément chauffé à introduire dans les locaux intéressés.

On doit préserver de la gelée les tuyaux de tous ces systèmes de chauffage.

Chauffage par la vapeur. — On reporte l’idée de ce mode de chauffage au colonel anglais Will-Cook (1745) ; la première application appartiendrait à James Watt lui-même. Bien étudié par l’ingénieur Tregold, le chauffage à la vapeur a été établi à la Bourse de Paris, en 1828, par Grouvelle, sons la direction de son oncle d’Arcet. Un litre d’eau, pour se transformer en vapeur, a absorbé 540 calories qu’il peut rendre en repassant à l’état d’eau. Comme on n’emploie d’ordinaire au chauffage que de la vapeur entre 112 et 120 degrés (1 atmosphère et demie à 2 atmosphères), ce n’est pas en se refroidissant que la vapeur chauffe, mais en se condensant.

Les appareils comprennent : 1° un générateur de vapeur; 2° des conduites distribuant la vapeur dans tout l’édifice à chauffer; 3° des appareils chau Heurs ( Ileizkôrper ) ou condensateurs de vapeur placés dans les pièces à chauffer, ou au-dessous d’elles, quand on emploie la vapeur à chauffer l'air qui doit être introduit; 4° des conduites de retour de l’eau condensée vers le générateur.

Les ingénieurs Geneste et Herscher posent les principes suivants comme devant régir le chauffage à vapeur: employer des générateurs mullilobulaires, inexplosibles et n admettant qu une faible quantité d eau ; élever la vapeur au point le plus élevé des locaux a desservir, la faire circuler, à partir de ce point, dans le sens de l’eau

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condensée, c’est-à-dire dans le sens de la gravité; la diriger ensuite vers les points les plus convenables pour la distribution. Avant de la faire circuler dans les locaux, avoir soin de la détendre à une faible pression; assurer la parfaite indépendance de fonctionnement des surfaces de chauffage, au moyen de robinets à l’entrée de chaque surface et d’uu purgeur d’eau condensée et d’air. Dans les appareils de ces constructeurs, les eaux de condensation, à la sortie du purgeur, vont se réunir dans une conduite commune qui les amène à un réservoir placé dans la chambre des générateurs.

On fait les conduites en cuivre ou en fer étiré, qui est moins cher. Elles doivent être entourées de feutre, de paille, ou autres corps mauvais conducteurs. On pourvoit aux inconvénients de la dilatation longitudinale des tuyaux en les emboîtant les uns dans les autres pour permettre le glissement, ou en les armant de compensateurs en cuivre. Des souf/leurs, petits tubes garnis de robinets, aux extrémités des grandes lignes de tuyaux, permettent d’évacuer l’air qui accompagne toujours la vapeur, et des soupapes à air ou reniflards assurent, au contraire, la ren: trée de l’air quand le vide se fait dans les tuyaux par condensation de la vapeur ou suspension du chauffage.

L’obligation faite à la vapeur de marcher dans le même sens que l’eau condenr

sée évite les claquements inquiétants qui se produisent quand il y a rencontre de l’une et de l’autre. D’ailleurs, le purgeur automatique d’air et d’eau évacue l’eau de condensation sur les points voulus et spécialement enlre chaque surface de chauffe et le reLour d’eau, pour assurer le fonctionnement indépendant de ces surfaces.

Les purgeurs automatiques sont des robinets thermométriques, que la chaleur elle-même manœuvre et qui sont toujours ouverts pour l'air et l’eau, toujours fermés pour la vapeur. C’est un objet trop spécial à l’art du constructeur pour que nous le décrivions ici, non plus que les détendeurs de Genesle el Herscher, de Bechem et Post, etc.

La partie des tuyaux qui doit former les surfaces de chauffe est constituée par des tuyaux à ailettes, comme on le voit dans les figures là!

Fig. 150. — Chauffage à vapeur à basse pression de Geneste-Herscher.

Fig. 151. — Poêle à vapeur construit par ef 152, dont la première représente E. et P. Sée. ces surfaces installées dans les allèges

des fenêtres el l’autre un poêle qui peut se placer dans les allèges, dans les cheminées ou niches, derrière des gaines en tôle ornementées.

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Les ingénieurs Geneste el Herscher font usage de tuyaux à noyau excentré et munis de nervures transversales en forme de disques également excentrés (Pig. lo2).

D’ailleurs, les surfaces de chauffe peuvent constituer clos poêles, des registres, des batteries, comme dans les autres systèmes. Elles peuvent être disposées de façon à devenir des calorifères ventilateurs locaux, ainsi

Fig. 152. — Surface de chauffe à disques de Geneste et Herscher.

qu’on le pratique encore volontiers en Allemagne. L’une de ces réalisations est due à Bechem et Post, de Hagen.

La vapeur arrive à haute pression, et peut avoir été empruntée à un générateur servant à un but industriel. Elle rencontre un détendeur qui la fait passer à basse pression, traverse, par une conduite, les surfaces de chauffe, formées de tuyaux côtelés et munies de soupapes à arrêt de vapeur; des calorifères ventilateurs à réglage, qui ne sont autre qu’une enveloppe de tôle, entourent ces surfaces et reçoivent l’air extérieur par des canaux particuliers. L’air vicié est aspiré par une cheminée qui, en été, reçoit de la vapeur, pour constituer un foyer d’appel. La terminaison du tuyau de retour est en siphon et forme obturateur hydraulique; la profondeur de celui-ci est calculée sur la tension de la vapeur dans tout le système; l’eau de condensation s’écoule librement.

Le chauffage à vapeur, aujourd’hui que l’on sait construire des appareils silencieux, fonctionnant sous des pressions modérées et d’une sécurité parfaite, est excellent pour les établissements de grande étendue; les ingénieurs Geneste et Herscher l’ont établi avec succès à l’Hôtel de ville de Paris, à l’hospice Ferrari, à Clamart, à la prison de Nanterre, au Palais de justice de Bruxelles, à l’Ecole vétérinaire d’Alfort, au petit lycée Condorcet, etc. On l’emploie aussi en Allemagne; mais l’on a peut-être plus souvent recours au système mixte, dont il va être question.

Chauffage mixte par l'eau el la vapeur. — La vapeur d’eau possède une quantité de chaleur telle que 1 kilogr. de vapeur peut élever 5kü,50Ü d’eau de 0° à 100°. Grouvelle fils a mis à profit ce fait physique dans la construction d’appareils assez compliqués, qui ont été installés à la prison Mazas et à l’hôpital militaire de Vincennes sans gagner tous les suffrages, il s’en faut. Un générateur envoie la vapeur circuler par un serpentin à travers 1 eau d un réservoir, d où elle revient, condensée, par un tuyau descendant. Le réservoir, ainsi chauffé, devient lui-même le point do départ et l’aboutissant de retour d’un circuit d’eau chaude.

A Lariboisière (pavillons de droite), le caniveau qui parcourt l’axe de chaque salle, sous son parquet, et contient 1 air de ventilation (injecté), renferme aussi un Arnould, Hygiène. 2° édit. 42

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tuyau de vapeur et son tuyau de retour; ce caniveau est recouvert sur toute sa longueur de plaques de fonte que ces tuyaux échauffent. A leur passage sous les poêles, les tuyaux d’arrivée et de retour envoient un branchement à chaque poêle ; mais à celui-ci est adapté un robinet qui permet de supprimer l’action des poêles à eau, si elle n’est pas nécessaire, eL de se contenter de réchauffement de l’air par le contact des tuyaux à vapeur sous basse pression.

Depuis 1875, le chauffage de l’hôpital militaire de Vincennes a été modifié, en

tanl que mécanisme, par Geneste et Herscher, mais le principe de la circulation mixte de vapeur et d’eau a été conservé.

A l’hôpital Ménilmontant (Tenon), « les appareils de chauffage sont des poêles à eau chauffés par la vapeur; ils sont formés de tuyaux verticaux à nervures ; les uns sont à 9 tuyaux, les autres à 5 ; les appareils à 9 tuyaux sont enfermés dans une chambre en maçonnerie de 2m,70 de long sur 0m,98 de large; les tuyaux ont un diamètre intérieur de 0m,25 ; leur diamètre extérieur est de 0m,266 ; les cannelures ont une saillie de 0m, 05. Chaque tuyau a une hauteur totale de 3m,20; il est formé de deux manchons cannelés réunis par un joint de caoutchouc. » (Péclet-Hudelo). Cet appareil est installé dans une chambre en maçonnerie dans laquelle viennent déboucher deux pénétrations voûtées de 0m,40 de large sur 0m,60 de hauteur, amenant l’air de la galerie de ventilation. Cet air ne doit arriver dans les salles qu’à une température modérée. Mais ce mécanisme (système Gaillard Haillot) nous parait compliqué et volumineux.

En Allemagne et en Suisse (Wiel et Gnehm), le système à eau et à vapeur des frères Sulzer, de Winterlhur, est très en vogue. Il se compose d’une chaudière à vapeur placée dans le sous-sol, d’un tuyau principal de vapeur qui s’élève jusque dans les combles, d'un système de tuyaux d’abord horizontaux, puis descen- , dant verticalement, enfin de poêles à chaque étage en communication avec ces tuyaux. Les poêles sont d’une construction digne de remarque. Ils se composent de deux cylindres concentriques A et B (fig. 153), en tôle, réunis en haut par un couvercle et en bas par un socle.

Le cylindre intérieur sert à multiplier la surface de chauffe; l’espace qu’il circonscrit peut être utilisé pour la ventilation, en le mettant en rapport avec l’atmosphère. Du tuyau a, la vapeur pénètre par b dans le poêle; un registre c en règle l'accès. Elle arrive par d dans l’espace compris entre les deux cylindres et qui est rempli d’eau jusqu’à demi-hauteur, se précipite par le tube c dans le canal circulaire f qui fait partie du socle du poêle et remonte ensuite par le tube (j. Au contact de l’eau, une partie de la vapeur se condense; c’est sous

Fig. 153. — Chauffage à eau et à vapeur de Sulzer (Winterthur;.

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celle forme d’eau de condensation que la vapeur s’échappe du poêle cl letourne au luyau vertical a, à l’aide du registre de condensation i et du tube K. Le tuyau a ser t donc à la fois de conduite d’arrivée de la vapeur et de retour de 1 eau. L ensem ) e des tubes verticaux se réunit en un seul canal qui ramène toute 1 eau de con ensation à la chaudière.

Les hôpitaux neufs de Berlin ont été pourvus du chauffage à 1 eau el à la vapeur par Gropius el Schmieden et par ltietschel et Henneberg. Les poêles à eau de ces constructeurs, ainsi que ceux de Kâuffer (Mayence), Kœrting (Hanovre), Haag (Augsbourg), ont atteint de diverse façon, et d’ordinaire très ingénieusement, le but que

l’on se propose en pareil cas : d’avoir un ^ chauffage modéré, silencieux et sans dan-

^ ger. En général, on a renoncé à y relier

la ventilation. Nous nous bornerons à Iânyen-£fc s&nitt décrire, parmi ces appareils, celui de Kai-

Grnndriss-Schnitt-a-b.

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Fig. 154. — Vaille pour le chauffac/e à l’eau el à la vapeur (Kaiserslautern).

serslautern (fig. loi), qui n’est pas le moins original.

Les surfaces de chauffe sont divisées par la paroi G en deux loges dont la plus grande AV est pour l’eau, la plus petite D pour la vapeur. Celle-ci est réglée ou interrompue pour chaque surface par le robinet A, pendant que l'écoulement de l’eau de précipitation des chambres AV et D s’accomplit séparément et peut être arrêté par une soupape double, composée des deux soupapes simples V et V(. Ces deux soupapes sont reliées à la conduite commune d’écoulement S, sur laquelle s’abouche la conduite d’eau de précipitation. Le robinet A étant ouvert, si l’on ouvre à la fois les soupapes V et V j , la surface de chauffe n’est qu’un appareil de chautfage à la vapeur, puisque l’eau de précipitation peut s’écouler aussi bien de la chambre D que de la chambre AV.

CGO

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S’il ne fait pas très froid, et que l’on ferme la soupape V, l’espace W se remplit de plus en plus par condensation de la vapeur, finit par déborder par dessus la paroi G et s écoulé avecl eau précipitée de l’espace D par la soupape ouverte V. La cloison G est alors la surface de chauffe de la vapeur, et l’élément chauffant, dans son ensemble, chauffe à l’eau et à la vapeur. 11 en est de même, toutes les fois qu’on ferme V et que l’on ouvre V, ; la chambre I) est utilisée comme compartiment à eau et V comme chambre à vapeur, et l’on a un poêle à eau el à vapeur, doué d’une certaine puissance de rayonnement. Ainsi cet appareil se prête aux besoins des saisons. On peut même, d’ordinaire, commencer à chauffer avec une certaine rapidité à la vapeur seule; puis, quand la pièce est chaude, n’entretenir que le chauffage à vapeur et à eau.

Le chauffage à la vapeur, ou à la vapeur et à l’eau, est aujourd’hui si sûr et si facile que l’on a songé à obtenir d’une seule usine le chauffage de tout un quartier. La ville de Lockport (États-Unis) vient de voir installer par une compagnie un chauffage central, destiné à servir à la fois 200 maisons à l’aide de tuyaux de circulation de vapeur partant d’une usine unique et parcourant près de 5 kilomètres. Deux immenses chaudières, dit Douglas-Galton (cité par Vallin), fournissent de la vapeur qui est maintenue à une pression de 35 livres par pouce, et brûlent 4 tonnes de houille en 24 heures. Les 180 premiers mètres de conduites à partir de l’usine ont 12 centimètres de diamètre; les tuyaux de maison, 4 et 3 centimètres. Il y a un régulateur de pression et des compteurs. Les tuyaux sont tous enveloppés de corps mauvais conducteurs. Dans les appartements, la vapeur chauffe au moyen de radiateurs ou poêles à eau, formés d’une série de tubes parallèles ou concentriques, dans lesquels elle circule. Douglas-Galton serait disposé à tenter une installation semblable dans les cités ouvrières de Londres. Il propose même d’employer la vapeur « pour chauffer les murailles, les plafonds ou le sol » des appartements, en faisant circuler la vapeur dans l’espace que circonscrivent les murs à doubles parois. La paroi intérieure devrait, pour cet office, être en fer émaillé (bon conducteur).

Nous avons vu que Somasco a réalisé cet idée dans sa propre maison.

Contrôle du chauffage. — Les effets du chauffage sur l'état hygrométrique de l’air se vérifient au moyen des instruments dont il a été parlé plus haut, hygromètres et psychromètres.

Le degré de la température est déterminé à l’aide de thermomètres bien construits et vérifiés, que l’on doit installer, non sur la muraille, mais à 1 mètre en dedans, et à 2 mètres de hauteur environ, puisque l’air est plus froid en bas et plus chaud sous le plafond. Il y a bien des circonstances dans lesquelles il vaut mieux que le thermomètre soit au-dessus plutôt qu’au-dessous de la température moyenne réelle de la pièce; ainsi, dans les écoles d’enfants, les bancs rapprochés du poêle ont beaucoup trop chaud quand ceux du fond n’ont qu’une température suffisante ; si cet excès de chaleur ne nuit pas encore directement, il rend certainement les refroidissements ultérieurs très dangereux. Pour être averti du péril, on ne placera pas le thermomètre loin du poêle, dût-il indiquer

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une température qui n’est pas celle de l’extrémité de la salle. Mais il parait rationnel de vérifier de temps à autre la température au niveau du plancher et à toutes les extrémités du local.

Les impuretés de l’air, y compris CO2, l’acide sulfureux, l’ammoniaque, se reconnaissent il l’aide des moyens indiqués au chapitre III et quelquefois à l’odeur. L’oxyde de carbone ne se traduit pas à l’odorat; nous préciserons plus loin ( Eclairage ) les réactions à l’aide desquelles on le recherche. Elles se rattachent d’ailleurs au même principe que le procédé indicateur de Gottschalck, qui emploie le réactif de Boltcher, le chlorure, de palladium sur des «bandes de toile trempées dans une solution de ce sel, desséchées légèrement entre des feuilles de papier à filtrer, et que l’on suspend dans le local suspect. S’il s’y produit de l’oxyde de carbone, ces bandes noircissent.

B. De la réfrigération.

Les circonstances inverses de celles qui nécessitent le chauffage se présentent dans divers cas: 1° par le fait du chauffage lui-même, lorsque les appareils ne sont pas construits de façon qu’on puisse régler et diminuer l’apporL de calorique à mesure que le séjour et la respiration des individus élèvent la température en s’ajoutant à la chaleur artificielle ; 2° par l’excès de température extérieure, comme dans la saison chaude des pays chauds, ou même des pays tempérés, si un grand nombre de personnes sont réunies dans une salle d’assemblée ou de spectacle ; 3° par la nature de diverses opérations industrielles qui, exigeant la présence d’ouvriers nombreux, ne comportent pas néanmoins l’établissement de courants d’air un peu énergiques tels que les donnerait l’ouverture des fenêtres ; quelques-unes de ces opérations, comme le gazage des fils de coton, nécessitent même à la fois l’entretien en permanence de becs de gaz allumés et la fermeture des fenêtres pour peu qu’il y ait du vent à l’extérieur. Dans de telles conditions, il faut non seulement aérer, mais rafraîchir l’air.

L'industrie a trouvé d'assez nombreux moyens de refroidir les milieux dans lesquels se préparent certaines denrées qui font l’objet d’un commerce, la bière, le chocolat, les bonbons, les pâtes alimentaires. Elle ne saurait hésiter à venir en aide à l’hygiène en vue de refroidir l’air, lors même qu’il n’aurait pas d’autre destination que la consommation par les poumons humains.

Dans les maisons particulières et clans quelques habitations collectives mal pourvues, l’on se borne à fermer les fenêtres, les persiennes ou volets, les rideaux, du côté d où vient le soleil pendant la plus grande partie des jours d été. Le moyen est d’une efficacité non douteuse, comme le savent tous les Algériens. La contre-partie consiste à ouvrir les fenêtres pendant la nuit. En soumettant 1 effet de cette double pratique à un contrôle exact, Fuchs (Budapest) a constaté que l’on peut, par son aide, obtenir une diminution moyenne de 7° sur la température du dehors. Nous sommes persuade qu une ventilation de quelque énergie, d’ailleurs nécessaire en pareil cas, avec de l’air humecté, ne nuirait pas à cet effet de réfrigération.

Ou bien 1 on arrose à plusieurs reprises le sol des pièces. L’évaporation de 1 eau est toujours une cause de refroidissement. Mais le procédé, praticable sui les dalles et le carreau, devient moins inoffensif pour les plan-

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chers. Dans tous les cas, il est de courte portée et il faut y revenir <à plusieurs reprises.

Ce mode de refroidissement humecte en même temps l’air. Il ne faut pas voir là une infériorité dans son action : car tout refroidissement, même par un procédé à sec, rapproche l’air de son point de saturation; on le voit aisément à la rosée qui se précipite sur une carafe d’eau froide, introduite dans une pièce chaude. Cette humectation n’est même pas nuisible là où l’air, une fois refroidi, tend à s’échauffer de nouveau; puisque l’élévation de température augmente aussi la capacité de saturation hygrométrique de l’air. D'ailleurs, la plupart des procédé^ réguliers de réfrigération empruntent leur efficacité à l’eau, qui, en raison de sa haute chaleur spécifique, peut absorber beaucoup de calorique. Nous n’avons pas besoin de rappeler les dispositifs dont il a été question précédemment (Ventilation) imaginés pour laver, humecter et rafraîchir l’air neuf, appelé ou injecté dans les locaux d’habitation : toile mouillée au devant de la gaine d’introduction, rideau d’eau, lame, douche en pluie, projection d’eau sur les ailes du ventilateur, appareils pulvérisant de l’eau en même temps qu’ils propulsent de l’air, etc. h’ hydro-ventilateur de Geneste-Herscher est actionné par un filet d’eau et joint, à volonté, le rafraîchissement par pulvérisation à la ventilation d’une salle d’assemblée. D’autres fois on fait arriver un filet d’eau dans l’axe des jets d’air comprimé (ateliers).

Le restaurant Bauer, à l’Exposition d'hygiène de Berlin, recevait de l’air qui, après avoir passé par un filtre Mceller, à la ouate, gagnait une chambre de rafraîchissement dont une des parois était garnie de 50 kilogrammes de glace par jour, maintenue par un treillage.

Baumhauer, d’Amsterdam, avait présenté (1855) un appareil à rafraîchir l’air des appartements, que les Æolus, Cosmos, aérophores, ont imité et dépassé. C’est un cylindre dans lequel l’eau tombe très divisée à travers un courant d’air marchant dans le même sens et qui s’écoule ensuite dans une cheminée d’appel chauffée par un bec de gaz. Ce cylindre est entouré d’un autre, ouvert par les deux bouts, renfermant des toiles métalliques transversales destinées à transmettre le refroidissement à l’air qui descend entre les deux cylindres, rendu plus lourd par l’abaissement de température (Péclet).

L’appareil suivant semble conçu pour des situations urgentes et de quelque importance.

Genesle et Herscher placent dans une cheminée d’appel une colonne formée de vases cylindriques annulaires dont la paroi intérieure est en inétal et l’extérieure poreuse; un espace reste libre entre cette paroi extérieure et la paroi de la cheminée, de telle sorte qu’il y a deux tuyaux l’un dans l’autre, séparés par les vases annulaires. Un forme à ceux-ci une seconde enveloppe également cylindrique et annulaire dont la paroi en contact avec la surface poreuse est une toile métallique, et dont l’autre est métallique et pleine. On place dans ce dernier manchon du chlorure de calcium, de l’eau dans les vases, et l’air circule dans le canal extérieur aussi bien qu’entre la paroi de la cheminée et le manchon extérieur. Mais 1 eau

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suintant à travers la paroi poreuse fait fondre le chlorure de calcium, se refroidit fortement et refroidit l’air du canal intérieur qui, par conséquent, descend et pénètre dans la pièce; tandis que, le chlorure de calcium s’échauffant par absorption de la vapeur d’eau (dégagement de chaleur latente), l’air delà gaine extérieure s’échauffe et prend le courant ascendant.

Les mêmes constructeurs ont imaginé un autre appareil, dans lequel l’air il refroidir passe par quatre tubes de 0m,30 de diamètre qui traversent dans sa longueur une caisse de fonte dans laquelle, à l’aide d’ingénieux dispositifs d’entrée et de sortie, on introduit un mélange réfrigérant d’eau et d’azotate d’ammoniaque.

On arrivera peut-être, à la faveur de la production du froid par la dilatation des gaz, à obtenir de l’air comprimé un procédé de réfrigération.

Lors du Congrès d’hygiène de Paris (1878), les membres qui visitèrent l’usine de fs'oisiel purent voir fonctionner Yappareil ventilateur et rafraichisseur cl'air de Garlandat et N’ézereaux, qui, il faut le dire, est destiné à ventiler et à rafraîchir les caves au chocolat, mais qui certainement serait fort utile aux ouvriers eux-mêmes dans un grand nombre d’industries, voire aux cuisiniers des restaurants et aux visiteurs des cafés. Le- principe du procédé, c’est qu’au lieu de faire la division de l’eau en la projetant en pluie, on la rassemble en divisant l’air. Ce résultat est obtenu par l’emploi d’une plaque horizontale, perforée de 60,000 à 120,000 trous par mètre carré, sur laquelle l’eau réfrigérante circule en nappe mince et uniforme et â travers laquelle l’air est insufflé par un ventilateur, ce qui fait passer Pair par jets continus au travers de la nappe d’eau (Wazon).

Deny estime judicieusement qu’une température qui dépasse 24° au niveau de la tète des habitants, dans les locaux, déprime l’esprit et le corps. Cette circonstance se présente, à Mulhouse, 45 jours par an et pendant un temps qui varie de 2 heures par jour (en mai) à 15 h. 5 (juillet) et représente un excès (au-dessus de 24°) de 1609°, 02 par heure. Elle est due : au transport de la chaleur par les parois, les fenêtres, les toiLures, échauffées par l’air extérieur, ou même directement par les rayons du soleil; au développement de calorique par les habitants et divers foyers (industriels, culinaires, etc.) ; à la véhiculation de la chaleur par l’air extérieur lui-même, lorsqu’on l’introduit pour la ventilation. La réfrigération peut s’obtenir par les moyens suivants :

Ventiler avec de l’air pris en un endroit qui ne reçoit pas de soleil ; — rafraîchir l'air de ventilation par le contact de l’eau ; — ventiler avec de l’air rafraîchi dans les caves, ou qui a parcouru des canaux souterrains ou des canaux refroidis par l’eau, par la glace, par le mélange réfrigérant de GenesLe-Herscher ; — arroser les parois extérieures et le toit de l’habitation; rafraîchir avec V appareil réfrigérant de Dietrich. Celui-ci consiste en une circulation d’eau qui est l’inverse de celle du' chauffage; un vase supérieur est rempli d’eau à laquelle on ajoute de la glacecelte eau froide descend par un tuyau vertical qui devient horizontal dans le local à rafraîchir; elle s échauffe naturellement dans celui-ci et retourne au réservoir.

A New-'V ork, on produit, au moyen de l’ammoniaque condensée, du froid qui est distribué en ville par une canalisation spéciale.

K. Moller a imaginé, pour les contrées malariales, de garnir les fenêtres d’un fiUreà air; si 1 on arrose d eau l’étoile de ce filtre, on obtient en même temps la réfrigération.

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GOi DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

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— Trélat (Em.) : L’aérage et le chauffage des habitations (Rev. d’Hyg., VIII, p. 471, 1886). — Du même : Régime de la température et de l'air dans la maison (5° Congrès internat. d’Hyg. à La Haye, 1886). — Vogt (Ad.) : Ueber die physiologischen Bedingungen der Ileizung von Wohnraumlichkeilen (Gesundheits-Ingenieur, IX, p. 425, 1886). — Voit (E.) : Auszüge aus technisclien Zeitschriften, betreffend Heizung, Lüftung und künstliche Beleuchtung (Zeitschr. d. Archit. und Ingen. Vereins zu Hannover, XXXII, 1886). — Kürten (H.-C.) : Welche Heizung ist die beste, Dampf-, Wasser-, Local -, oder Centralluftheizung? (Gesundheits-lngen., IX, p. 274. 1886). — Gréhant : Poêles sans tuyaux (Acad, méd., 18 octob., 1887). — Rietschel (H.) : Ueber « das Siittigungsdeficit » als Massstabe für den angemessenen Feuchtigkeitgehalt der Luft erwarmter Riiume (Ges. -Ingen., n° 1, 1888).

Consulter. — Péclet (E). et Hüdelo (A.) : Traité de la chaleur considérée dans ses applications, 4e éd., Paris, 1878. — Geneste, IIerscher et Somasco : Sur la condition de l’air qu'il convient d’introduire dans les habitations chauffées et ventilées artificiellement (Cougrès d'hygiène à Pans, 1878). — Wazon (A.) : Chauffage et ventilation des édifices publics et privés (Rapports sur l’Exposition universelle de 1878. Paris, 1878). — Wolpert ,(Ad.) . Théorie und Praxis der Ventilation und Heizung, 2° Auflage. Brauuschweig, 1878.

YI. — Éclairage des habitations.

L'habitation est le milieu dans lequel s’accomplissent une grande part de nos occupations journalières et des travaux auxquels est vouée notre espèce; il en est quelques-uns, les travaux intellectuels et beaucoup de ceux de l’industrie, qui ne se peuvent guère poursuivre que sous cet abri. De telle sorte qu’appelée à nous soustraire aux inlluences physiques de l’atmosphère, en ce qu’elles ont d’excessif, en môme temps qu’astreinte à ne pas nous en diminuer notablement les propriétés chimiques et biologiques, l’habitation doitaussi nous retrancher le moins possible de la lumière qui multiplie et précise nos rapports avec les êtres et les objets environnants. L'homme a trouvé le moyen de se conserver ce guide de la vie (si 1 air en est le pabulum), sans diminuer sensiblement la valeur de l’habitation en

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tant qu’abri ; bien plus, l’habitation s’est prêtée à l’entretien de loyers lumineux artificiels, qui s’étendent même au dehors, et qui permettent au plus laborieux des animaux de prolonger le jour et de travailler encore lorsque ia nature entière est dans l’ombre.

Nous avons donc à considérer : l’ Éclairage naturel et l’ Eclairage artificiel des habitations.

A. Éclairage naturel. — Le corps éclairant est ici le soleil, dont les rayons, à la fois lumineux et caloriques, nous arrivent à travers l’atmosphère, plus ou moins atténués, quelquefois réfléchis par les vapeurs et les nuages. On lui donne accès dans les habitations par des ouvertures communément vitrées, de dimension et d’orientation variable. D’ailleurs on peut recevoir des rayons solaires directs, ou la lumière diffuse, ou encore la lumière réfléchie.

Il faudrait toujours que la lumière pénétrât directement dans l’habitation, rayonnante ou diffuse, et jamais à l’état de reflet. La lumière, dans nos demeures, sert encore à autre chose qu’à faire voir les objets ; c’est un élément vital tout autant que la chaleur, dont la puissante influence sur le règne végétal tombe sous l’observation journalière et qu’il n’est pas malaisé de retrouver aussi, avec un peu d’attention, comme une des conditions du développement normal des animaux et de l’homme (W. Edwards, Moleschott, J. Béclard, P. Bert). Le fonctionnement de l’appareil de la vision traduit tout d’abord le degré auquel il est satisfait à cette exigence biologique et les qualités de la lumière dont les animaux ont pu jouir.

Aussi pensons-nous que les habitations collectives, comme les hôpitaux, les casernes, peuvent recevoir la lumière directe sur deux faces. Dans les premiers, on se protégera parles stores et les rideaux, au moment voulu, du côté sur lequel dardent les rayons solaires. Dans les casernes, il suffira que l’on place les locaux de jour vers la lumière diffuse (au nord); d’ailleurs, les soldats ne craignent pas trop le soleil et ne séjournent guère dans les locaux de jour, — quand il y en a.

Pour des raisons que nous examinerons plus loin, il est une classe d’habitations collectives pour lesquelles on réclame la lumière directe, sans doute, mais diffuse, c’est-à-dire venant du nord. Ce sont les écoles, où l’on comprend de prime abord que la lumière doive être douce, égale, favorable aux formes des objets et jamais fatigante.

’lrès généralement, dans nos habitations particulières, ce sera encore les propriétés biologiques de la lumière qu’il faudra poursuivre plutôt que son aptitude spéciale à éclairer le travail, attendu qu’un éclairement quelconque, pourvu qu il soit généreux, suffit à la plupart des opérations qui se pratiquent dans la maison, tandis que son intérieur a tout d’abord besoin de 1 ensoleillage direct et prolongé. Que si la maison renferme le cabinet d un homme occupé à des œuvres intellectuelles, cette pièce rentrera dans la catégorie des locaux qui, sans se soustraire à l’obligation de 1 ensoleillage, sont incommodés par les rayons directs et réclament la lumière diffuse. Pourtant 1 éclairage parle nord est, cette fois, moins rigou-

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reusement commandé que dans les salles où tout un groupe lit ou écrit. L’individu isolé bénéficie plus -aisément que les groupes de la ressource des persiennes, des stores et des rideaux; au fond, les rayons obliques du soleil à son lever ou à son coucher ne gênent pas trop le travail, et c’est plutôt une visite agréable. Si la pièce n’a de fenêtres que d’un côté, comme c’est le cas le plus habituel, et qu’elles soient absolument tournées au nord, les cahiers, les livres, la bibliothèque et les murs du savant ou du littérateur, ne recevront jamais de soleil. Mieux vaut une orientation intermédiaire, nord-est, nord-ouest ou même sud-est. Nous avons dit précédemment les raisons qui militent en faveur de la direction méridionale (du sud au nord) des rues principales des villes ; en pareil cas, les fenêtres sont forcément ouvertes sur l’est ou sur l’ouest. Ce n’est peut-être pas très fâcheux, répétons-le, pour les particuliers ; mais pourtant, aux longs jours d’été, le lever et le coucher du soleil durent longtemps. La direction sudest à nord-ouest des grandes artères, conseillée naguère et souvent adoptée, reprend, celte fois, une certaine valeur, puisqu’elle oblige les fenêtres à s’ouvrir sur le nord-est ou le sud-ouest. Il semble avantageux pour l’homme de cabinet, de choisir la première de ces deux expositions.

Dans les grands ateliers, où s’accomplissent des opérations d’une certaine délicatesse, comme la filature et le tissage, il faut à la fois beaucoup de lumière et, le plus possible, de la lumière diffuse, égale, point troublée par les jeux de rayons venus de points divers et se croisant en différents sens, circonstance qui serait aussi fâcheuse pour la vue des ouvriers que pour la précision de leur besogne. Jusqu’à présent, on obtenait assez mal ce résultat par l’orientation des jours, par le verre dépoli, la manœuvre des persiennes et des stores. De nos jours, on a pris le parti de s’éclairer par en haut et de façon à recevoir la lumière à profusion, tout en ne la prenant que du côté convenable. Ce résultat est atteint par le toit en dents de scie ( Sagedach , Shedsdach ), peu flatteur au point de vue architectural, mais très satisfaisant pour l’éclairage, tant par l’abondance de la lumière que par la direction de haut en bas des rayons et par son uniformité. On tourne, en effet, d’ordinaire sur le nord, les vitres qui forment le côté à pic de chaque dent du toit.

Nous avons visité des usines récentes, pourvues de ce mode d’éclairage diurne, et nous reconnaissons avec d’autres hygiénistes qu’il ne mérite, comme tel, aucun reproche. Malheureusement, l’ahsence de fenêtres latérales donne quelque peu la physionomie de prison à l’atelier, et l’on ne peut s’empêcher de concevoir un immense regret que ces vastes murailles tout d’une pièce n'ouvrent jamais une brèche par laquelle les flots d’air et de rayons solaires se précipiteraient, assurant à l’atmosphère intérieure le large renouvellement dont elle a si grand besoin. On a ménagé, sans doute, dans les angles, au bord du loil, quelques baies dites d’aération; mais désormais cet assainissement capital est voué aux moyens artificiels, qui, en vérité, ne nous rassurent qu’à demi. Nous voudrions que les ouvertures latérales existassent, comme s’il y avait des fenêtres; seulement, au lieu de les vitrer, on les armerait de volets qui seraient fermés pendant le travail et qu on ouvrirait tout grands pendant les repos. C’est la seule façon de -faire accepter a l’hygiène l’éclairage par le toit en scie.

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nue l'habitation accueille les rayons solaires ou qu’elle s’ouvre seulement à la lumière diffuse, il importe qu’elle ne se borne pas à l 'éclairage par reflet, ce qu’Émile Trélat appelle la lumière morte, et ce qui se réalise si souvent clans les grandes villes, par le fait de l’étroitesse des murs et de la hauteur des maisons, ou encore par suite de la réduction extrême des cours, à l’arrière des hautes maisons bâties sur les nouveaux alignements. En effet, les percements pour l’élargissement des rues ayant enlevé une tranche verticale des immeubles, les propriétaires cherchent à regagner ce qu’ils perdent en surface en augmentant la hauteur des bâtisses et en les serrant davantage. La besogne décréter les maisons, au moins dans les vieux quartiers, compléterait avec avantage celle des percements. Sans quoi la lumière, arrivant par une rue étroite (7 mètres et au-dessous) ou par une courette, n’éclaire directement que les logements des étages supérieurs; les trois ou quatre étages inférieurs ne reçoivent que la lumière réfléchie en zigzag sur le mur d’en face. Si bien, dit E. Trélat, que sur les 100.000,000 de mètres carrés de planchers qui existent à Paris, il n’y en a pas plus de 20,000,000 sur lesquels un habitant assis « reçoive sur tout son corps les caresses de la lumière du ciel. »

Un premier moyen d’éclairer les habitations, c’est donc de maintenir à un niveau modéré les crêtes des maisons et d’assurer Y ampleur du vide autour d’elles. Le second, c’est d’avoir de grandes fenêtres. La fenêtre, selon le judicieux précepte du même savant, doit occuper le quart de la face d’éclairage, mais plutôt par sa hauteur que par sa largeur, c’est-à-dire que le linteau doit être placé le plus haut possible. En effet, la lumière qui arrive le plus avantageusement aux habitations est celle qui vient d’un point intermédiaire au zénith et à l’horizon, sous une inclinaison de 3o à 40° avec l’horizontale. Or, pour que la lumière tombant sous cet angle rencontre jusqu’au bout le plancher d’une chambre de 4m,50 de profondeur, il faut que la fenêtre ait 3 mètres de haut.

Le tableau ci-dessous, d’après Trélat, indique l’inlluence 4e la hauteur et de la largeur de la fenêtre dans une pièce de 5 mètres de profondeur et de 3 mètres de hauteur.

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