‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 115 sur 268 · ÉCLAIRANT · texte numérisé non relu

ÉCLAIRANT

La bougie de cire = 100.

Cire

Stéarine

Blanc de baleine

Suif

Paraffine (lre qualité)

— (2' qualité)

Huile de colza (lampe modérateur).

— ( — de cuisine)..

— ( — d'étude)

Photogéne

Huile solaire

Pétrole

Pour le gaz-lumière, le pouvoir éclairant (e) varie selon la provenance :

Gaz de charbon de Newcastle-Pelton 197,0

— de Zwickau 216,7

Gaz de Boghead 590,2

Gaz de bois 253,3

Gaz d’huile 535,8

D’après les déterminations du Gas-Board de Londres, une lampe Carcel, qui brûle 42 grammes de colza par heure, équivaut à 9 bougies de blanc de baleine, de G à la livre, dont chacune brûle 7sr,8 à l’heure (Wagner). Cette lampe Carcel étant prise pour unité, la Commission parisienne a calculé que la force d’un cheval donne, en lumière électrique, par l’arc voltaïque : 71 à 113 Carcels; avec la bougie électrique, 25 à 52; par incandescence, 12 à 22. Fischer, sur ces bases, conclut que pour une intensité lumineuse de 100 bougies allemandes, il faut de 0,09 à 0,25 de cheval en lumière d’arc voltaïque, 0,46 à 0,85 en lumière par incandescence. Cette quantité de lumière coûte, en centimes: 6,7 à 15,4 par l’arc voltaïque; 18,5 par l’incandescence; 18 par la lampe à gaz Argand, 6 à 13 par le pétrole, 50,3 par la lampe Carcel à l’huile de colza, 200 par la chandelle de suif; 202 par la bougie de stéarine.

Selon Payen, pour obtenir la môme intensité lumineuse, il faut brûler :

G3 gr. à 3 fr.

centimes,

le kil. 19.00

Bougies stéariques de 10 au kilogr

Chandelles (lumière variable)

Huile de colza épurée

DES ABRIS ET DU VETEMENT

[Hygiène

Gaz do Rouille, becs usuels

— becs à air cliaud. . .

— plus 26*, 60 de car-

bures volatils. . . .

Gaz de boghead, becs à air chaud. .

100 litres = 50 85 litres = 42

centimes.

lem. c. 3,00 2,55

GG litres = 3G 25 litres = 25

— Id.

— i,po

Appareils d’éclairage. — Les chandelles et bougies sont mises en usage h l'aide de supports dont il n’y a rien à dire, parce que la forme peut en être indéfiniment variée sans que cela tire à conséquence pour l’hygiène et parce que le véritable appareil d’éclairage, dans le cas actuel, est la mèche, qui sert à conduire par capillarité la matière éclairante fondue jusqu’au point où ce liquide se convertit en gaz parla chaleur. La mèche elle-même contribue à l’éclairage en introduisant des molécules de charbon dans la flamme. Si la mèche est trop épaisse, elle refroidit la flamme et rend son centre plus obscur au lieu d’aider à l’éclairage. Le problème à résoudre consiste donc à trouver une mèche suffisamment volumineuse pour déployer un pouvoir capillaire considérable, et suffisamment grêle pour brûler entièrement et ne rendre la flamme ni moins vive ni fumeuse. Nous avons vu plus haut que l’on augmente la combustibilité des mèches par l’acide borique ou l’acide phosphorique.

Lampes à huile. — Morache les rapporte à deux types bien distincts : les lampes à aspiration et les lampes à pression.

Les premières sont à l’état primitif dans la lampe funéraire antique, représentée dans les bas-reliefs. On voit encore ce modèle dans les campagnes ; un petit récipient large et plat, dont le bord est contourné en bec sur l'un de ses points, reçoit à la fois l’huile et une mèche ronde ou plate qui repose par l’une de ses extrémités sur le bec du récipient. Comme la surface du liquide est beaucoup plus large que son épaisseur, la mèche trempe dans l’huile tant qu’il y en a elle niveau de cette huile n’est jamais très au-dessous du point où la mèche brûle. Cela n'empêche pas ce sysLème d’être sale, l’appareil facile à renverser, la flamme fumeuse et puante ; il faut, d’instant en instant, avancer avec une pointe la mèche qui se consume progressivement. On a fait des réservoirs arrondis, clos, dont la parlie supérieure est surmontée d’un court cylindre aplati, en laiton ou en fer-blanc: une des extrémités de la mèche est engagée dans celui-ci, l’autre trempant dans l’huile; on la monte avec une pointe ad hoc ou même à l’aide d’une crémaillère; dans ce cas, on se sert habituellement de mèches plates, tressées. C’est un progrès; mais l’appareil ne fonctionne convenablement qu’aulant que le réservoir est suffisamment rempli; quand l’huile baisse, son afflux au point enflammé se ralentit d’autant et la lampe éclaire de moins en moins.

A la fin du dernier siècle, Argand avait inventé sa mèche cylindrique, creuse, qui tout d’abord était un grand pas dans la pratique de l’éclairage; en effet, l'air circule au centre de la flamme de ces mèches et en fait presque disparaître le centre obscur ; les verres cylindriques, dont Quinquet (1785) la surmonta bientôt et dans lesquels se fait un courant ascendant, contribuaient de leur côté à activer la combustion et, par conséquent, à réduire encore la zone obscure et les fuliginosités. Restait à trouver le moyen de rendre uniforme l'arrivée de l’huile au point en ignilion de la mèche.

Proust, le premier, résolut ce problème en construisant une lampe de cabinet à ]iression. Le réservoir, au lieu d'être sous le foyer, était à côté, portant l'huile a un

générale.] ÉCLAIRAGE DES HABITATIONS. 670

niveau égal et même supérieur à celui du point de combustion de la mèche, auquel il était réuni par un canal de faible calibre; c’était simplement la pesanteur qui faisait affluer l’huile au foyer. L'afflux était rendu surabondant, pour être toujours suffisant, et un godet vissé au-dessous du foyer recueillait l’huile en excès.

Munie d’une mèche d’Argand et d’un tube de verre aspirateur, cette lampe éclairait très bien du côté de la mèche; mais le réservoir, évidemment, faisait ombre du côlé opposé. Satisfaisante pour un travailleur assis à son bureau, perfectionnée par l’adjonction d’un réflecteur opaque, elle ne pouvait être placée sur une table réunissant un cercle de convives. C’est pour ce dernier but que l’on imagina la lampe astrale, dans laquelle le réservoir, en forme de couronne, était autour et entièrement au-dessus du bec. Celle-ci éclairait dans tous les sens, sauf dans la direction supérieure en regard du réservoir.

Néanmoins, la pression n’était pas absolument uniforme; les godets ne laissaient pas que d’entraîner une certaine malpropreté de maniement. Les appareils à pression mécanique, replaçant le réservoir sous le foyer, donnant une pression constante et égale, supprimant les godets, ont répondu à toutes les exigences et, sauf des modifications de détail, il n’y a pas à chercher mieux. On sait que la lampe Carcel , qui fut la première réalisation de cet important progrès, devait sa pression à une petite pompe foulante mue par un mécanisme d’horlogerie. Celui-ci, un peu coûteux et disposé aux dérangements, a été la cause pour laquelle la Carcel s’est vue supplantée par la lampe Franchot, ou modérateur. Dans celle-ci, la pression est obtenue par un piston que fait mouvoir un ressort à boudin (fig. 155), tendu par une tige à crémaillère. Le modérateur, à proprement parler, est une tige métallique, conique, engagée dans le tube par lequel l’huile monte sous l’action du piston.

Fig. 1 55. — Lampe modérateur à réservoir de cristal (*).

Ces lampes sont disposées pour recevoir, autour de la flamme, un tube cylindrique faisant l’office de cheminée d’appel. On donne à ce tube la forme de deux cylindres joints bout à bout et dont l’inférieur est d’un diamètre plus considérable que le supérieur. Ce rétrécissement du tube au-dessus de la flamme a pour but de rejeter sur celle-ci les gaz et les vapeurs qui, en se dégageant latéralement, pourraient échapper û la combustion.

La lampe modérateur brûle environ 60 grammes d’huile par heure avec une intensité lumineuse de 168 (celle de la stéarine = 100). Elle peut porter en 1 heure 20”«, 17 d’air de 0° à 100°. A la température moyenne des appartements, elle échauffe de 3°, 8 un thermomètre placé à 15 centimètres, et de 1°,1 le même instrument à 30 centimètres de distance.

J > P’ p,S °n °° CU1(. <1<" 8 appuie sur la paroi s s*. Ce cuir est traversé par un tube extensible E

£,qu. contient une t'ge conique a. Une crémaillère c, qui engrène sur le pignon p, permet rie relever I p.slon P en tendant le ressort II. Ce ressort, en se distendant, fait monter l'huile par le tube t; la tige coni que a en modéré 1 ascension.

DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

Lampes à pétrole. — Tandis que c’est la combustion de l’huile qui dégage de celle-ci les vapeurs à flamme lumineuse, le pétrole offre naturellement ces vapeurs à la combustion, sans que le liquide subisse de décomposition. Les lampes à pétrole sont donc des lampes à aspiration , dans lesquelles le récipient se trouve- à quelques centimètres du foyer. La mèche, coupée bien nettement, doit à peine dépasser le bord du tuyau d’ascension; le récipient sera assez éloigné du foyer pour ne pas en être chauffé. Toutes ces conditions font comprendre que le pétrole ne saurait être brûlé dans des lampes à pression, puisque celles-ci font arriver le liquide même à la flamme. On utilise avec avantage, dans les lampes à pétrole, la mèche cylindrique d’Argand, en s’arrangeant de façon que le courant d’air qui arrive cà la flamme contribue à refroidir le réservoir d’essence (lampe Marmet). Güntner a construit une lampe dans laquelle un réservoir d’eau surmonte le récipient à pétrole; l’eau, pénétrant goutte à goutte, déplace l’essence; si la lampe vient à être renversée, l’eau arrive dans le tuyau de la mèche et écarte tout danger d’incendie. Les appareils Mille permettent d’utiliser pour l’éclairage les huiles légères; une couche d’éponge ou de liège au fond du récipient est simplement imbibée du liquide; l’air se mélangeant à la vapeur d’essence devient lourd, et s’échappe par un tuyau à l’extrémité duquel on peut allumer ce mélange comme on fait du gaz d’éclairage. Briinner (de Vienne) brûle de la benzine dans le fond d’une lampe astrale en ferblanc, sur laquelle est vissée une mèche d’aspiration s’échappant par une ouverture de la grandeur d’une lentille.

Distribution et becs de gaz d’éclairage. — Au sortir du gazomètre, sous une pression que Morache estime à 47 millimètres, pour une vitesse de 26 mètres à la seconde, le gaz d’éclairage pénètre dans un réseau de canaux souterrains qui le distribuent aux diverses rues des villes et sur lesquels sont branchées les conduites des maisons particulières. La pression à l'usine doit pouvoir varier, en raison des circonstances nombreuses qui font également varier les besoins sur les points de consommation; il suffirait, par exemple, qu’un établissement important allumât à la fois tous ses becs pour que la pression devînt insuffisante dans la maison voisine, alimentée par la même artère. Un outillage bien fait est en mesure de rétablir rapidement l’égalité de pression.

Le point délicat, aussi bien pour l’économie financière que p our l’hygiène, est d’assurer une distribution de gaz sans déperdition. Nous exposerons tout à l’heure la gravité des accidents qui peuvent résulter des fuites.

Il faut employer des tuyaux d’une longue résistance el des joints imperméables. L’expérience a sanctionné la vogue dont jouissent aujourd’hui les tuyaux en fonle à cordon etemboîlement avec joints coulés en plomb et matés, et les tuyaux en tôle à joints précis. Les hauts fourneaux de Marquise et de Pont-à-Mousson fournissent d’excellents tuyaux de fonte; la société Chameroy el Ci0 produit annuellement 9 millions de tuyaux en tôle el bitume (Wazon), dans lesquels la Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz compte pour 1,500,000 mètres. « Les tuyaux Chameroy sont fabriqués avec de la tôle plombée sur les deux faces, puis rivés avec soin et soudés; une fois munis de leurs joints précis, ils sont essayés à

générale.] ÉCLAIRAGE DES HABITATIONS. 681

la presse hydraulique à 8 atmosphères ; ils sont ensuite revêtus d’une épaisse couche de bitume. Leur joint précis, en forme de piston, est étanche et dilatable. » La plupart des systèmes de joints, et ils sont nombreux, sont en caoulchouc, substance très commode pour cet usage, à la condition d’être de bonne qualité (système Petit, Somzée, Lavril). Le laiton ferait des tuyaux de conduite irréprochables; mais, en raison de son prix, on ne l’applique qu’aux conduites particulières. On évite d’introduire le cuivre dans les pièces qui doivent être en contact avec le gaz ; l’action de l’ammoniaque donne lieu à un composé de cuivre et d’acétvlène, signalé par Berthelot, et des plus dangereux.

Les ouvriers emplo}'és à la pose des branchements et aux réparations, et qu'on appelle plus particulièrement gaziers, sont quelquefois surpris par d’énormes bouffées de gaz et présentent les signes de l’asphyxie pure, plutôt que ceux de l’empoisonnement par l’oxyde de carbone. La preuve de la nature de ces accidents est qu’ils sont rapides et très fugaces; remis à l’air, l’ouvrier se rétablit presque aussitôt. Il n’en est pas de même de ceux qui travaillent aux cornues dans les usines ; à la faveur d’une aération insuffisante des hangars de distillation, de mauvaise construction des cornues et probablement de certaines négligences, ceux-ci inspirent à intervalles fréquents de l’oxyde de carbone et, après quelque temps de travail, offrent les signes de l’empoisonnement subaigu par celte substance. Uu moins avons-nous observé, chez un ouvrier d’usine à gaz, l’anémie avec déglobulisation, syncopes, palpitations, diarrhée hémorrhagique, qui caractérisait autrefois Y anémie d’Anzin, el dans laquelle l’oxyde de carbone paraît avoir joué un rôle important. Notons seulement qu’ici la haute température renfo'rce l’action toxique.

Les conduites de gaz doivent être placées à une profondeur suffisante dans le sol pour rendre le gaz (riche en eau) insensible à la gelée et aux trépidations que le passage des voitures sur la chaussée imprime au terrain. En vue de ce dernier agent et en prévision du tassement inévitable de la terre en dessus et en dessous, il est nécessaire de prendre, dans la pose des tuyaux, des précautions spéciales qui sont du ressort des ingénieurs.

Le gaz, amené par les conduites particulières dans les habitations, traverse un compteur et vient terminer sa course en s’échappant, à l’aide du jeu d’un robinet, par un appareil disposé en vue de la combustion de la matière éclairante qui, nous l’avons dit, étant toute prête à remplir cet office, n’a pas besoin d’être aidée d’une mèche. Cet appareil est le bec de gaz. Il en existe des modèles assez variés qui, pourtant, peuvent se réduire à deux, l’un imitant la mèche plate, l’autre la mèche cylindrique creuse. Il est évident, à priori, que le second est plus avantageux pour 1 éclairage et pour l’économie.

L’éclairage public (lanternes des rues) et quelques établissements d’instruction (lycées, classes du soir) ont adopté le bec fendu, d’où la flamme jaillit en aile de chauve-souris (fig. 156) ou sous forme de papillon. Cette disposition procure nécessairement l’économie du verre cylindrique, d’aspii ation. Hors de la, elle est plus coûteuse qu e la suivante et singulièrement fatigante pour le travail à la lumière artificielle, par suite du « papillottement » incessant qui l’agite. Elle devrait être exclue des écoles et des ateliers, pai cette raison surtout qu’elle est la plus compromettante pour la pureté de l’air, puisque le gaz y est moins exactement brûlé.

Dans les nabitations, les salles de réunion tant soit peu confortables, on s éclaii e a\ ec les becs ronds, ou plutôt annulaires, desquels le gaz s’échappe

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[Hygiène

par un nombre variable (8 à 30) de trous, disposés en cercle sur une surface plane cl distants les uns des autres de 3 millimètres (bec d’Argand). Ce mode est combiné avec l’emploi de verres cylindriques et de globes de cristal. La combustion du gaz y est plus parfaite que dans le système précédent et la flamme n’a pas d’oscillations (fig. 157). Cohn a dit avec raison que la flamme vacillante est insupportable pour l’éclairage. 11 paraît que quand un moteur à gaz s’alimente sur la même conduite que l’éclairage des voisins, les becs de ceux-ci ressentent, sous forme d’oscillations verti-

Fig. 156. — Flamme de gaz pour l'éclairage public.

Fig. 157. — Flamme de gaz pour l’éclairage privé (*).

cales, les chocs qui se passent dans le mécanisme. Il y a donc lieu, en pareil cas, d’imposer des conduites bien distinctes.

Le gaz doit arriver au brûleur sous la plus faible pression possible. Le bec Siller-Argand est disposé de telle sorte que deux courants d'air arrivent à la surface interne de la flamme et deux à la surface externe; il possède un régulateur automatique de la pression.

Il est reconnu que la basse température de l’air qui alimente la combustion rétrécit la flamme des lampes et en diminue l’intensité. Une partie du gaz échappe même à la combustion. Pour faire disparaître cet inconvénient — et, par suite, économiser le gaz, P. Siemens a imaginé son bec récupérateur , constitué de trois chambres concentriques : « dans la première, qui est la plus externe, monte l’air destiné à la combustion; la deuxième est réservée au courant de gaz ascendant, tandis que les produits à extraire se dirigent vers le bas à travers le compartiment central et, dans ce trajet, abandonnent aux deux premières chambres une grande partie de leur chaleur. L’aspiration est obtenue au moyen d’une cheminée qui part de l’extrémité inférieure du compartiment médian et se rend un

(*) c, canal pour le gu* ; cc, anneau; d il, cylindre de verre.

généralo.] ÉCLAIRAGE DES HABITATIONS.

tuyau de fumée ou à l’air libre. » (Putzeys.) Ce système débarrasse donc les locaux des produits de la combustion du gaz, en même temps qu’il est économique. On lui reproche l’inélégance de ses appareils. La ligure 158 reproduit l’aspect général des lampes à bec récupérateur . Dans le cas particulier, on a fait servir l’appareil, non seulement à l’évacuation des gaz de combustion, qui se rassemblent en B, mais encore à celle de l’air vicié de la pièce, par la gaine A, pratiquée dans l’entrevous E. Le modèle ci-dessus est l’un de ceux de la maison Wenham, de Paris. Le système Wouters, appliqué par l’usine Sée, à Lille, en est un perfectionnement, remarquable parle haut degré auquel est portée la récupération.

Salubrité et assainissement de l’éclairage artificiel. — L’influence de l’éclairage artificiel doit être considérée : 1° par rapport à l’organe de la vue ; 2° par rapport à 1a. respiration et la santé générale.

1° Vis-à-vis de l’organe et de la fonction Fig. 158. — Lampe à gaz Wenham visuels, les dangers de l’éclairage artificiel (système récupérateur).

sont par excès ou par défaut :

a. La lumière artificielle peut être agressive pour l’œil en raison de ce fait que les flammes éclairantes rayonnent de la chaleur en même temps que la lumière. Les rayons obscurs sont même les plus nombreux, de beaucoup (80 à 94 p. 100). Les milieux réfringents de l’œil absorbent ces rayons calorifiques (Janssen), la cornée les deux tiers, l’humeur aqueuse les deux tiers du reste, de telle sorte qu’il en arrive à peine aux tissus profonds; mais l’irritation extérieure sur les paupières et leur bord, sur la cornée, n’en est pas moins positive.

Le verre est, heureusement, impénétrable pour une bonne part de ces rayons chauds ; une épaisseur de verre de 2 à 4 millimètres en arrête de 40 à 00 p. 100 (Landsberg). Le mica jouit de la même propriété. L’utilité des verres cylindriques, déjà si efficaces pour la combustion parfaite des gaz d’éclairage, prend donc un nouvel aspect. On s’explique, par la même raison, le rôle des globes. Ils soulagent les yeux, non seulement en atténuant l'intensité de la lumière artificielle lorsqu’il y a lieu, mais en interceptant les rayons chauds, offensifs pour l’œil.

Pour augmenter cet effet du verre sur la chaleur rayonnante, très gênante dans les « lampes de travail », Schuster et Baer entourent la flamme de deux verres cylindriques, l’un plus large que l’autre; entre les deux, passe un courant d air ascendant qui emporte une forte part de la chaleur. Fischei conseille même de teinter de bleu le cylindre extérieur, ce qui diminue, à la vérité, 1 intensité lumineuse, mais n’a pas grand inconvénient dans une lampe de travail.

D ailleurs, on éloigne le foyer de lumière, lorsque par sa nature, comme

[Hygiène

DES ABRIS ET DU VÊTEMENT

celle du gaz, elle est d’une ardeur compromettante. 11 est convenu, par exemple, que dans les écoles, les becs de gaz seront à 1 mètre au-dessus de la tôle des enfants. Mais il faut ne pas oublier qu’en pareil cas la clarté de la lumière diminue comme le carré des distances (H. Cobn).

Les imprimeurs, les horlogers et quelques autres ouvriers dans des conditions analogues, qui ont besoin d’avoir la lumière près d’eux, préfèrent les lampes à huile ou à pétrole au gaz, en raison de la différence d’échauffement.

L 'intensité elle-même de la lumière artificielle peut blesser l’œil, soit directement, soit par réflexion. Il est dangereux de regarderie soleil en face, même avec des verres fumeux; il y a un q cécité des neiges; l’ éclair qui accompagne les coups de tonnerre a causé des troubles visuels passagers et l’on cite les deux observations de Nodier « d’ophthalmie causée par la lumière électrique » ; observations, toutefois, qui ne se représentent pas de nos jours. Dans touslescas, ainsi que l’ontformulé Em. Trélat et Hermann Cohn, il est certain que tout foyer lumineux d’une certaine intensité, dont les rayons rencontrent l’œil directement, cause une situation désagréable et même une souffrance ; il est même constant que s’il arrive, sur l’objet (livre ou cahier surtout) que l’œil examine, une quantité excessive de lumière, il en est réfléchi une partie également excessive, qui affecte encore péniblement la vision. En général, il ne faut pas que l’œil voie la source de lumière; nous ne voyons pas le soleil; le plafond du théâtre du Châtelet est autrement agréable que les lustres, dont une partie des spectateurs sont aveuglés ; les couronnes de becs de gaz ( Sonnebrenner , Sun burners) employées dans les salles de réunion sont tolérables, si elles sont placées fort au-dessus de la tête des assistants; la lumière électrique elle-même n’est agréable que quand on n’en rencontre pas du regard la source. En revanche, il n’est pas douteux que le « cordon de petites lampes à incandescence » que Javal propose de mettre sous chaque balcon de l’Opéra, de façon que pas un des spectateurs n’échappât à la vue directe d’un foyer lumineux, serait tout à fait insoutenable. Sans doute, on se place devant les yeux des verres bleus ou jaunes, comme Fieuzal les préfère, à moins que l’on n’entoure de verres semblables le foyer lui-même de la lumière. Mais il reste démontré que l’axiome de Javal : «jamais trop de lumière artificielle », n’est pas conforme aux besoins de l’hygiène. 11 faut, dit H. Cohn, éloigner de l'œil ces sources de lumière directe ou les entourer de globes. Si ces deux précautions n’empêchaient pas la lumière d’arriver en excès aux objets sur lesquels doit s’exercer la fonction visuelle et de se réfléchir d’une façon agressive vers l’œil, les verres, les globes, les abat-jour sont insuffisants et il faut diminuer la source de lumière.

b. L’ insuffisance de lumière n’est pas moins grave. Les recherches de de Mayer, Aubert, Cohn, Carp, ont montré que l’acuité visuelle augmente un peu plus vite qu’en proportion arithmétique, quand l'intensité lumineuse croît en progression géométrique et réciproquement. Mais il est remarquable que l’acuité visuelle baisse beaucoup plus vite, par suite d un mauvais éclairage, chez les myopes que chez les individus à vue normale.

générale.] ÉCLAIRAGE DES HABITATIONS. 085

Cohn démontre, du reste, fort ingénieusement, que dans ces conditions l'action du muscle accommodateur détermine une tension du fond de l’œil et une congestion qui amènent la myopie ou qui l’augmentent chez les personnes déjà myopes, par l’allongement progressif antéropostérieur du globe de l’œil.

Comme il importe surtout d’éclairer les objets du travail et que d’ailleurs, ainsi qu’il a été dit, l’œil ne doit pas voir la lumière, il convient, quand la source de celle-ci est peu abondante, d’user d’abat-jour et de réflecteurs. Le même appareil peut remplir les deux offices, si l’on a soin que l’abatjour, revêtu extérieurement d’une couche de couleur qui le rende opaque, présente à l’intérieur une surface blanche vernie. De la sorte, les rayons qui se perdraient au plafond et dans les murs sont utilisés. Le réflecteur est horizontal ou vertical, selon que le bec lumineux est dans l’espace ou appliqué contre un mur. On fait ces appareils en papier ou en métal; quelquefois, l’on se borne à entourer la flamme d'un globe de cristal dont l’hémisphère supérieur estdépoli, pour lui donner quelque pouvoir réfléchissant.

On n’est pas encore parvenu à exprimer clairement le minimum de lumière artificielle qu’il faut donner à une personne, occupée dans l’intérieur d’une pièce à un travail portant sur de petits objets. On poursuit ce but à l’intention des écoliers qui, à vrai dire, sont particulièrement intéressants et réalisent au mieux la situation supposée. Aussi devons-nous reprendre cette question à propos de I’Hygiène scolaire, où il sera parlé aussi des essais de photomètres. En attendant, il y a quelques formules. Celle de Soyka est la suivante : « Le minimum de clarté doit être tel qu’on puisse lire sans effort l’écriture, dans les conditions d’acuité visuelle ordinaire; ce qui arrive quand une source lumineuse de six bougies normales (voy. page 677) se trouve à 0m,50 de l’objet à voir. » Cohn fait remarquer, avec raison, qu’on ne parle pas de la grandeur de l’écriture et que l’expression de « vue distincte », souvent employée, est un peu élastique. Il propose de modifier ainsi la formule de Soyka: « 11 faut une lumière à laquelle un œil sain puisse lire aisément), à la distance de Om,oO, l’écriture diamant du type le plus fin, n° 0,5 de Snellen. » Nous connaissons une autre formule, celle de Javal : « Il n'y a jamais trop, il n'y a jamais assez de lumière artificielle », au sujet de laquelle nous avons fait d’expresses réserves. Cohn lui-même, en déclarant qu’il l’accepte, entend que, s'il n’y a jamais trop de lumière artificielle, c’est qu’on peut toujours se débarrasser aisément de l’excès, tandis qu’il n’y a pas de palliatif à l’insuffisance.

2” Tous les corps consommés par l’éclairage répandent nécessairement dans 1 air de nos habitations des produits de combustion parfaite et des produits de combustion imparfaite : CO2 et eau, d’une part ; particules de charbon, oxyde de carbone, carbures d’hydrogène, quelquefois acide sulfureux. D autre part, Gorup-Besanez prétend qu’à intensité lumineuse égale, il y a un rapport constant et peu variable entre la quantité des uns et celle des autres, de telle sorte, par exemple, que les oscillations de GO2 produit pai I éclaii âge donneraient la mesure des proportions des produits de combustion incomplète. Dans un appartement de moyenne grandeur, il a vu la combustion pendant quatre heures et à intensité de lumière égale porter la proportion de CO- à 1,8 p. 1000 avec le pétrole, à 1,5 pour le gaz-lumière, à 1,2 en brûlant de I huile. Comme, dans la pratique, on emprunte au gaz

086 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

une lumière plus intense qu’aux autres matières, l’altération de l’air par les becs usuels va bien à 3 p. 1000 de CO2. 11 est remarquable que les proportions d’acide carbonique ne s’élèvent pas en raison directe de la durée de la combustion ; c’est au bout de trois heures que le maximum est atteint.

Erismann a cherché directement les proportions (le CO2 (combustion parfaite) et celles d’hydrogène carboné (combustion imparfaite). Ce sont les lampes à pétrole bien faites qui lui ont offert les circonstances les plus avantageuses ; en général, l’altération de l’air n’est pas aussi considérable qu’on aurait pu le craindre. Dans un espace de 100 mètres cubes, avec une lumière égale à celle de 6 bougies normales et après huit heures de combustion, il a trouvé :

Acide carbonique. Hydrogène carboné.

Avec le pétrolè 0,056 p. 1000 u.0017 p. 10()0

— le gaz-lumière 0,047 — 0,0069

— riiuile de colza 0, 1 09 — 0,0072 —

— les bougies 0,125 — 0,018 —

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