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PARIS

Hambourg, comme on voit, a eu un retour offensif très marqué de la fièvre typhoïde en 1886. La protection parla canalisation n’a, en effet, rien de spécifique

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et ne saurait fermer toutes les portes au fléau. A la vérité, Hambourg s abreuve à l’Elbe qui, au dire de Simmonds, est gravement contaminée ; mais Londres et Berlin boivent aussi de l’eau de rivière. Nous avons dit que cette eau est filtrée; cependant il est certain qu’il arrive parfois des accidents aux filtres, comme nous l’ont appris Frankland, Piefke, Plagge et Proskauer.

A Berlin, d’après Émile Trélat, il y a moyennement quatre fois plus de cas et de décès typhoïdes dans les maisons non annexées au Radialsystem que dans celles qui en bénéficient. En 1879, il y avait une maison avec cas typhoïde sur 65 maisons annexées au réseau et une sur 17 non annexées; en 1880, les chiffres étaient respectivement 1 sur 49,3 et 1 sur 9,3 maisons.

Même quand les égouts sont mal faits, vieux, ou tout au moins irréguliers, il vaut encore mieux en avoir que d’en être privé, ainsi qu’il résulte des relevés statistiques de Soyka à Munich.

On peut donc être assuré aujourd’hui que Murchison faisait de la théorie toute pure en présentant la fièvre typhoïde comme issue des bouches d’égout, et que Buchanan servait mal l’hygiène en qualifiant de fièvre des égouts ( Sewer fever ) celte maladie qui ne naît pas des gaz, fussent-ils de cloaques, et contre laquelle le préservatif le plus certain est justement l’intégrité du sol, de l’air et des eaux, que les égouts permettent d’obtenir.

Il s’est trouvé aussi quelques contradicteurs de l’influence heureuse des égouts sur la mortalité générale, James Slark et Littlejohn en particulier. Sans doute on peut trouver quelque ville où la mortalité persiste ou augmente malgré les égouts, parce que la canalisation n’est pas toute l’hygiène et qu’à côté d’égouts excellents, il peut y avoir de graves lacunes sur quelque autre point. Mais cela n’intirme pas la règle. Au surplus, Littlejohn, qui affirmait l’immunité diphlhéritiqne et typhoïde des vieux quartiers d’Édimbourg, où l’on pratique la vidange à la chinoise, tandis que les deux maladies sont en permanence dans la ville neuve, fut prié par F. Sander de fournir une statistique à l’appui de son dire, mais ne releva jamais le défi.

D. ÉVACUATEURS D’ORIGINE ET INTERCEPTEURS.

C’est dans la maison qu’a lieu la production des immondices; c’est là que se fait le collectionnement provisoire, quand il peut être toléré; c’est de là que partent les matériaux de déchet et les eaux qui les charrient pour s’introduire dans les grands récipients que nous avons étudiés — et condamnés — ou dans le réseau de conduites que nous avons présenté comme la seule solution possible de ce vaste problème d’assainissement.

Ce départ des immondices s’accomplit dans des conditions que l’on eût pu examiner plus tôt. Mais il nous a semblé qu’il importait de connaître d’abord la direction et les voies que ces choses impures peuvent prendre.

Principes. — Les principes universellement admis par les hygiénistes actuels sont les suivants :

1° L 'enlèvement immédiat et intégral des résidus;

2° L interception de tout courant gazeux qui, des organes et tuyaux de décharge, pourrait introduire dans l’air limité des appartements des gaz de putridité, des molécules organiques, des germes plus ou moins suspects;

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3° La ventilation constante, par un courant d’air frais s’éloignant de la maison, de tout le drainage domestique, de façon à y oxyder incessamment les éléments putrescibles ;

4° L’exclusion des surfaces inutiles et des matériaux d’infection; par conséquent la recherche des appareils très simples et des matériaux im poreux.

Ijch niphoiis ou iutercepteurs. — Nous indiquerons, en reprenant chaque foyer de souillure domestique, les moyens de l’éloignement immédiat. Les intercepteurs gagneront à être l’objet d’une étude générale.

11 est des intercepteurs très primitifs, les couvercles ou les tampons de bois que l’on pose sur les orifices de décharge dans l’intervalle des projections. 11 est à peine utile de dire que ce sont des moyens illusoires et même fâcheux, parce que le bois s’imprègne des éclaboussures et des gaz odorants.

Les fermetures à valves ou clapets , manœuvrés par un contre-poids, ne valent pas mieux. La valve ne reste pas indéfiniment hermétique; il faut bien qu’elle ouvre l’orifice, quand des résidus y passent ; le jeu en est souvent hésitant. Bref, on a une surface d’infection de plus et une obturation à peu près nulle.

Il n’existe qu’un seul moyen d’interception, mais il est parfait; c’est le siphon hydraulique. (En Belgique, on se sert souvent du terme coupe-air ). La figure 188 en indique le type général, avec les 0m,07 d 'immersion que l’on s’accorde à exiger.

On a varié presque à l’infini la forme des siphons. Les anciens siphons anglais étaient en forme de D couché ( o). Le tuyau de chute plongeait de

quelques centimètres, par son extrémité inférieure, dans le liquide que contenait le D et qui s’écoulait par trop-plein au moyen d’un tuyau soudé vers le bord de cette cuvette.

On a fait des siphons à valve , à sphère (Bower), à cloche. Ce dernier, souvent employé à Paris sous le nom de bonde siphoîde , est un des plus mauvais appareils que l’on puisse imaginer. La figure 189 peut en donner une

(*) a, orifice d'accès; — b, orifico d'écoulement; — F, liquide recevant les matières et aussitôt remplacé par une couche permanente.

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idée. Il est rationnel, parfois, de plier la forme du siphon à des conditions spéciales du rôle qu’il doit remplir; ainsi, sur le trajet d’une conduite de maison, comme on le le fait à Francfort (üg. 190) et à Berlin, ou dans un puisard de rue ou de cour.

Mais, après une expérience déjà longue, il a été reconnu que le meilleur obturateur à placer sous les orifices (éviers, water-closets) est le siphon en

couchée ou demi-couchée, suivant que la direction de sortie est verticale ou horizontale. Seulement, deux précautions sont absolument indispensables dans la construction du siphon obturateur.

a. La première consiste dans le tampon de nettoyage, qu’il faut placer sous la première courbure du siphon, celle qui fait saillie vers le bas. En effet, comme le dit Wazon, les siphons sont grands collectionneurs de débris, jetés par les enfants et les domestiques. A moins que le siphon ne soit assez grand pour y passer le bras, ainsi qu’il arrive dans les siphons de cours et

Fig. 190. — Siphon avec immersion de 0mj071, placé au fond d’un puits sur le parcours du principal égout privé dans les maisons de Francfort.

de water-closets, il faut pouvoir extraire les corps étrangers par une ouverture aisément accessible qui, en temps ordinaire, est fermée par un tampon vissé (fig. 192).

Wazon conseille d’ailleurs l’usage d’un tampon d’absence qui s’appliquerait hermétiquement sur les orifices intérieurs des éviers, des siphons d’urinoirs et de water-closets, lorsque les habitants s’éloignent pour quelque temps et que 1 eau des siphons risque de s évaporer. La cuvette du cabinet de toilette et la baignoire sont fermées par leur soupape spéciale.

b. La deuxième condition (elle est capitale), c’est la ventilation du siphon. Les siphons en S, '.très avantageux sous le rapport de la circulation des liquides, ont le tort de se siphonner eux-mêmes avec une grande facilité, par induction, c’est-à-dire pour peu que la pression en amont soit supérieure à celle d’aval. Ce qui arrive à tout instant, par le fonctionnement même de chaque water-closet, et surtout parce que, dans la superposition d’étage en étage de siphons correspondant au mémo tuyau de chute, le fonctionnement du siphon de l’étage supérieur détermine une chute d’eau

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qui fait succion sur tous les autres. Ceux-ci se vident dès lors plus ou moins ; la « garde d’eau » diminue et devient tout à fait inefficace. Ces faits ont été reconnus par Baldwin Latham, Waring, Hellyer, Lissauer, Friedr. Renk. On avait proposé divers moyens de parer à cet inconvénient. Pettenkofer avait imaginé de placer sur la couronne du siphon un autre siphon, ou plutôt une bonde siphoïde remplie d’une solution de glycérine. Latham et Lissauer pensent ventiler et rétablir suffisamment la pression en prolongeant le tuyau de chute commun par-dessus les toits. Ces procédés sont compliqués ou inefficaces, comme le fait ressortir Wazon. Les siphons en 5 doivent être ventilés en couronne , c’est-à-dire que l’air à la pression normale doit toujours agir dans la courbe saillant en haut du siphon, immédiatement en arrière de la garde d’eau.

C’est l’ingénieur américain Phil brick, qui, en 1875, a le premier appliqué ce principe, auquel se rattachent Bayles, Bailey-Denton fils, Julius Adams, et dont Wazon a excellemment démontré la rigueur. Les ingénieurs Geneste et Ilerscher, à Paris, en poursuivent la réalisation dans leurs appareils d’assainissement, avec une rare habileté. On leur doit d’avoir cherché à faire pénétrer dans le public celte importante notion, au moyen de l’appareil de démonstration qu’ils présentaient à l’Exposition d’hygiène urbaine de la caserne Lobau (1886) et que produisit, quelques mois plus tard, A. -J. Martin, dans son intéressante conférence à Nancy. Deux siphons, correspondant également chacun à un tuyau de chute ouvert aux deux extrémités, mais dont l’un était ventilé en couronne, l’autre non, fonctionnaient côte à côte comparativement, par un déversement d’eau à leur orifice; un tube de verre, adapté à chacun d’eux, par-dessous la garde d’eau, faisait l’office d’indicateur de niveau dans celle-ci. Il était facile de voir que la colonne d’eau restait à une hauteur invariable dans le premier siphon, tandis qu’elle baissait assez dans le second pour que toute obturation cessât.

On obtient d’ailleurs cette ventilation efficace, en faisant partir de la couronne du siphon un tuyau légèrement ascendant qui va se mettre en communication avec l’air extérieur, soit par le tuyau de chute lui-même (prolongé jusqu’au toit), soit par une boîte métallique logée dans le mur extérieur et renfermant une valve mobile en mica, qui s’ouvre au passage de l’air, chaque fois qu’un liquide traverse le siphon, et se referme immédiatement après (A. -J. Martin).

Les siphons hydrauliques laissent à découvert la surface d’une eau que les gaz ne traversent point comme gaz, mais dans laquelle ils peuvent se dissoudre. De même, il n’est pas impossible que cette eau, qui a lavé une cuvette d’aisances ne renferme quelques germes saprophytes ou même, le cas échéant, pathogènes. On en a fait une objection, qui est purement spécieuse. Carmichael s’est donné la peine de démontrer que la diffusion des gaz dans l’eau des siphons est insignifiante. Nous savons, d’autre part, que les germes contenus dans l’eau ne s’en échappent jamais, quand cette eau n’est pas agitée.

Enlèvement «les ordures ménagères. — Les ordures ménagères sont, presque partout, recueillies dans des récipients, qui devraient être étanches et pourvus d’un couvercle, pour séjourner le moins possible à la maison et

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générale.]

Être livrées sans retard au service de la voirie. A Paris, les locataires doivent vider, tous les matins, leurs récipients particuliers dans un récipient commun qui lui-même est versé dans le tombereau municipal. Ils gardent donc encore près d’eux leurs déchets culinaires et balayures pendant un certain temps. Wazon propose d’adopter une méthode usitée en plusieurs villes d’Angleterre et d’Amérique, qui consiste à faire passer les ordures dans le récipient général mobile au moyen d’un tuyau de chute métallique, placé extérieurement dans la cour, avec trémie extérieure à fermeture automatique, placée en face de chaque cuisine, ou tout au moins à chaque fenêtre de palier d’escalier de service.

Eaux tl’éviers. de toilette, île baignoires. — Les 6V1CFS doivent être

faits de matière dure et imperméable, grès verni, porcelaine, cuivre élamé, fer émaillé, sans entourage de menuiserie. Des pentes accentuées, à leur surface, doivent faire converger les eaux sur la bonde. Celle-ci, correspondant à un siphon en S (fig. 192, I ou 3), est fermée d’une grille en temps ordinaire, d'un tampon rodé eq cas d’absence des habitants.

Dans les cuisines de grande maison, il est utile de séparer la graisse des eaux avant leur passage par le siphon, afin d’en éviter le rapide engorgement (Eassie). Pour cela, on provoque la coagulation de la graisse par refroidissement, dans des appareils intermédiaires à la bonde d’évier et au siphon, d’où il est facile de l’extraire. Putzeys conseille les modèles de Doulton, de Dent et Ilellyer; Wazon, la trappe à graisse de Tucker.

Les bassins de toilette ne doivent pas être h bascule, mais fixes, et être alimentés par un robinet libre et non noyé dans la cuvette. Ils se vident par une bonde ou par un robinet, pourvu que leur entrée dans le tuyau de chute se fasse par un siphon ventilé en couronne et muni d’un tampon de nettoyage.

La figure 193, ci-contre, représente ce

l'ig. 194. — Poste d’eau vidoir (Flicoteaux).

que l’on appelle, dans les habitations col-

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lectives, dans les hôtels et les maisons de quelque importance, un poste d'eau. Cet appareil se place dans une cour, dans un vestibule, aux. combles pour l'usage des domestiques. On y prend l'eau nécessaire aux diverses opérations de propreté. Le modèle ci-joint a deux robinets libres émergeant à travers une plaque de marbre. 11 lui est annexé un vidoir avec siphon dans la partie renflée du pied. On voit, à gauche de ce renflement, le tampon de netloyage. La ventilation en couronne se fait par une tubulure partant du renflement de droite (invisible dans la figure). Enfin, le nettoyage de l’entonnoir et la poussée des impuretés s'accomplissent au moyen d’une chasse d'eau qui fonctionne dès qu’on appuie sur le boulon situé entre les deux robinets et qui correspond à un robinet amorceur.

Les baignoires qui se remplissent par un robinet s’ouvrant au-dessus du bord, par conséquent disconnecté d’avec l’eau du bain, doivent être préférées à celles qui reçoivent l’eau par le côté ou par le fond. La soupape des baignoires françaises est un bon moyen de les vider (Wazon), à la condition qu’elle s’ouvre sur un siphon hydraulique, comme précédemment. Le tuyau de chute va rejoindre la conduite de maison, sans qu’il soit utile de lui donner un siphon de pied, mais en se recourbant à son extrémité inférieure de manière à aboutir au canal de collectionnement par un angle très aigu et non suivant la perpendiculaire.

Avec ces orifices et tuyaux de décharge, on ne voit plus à quoi peuvent servir les « plombs, ces horribles boîtes, » dit A. -J. Martin, où l’on jette toutes les immondices sans que rien ait été prévu pour empêcher le retour des gaz de leur décomposition.

Drainage des matières excrémeutitielles. — C’est dans la construction des appareils récepteurs et évacuateurs de cette catégorie d’immondices que les principes posés plus haut doivent être observés dans toute leur rigueur.

En outre des règles générales indiquées précédemment (page 545) et relatives au cabinet d’aisances, il importe de préconiser ici la suppression de toute surface qui pourrait inutilement être tachée par les solides, éclaboussée par les liquides, imprégnée des émanations gazeuses. Jamais la simplicité n’a eu plus de mérites.

Dans les maisons confortables et très soignées, où les cabinets sont fréquentés par un petit nombre de visiteurs, on peut tolérer les sièges en bois dur, vernis, ciré, élégants et commodes ; partout ailleurs, il est nécessaire de réduire les surfaces en bois, éminemment absorbantes; d’éviter même le marbre et l’ardoise, qui sont trop spongieux, et de les remplacer le plus possible par le verre, l’ardoise recuite, la lave, l’ébonite, le grès ou la fonte émaillés.

Quand nous parlons de sièges, il* va sans dire qu’il s'agit de sièges sur lesquels on s’asseoit, de façon à projeter le plus immédiatement possible les fèces et l’urine dans l’entonnoir qui termine supérieurement le tuyau de chute, et non d’un perchoir sur lequel le visiteur monte et met les pieds, risquant de déposer la matière fécale sur le bois même du siège et certain, en tous cas, de darder son urine d’autant plus loin qu’elle part de plus haut.

A vrai dire, lorsque quelqu’un en use ainsi avec un appareil qui est destiné

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à être utilisé d’une autre façon, c’est que le siège est certainement mal fait, et c’est le constructeur qui a poussé ses clients à la malpropreté. Nous considérons, d’ailleurs, les barres tendues dans le dos du visiteur pour l’obliger à s’asseoir très incommodément et tous les encastrements ingénieux qui poursuivent le môme but, comme des moyens fort sots de

I* ig. 195. Closet à cuvette ovoïde et siège étroit (« Combinaisou » de Doulton).

dispenser les architectes et les plombiers de nous fournir les appareils agréables et salubres auxquels nous avons droit.

On fabrique aujourd’hui des cuvettes dont l’ouverture a la forme ovoïde très allongée, la petite extrémité en avant. Les dimensions de cette ouverture, d avant en arrière, sont assez considérables (il en est de 38 cent.)

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pour que, quand un homme a le siège sur la grosse extrémité de l’ovoïde,

sa verge plonge dans le vide et ne puisse rencontrer aucun point des bords de la cuvette. Dans le cas des habitations collectives, voilà la crainte de recueillir quelque contage suffisamment écartée. D’ailleurs, le siège peut n’être plus autre chose que le bord même de la cuvette, arrondi à cet effet, ou bien une garniture légère, en bois dur, vernis, à angles arrondis et de quelques centimètres de largeur. Dans le système indiqué à la figure 194, le siège a un peu plus que cette largeur ; mais il est à charnières et susceptible de se relever à volonté, en vue de la surveillance et des nettoyages. Au besoin, il se releve seul, au moyen d’un contre-poids.

De tels appareils sont praticables dans les habitations collectives, puisque cela existe, ainsi qu’il résulte du témoignage d’E. Richard, en ce qui concerne l’hôpital du Val-de-Grâce. Pourtant, si l’on a des raisons de conserver sur quelques points l’habitude des latrines à la turque (souvent, parce qu’il est difficile de modifier des constructions existantes), il n’est pas impossible de les assainir et de les mettre en rapport avec le progrès contemporain.

Le cabinet des latrines à la turque (le hangar plutôt) doit remplir au plus haut point les conditions de simplicité et d’imperméabilité. Le bois en sera

’i". 19G. — Garde-robe sans mécanisme, ltogier et Mothes.

ELOIGNEMENT DES IMMONDICES

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rigoureusement exclu. Le sol en sera recouvert de dalles inattaquables, avec des pentes décidées, convergeant vers les lunettes. Dans ces sortes d’installations, c’est la projection à distance des urines dans l’acte de la défécation et leur dispersion sur le sol qui sont la grande source d’imprégnation putride des vêtements et d’émanations odorantes à perpétuité. La seule supériorité des cabinets la turque, ou môme l’unique compensation ii ce qu’ils ont de repoussant, c’est la possibilité de laver à grande eau. Si vous y faites des escaliers, des plateformes, des cloisons complètes ou partielles, vous ruinez cette aptitude au lavage, tout en le rendant plus nécessaire par la multiplication des surfaces d’infection, à cause de l’extrême difliculté de rencontrer des matériaux qui résistent à l’action des sels ammoniacaux. Tout au plus peut-on tolérer, de chaque côté de la lunette , une semelle en relief, de la matière la plus dure possible, qui invite le visiteur à se placer convenablement et d’ailleurs le préserve d’avoir les pieds dans l’eau. Aux casernes Schomberg et de Lourcine, où cette installation est cependant remarquable, on a disposé les lunettes, au-dessus desquelles l’homme s’accroupit, dans une petite plateforme de 0m,35 de hauteur; les urines doivent tomber dans une rigole de 0m,6o de large, où il passe toujours de l’eau, et recouverte d’une grille en fer galvanisé. Mais on s’est vite aperçu que l’urine lancée de haut va d’autant plus loin et dépasse souvent le but. A l’hôpital Saint-Martin (Paris), la grille a été remplacée par une plaque de verre à cannelures profondes, toujours pleine d’eau.

C’est tout ce qu'il faut (avec beaucoup d’eau). Nous croyons, comme E. Richard, que toute cloison surajoutée est détestable. Cependant « si l’on tient absolument à disposer chaque lunette dans une espèce de niche », nous donnerions, avec le môme auteur, la préférence à la coquille de grès vernissé, d’une seule pièce (fig. 107), construite à l’usine de Pouilly-sur-Saône.

Malheureusemeut, ces correctifs puissants ne peuvent se passer de beaucoup d’eau. Aussi se demande-t-on dans quelle mesure ils pourraient être adaptés à 1 usage de la fosse fixe. Si l’on supprime celle-ci, au contraire, 1 assainissement paraît relativement facile. La lunette devient l’orifice d’un tuyau gros et court, abouché à un cylindre horizontal, terminé par un siphon à 1 une de ses extrémités et recevant par l’autre une chasse d’eau intermitente. C est la lalrine à auge (Richard). Il est clair qu’en élevant, un Peu la lunette, on peut y adapter un siège, ou mieux, un bord en bois, qui dispensera les visiteurs de s’accroupir.

Appui eils d évacuation sur fosses. — Dans quelques maisons particulières affligées de la fosse fixe, mais riches et à un petit nombre d’habitants, les propriétaires s offrent le luxe de cabinets à eau, au risque de remplir en

Fig. 197. — Coquille pour lunette de latrines à la turque.

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quelques semaines leur fosse, quoique vaste et perdant des liquides dans le sol d’alentour. Ces maisons rentrent dans les règles que nous étudions plus loin.

Les autres, qui doivent éviter l’eau et n’en emploient que pour des nettoyages rapides, à la brosse, nous paraissent devoir se borner à remplir, par construction , les conditions voulues de simplicité et d’ imperméabilité. Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi ces cabinets se donnent la complication d’une cuvette et d’un obturateur, qui est généralement une valve de métal. Le mieux est que la cuvette soit réduite à n’être que la tête du tuyau de chute, que sa paroi postérieure se rapproche de la verticale et qu’elle n’ait d’intercepteur d’aucune sorte. La valve qui en sert n’intercepte pas, et c’est une surface de souillure permanente. La cuvette réduite sera en faïence ou en grès vernissé. Pour le reste, la meilleure interception paraît encore devoir être la ventilation avec circuit descendant du cabinet par le tuyau de chute et remontant de la fosse par le tuyau d’évent, selon le précepte ded’Arcet, et en s’efforçant de rendre possible la

Fig. I9S. — Water-closet, système Jennings modifié.

visite de ces conduites, en vue d’éviter les fuites de gaz putrides dans la maison, par des fissures ou des mal joints. Sans doute le tuyau dévent ne fait que « déplacer le méphitisme, » selon l’expression de Vallin; et c’est, avec d’autres dangers sur lesquels Wazon insiste, la condamnation du système. Mais l’on ne peut faire moins mal avec la fosse fixe.

Water-closels. — Parmi les appareils anglais, dont ce terme accuse 1 origine et la destination, Wazon distingue trois classes : 1° les water-closels à simple valve ou à valve et siphon ( pancloscls ); 2° les water-closets à bassin d’eau et siphon inférieur avec ou sans valve' [wash-out-closets) ; 3° les water-closets à simple action d’eau directe avec siphon, sans aucune valve. Les premiers sont détestables et abandonnés par tout le monde. Le type des

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seconds est le closet de Jennings, plusieurs fois modifié par son inventeur, et que la figure 198 reproduit en coupe. Il passait encore pour excellent, il y a une dizaine d’années. Pourtant on se demande pourquoi une valve, un mécanisme compliqué, une séparation en deux de l’eau de lavage qui brise la chasse. D’ailleurs, le siphon de Jennings n’est point ventilé et, par suite, peut se siphonner sans qu’on en sache rien.

Le troisième système ( hopper-closet ou holle-closet) supprime tout mécanisme capable de se détraquer et de recueillir des ordures. Il fonctionne par le seul jeu du siphon hydraulique ventilé en couronne et par une chasse d’eau que les ingénieurs rendent intermittente automatiquement ou à la volonté du visiteur, selon que l’on a plus ou moins d eau à dépenser et qu il en est besoin. D’ailleurs Jennings lui-même a montré comment il faut

Fig. 190 et 200. — Cuvettes à siphon (usine de Jeanménil et Itainbervillers).

construire la cuvette, en rendant « verticales les génératrices d’arrière et inclinant en dehors les génératrices d’avant. » Les figures 199 et 200 montrent des coupes de cuvettes, dans la construction desquelles on a cherché à se conformer à cette règle.

Philbrick recommande le closet-hotle, avec une cuvette en forme de pain de sucre renversé et dont les bords arrondis servent de siège. Hellyer construit un arlisan-closet qui ressemble beauepup à l’appareil représenté figure 195, sauf la cuvette qui, dans notre dessin, réalise une idée particulière sur laquelle nous allons revenir. Cet artisan-closet a pour but de raccourcir la hauteur verticale de l’appareil, laquelle favorise le siphonnement. Wazon, après les ingénieurs américains et anglais, approuve ce système, mais voudrait supprimer tout encadrement en menuiserie; on coifferait simplement, en hiver, le pourtour de la cuvette d’une couronne mobile, en bois dur verni. En été, on s’asseoirait sur la porcelaine. L’ingénieur Flicoteaux (Paris) construit des appareils qui correspondent assez exactement à ce type (fig. 201). Il va sans dire que la cuvette en faïence se continue par un siphon dûment ventilé.

Quant à la cuvette de l’appareil fig. 195, on voit qu’elle est construite de telle sorte qu’il reste constamment, au fond de la partie postérieure (élargie) de sa concavité, une faible épaisseur d’eau, tandis que la partie antérieure s’ouvre librementdans le siphon. La maison Doulton, qui l’a inventé, appelle ce système combinaison, parce que la cuvette, laissée û découvert, peut servir de vidoir pour les eaux sales et faire 1’officc d’urinoir.

Fig. 201. — Ctosel à cuvette en faïence , sans siège en bois.

Fig. 202. — Urinoir séparé (coustri par Flicoteaux).

sairc de ménager des vidoirs et des urinoirs séparés, pour recevoir les

Bien

DES ADRIS ET DU VÊTEMENT. [Hygiène

que la retenue d eau n ait que 0"',03o d’épaisseur et n’incommode

pas, dit-on, le visiteur, nous n’en comprenons pas bien 1 utilité. Richard estime, au contraire, que le système est supérieur à tout ce qui s’est fait jusqu’à présent.

Dans le cas où l’habitation, surtout si elle est collective, ne possède pas cet appareil à double fin (et un peu suspect à cause de cela), il est néces-

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urines rendues en dehors de la défécation. Ces urinoirs sont soumis aux mômes règles que les autres évacuateurs, au point de vue de la construction, du lavage et de l’interception des gaz de retour (Voir fig. 202).

Chasses d'eau. — Les water-closets Jennings ont pour but de ménager l’eau, ce qui entraîne naturellement des nettoyages à moitié. Ce sont, du reste, les fosses fixes qui ont inspiré ce médiocre appareil. Quand on s’en s ert, il faut observer la règle de la disconneclion de la conduite d’eau avec le tuyau de lavage du waler-closet et installer un- réservoir alimenté par un robinet non plongeant.

Aujourd’hui l’on attache, à bon droit, une extrême importance aux chasses de nettoyage et de poussée des matières. Indépendamment de la disposition des ouvertures, quelquefois multiples, qui font passer l’eau circulairemenl sur toute la surface interne de la cuvette, on a recours à

Fig. 203. — Chasse à tirage (construit Fig. 20i. — Appareil de chasse automapar Geneste-Herscher). tique simple (système breveté Geneste,

Herscher et Carette)*

des procédés qui font tomber brusquement, d’une hauteur de 2 à 5 mètres, une masse d’eau de 10 à 15 litres dans l’entonnoir récepteur.

On obtient cet effet à l’aide de réservoirs de chasse en fonte, disposés comme on le voit dans les figures 201, 202, et qui se rattachent tous au type Rogers Field, de la figure 183. Seulement nos ingénieurs se sont évertués, avec un zèle louable, à perfectionner leurs modèles et à en rendre le jeu sûr et rapide.

Il en existe de deux sortes :* les réservoirs à fonctionnement automatique et les réservoirs à tirage. Les premiers s’amorcent et déversent leur contenu d’eux-mêmes, à des intervalles réglés; ils sont utiles dans les cabinets très fréquentés et là où l’on ne craint pas la dépense de l’eau. Les seconds se remplissent par un tuyau venant de la distribution municipale, mais qu’un flotteur ferme lorsqu’ils ont reçu le volume d’eau nécessaire; pour les amorcer, il faut tirer sur une chaîne qui met en jeu un mécanisme amorceur. Ils conviennent dans les maisons particulières et dépensent relativement peu d’eau.

Les figures 203 et 204 reproduisent des types de chasse à tirage ou auto- Arxould, Hygiène. 2e édit. 49

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matique de la maison Geneste-Herscher. La théorie n’en intéresse pas directement l’hygiène. Cependant il est utile de faire remarquer la sûreté particulière que le siphon automatique (fig. 204) acquiert par le dispositif de détente, ou détendeur pneumatique, et par le tube régulateur, qu on voit au bas de la figure. « L’ensemble de l’appareil s’inspire des principes de la fontaine de Héron. L’amorçage résulte de la combinaison appropriée des compressions et détentes successives de l’air contenu dans le siphon pendant le remplissage du réservoir de chasse. Le tube régulateur évite le déréglage de l’appareil quand le siphon est noyé à l’aval pour une raison quelconque. 11 évile toute rentrée d’air pendant l’écoulement et permet, en outre, le rétablissement immédiat de la pression barométrique dans le siphon après la chasse. »

Finalement, le lecteur trouvera résumés dans le dessin ci-joint (fig. 20 o) les divers modes et les cas de l’application des principes qui viennent d’être exposés et qui reviennent, en somme, à cette simple formule : expulser immédiatement de la maison tous les matériaux usés et interdire le retour de tout produit putride.

Contrôle de l'étanchéité du drainage domestique. — Les Anglais ont montré combien il importe de vérifier l’étanchéité des conduites de maison. Vallin et A. -JL Martin nous ont fait connaître l’existence, en Angleterre, de The London sanilai'y protection Association, qui se charge de faire examiner la salubrité des immeubles habités par ses souscripteurs. D’autres associations pareilles se sont formées sous l’initiative de Fleeming Jenkin (d’Édimbourg). L’ingénieur de l’Association fait monter sur le toit un agent subalterne qui verse quelques gouttes d’essence de menthe poivrée (huile de Mitcham) à la partie supérieure du tuyau principal recevant les immondices de la maison; il bouche cet orifice avec un tampon, le dégagement de l’odeur de menthe àl’un des étages ne tarde pas à dénoncer la fuite, s’il en existe une. On peut remplacer l’essence de menthe, très coûteuse, par une autre, ou simplement injecter de la fumée de tabac, par exemple, avec une pompe à air ; cette fois, la vue juge de l’endroit de la fuite plus exactement encore que l’odorat. Il va sans dire que, dans ces expériences, les tuyaux doivent être obturés au pied aussi bien qu’à l’orifice supérieur.

E. Destination finale des immondices.

Les ordures ménagères sont conduites par entreprise hors des villes, où les entrepreneurs les vendent à l’agriculture, à moins qu’ils ne les emploient eux-mêmes. Les dépôts de ces ordures sont souvent placés trop près de la ville ou incommodent la banlieue. C’est une question d’hygiène urbaine à reprendre.

Les matières excrémentitielles subissent des traitements très divers, sans compter 1 incinération, que 1 on a proposée, mais qui ne sera point pratiquée de sitôf. Il ne s agit jamais que d’une transformation , et c’est toujours, en définitive, le sol qui est chargé de l’exécuter, d'une façon plus ou moins immédiate. C est lui qui rend à l’atmosphère, aux eaux, à la

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Végétation et, par suite, aux animaux supérieurs, les éléments de celle matière morte qui peuvent et doivent rentrer dans le cercle vital.

On peut en conclure, à priori, que les procédés qui rendront le plus vile ces matériaux au sol seront les meilleurs, pourvu qu’ils ne compromettent pas, d’ailleurs, sur leur passage, les milieux communs.

1. Utilisation immédiate par l'agriculture. Epandage. — Ce procédé est très ancien et très répandu en Chine, en Espagne, dans les Flandres; il contenait en germe, assurément, l’irrigation moderne à l’eau d’égout.

Il consiste dans le transport direct des matières de fosses fixes ou mobiles sur les terres destinées à un prochain labour. Quand chacun utilise ainsi ses produits ou qu’un grand nombre de cultivateurs emportent la vidange pour l’employer au fur et à mesure, la ville est débarrassée du souci des dépotoirs. Il n’en est plus de même quand une compagnie de vidanges se fait l’intermédiaire entre les habitants et les cultivateurs. D’ailleurs ceux-ci font eux-mêmes, tout contre l’habitation rurale, un petit dépotoir qu’ils appellent citerne à engrais et qui ne contribue pas peu à empuantir l’air de la ferme. On n’y prend point garde dans le Nord, et le Conseil d’hygiène de ce département, réclamant le passage des citernes de la première à la seconde classe des établissements insalubres, fait remarquer qu’elles « n’ont pas plus d’inconvénients que des fosses d’aisances dont on opérerait souvent la vidange. » Ce qui est exact.

L’épandage dépouille beaucoup de ses charmes la campagne qui le subit; tant à cause des voyages de la matière que du procédé lui-même par lequel on la projette dans l’air pour l’étaler mieux en surface sur les champs. Ceux des habitants de Lille qui ne sont pas nés dans le pays renoncent à la promenade autour de la cité. Aussi croyons-nous qu’on peut trouver des moyens plus conformes à l’esthétique d’arriver au même résultat. Mais, en soi, on ne voit pas que ces habitudes aient entraîné quelque infériorité particulière dans la santé des gens du Nord, ni qu’elles provoquent des épidémies.

2. Dépotoirs. Fabrique d'engrais. — Lorsque la vidange totale ou partielle d’une ville ou d’un grand établissement est conüée à un entrepreneur, particulier ou compagnie, qu’il s’agisse de fosses fixes ou de fosses mobiles de n’importe quel système, ou même de vidange pneumatique, il faut généralement que l’industriel dispose d’un réservoir d’attente dans lequel il accumule son engrais jusqu’à ce que les demandes des cultivateurs l’en débarrassent moyennant un prix de vente qui constitue les bénéfices espérés de l’entreprise. S’il travaille cet engrais et le réduit en poudrette ou en sels ammoniacaux, il lui faut parfois un récipient à mi-chemin de son usine, comme Paris a simultanément le dépotoir de la Villette et la voirie de Bondy. Pour l’hygiène, l’une et l’autre sont des dépotoirs.

Ces dépotoirs sont des fléaux publics, comme il est aisé de le soupçonner. Bournevillc a raconté lessoucisque cause à la municipalité parisienne, depuis 1872, la voirie de Bondy. La compagnie anglaise Newcomen et Calender s’y est ruinée : on a été obligé d’expulser par ordre de justice (1875) son successeur M. Paltison. L’administration s’est vue mise en situation

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de ne pouvoir se débarrasser du stock fécal, toujours montant, des bassins de Bondy, qu’en accordant le monopole de la vidange à. la compagnie Lesage, ce qui la livrait au bon plaisir de l’entrepreneur. La Société concessionnaire de la voirie (Muller et Bilange) de 1878 ne put remplir les conditions de son bail, qui fut résilié en 1880. Une ceinture do petits dépotoirs et d’usines à fabriquer du sulfate d' ammoniaque s’était formée alors autour de Paris, h Bobigny, Aubervilliers, Drancy, Nanterre, Courbevoie, Saint- Denis, Arcueil, Gentilly, Thiais, Maisons-Alfort, etc. Aimé Girard (1881) en comptait vingt-cinq. En 1880, la population parisienne s’aperçut que décidément elle était plongée, tous les soirs, dans une atmosphère fétide, faite des émanations de ces usines, et même s’en plaignit. On en supprima quelqu’une et, pour les autres, la Commission d’assainissement proposa des précautions excellentes, quoique un peu nombreuses, qui eussent rendu inoffensive la fabrication de sulfate d’ammoniaque ; malheureusement elles étaient inacceptables. Un industriel, M. Bilange, travaille depuis 1880 à épuiser le stock de Bondy. Néanmoins, « la voirie de Bondy demeure, dit Bourneville, un dépotoir infect. » Ajoutons que ces usines envoient leurs eaux résiduaires, plus ou moins désinfectées, dans les égouts et que la voirie de Bondy débordante a dû quelquefois écouler la vidange intégrale dans le collecteur départemental , qui se déverse en Seine à Saint-Denis (voy. fig. 176).

Lorsque l’engrais est offert aux cultivateurs, ceux-ci s’empressent d’autant moins, naturellement, à venir l’enlever. Dès lors il s’accumule.

En 1869, à Manchester, il couvrait d’une couche de 4 à 6 mètres d’épaisseur plusieurs acres de terrain; l’eau qui s’en écoulait, pour être rejetée dans les égouts, renfermait 2000 milligrammes par litre de substances solubles et 200 milligrammes de matières en suspension; l’azole de ces matières était uniquement organique ou ammoniacal, sans acide nitrique. A Lancaster (closels à la terre), au dire de Radcliffe, les cultivateurs sur qui on avait compté laissent s’accumuler le produit des tonnes, de telle sorte que le tas devient aussi un dépotoir répandant au loin ses odeurs. Autant en est arrivé des tineltes-Goux sortant des camps autour de Paris. Rawlinson dénonçait, à Rochdale, un monceau d’immondices, de 14,000 quintaux; une fabrique de poudrette, qui y a été montée en 1875, n’arrive pas à l’épuiser. On sait le médiocre succès qu’obtient en Hollande l’engrais Liernur. Les Anglais déclarent que ni la fabrication de la poudrette (Rawlinson), ni même l’utilisation agricole des eaux d’égout (Frankland), ne peuvent couvrir les dépenses par la vente du fumier.

3. Traitement chimique. — Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit du traitement chimique des matières dans les fosses; nous les supposons maintenant véhiculées par l’eau, comme il arrive dans les villes qui envoient exclusivement ou partiellement les immondices à l’égout.

De très nombreux procédés ont été essayés ou sont encore h l’étude, en vue de séparer, à l’aide d'agents chimiques, les matières azotées de l’eau qui les charrie; c est-à-dire, dune part, de rendre de l’eau normale au courant des rivières, de 1 autre d’obtenir les matières azotées sous un volume et une forme qui permît leur utilisation agricole. Malheureusement, aucun d’eux n’a paru satisfaisant, même à ne considérer que le fait

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de l’assainissement des eaux d’égout. Schlœsing et Durand-Claye citent parmi les principaux : la chaux, le sulfate d'alumine, le phosphate d’alumine . le système A. B. C., mélange complexe d’alun, de sang, d’argile ( alum , blood, clay), de charbon, de chaux, les dissolutions acides de phosphates naturels (procédé Knab), les sels de magnésie, les chlorure et sulfate de fer, le système Holden (sulfate de fer, chaux et charbon), modifié à Reims par l’emploi de lignites pyriteuses naturelles et l’addition de phosphates de chaux dissous, etc. « Tous ces réactifs plus ou moins complexes peuvent être d’assez bons clarificateurs, mais ils n’exercent sur les matières solubles qu’une action très limitée ; celles-ci demeurent dissoutes ; les eaux traitées restent riches en matières putrescibles et ne peuvent être admises dans les rivières. » Frankland, dans le rapport sur la pollution des rivières dans les bassins de la Mersey et de la Ribble, a résumé de la manière suivante les très nombreuses analyses auxquelles il s’est livré :

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