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DES DnAINS.
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traces.
Il est à peine utile de faire remarquer que le caractère capital de ces analyses est la grande richesse en ammoniaque et l’extrême pauvreté en nitrates et nitrites des eaux-vannes, tandis que l’ammoniaque disparaît, au contraire, à. peu près, des eaux de drainage pour être remplacée par une haute proportion de nitrates et de nitrites. Le chlore diminue peu, comme il fallait s’y attendre. Quant à la chaux, elle augmente; d’où il faut
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conclure à une action de lavage des eaux-vannes sur cel élément du sol.
Dans tous les cas, on peut rendre sans crainte les eaux ainsi épurées ü. l’Oder (Breslau), à la Sprée et à la Havel (Berlin), à la Seine.
Pour ce qui regarde l’analyse bactériologique , Miquel trouvait 48,000 microbes par litre dans l’eau des drains d’Asnières, moins que dans l’eau de pluie et beaucoup moins que dans l’eau de la Vanne, au bassin do Montrouge. R. lvocli obtint 87,000 colonies par centimètre cube de l’eau du canal d’évacuation d’Osdorf, presque trois fois autant que dans l’eau du lac de Rummelsbourg. Mais l'eau-vanne en fournissait 38 milliards avant de passer par les champs d’irrigation. Ûne analyse qui se trouve dans le Rapport du la commission de canalisation de Berlin pour 1886 indique : 3,000 germes par centimètre cube dans l’eau sortant des prairies; de 8,500 à 20,160 dans celle des planches.
Nous pouvons joindre à ces considérations, qui relèvent plus étroitement de l’hygiène, celle des produits de l’exploitation agricole des terres consacrées à l’irrigation. A Danzig, au témoignage de Lissauer, près des quatre cinquièmes sont affermés aux habitants des villages de Heubude et de Weichselmünde, qui en vivent dans l’aisance et la santé. Ce qui se louait 1 franc vaut aujourd’hui 5 fr. 10. Un horticulteur de profession y fait croître des légumes, qu’il vend en ville, et des fleurs, qu’il expédie à Paris et en Amérique, à l’état de fleurs naturelles sèches. Berlin a gardé, sauf 234 hectares affermés, l’exploitation de ces champs d’irrigation. L’administration municipale possède, sur ces domaines, 229 chevaux, 431 bœufs, 250 vaches, 663 moutons. Elle approvisionne la ville d’un lait excellent. Son froment fait prime sur le marché. Elle a une distillerie à Blankenfelde. Bref, elle fait 4,603,499 francs de recettes sur 7,136,523 francs de dépenses pour tous les services. A ne compter que l’exploitation des champs d’irrigation eux-mêmes, il y a un bénéfice posiLif, payant 0,25 p. 100 de l’intérêt du capital de premier établissement. Même sans en tenir compte, la vidange intégrale de Berlin ne coûte pas plus de 0 fr. 75 par tête et par an (Marggraff). A Breslau, elle revient à 1 fr. 56 (Arnold). La grève de Gennevilliers, qui se louait autrefois de 90 à 150 francs l’hectare, a une valeur locative de 450 à 500 francs et se vend de 10 à 12,000 francs (Bourneville). Le produit brut, obtenu à l’hectare, varie entre 3,000 et 10,000 francs. Quelques personnes, opposées h l’assainissement par le tout à l’égout et l’épuration agricole, affirment de temps en temps que « les légumes produits par ce sol surchargé d’eau infecte sont mauvais au goût et que les tonnages oflerts aux bestiaux ne sont pas nutritifs et sont repoussés par les animaux. » En attendant, les légumes de Gonnevillicrs sont avantageusement vendus tant aux halles qu’aux marchés des environs, et ils remportent les premières récompenses aux expositions horticoles de Paris et meme de Seino-ot-Oise, ce département dont les députés dépensent tant d’éloquence contre l’assainissement de Paris, auquel ils ont pourtant quelque intérêt. Près de 800 vaches sont nourries à l’aide des herbes et des plantes irriguées. D ailleurs le tond de la question se juge par ce fait que, sans 1 engrais humain , 1 agriculture du département du Nord, si im-
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portante et si développée, tomberait immédiatement à rien, ainsi que la culture maraîchère. Il ne se mange pas un radis, pas une salade, il ne se respire pas une rose dans la région, qui n’ait reçu sa part plus ou moins large de matière fécale. Les fraises obtenues par ce système sont belles, savoureuses et parfumées; malgré le conseil de certains croyants, on ne les fait pas cuire, et les Lillois, qui en mangent beaucoup, n’ont pas trop la fièvre typhoïde.
Influence sanitaire de la pratique des irrigations. — Nous venons déjà de toucher à cet ordre d’idées, dans les lignes qui précèdent. L’irrigation est salutaire pour la ville qui en use, puisqu’elle la débarrasse de ses excrétions et lui rend des aliments de bonne qualité. Les autres aspects regardent la santé des habitants voisins des champs d’irrigation et la santé des ouvriers qui y sont employés.
a. La santé des habitants du village de Heubude, dit Lissauer (Danzig), s’est notablement élevée depuis qu’on fait des irrigations sur son domaine; la mortalité y est tombée de 4,89 p. 100 à 3,52.
On choisit d’ordinaire, pour y déverser les torrents d’eaux sales que vomissent les égouts des villes, des terrains pauvres, un sable aride et nu, une dune, comme à Danzig, des landes comme à Berlin. Régulièrement l’irrigation transforme en oasis ces terrains désolés. Tous les visiteurs sont frappés, comme nous l’avons été, de l’aspect frais et riant du domaine d’Osdorf, au milieu de cette zone inculte et infertile qui environne Berlin. Aussi les maisons de campagne se pressent-elles autour de ce bouquet de verdure. L’école des Cadets de Lichterfeld borde le domaine d’Osdorf, comme les terres de Craigentinny entourent un asile d’enfants et avoisinent des casernes, où l’on se porte tout aussi bien que dans d’autres établissements congénères. Littlejohn lui-même a reconnu que les quartiers d’Édimbourg situés sous le vent de la ferme ne sont pas plus maltraités que les autres parla lièvre typhoïde ou le choléra. A Norvood et à Croydon, la mortalité est tombée au chiffre idéal de 12 p. 1,000 (1880) depuis les irrigations. La population de Gennevilliers est montée de 2,186 habitants, en 1869, à 4,443 (1er janvier 1886). La mortalité, qui était de 32 p. 1,000 en 1865, est devenue 25 p. 1,000 en 1876 et 22 p. 1,000 en 1882. La commune n’a pas eu la fièvre typhoïde depuis longtemps; elle a échappé au choléra, en 1884; la fièvre intermittente y est très rare, aussi bien que dans les communes plus éloignées, où l'on n’irrigue pas. Spécialement, on n’y voit jamais de charbon ni de septicémie.
b. La ville de Berlin occupe, sur ses champs d’irrigations, les vagabonds ramassés par la police et se déclarant sans ouvrage (on pourrait rendre à Paris un signalé service par le même procédé); on les paye 10 pfennings (Ofr. 125), on les nourrit et on les loge dans des baraques. On y emploie aussi les libérés de prison, au lieu de les envoyer à YArbeithaus. Ceux-ci se marient souvent et restent sur les domaines. En tout, il y a là plus de 1,500 personnes, parmi lesquelles se trouvent des femmes et des enfants. Or, en 1885, cette population ne fournit que 451 malades et 20 décès (soit de 13 à 15 p. 1,000). A Gennevilliers, pendant l’été, il y a toujours sur
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les champs d’irrigation 1,G00 à 1,700 personnes, qui s’y portent bien.
Objections. — 1° On ne peut pas irriguer sur tous les terrains. — G est exact. Cependant, les ressources du sol sont plus grandes qu’on ne le croirait à première vue. Les expériences de Jean de Mollins et de divers industriels du Nord prouvent que l’on peut irriguer dans ce pays, où la terre est argileuse et où Ladureau déclarait, il y a une dizaine d'années, que l’irrigation est impossible.
2° Le sol se sature, perd ses propriétés comburantes, et il faut élargir indéfiniment la surface des champs d'irrigation. — C’est une supposition gratuite et dont les procédés scientifiques, basés sur des expériences bien faites, rendront la réalisation impossible. A cet égard, il ne faut pas raisonner rigoureusement d’après l’exemple de Berlin, qui affecte un hectare aux déjections de 270 habitants ; en effet, l’épaisseur de la couche filtrante est faible dans ces terrains, souvent au-dessous de 2 mètres, et il faut y suppléer par l’extension en surface.
3° On ne saurait irriguer pendant l'hiver, ni sous les climats brumeux. — Cette objection est aussi malheureuse que possible, en présence des résultats de deux ou trois villes qui n’ont point le climat de la Provence, Danzig, Breslau, Berlin, et qui sont les premières à avoir adopté sur le continent la méthode anglaise. On sait, d’ailleurs, que l’eau d’égout, même en hiver, est à 5 ou 6 degrés au-dessus de zéro et ne gèle que difficilement. Sans doute il est impossible de la faire ruisseler sur les prairies, où elle ferait probablement tort à l’herbe dont les tiges sont gelées; mais elle passe sans inconvénient dans les rigoles et peut même entretenir la végétation des légumes sur le dos-d’âne des sillons. On ne s'arrête pas, en hiver, à Danzig, et un canal de dérivation à la Baltique, qu’on avait ouvert en prévision des gelées, n’a jamais servi. Fadejeff et Gregorieff (Moscou) ont montré que l’eau d’égout passe très bien sous la glace dans les rigoles et s’infiltre latéralement et par le fond. Les irrigations ne chôment pas davantage à Gennevilliers pendant l’hiver, ni d’ailleurs pendant les pluies. Ce n’est que dans le cas des grandes crues avec trouble que l’on déverse directement les égouts aux fleuves, qui sont torrentueux à ce moment, et n’en sont pas notablement plus salis.
4° Les champs d'irrigation deviendront un vaste réservoir des microbes pathogènes. — Cette objection serait la plus sérieuse de toutes, si elle reposait sur autre chose que sur une induction échappée à Pasteur, qui pensa, un jour, pouvoir attribuer au sol le rôle de conservateur des germes, comme il a reconnu qu il 1 est des spores du charbon. L’hypothèse a beau venir de haut, ce n’est qu’une hypothèse qui, heureusement, et malgré l’appui de Chauveau, a tout contre elle : la rapide disparition des germes pathogènes dans le sol, constatée par C. Frankel (voy. p. 84), leur fixation par les surfaces humides et leur destruction régulière par l’eau, la concurrence des saprophytes, etc., et surtout l’absence de faits desquels on puisse conclure que les champs irrigués soient réellement un réservoir de germes. Pour ce qui est du charbon, c’est justement la maladie que personne ne redoute de voir propager par les eaux d’égout. Brouardel lui-
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môme déclare que : « Bien qu’il y ait, chaque année, de 10 à 12 cas de charbon atteignant les ouvriers bouchers de Paris, on ne peut pas voir un danger dans la propagation du charbon par les égouts. » Dans tous les cas, ce n’est point cotte maladie, très rarement localisée sur l’intestin, qui peut faire interdire la projection des matières fécales aux égouts. Il faudrait plutôt se préoccuper des cimetières dans lesquels on dépose les cadavres des hommes morts charbonneux.
L’irrigation a l’étranger et en France. — Ce sont les lois anglaises sur la pollution des rivières qui poussèrent à l’épuration des eaux urbaines par le sol.
La ville de Croydon (17,000 habitants), sur la Wandle, affluent de la Tamise, à quelques milles de Londres, s’était donné, l’une des premières, un système d’égouts rationnels, avec vidange par canalisation, et déversait son sewage à la Wandle. Elle devait naturellement être rendue responsable de la souillure de cette rivière. Après avoir dépensé 24,000 livres en essais d’épuration et 10,000 en procès, Croydon fut contrainte, par décision du vice-chancelier Wood, à exécuter l’irrigation agricole. Laterre arrosée confine à Beddington-Park et consiste en 100 hectares d’un sol glaiseux, reposant sur la craie (Freycinet). La surface est avantageusement inclinée vers la Wandle. L’eau d’égout est amenée au point culminant du terrain jusqu’à un réservoir ouvert, où elle subit une épuration sommaire par filtration; de là elle s’écoule par des canaux, les uns ouverts, d’autres à jour, sur les champs d’irrigation.
Rugby (8,000 habitants), quelques années plus lard, servit de champ d’études à la Commission de 1861 à 1865. Lawes dirigeait lui-même les opérations sur 6 des 180 hectares affectés à l’irrigation (dont 160 appartiennent à M. Wallcer et ont été affermés par M. Campbell). Carlisle (30,000 habitants) fournit les eaux d’égout de 22,000 de ses habitants à une terre de 28 hectares de sable, que le duc de Devonshire afferme à M. Mac-Dougall. Worlhing, Norwood, Malvern, Tawistock, etc., 65 villes anglaises (Alphand) ont exécuté des travaux analogues.
A Merton convergent les eaux d’égout de Beddington, Milcham, Merton, Morton, Wellinton, représentant environ 20,000 habitants. Le cube journalier est de 2,272 mètres cubes, dont les trois quarts arrivent par l’action de la pesanteur et l’autre quart doit être remonté par des machines. A leur arrivée à l’usine, les eaux traversent un filtre grossier, formé de grilles et de charbon concassé, qui retient les matières suspendues les plus grosses ; celles-ci, additionnées de chaux et d huile lourde de houille, sont desséchées au filtre-presse. Les eaux ainsi dégrossies sont amenées sur les champs d’irrigation.
En Allemagne, le débit annuel des eaux d’égout de Danzig était évalué par Dünkelberg, en 1875, à 4,513,736 mètres cubes. Cette ville de 80,000 habitants possède, depuis 1872, un système complet de distribution d’eau et de départ des eaux impures avec champs d’irrigation, installés sur des dunes stériles (Heubude), voisines de l’embouchure de la Vistule. Les collecteurs des deux rives aboutissent dans la Kœmpe, île de la Mottlau, où se trouvent les machines élévatoires, qui séparent les matériaux solides et refoulent les eaux impures sur le terrain d'irrigation. L’admis tration municipale a concédé pour trente ans 500 hectares de terres improductives à un entrepreneur qui s’est chargé de tous les frais d’installation. Helm et Lissauer ont montré que l’eau qui sort des dunes est parfaitement pure.
La réalisation du système de vidanges à l’égout dans la ville de Berlin, sous la direction de l’ingénieur Hobrecht, a été exposée par Durand-Claye. Chacun des ar-
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rondissemenls du système radial(\\ y en a sept qui fonctionnent aujourd hui) envoie son collecteur à une usine élévatoire (Pump station), d’où l’eau est refoulée à raison de 20,000 mètres cubes par jour et par usine, dans des conduites métalliques de Om,7o à 1 mètre de diamètre cl de 12 à 20 kilomètres de longueur, jusqu’aux domaines acquis par la ville pour l’irrigation et qui sont : Malchow, Wurtemberg, Falkenberg, Blankenburg, Blankenfelde el Rosenthal, au nord; Osdorf, Friederikenhof, Heinersdorf, Teltow et Grossbeeren, au sud. En tout, 3, 438 hectares possédés, dont 3,182 hectares irrigués, sur lesquels 3,120 sont drainés. Le cube d’eau est de 41 millions de mètres cubes par an, pour 1 ,146,92a habitants (sur 1,300,000). Les dépenses de premier établissement s’élèvent à 22,342,000 francs. La distribution des eaux s’opère à l’aide d’un réseau de conduites maîtresses en métal, avec robinets-vannes de distribution, et de conduites en poterie, la plupart à ciel ouvert, fermées par des vannes en bois. Des cheminées verticales de 8 à 10 mètres de haut, placées sur le réseau dans les champs, servent de régulateurs de pression. Les critiques et les résistances n’ont pas manqué à la municipalité berlinoise. En 1883, la commune de Pankow, sur la consultation du docteur Fuhrmann, avait obtenu du gouvernement de Potsdam l’interdiction du déversement des eaux sortant des drains dans laPanke; l'année dernière, le propriétaire du lac de Teltow intentait un procès à l’administration municipale; le professeur Alexandre Muller l’accuse de surcharger d’engrais les eaux des alentours. Néanmoins cette administration fait face à toutes les attaques et poursuit victorieusement sa tâche méritoire.
Breslau organise le tout à l’égout depuis 1874 et l’irrigation depuis 1881. La ville possédait le domaine de Ransern (400 hectares); elle a acquis successivement ceux d’Oswilz (300 hectares), puis de Leipe (90 hecl.). A la fin de 188b, 000 hectares adaptés suffisaient à épuiser toutes les eaux-vannes, sans interruption. Il y al3G hectares sous-loués. La ville a cédé d’ailleurs son exploitation à une société Aird et Marc (Durand-Claye, Eger).
C’est en 1869 que la ville de Paris essaya timidement de répandre sur 5 à 6 hectares de mauvais terrain sablonneux, dans la plaine de Gennevilliers, quelque 230,000 mètres cubes d’eau d’égout, avec une installation disposée pour en épurer deux fois autant au sulfate d’alumine. La terre à l’essai fut d’abord cultivée par quelques jardiniers de bonne volonté ; peu à peu, des cultivateurs de la même plaine demandèrent à recevoir une port de cet engrais ; en 1874, l’étendue irriguée était de 11b hectares, mais pouvait être aisément portée à 1,000. Au Ier juin 1878 (Schlœsing et Durand-Claye), elle était de 370 hectares et absorbait 70,000 mètres cubes par jour; en 1882, 320 hectares. L’arrosage consomme environ 90,000m:) d’eau-vanne par jour, 23,000,000 de mètres cubes par an. Mais le cube fourni par les égouls de Paris est de 330,000mJ par jour. Les ingénieurs de la ville ont donc proposé à l’administration municipale d’acquérir de l’État les terrains domaniaux d’ Achèves, c’est-à-dire les deux fermes de la Garenne et de Fromainville, 372 hectares, plus 427 hectares de tirés dans la forêt de Saint-Germain. Ce n’est pas suffisant; mais si l’acceptation de ce projet affirme le principe, il ne sera pas difficile de trouver, soit dans cette direction, soit dans d’autres, de nouveaux terrains d’irrigation, qui d’ailleurs pourront être plus à portée des quartiers à desservir. L’ingénieur A. Carnot a démontré que la ville de Paris pourrait trouver des terrains très propices dans trois ou quatre directions différentes et qu’elle a intérêt à acquéiii quelques centaines d hectares dans chacune d’elles en vue de l’irrigation. D’ailleurs il est déjà des propriétaires qui ont otTert un millier d’hectares en vue de bénéficier de 1 engrais! C est la meilleure manière d’exécuter le fameux canal qui conduirait les eaux de Paris à la mer. Quoi qu’il en soit, la question est devant le l iirlemenl, et loul lait espérer qu elle sera résolue selon les vœux de l'hygiène; la
Chambre des députés a môme adopté le projet de concession du domaine d’Acliêrès cà la ville do Paris, à titre de champ d’irrigation, eL le Sénat en aurait peut-être bien fait autant, si le Comité consultatif d’hygiène ■publique de France eût été prêt à donner son opinion.
Quelques villes de France pratiquent l’épuration agricole de leurs eaux, d’une façon plus ou moins méthodique ; ainsi, Montélimar. Reims exécute, en ce mo* ment, des travaux qui porteront, dans quelques années, ses égouts sur les terrains des Bas-Lieux. Ces eaux, qui transforment actuellement la Vesle en un véritable cloaque (Hoel), seront épurées par irrigation sur un sol crayeux. Hors de là, nous ne connaissons pas de cité française qui ait adopté le système d’assainissement qui, pourtant, réunit les suffrages de la plupart des hygiénistes nos compatriotes.
Conclusion. — Les faits acquis, relativement à la perfection de l’épuration des eaux d’égout par l’irrigation, l’innocuité sanitaire de cette pratique, le rendement agricole des champs irrigués, permettent de conclure que la vidange intégrale à l’égout, combinée avec l’épuration de la totalité des eaux d’égout par l’irrigation, est le moyen le plus parfait: l°de débarrasser les habitations de leurs immondices et d’assurer la salubrité de leur atmosphère et de leurs eaux; 2° de respecter les droits des riverains en aval des cours d’eau qui ont traversé les villes; 3° de donner satisfaction aux réclamations, parfois exagérées mais justes au fond, des économistes qui protestent contre la déperdition des engrais humains. (Un adulte produit pour environ 10 francs d’engrais par an; aucun système d’éloignement des immondices n’en assure l’utilisation complète; mais la vidange intégrale à l’égout avec irrigation est celui qui en fait perdre le moins.)
Assainissement agricole des eaux industrielles. — Cette question dépend naturellement de l'hygiène industrielle; nous ne ferons qu’y toucher ici.
L’irrigation est encore le procédé le plus sûr et le moins coûteux d’éviter la souillure des cours d’eau par les eaux des usines, et surtout de celles qui travaillent des matières organiques. On cherchera , selon les cas, ou bien à assurer l'épuration sur une surface restreinte, ou bien à faire profiter de l’engrais une grande surface de terrain, selon les vues déjà exprimées par Würtz en 1S59. MM. Harvie, à Port-Dundas, versent les eaux-vannes d’une distillerie d’alcool sur les terres de la ferme voisine de Parkhouse et réduisent l’azote combiné de 732 grammes par mètre cube à 12 grammes. Dailly et Pluchet, à Trappes (distilleries) ; Hanzem et Gérard, en Belgique (laines); Niekols, à Leeds (tanneries); André, de l’Aisne (rouissage du lin), sont entrés dans la même voie. Les frères Balsan, à Chûteauroux (A. Durand- Claye), dont la fabrique de drap produit 2,000 mètres de drap par jour et désuinte 4 à 5 mille kilogrammes de laine, dirigent leurs 7 mètres cubes journaliers d’eau de désuintage dans une citerne où se déposent d'abord 1,380 litres par jour de matières lourdes; après celte décantation spontanée, l’eau est reçue dans des rigoles qui la conduisent sur des prairies; le dépôt lui-même est séché à l’air et étendu ensuite sur les prés. Ces prairies ont une étendue de 23 hectares; Je sol en a été soigneusement nivelé et l’on y a répandu des cendres do houille pour diviser leur sol trop argileux.
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Elles produisent par hectare 1,000 à 1,200 kilogrammes de plus, depuis ces ameliorations.
Dans le département du Nord, l’industrie de la laine infecte l’IIelpe et a fait de l’Espierre le plus sordide do tous les cours d’eau; les distilleries et les raffineries de sucre perdent de réputation divers autres courants, dont quelques-uns ont des rapports sérieux avec l’approvisionnement d’eau de localités importantes. Le Conseil d’hygiène a longtemps lutté en prescrivant l’épuration mécanique et chimique (lait de chaux, décantation) avant le déversement aux rivières. Naturellement, il échouait. Enfin quelques industriels essayèrent l’épuration agricole. On a constaté (L. Faucher), dans ces derniers temps, que quatre fabriques de sucre considérables épurent avec succès leurs eaux; l’une d’elles, qui fournit 1,000 mètres cubes par jour, avec 8 hectares de culture. Dès lors, le Conseil a encouragé les tentatives de ce genre, en se bornant à les réglementer, et une distillerie importante, dont les vinasses avaient été accusées d’altérer l’eau de boisson de Lille, vient d’adopter l’épuration agricole de ses eaux résiduaires.
C’est donc que l’irrigation n’est pas impossible dans le Nord, et il est permis d’espérer qu’un jour l’Espierre passera parle sol avant de rejoindre l’Escaut.
Éloignement «les immondices «les animaux. — Vis-à-vis des animaux que l’on entretient dans les villes, il y a lieu d’appliquer des règles qui ne s’éloignent pas beaucoup de celles qui viennent d’être exprimées pour les humains. A la campagne, en raison des difficultés locales et à la faveur de la libre circulation de l’air, il peut y avoir certaines tolérances.
L’écurie doit être drainée, comme la maison, avoir sa conduite spéciale, son puisard ; elle ferait bien d’écouler les liquides à l’égout. Si on les recueille, ce doit être dans un puisard étanche (fosse à purin).
Les fumiers, mis à l’écart sur un pavé en pente, à joints exacts, s’égoutteront vers le puisard de cour et, d’ailleurs, seront enlevés le plus tôt possible. Les déposer dans des caisses en tôle, qui sont conduites à la campagne le jour même, est une pratique excellente.
Dans les villes qui jouissent d’une bonne canalisation souterraine, l’arrosage et le balayage exacts des rues font aisément disparaître les excréments abandonnés sur la chaussée par les animaux. Dans les autres, il ne semble y avoir rien de mieux à faire que d’employer des hommes à ramasser le crottin, la boue, dans des brouettes ou des tombereaux; de faire le moins possible de dépôts provisoires de ces immondices, fussent-ils masqués par des bornes creuses, dans l'intérieur de la ville, et, selon le conseil judicieux de Verrine, d’établir en dehors et à distance des villes, sous un vent qui n incommode point la grande route, des fumières à sol pavé, entourées d’arbres qui les dissimulent et retiennent les émanations.
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