‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 133 sur 268 · OSCILLATIONS · texte numérisé non relu

OSCILLATIONS

maxima.

Cylindre nu

Toile de lin, couche simple

Shirting

Tissu de soie

Flanelle

Toile de lin, couche double

Shirting

Tissu de soie

HA

Flanelle

Toile de lin, sept couches

Etoffe d’été

Satin

Cheviot

Etoilé d’hiver

Peau de gants glacés

Cuir

Vêtement normal de Jiiger

Le même, plus épais

Drap de soidat bleu-clair

Manteau imperméable

Ces résultats diffèrent de ceux de Krieger, mais sont cependant de même sens.

Il est difficile, pense Schuster, d’évaluer la part relative de la conductibilité et du rayonnement, dans l’émission de chaleur. Krieger plaçait dans la première la raison des différences observées dans le refroidissement, selon la nature de l’étoffe qui recouvrait le cylindre. Mais, à côté de la nature de ces substances, il est certain que leur état influence également le pouvoir conducteur; la laine brute n’a pas le même pouvoir que la laine filée et tissée.

Si l’on représente par 1 le pouvoir conducteur de l’air, Schuhmeister estime que le pouvoir conducteur du coton doit s’exprimer par 37; celui de la laine par 12; celui de la soie par 11. Péclet et Forbes croyaient que la conductibilité est la même pour toutes ces substances et la même que celle de l’air stagnant. Ils avaient presque raison, dans la première partie de cette formule ; caries recherches modernes tendent à établir qu’il n’y a, en effet, pas de différence essentielle dans la conductibilité des diverses matières vestimentaires, sauf pour les tissus desoie, qui sont un peu meilleurs conducteurs que les autres. Mais ils portaient bien trop haut la conductibilité de l’air (ne pas confondre avec la convection), qui est presque nulle et 90 fois moindre (Stefan) que celle des matières vestimentaires.

Au fond, s'il y a, dans la façon dont ces diverses substances empêchent la déperdition de chaleur, des différences qui peuvent aller de 3,9 (la toile de lin) à 32,8 (étoffe d’hiver), la principale cause en est dans ’l 'épaisseur naturelle des tissus qui en sont confectionnés. Car, en elles-mêmes, toutes ces substances sont mauvais conducteurs, adiathermanes, et absorbent le calorique.

En entourant son cylindre de ouate comprimée, Krieger constatait une déperdition de chaleur de 21 p. 100 plus rapide qu’avec la ouate normale. Le principal changement était que la compression avait diminué l’épais-

800 DES ABRIS ET DU VÊTEMENT. Hygiène

seur de l’enveloppe et raccourci le chemin que devait suivre le calorique pour gagner l’extérieur.

Toutefois, une autre circonstance d’extrôme importance intervient ici : la présence de l'air , corps toujours très mauvais conducteur, et la façon dont il se meut dans les substances vestimentaires ou les tissus. Si l’air qui entoure notre corps était immobile, nous n’aurions pas besoin de vêlements, puisque c’est le plus mauvais conducteur du calorique qu’on puisse imaginer. Mais cet air est dans un mouvement incessant, quoique ordinairement insensible, et la chaleur môme du corps humain détermine des courants tout autour de lui. Les vêtements donnent à l’air, jusqu’à un certain point, cette fixité qui en fait une enveloppe conservatrice de la chaleur. Aussi les plus chauds sont-ils les vêtements de laine et les fourrures, qui emprisonnent dans leurs fibres et leurs poils une notable quantité d’air. Schuster fait remarquer, avec une grande sagacité, que les filaments de la laine sont élastiques et empêchent ces tissus de s’aplatir sur la peau ; ils conservent, d’une part, leur épaisseur, d’autre part l’air, qui circule dans leurs mailles. Certains gilets de laine, qui ne sont qu’une sorte de réseau à mailles assez lâches, sont cependant très chauds, portés sur la peau avec une chemise ordinaire par dessus. Si la chemise de lin est froide, c’est parce qu’elle est mince, mais aussi parce qu’elle s’applique sur la peau; la chemise de coton, sans être plus épaisse, est moins froide, parce qu’elle a quelques villosités assez élastiques.

L’air présent dans les tissus s’échauffe au contact de la peau et maintient le tégument dans une atmosphère chaude et agréable. Il n’est pourtant pas tout à fait immobile ; il se déplace dans tous les sens et fait même des échanges avec l’air extérieur ; mais tout cela se passe avec lenteur et le renouvellement de cet air ne déborde point le pouvoir de l’économie de produire du calorique. C’est dans l’épaisseur du vêtement que s’opère l’équilibre de température entre le dehors et le dedans, et non à la surface de la peau.

La superposition de plusieurs vêtements élève le pouvoir de retenir la chaleur, tant parce qu’elle augmente l’épaisseur de l’enveloppe que parce qu’il y a une couche d’air entre chaque double des vêtements (Schuster, Krieger, Hiller).

Les vêtements flottants, à moins que l’on n’ait des moyens de les rassembler sur le corps, ne sont pas chauds, parce qu’ils permettent un renouvellement trop rapide de l’air sous-jacent et que, d’ailleurs, ils n’ont pas assez de points de contact avec le corps pour que l’air qu’ils renferment s’échauffe convenablement.

11 y a une considération inverse à examiner, à savoir, la défense contre la chaleur extérieure par les vêtements, ou du moins les chances plus ou moins grandes que peuvent offrir les vêtements de ne pas ajouter de chaleur à celle que notre calorification propre accumule déjà, lorsque nous nous trouvons dans un milieu fait pour nous en donner plutôt que pour en prendre.

Pour comparer le pouvoir absorbant des étoffes, Confier a pris un certain nom-

générale. J LE VÊTEMENT.. SOI

bre de lubes de verre, à parois minces el à diamètre sensiblement uniforme, les a garnis des différentes enveloppes à expertiser et les a exposés, sur un châssis de bois, à l'action des rayons solaires; l’expérience, menée de front pour tous les tubes, a donné les résultats suivants :

Thermomètre h l’ombre 27°

— au soleil 3G"

Différence

Tcmpéralurc avec la température du tube. du tube nu.

Tube non recouvert d’étoffes 37°, 5 »

/ A. Coton pour chemises... 35°, t — 2°, 4

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