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HYGIÈNE DE L’ENFANCE

Nous comprenons dans le groupe infantile , conformément à des traditions, d’ailleurs rationnelles : i° le nouveau-né et la première enfance , qui s’étend jusque vers l’époque (2 ans à 2 ans 1/2) à laquelle la première dentition est terminée ; 2° la seconde enfance, qui va de cette époque à la seconde dentition (7 ans) et nous mène naturellement au point. où l’individu va appartenir au groupe scolaire. Comme la première situation est de beaucoup la plus délicate, c’est sur elle que s’est particulièrement concentrée la sollicitude des hygiénistes.

A. — Première enfance.

L.e nouveau-né. — Le jeune être tient encore à sa mère, que déjà se pose une question — d’obstétrique, nous en convenons, mais aussi d’hygiène, puisque la solution va influer sur le plus ou moins de vigueur avec laquelle l’enfant débutera dans l’existence. C’est celle de savoir s’il convient de couper le cordon dès que l’enfant est au jour, ou s’il vaut mieux attendre.

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Budin et Pinard ont démontré que c’est la seconde manière qui est la bonne; il ne faut lier ni couper le cordon que quand la veine ombilicale est manifestement affaissée et vide.

Puis, on fait la toilette du nouveau-né. On le frictionne légèrement d’un corps gras (huile, jaune d’œuf) et, dans un bain tiède de quelques minutes, on le débarrasse de la matière sébacée. Le petit corps est ensuite enveloppé de linges chauds et mous, qui absorbent l’eau restée sur la peau. Enfin on lui passe son premier vêtement. Cela s’appelle toujours : emmaillotter l’enfant; mais le maillot traditionnel s’est, heureusement, bien modifié. On ne le trouve plus que dans quelques villages arriérés, et encore pas chez les pauvres, à qui leurs moyens n’ont jamais guère permis le luxe des bandes dans lesquelles on enroulait exactement les nouveau-nés, bras et jambes, « pour assurer la rectitude de leur taille. » Aujourd’hui, le tronc de l’enfant est vêtu d’une petite chemise, d’une brassière ouverte en arrière et fixée par des cordons: le ventre et les extrémités inférieures sont enveloppés lâchement dans des « couches » de toile et de flanelle, assez longues pour pouvoir être relevées jusque sous les bras et fixées par leur bord libre autour du tronc, à l’aide d’une ou deux épingles anglaises (ces épingles ne sont pas dangereuses, une fois en place; mais des nourrices étourdies trouvent moyen de piquer l’enfant en les appliquant ; des cordons seraient plus sûrs). Dans la méthode anglaise, on se sert d’une longue robe de laine qui a encore, en plus, l’avantage de ne pas faire de constriction autour de la poitrine. Le principe est, en effet, d’assurer la calorification sans entraver les mouvements respiratoires non plus que ceux des membres. Duce Santé a inventé un filet destiné à retenir sans constriction toutes les pièces d’enveloppement.

Le nouveau-né doit forcément, pour être allaité, passer quelques heures dans les bras et dans le lit de sa mère et respirer l’atmosphère odorante de l’accouchée; il est même difficile d’éloigner beaucoup le berceau. C’est une raison urgente de prodiguer l’air pur à la chambre, qui renferme deux êtres dans une situation physiologique critique. Le mieux est de placer le berceau dans une autre pièce, tant que l’écoulement lochial compromet l’atmosphère précédente.

11 ne faut pas, pour cela, installer le berceau dans un courant d’air, entre une porte et une fenêtre, à moins d’un paravent efficace. On a l'habitude de le tourner de façon que les yeux du nourrisson s’ouvrent sur le point par où vient la lumière. Le berceau ne doit pas être une boîte hermétique, mais plutôt un panier à claire-voie, à la rigueur ombragé d’une gaze légère. On le garnit d’une petite paillasse en balle d’avoine (Félix Brémond) ou de varech, facile à remplacer, et d’un matelas de crin plutôt que de laine. Le but à remplir est de ne pas placer sous le corps de l’enfant une substance apte à. s’imbiber des déjections et difficile en débarrasser. H convient donc de repousser les feutres, qui accumulent la malpropreté et que l’on ne change pas assez souvent. L’oreiller de crin est de rigueur. H ne faut, du reste, employer la laine et surtout la plume que comme recouvrement superficiel. Il n’est pas nécessaire de bercer les enfants;

spéciale.] PREMIÈRE ENFANCE. llül

cependant, il n’y a pas lieu non plus de s’insurger contre celte pratique, qui est surtout nuisible au repos de la mère.

Dans la plus grande partie de l’année de nos pays tempérés, il est nécessaire Je constituer le vêtement et le lit de l’enfant de corps mauvais conducteurs et d’aider artiliciellement à la calorification, en échauffant l'air dans lequel il respire. Le nouveau-né vient au monde avec une température de 37°,25 (H. Roger) et se refroidit d’abord à 36° ou même à 33°, o; le lendemain de la naissance, il a repris 37°. Mais en raison de son peu de volume il a proportionnellement une plus grande surface de déperdition de calorique que les adultes. Loir a rendu un réel service en obtenant, à Paris au moins, que la constatation des naissances pût avoir lieu à domicile et que l’on ne fût pas obligé de porter à la mairie, par tous les temps, l’enfant qui ne fait que naître.

Le tableau ci-dessous, de Slockton Hougli, et dans lequel les températures ont été prises au creux axillaire, montre bien la tendance de l’enfant à se refroidir :

Température

moyenne.

5 enfants de 20 à 36 heures 31°, 39

6 — de 3 à 10 jours 36°, 97

7 — de 2 à 9 semaines 36°, 73

9 — de 3 à 44 mois 36°, 87

Aussi, le professeur Jacobi (New-York) maintient-il que, pendant les deux premières années, il faut que les bains des enfants soient entre 31 et 32 degrés, malgré l’opinion de J. Simon, qui accuse les bains chauds de macérer l’épiderme et d’être, chez les enfants, une cause d’eczéma. Même en été, on n’apporLera, à cette pratique, d’autre modification que celle de faire suivre le bain chaud de lotions à l’eau froide et de frictions un peu rudes. Coudereau a remarqué que les premiers troubles digestifs des enfants sont dus au refroidissement. Selon Hauser (de Séville), pendant que les provinces de la zone maritime de l’Espagne, Pontavedras, Oviedo, Lugo, n’ont que 18 à 22 décès de 0 à 3 ans pour 100 naissances, celles du haul plateau de la Péninsule, Madrid, Guadalajara, Caceres et Yalladolid ont de 52 à 54 décès.

Pour les mêmes raisons^ les enfants à la mamelle et même les enfants plus âgés devront être vêtus de laine; le maintien de la chaleur de la poitrine, du ventre et des pieds est particulièrement urgent. Nous n’apprécions pas beaucoup la mode de décolleter les bébés et de leur laisser les jambes nues. Nous ne croyons pas que cet âge soit favorable aux expériences d’endurcissement. C’est comme pour le bain froid en toute saison. Ceux qui résistent à cette éducation, qu’on a appelée à l'anglaise, seront dans leur carrière des individus bien trempés; mais c’est peutêtre grâce à une sélection cruelle plutôt que par les bienfaits du système.

En ce qui concerne l’influence de la chaleur, il a également éLé reconnu qu’elle élève la mortalité des enfants, quand elle devient excessive, qu’il s’agisse de pays tempérés ou de pays chauds. Les petits bains frais rendent, sous ce rapport, de réels services, à titre de toniques généraux aussi bien que comme moyens de soustraction du calorique. La véritable protection, en ellet, est dans la parfaite adaptation du régime alimentaire aux besoins du jeune être et dans tout ce qui maintient l’ensemble de sa vilalilé.

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