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VI. Blessures des extrémi

tés inférieures

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faite a traverser les phases critiques de la grossesse, de l’accouchement, de la lactation ; voilà bien des circonstances où l’on ne saurait voir sans de vives inquiétudes son séjour dans le milieu anormal et dangereux de l’atelier. Ce milieu est tel parfois qu’il compromet non seulement la femme enceinte, mais aussi le fruit de la conception (; manufactures de tabac, industries du plomb).

Constitution. — Un homme de constitution moyenne peut fournir en 10 heures environ 385,000 unités de travail; mais il est peu de métier qui demande à l’homme toute sa force disponible. La machine fait le gros œuvre presque partout, sauf dans les travaux de mine et de terrassement, et encore. Il en résulte que nombre d’individus relativement frêles peuvent aborder ces ateliers de filature et autres, où il faut plus d’attention et de dextérité que de force, et où le travail, en tant qu’exercice, ne sert même pas à exciter le développement musculaire, comme le font les occupations agricoles. Néanmoins, il n’est pas dit pour cela que ces poitrines étroites soient aussi résistantes que de larges poumons à l’action des poussières, ni que le système nerveux de ces individus chétifs ne soit pas particulièrement sensible à l’influence des vapeurs toxiques.

État moral. — Sauf un petit nombre d’industries qui réclament des ouvriers presque lettrés ( typographes ), et de rares ateliers dont les chefs reprennent l’instruction du personnel et soutiennent leur conduite, les travailleurs de vastes chantiers sont ignorants et d’une éducation nulle, sinon mauvaise. Il est facile de comprendre le lien de cet état intellectuel avec la nullité des précautions d’hygiène générale ou particulière que l’on rencontre si fréquemment chez eux. Cette lacune grave est plus sensible encore au dehors qu’à l’atelier, où quelques mesures réglementaires obligent le personnel. Rendu à lui-même, l’ouvrier est malpropre sur sa personne et dans son logement; il ne sait ni s'alimenter convenablement, ni réaliser quelques économies; un grand nombre se livrent à des excès alcooliques, intermittents mais réguliers (le dimanche et le lundi); une haute et précoce dépravation se développe dans les ateliers de femmes. Nous n’avons pas à prendre ici le rôle de moraliste; sans excuser l’inconduite des travailleurs de l’un ou de l’autre sexe, nous pourrions trouver à l’expliquer. Mais, en restant sur le terrain de l’hygiène, il est par trop clair que les habitudes de débauche désarment l’homme et la femme vis-à-vis des influences physiques redoutables qui les attendent, plus ou moins intenses, dans l’atelier.

lôurée «le travail. — L’homme ne peut rester actif que pendant un 1 temps limité, surtout si son activité ne change pas d’objet. La limite se rapproche, quand il s’agit de jeunes gens. Indépendamment du sommeil nécessaire, des pauses sont indispensables pour les repas et, d’ailleurs, pour rompre la continuité du labeur.

Il y a là une grave question, que nous nous efforcerons de traiter au seul point de vue de l’hygiène. Dans beaucoup d’usines de France et de quelques autres pays, sous prétexte que l’entrée d’un ouvrier est un « contrat » librement accepté entre

spéciale. | ' DURÉE DU TRAVAIL.

le travailleur et le patron, celui-ci est arrivé peu à peu à demander à l’ouvrier, en échange d’un salaire convenu, un nombre d’heures de travail journalier qui dépasse la tolérance du sens commun. L’ouvrier est, dit-on, toujours libre d’accepter ou de refuser; les vérités Lhéoriques sont fort complaisantes. L’ouvrier accepte donc, et il en résulté une situation qui n’est guère bonne pour personne, mais qui est particulièrement meurtrière pour la population laborieuse. On voit, en eüet, ces malheureux, excédés, circuler encore automatiquement, après douze heures de travail, autour du mécanisme implacable, dont ils continuent à surveiller tant bien que mal le fonctionnement ; mais s’il fallait un effort d’attention ou de vigueur, on peut être certain qu’ils en seraient incapables. Enfin, ils rentrent chez eux ; mais, à ce point, on n’a plus de chez soi, on ne voit plus ni femme ni enfants ; il n’y a qu’un endroit où l’individu exténué et affamé vient prendre sa pâture eL un grabat sur lequel il s’étend, n’ayant plus la force de penser ni de sentir. Le lendemain, c’est à recommencer, et si, comme c’est inévitable, le repas et le sommeil n’ont pas équilibré la dépense de la veille, l’homme est de moins en moins capable de fournir un travail aclif, une attention suffisante; il se traînç. La journée dure longtemps ; mais quel ouvrier et quelle besogne! Quelle famille aussi et quel foyer!

Cependant, les forces et la vitalité sont débordées de plus en plus : c’est comme une dégradation méthodique des individus. On peut en augurer de la valeur des reproducteurs dans celle classe, et des tristes attributs de la génération qui va en sortir. Le malheur veut que les séductions du travail assuré et du salaire en apparence rémunérateur précipitent, vers les centres industriels, les ouvriers de la campagne qui se dépeuple au profit des Ailles ; les reproducteurs tarés se multiplient et l’emporteront peut-être quelque jour ; on cherche déjà, dans les villes industrielles, parmi la génération qui s’élève, les jeunes gens sur qui le pays puisse compter; d’irréprochables, on n’en trouverait guère. L’inaptitude au service militaire dans le département du Nord, selon les divers cantons, se répartit en raison directe de l’extension des grandes industries, comme il résulte des études de Costa. Le « libre contrat », dans ces conditions, perd beaucoup de ses droits à notre respect, et nous ne voyons pas bien pourquoi l’Étal, qui est responsable de la sécurité publique et de la vitalité nationale, ne fixerait pas les bases de ce contrat, de la même manière qu’il impose aux citoyens l’instruction et le service militaire obligatoires (Pierre Legrand). Remarquons qu’en France, où le principe du libre contrat a rencontré un défenseur de grand talent en la personne de H. Napias, on ne laisse pas que de légiférer beaucoup en cette matière; maladroitement, c’est vrai; mais cela prouve, au moins, que beaucoup d’hommes politiques pensent qu’ils en ont le droit et le devoir. Après tout, les hygiénistes déplorent tous notre faible natalité; or, les ouvriers font certainement beaucoup plus d’enfants que les petits propriétaires ruraux; ne serait-il pas rationnel de leur donner le temps de les élever? Voilà un genre de production qu'il faut aussi protéger. A moins qu'on n’organise la liberté partout ; ce qui serait bon encore.

Il y a, assure-t-on, des circonstances dans lesquelles il est nécessaire d’admettre des tolérances à la limitation des heures du travail journalier ; cela se présenterait chez les chauffeurs, les fondeurs, les imprimeurs, les meuniers, les fabricants de projectiles. On a admis des exceptions en 1851, en 1866, et l’on en admet tous les jours. Nous ne pensons pas que l’intransigeance soit de mise en hygiène; mais il semble bien que l’on pourrait, plus souvent qu’on ne dit, restreindre ou môme supprimer le travail de nuit.

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Protection légale oes ouvriers. — En fait, il y a des lois. Comme le fait remarquer Napias, l’hygiène n’a pas à s’occuper des dispositions administratives qui règlent la responsabilité des patrons envers les ouvriers. C’esL un cas particulier de la justice commune et de cette loi de bon sens, en vertu de laquelle quiconque a fait tort à autrui est tenu de constituer une indemnité. Ce qui est de notre ressort, ce sont les lois qui assurent la salubrité et la sécurité du travail, parmi lesquelles il faut ranger les dispositions fixant les limites de la durée pour les divers groupes d’âge et de sexe.

Salubrité et sécurité du travail. — Elles sont réglementées en Angleterre, plus que partout ailleurs (Napias), par le Faclory and Workshops Acl de 1878; en Autriche, en Allemagne (lois du 21 juin 1869 et du 17 juillet 1878), en Suisse (loi fédérale du 23 mars 1877), et dans beaucoup d’autres pays. En France, la loi du 19 mai 1874, qui ne prescrit des mesures de sécurité que pour les enfants, semble autoriser les patrons à s’en passer, dès qu’il n’y a pas d’enfants dans leurs ateliers, ou à exclure les enfants de leurs opérations, ce qui ne serait qu’un petit mal. Depuis lors, plusieurs projets ont été présentés au Parlement (Félix Faure et Martin Nadaud, 1882; Richard Waddington, 1884 et môme 1887); au Ministre du Commerce (rapport de Napias au Comité Consultatif d'hygiène publique, 1884). En général, les amendements particuliers que l’on y introduit au cours de la discussion, en allèrent sensiblement l’économie. Finalement, ils n’aboutissent pas, jusqu’à nouvel ordre. Aussi ne saurait-on louer trop haut les associations qui suppléent aux lois ( Société mulhousienne , Société rouennaise, Association des industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail).

Age d' admission et durée du travail. — Il n’y a en général pas désaccord en ce qui concerne les enfants , ceux du sexe féminin surtout. Il est nécessaire de fixer un âge légal d’admission aux ateliers, et des limites de durée journalière du travail des enfants.

En Angleterre, malgré le souci des législateurs de 1878, le respect de la liberté individuelle fait que les dispositions administratives punissent plus qu’elles ne préviennent et que l’on voit encore, dans le pays, des enfants de 8 à 13 ans passer la journée dans un atelier. Beyer (Dusseldorf) en évaluait le nombre à 118,000.

En Allemagne, le règlement du 21 juin 1869 ( Iieichsgeiverbeordnung ) interdit le travail régulier au-dessous de 12 ans révolus. Il permet 6 heures de travail par jour, de 12 à 14 ans, avec des pauses convenables et sous la condition de 3 heures d’école obligatoire par jour; le travail de nuit et le travail du dimanche sont formellement défendus. Dans ces conditions, il n’y a pas, dans l’empire allemand, beaucoup plus de 20,000 enfants employés dans les manufactures sur un total de 880,300 ouvriers. Sur ce nombre, la Bavière n’a guère que 1,000 enfants de 12 à 14 ans dans les ateliers, tandis que la Saxe en compte environ 3,000. • — De 14 à 16 ans, le travail ne doit pas dépasser 10 heures, y compris les pauses; le repos de la nuit et du dimanche restant réservé. Il y a, en Allemagne, 60,000 ouvriers de cette catégorie. — Il est à remarquer que cette loi ne comporte pas de conditions spéciales ni d’exceptions; aussi porte-t-elle des fruits.

spéciale.] PROTECTION LÉGALE DES OUVRIERS. 1255

Ce qui n’est pas assez le cas de la loi française (loi du 19 mai 1874; règlements de 1875 à 1877).

Celle-ci, Beyer la qualifie d’ « amère plaisanterie faite à l’hygiène », et nous ne pouvons, malheureusement, nous trouver blessés du mot. La loi Joubert porte que les enfants pourront être admis à l’âge de 10 ans révolus dans quelques industries spécialement déterminées par un règlement d’administration publique (voy. IIIe partie); mais, jusqu’à 12 ans, ils ne seront assujettis qu’à un travail de 6 heures par jour, interrompu par un repos. — Partout ailleurs, on n’admettra dans les manufactures et les usines que des enfants âgés au moins de 12 ans. — Les garçons au-dessous de 12 ans et les lilles au-dessous de 21 ans ne pourront être employés à aucun travail de nuit, non plus que dans les ateliers à produits vénéneux ou sujets à explosions. Il y aura une école dans l’atelier. — Comme la loi ne défend pas d’imposer un travail de 12 heures aux enfants de 12 ans, qu’elle ne s’oppose pas à ce qu’on soumette des jeunes gens incomplètement développés au travail de nuit, qu’on les fasse descendre dans les carrières, dans les mines, Beyer a quelques raisons de la trouver barbare.

Aujourd'hui que l’instruction est obligatoire en France de 6 à 14 ans, on ne comprend plus bien la loi de 1874, qui semble admettre qu’on ne s’occupe plus d’instruction à partir de 12 ans. Comme le pense Napias, notre loi du 28 mars 1882 indique à elle seule l’âge de 14 ans comme celui auquel peut commencer le travail industriel.

Le tableau ci-après renferme les fixations de diverses législations (la Belgique n’y est point, parce qu’elle vit sous le régime du décret du 3 janvier 1813, qui ûxe le minimum d’âge à dix ans !).

Pour ce qui est de la durée du travail des adultes, en Allemagne et dans les autres pays d’Europe, sauf la Suisse, où existe le Bundesgesetz du 23 mars 1877, il n’y a pas de loi sur ce point; en Angleterre, cependant, un usage si bien établi qu’il vaut une réglementation légale a fixé la durée du travail à 56 heures et demie par semaine. En Amérique, le travail de 10 heures par jour a prévalu. En Suisse, il est de 11 heures pour les jours ordinaires et de 10 heures la veille des jours de fête. En Belgique règne la liberté illimitée du travail ; les enfants mêmes et les femmes ne sont point protégés (Richard Waddington). La durée du travail, en France, est toujours fixée au maximum de 12 heures, par la loi du 9 septembre 1848. Mais le manque de distinctions dans cette loi et les dispositions intervenues depuis la rendent à peu près inappliquée. Il est probable que la limite sera abaissée àl I heures, bien que beaucoup veuillent descendre à 10 heures. Nous pensons que 10 heures d’absence de chez lui sont tout ce que l’on peut demander à l’ouvrier ordinaire.

Inspection du travail des enfants. Exceptions à la loi. — La loi de 1874 crée un service d'inspection du travail des enfants et prévoit l’institution de Commissions locales et d’une Commission supérieure , destinée à le contrôler. Cette inspection obtient de sérieux résultats, tant au point de vue de la prophylaxie de la prématuralion physique qu’à celui de l’instruction des enfants admis dans les ateliers.

Travail des enfants dans les manufactures (Henri Napias).

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spéciale.] ÜYGIÈNE GÉNÉRALE DES OUVRIERS. I2ST

Si les dispositions de cette loi en ce qui concerne la protection contre les appareils dangereux étaient étendues aux adultes, il est clair que le môme service d’inspection pourrait, sans être beaucoup développé, vérifier l’exécution des mesures de sécurité générale.

La môme loi autorise l’emploi des enfants à partir de dix ans dans quatorze industries importantes, dont quelques-unes, comme la filature et la verrerie (Napias), présentent de réels dangers pour la santé. Il n’est pas bien sûr que toutes ces industries, la filature, le retordage du coton, la corderie à la fendue, le dévidage des cocons — et même la verrerie — ne puissent se passer des enfants.

Apprentissage. — Lasection X de la loi de 1874 décide l’application des principaux articles aux enfants placés en apprentissage dans les conditions de la loi du 22 février 1831. C’est de toute justice. Seulement, pour des raisons qu'expose Napias, « l’apprentissage se meurt en France » et est remplacé peu à peu par les Ecoles professionnelles.

A Paris, une très utile Société dite de protection des apprentis a pour but d'améliorer la condition des apprentis et des enfants employés dans les manufactures; elle place et surveille des enfants chez des patrons, particulièrement chez des ouvriers dont la besogne confine aux travaux artistiques (horlogers, bijoutiers, couteliers, doreurs, relieurs, etc.), en cherchant elle-même les placements, en se chargeant du contrat avec le patron et en fournissant à l’apprenti divers objets que le premier ne pourrait mettre à sa disposition, un lit par exemple. On a songé à quelque chose d’analogue à Lille; mais les filatures n’ont pas besoin d’apprentissage. A Nantes, l’instituteur Livet a précisément réalisé la combinaison de l’enseignement professionnel avec l’instruction élémentaire; il prend l’enfant à quatre ans, le prépare jusqu’à huit par des leçons de choses, le soumet, de huit à douze, au cours élémentaire. A douze ans commence l’enseignement professionnel.

3° Hygiène générale des ouvriers.

Alimentation des ouvriers. — Elle est tout d’abord soumise aux règles générales que nous avons tracées antérieurement (p. 836 et suiv.). Puis, elle dépend beaucoup des habitudes et des ressources locales. Les ouvriers étant nombreux, pressés, peu éclairés, obligés d’acheter au détail, ce sont eux qui s’offrent comme les vicLimes ordinaires de la fraude, et eux que les administrations sanitaires doivent protéger par-dessus tout.

Par ailleurs, le rendement en travail est essentiellement en rapport avec la richesse alimentaire. Les ouvriers du Nord, mal nourris, fournissent moins de travail et plus de malades que ceux d’Alsace. Lombard et Sonderegger ont attribué pour une grande part l’anémie des ouvriers du tunnel du Saint-Gothard à la mauvaise alimentation de ces hommes, presque tous Italiens, naturellement sobres, et dont quelques-uns économisaient 100 francs sur les 123 qu’ils gagnaient par mois. On ne résiste pas aux atmosphères méphitiques ou délétères avec un régime aux galettes et bouillies de maïs, non plus qu’avec le café (à la chicorée) des ouvriers

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flamands. Il est particulièrement nuisible dJ arriver à jeun dans un chantier insalubre (mines).

L’anémie du Saint-Gothard a été mortelle pour un certain nombre d’ouvriers : celte gravité, peu habituelle à l’anémie par insuffisance alimentaire a fait chercher quelque aulre circonstance encore de l’hygiène de ces mineurs. Pagliani a mis en cause l'atmosphère des chantiers, méphitique, pénétrée de gaz irrespirables et d'oxyde de carbone ; cette éliologie nous paraît fort légitime, si nous nous reportons au souvenir de Y anémie d'Anzin, au commencement du siècle. Cependant Perroncito et Concato, Sonderegger, Baumler, Bugnion, P. Fabre, pensent devoir faire intervenir, dans l’origine des accidents, la présence de F ankylostome duodénal, constatée dans les selles des malades, surtout après administration d’un vermifuge, et dans l’intestin des cadavres. Lesage a, de môme, fait expulser à des mineurs d’Anzin des ankylostomes gorgés de sang, en compagnie de quelques anguillules semblables à celles de la diarrhée de Cochinchine. En se rappelant que Griesinger, Wucherer, attribuent à l’ankylostome l’anémie intertropicale, on ne peut se refuser à porter quelque attention sur ce nouveau rapport étiologique, bien qu’il ne soit pas hors de toute contestation. — Il nous ramènerait, toutefois, encore aux recommandations d'hygiène alimentaire qui font l’objet de ces lignes. L’ankylostome s’introduit par les voies digestives, probablement avec l’eau (à l’état d’œufs) ; l’indication formelle est donc de filtrer l’eau de boisson des mineurs et de ne pas laisser ouverts, exposés aux poussières des galeries (Pagliani), les vases qui la renferment. Les mineurs déposent leurs excréments dans un coin des chantiers; il est difficile de les en empêcher; mais ne pourrait-on trouver pour leur usage quelque chose comme des fosses mobiles avec désinfection chimique ou même à la terre?

Les chefs d’usines, dit Hirt, en se chargeant de la nourriture des ouvriers, pourraient assurer à ceux-ci une bonne alimentation, en même temps que servir leurs propres intérêts, puisqu’ils retrouveraient en travail effectué ce qu’ils auraient pu y mettre de soins. Un docteur B..., fabricant d’aniline, à Hochst, emploie cette méthode et conserve des ouvriers brillants de santé. Nous avons cité des faits analogues (p. 1223).

Habitation des ouvriers. — « Il ne servirait de lûen d’essayer de réaliser, par l’assainissement de l’atelier ou de l’usine, une économie de la vie humaine, si l’infection du logement, l’encombrement funeste des chambrées n’était pas sérieusement et sévèrement interdit » (H. Napias). Or, l’habitation des ouvriers, dans les grandes cités manufacturières, est souvent dans des conditions lamentables. Les quartiers difformes, les entassements de maisons et d’étages, les logements sans soleil leur reviennent avec une régularité malheureuse et presque imposée par la médiocrité des salaires, la famille nombreuse et jeune. Non pas que le loyer de bas prix emporte nécessairement un logement insalubre ; mais les immeubles disgraciés existent et persistent dans les villes; ils se déprécient eux-mêmes, et c’est à ceux-là que les petites bourses s’adressent naturellement. En profitant de cette disposition et de cette nécessité, les propriétaires de ces immeubles ont même réussi à en tirer un bon parti. D’autre part, quelques spéculateurs ont construit tout exprès des maisons « de logement », dans lesquelles le mépris de l’hygiène s’étale avec une étonnante hardiesse. Grâce au développement énorme de l’industrie, des

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