‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 30 sur 268 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

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1879. 2 décembre .. .

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1880. 3 janvier

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— 7 février

— 6 mars

— 13 avril

Or, t kilogramme d’eau par mètre carré de surface représente exactement une hauteur de pluie de 1 millimètre. Si, donc, le sol du cimetière de Leipzig se trouvait, un jour, entièrement desséché, il ne faudrait pas moins de 1,894 millimètres de pluie, en supposant qu’il ne s’en écoule ni ne s’en évapore rien, pour remplacer par infiltration l’eau disparue. Comme la moyenne annuelle de pluie, à Leipzig, n’est que de 574 millimètres dont la moitié ne pénétre pas dans le sol, ce remplacement mettrait de trois à sept ans à s’accomplir. Ce qui explique qu’en beaucoup de lieux il n'y a aucun rapport entre les précipitations atmosphériques et les oscillations du niveau cle l’eau souterraine.

Un mètre carré de surface cle sol sur 1 mètre de profondeur peut contenir 139 kilogrammes d’eau, 239 et même 410 kilogrammes, c’est-à-dire absorber, dans nos pays, toute la pluie d’une année, ou d’une demi-année, déduction faite de la part de l’évaporation. Celle-ci peut être telle que les pluies d’été no saturent pas même la couche superficielle. Ce sont les pluies d’hiver, époque à laquelle l’évaporation est presque nulle, qui réparent réellement les pertes de l’année. Celle-ci peut avoir été pluvieuse en été, sans que la nappe souterraine s’élève ou même cesse do s’abaisser. A Lille, le 10 novembre 4887, après des pluies qui avaient déjà fatigué tout le monde, le déficit persistait dans les réservoirs de la distribution d’eau, à Emmerin.

La limite, dit Hofmann, au delà de laquelle les phénomènes d’évaporation ne sont plus influencés par les oscillations périodiques de la température, n est jamais bien loin de la surface. A partir de cette limite, il y a une zone dans laquelle les interstices du sol sont saturés d’eau. S’il pleut,

1 infiltration peut y amener encore de l’eau ; les pores encore libres se

DU SOL. [Hygiène

remplissent; mais ils ne peuvent retenir l’eau, qui pénètre au delà dans la profondeur jusqu’à ce que le sol soit ramené à l’humectation dont il est susceptible en vertu de sa capacité propre.

En conséquence de ces observations, Hofmann distingue trois zones ou couches inégales de sol :

a. La zone d'évaporation, couche supérieure, d’humectation extrêmement variable et, cependant, la plus importante au point de vue de l’hygiène, puisque c’est elle qui reçoit surtout les souillures de l’extérieur, qui subit les plus hautes températures de l’année et s’ouvre à l’invasion directe des champignons pathogènes. Elle peut, après une longue sécheresse, retenir toute la pluie d’une demi-année ou même d’une année, de telle sorte qu’il n’en passe pas une goutte dans les couches inférieures.

b. La zone de transition, dans laquelle l’évaporation n’a plus lieu. Cette zone renferme une proportion d’eau invariable et assez riche, correspondant à la taille des capillaires du sol. L’eau y est stagnante, tant qu’il ne lui vient pas un tribut d’en haut. Celui-ci ne change que passagèrement la richesse en eau de la zone, puisque ce qui dépasse la capacité hydrologique de ces couches s’écoule verticalement. Réciproquement, cette zone n’alimente les couches inférieures que quand elle-même est sursaturée.

c. La zone de la nappe de capillarité, contiguë à la nappe souterraine, alimentée par celle-ci par capillarité ascendante, et qui rend le sol plus ou moins riche en eau, selon que les dimensions des voies capillaires rendent l’ascension liquide plus ou moins importante. Dans un sol à gros grains, elle peut n’atteindre que quelques décimètres; dans un sol à grains fins, 1 à 2 mètres. Cette zone est exactement réglée par les oscillations verticales du niveau de la nappe souterraine; mais c’est la seule qui soit dans ce cas.

En effet, les couches moyennes ne reçoivent que l’excès d’eau des couches supérieures; quant à leur rôle vis-à-vis de l’alimentation de la nappe souterraine, il faut se souvenir que «l’eau qui s’en écoule dans l’unité de temps n’est qu’une fraction de celle qui y reste. »

Pour les couches supérieures, leur état est subordonné à l’évaporation. Elles n’influencent aussi la nappe souterraine que quand elles sont sursaturées. On ne saurait donc trop rester sur la réserve vis-à-vis des théories étiologiques, basées par quelques auteurs contemporains sur la croyance, généralement erronée, que des averses ont entraîné jusqu’à la nappe souterraine les impuretés et matières pathogènes déposées à la surface du sol, ou dans ses premières couches. (Voy. plus loin : Souillures du sol, p. 95.)

4° Nappe souterraine.

L’eau qui fait partie intégrante des couches terrestres superficielles semble pouvoir s’appeler eau tellurique. Celle qui détermine l'humidité du sol et dont il vient d’être question est le premier mode de l’eau tellurique ; la nappe souterraine en est un autre.

générale.] NAPPE SOUTERRAINE. 55

Les précipitations atmosphériques, comme on le sait vulgairement, se divisent en trois parts, plus ou moins égales selon les lieux et les circonstances. L’une de ces parts s’évapore; l’autre suit les parties déclives du sol jusqu’au prochain cours deau; la troisième pénètre dans le sol. Si, à une profondeur médiocre au-dessous de la surface, il existe une couche impénétrable à l’eau et qu’après la saturation do la capacité du sol, comme il a été expliqué, il reste un excès d’eau, celle-ci est arrêtée par la couche imperméable, remplit tous les pores du sol immédiatement superposé à cette couche et. pourvu que celle-ci ne soit pas trop inclinée, y forme une collection que l’on nomme l 'eau souterraine, la nappe souterraine, le Grundwasser.

Quand la couche imperméable est très près de la surface, à 50 centimètres par exemple, en pays plat, l’eau de précipitation imbibe le sol, le rend improductif, tout en favorisant la végétation palustre et la faune correspondante. C’est le marais sous l’un de ses aspects les plus caractérisés. L’eau peut même excéder la capacité de la mince couche poreuse du sol, rester visible, immobile et ne disparaissant que par évaporation, à moins que la surface du sol n’ait une pente très favorable. Cette forme ( Tagwasser ) est encore très dangereuse et ne diffère pas sensiblement du marais. Le premier cas était celui de la vallée de la Bièvre, à Paris, avant les travaux d’assainissement (Rives).

Pellenkofer définit la nappe souterraine d’une façon qui nous a paru en faire bien ressortir le caractère essentiel. C’est « cette couche aqueuse souterraine, plus ou moins haute, existant dans le sol poreux, qui nous est accessible par le creusement des puits. Les eaux souterraines de nos surfaces terrestres peuvent être considérées comme des étangs et des fleuves souterrains, remplis par des alluvions et plus ou moins comblés, de telle sorte que nous habitons et cultivons la terre par-dessus leur niveau. Si nous établissons un puits, nous pratiquons une ouverture à travers la couverture de cette eau souterraine ; arrivés au niveau de l’eau, nous extrayons encore à quelques pieds de profondeur les matériaux de remplissage, de sorte que le bassin est déblayé et que l’eau s’y collectionne, pour être ramenée à la surface à l’aide d’une pompe ou d’un seau à puiser. »

D'ailleurs, l’eau souterraine fournit réellement de véritables sources, comme l’ont indiqué Daubrée (1849) et Darcy (1856), lorsque la couche imperméable sur laquelle elle repose vient mettre sa tranche au jour sur un point du flanc d’une colline. C’est le mécanisme précisé par Richthofen pour les « sources d’eau souterraine », par changement de direction de la couche imperméable, à la faveur d’une pente brusque, d’une vallée, d’une tranchée quelconque. Normalement, la nappe souterraine porte les eaux du sol jusqu’au cours d’eau qui se trouve sur la ligne de collectionnement du drainage de la contrée (Soyka). Souvent, ce déversement a lieu par des sources sur le bord même de la rivière, ainsi qu’il arrive à la Scarpe, dans le Pas-de-Calais; ou môme par des sources cachées dans le lit de la rivière.

Les sources dites des couches superficielles, qui proviennent de l’eau de pluie

^6 DU SOI,. [Hygiène

tombée dans les fissures d’un sol imperméable et reparaissant plus bas ; celles (les couches profondes, qui se prêtent à la création des puits artésiens, ne se rattachent que de loin à la nappe souterraine, prise dans le sens de l’hygiène. Cependant, une situation du premier genre, rappelée par Soyka, présente un réel intérêt. C’est celle des eaux qui sortent des collines de Rome. Ces collines s’élèvent autour de la ville, d’étage en étage, jusqu’à des cratères d’anciens volcans, aujourd’hui transformés en lacs. De ces bassins naturels, ou simplement par suite des pluies sur les hauteurs, l’eau s’écoule par les tissures et par les voies perméables, cheminant souterrainement sur les couches de tuf volcanique ou d’argile, à travers des couches de pouzzolane, de lapilli, de sable. Si elle rencontre une masse compacte, elle remonte en source jaillissante. Sinon, elle va former des sources au pied des collines et même des marais, en un pays où il ne pleut guère. Les anciens avaient pratiqué dans ces collines un drainage intelligent ( cuniculi ), dont la ruine, par l’incurie du moyen âge, a causé l’insalubrité proverbiale de l’A(7?’o Romano. Tommasi-Crudeli en a retrouvé les traces, sur les indications du docteur Tucci.

Disposition et rapports île la nappe souterraine. — On ne Saurait trop se pénétrer de l’idée que le niveau, la pente, le mouvement de la nappe souterraine sont subordonnés aux qualités, à la structure du sol, aux accidents de surface de la couche imperméable. Des communications existent habituellement entre les cours d’eau qui occupent le fond d’une vallée et la nappe souterraine des pentes; mais le fait n’est point nécessaire, puisque les roches sont parfois inclinées ( roches anticlines ) dans un sens qui éloigne du fond de la vallée les eaux entrées dans le sol. Nous verrons, de plus, que la nappe influence beaucoup plus le cours d’eau que celui-ci n’agit sur la nappe. On peut admettre que la rivière repose sur les points les plus déprimés de la couche imperméable ou même entame celleci, suivant deux lignes le long dequelles la couche de terrain léger, superposée à la précédente, arrive à sa moindre épaisseur.

La nappe a, d’ordinaire, une double inclinaison qui la dirige à la fois dans un sens perpendiculaire au fleuve et suivant une pente analogue à celle du cours d’eau lui-même, de telle sorte qu’elle lui fournisse sous un angle aigu ces affluents souterrains qui expliquent pourquoi les fleuves grossissent dans leur cours, même alors qu’on ne leur voit pas d'affluents superficiels. Dans tous les cas, grâce à son incorporation aux pores du sol, grâce à sa liaison avec la couche imperméable, elle échappe beaucoup plus que l’eau superficielle à la tendance à l’horizontalité du niveau, de même que son mouvement ne saurait se calculer d’après les lois de la pesanteur.

Il va sans dire que le relief extérieur du sol ne donne non plus aucune indication sur la disposition ou le niveau de la nappe souterraine et il ne faut pas croire que celle-ci soit inclinée vers le fleuve comme les pentes de la vallée. Gela peut arriver; mais le contraire se présente également. A quelque distance du bord du fleuve, la nappe souterraine reprend absolument son indépendance ; la couche imperméable ondule pour son propre compte, quel que soit le relief de la superficie, et il se fait souterrainement

générale.] NAPPE SOUTERRAINE. 5/

des lignes (le séparation dos eaux, tout comme il y on a à 1 extérieur, mais sans correspondance nécessaire des unes avec les autres. Un puits, ou un trou de forage, donne la profondeur à laquelle se trouve la nappe souterraine au point examiné; mais il faut en creuser plusieurs, sur des lignes verticales et sur des lignes parallèles à la direction du cours d eau du fond de la vallée, pour avoir une idée approchée de la disposition d ensemble du niveau de l'eau souterraine sur une certaine étendue. A Munich, la couche de marne imperméable sur laquelle repose la nappe souterraine, cette nappe elle-même, de même que le cours de l’Isar et les pentes superficielles, s’inclinent simultanément du sud au nord; mais la pente est bien plus raide de la part de la couche superficielle, c’est-à-dire que cette couche de gravier, poreuse, diminue d épaisseur du sud au nord ; aussi, on haut, vers le sud, la nappe souterraine est- elle à plus de 20 mètres de profondeur, tandis qu’au nord de la ville elle s’échappe de terre sous forme de sources nombreuses. En quelques points, le relèvement brusque de la couche imperméable donne lieu à des ondulations de la surface de la nappe et à la formation de cuvettes où il y a une sorte de stagnation de l’eau souterraine (voy. lig. 3).

Près du village badois d’Immendingen, une partie de l’eau du Danube naissant disparait sous terre pour ne reparaître qu’à trois lieues plus loin, à la petite ville d’Ach. Or, cette eau tombée dans la nappe souterraine appartient au bassin du Rhin à sa réapparition.

A Barmen, au contraire, sur une étendue dans laquelle la Wupper descend de 20 mètres, tous les puits creusés à une même distance de la rivière, ont l’eau à 3 mètres de profondeur; c’est donc que la surface du sol et celle de la couche imperméable ont la même inclinaison.

Ce ne sont pas les fleuves qui alimentent la nappe souterraine, c’est le contraire; la preuve en a été donnée plusieurs fois. A Dresde, lorsqu’on faisait les travaux de distribution d’eau, l’eau des tranchées ouvertes près du bord de l’Elbe conservait, en été, une température de 7° R., tandis que celle du fleuve en marquait 19. En hiver, après une semaine d’épuisement par les pompes tel que le niveau des puits avait baissé de 2m,50 vers l’Elbe, l’eau des tranchées était toujours à 7° R., et celle du fleuve à 0°. Ce n’était donc pas l’eau du fleuve que les pompes amenaient au dehors, mais celle des couches de gravier, ouvertes par les travaux. Sous le sol même du lit du fleuve, on a reconnu que l’eau n’est point celle de l’Elbe arrivée là par filtration. Veilmeycr, aux Tegelsée et Mügggelsée (Berlin), Gruner et Thiem à Strasbourg, Salbach à Halle, ont fait des observations analogues.

L’analyse chimique, dans les eaux de forage de Dresde, donne 84 milligrammes de matières fixes; celle de l’eau de l’Elbe en fournit 104 milligrammes. Dans le premier cas, le résidu se compose de 7.3 p. 100 de substance organique non azotée; de 92,7 p. 100 de matières minérales; il n’y a ni ammoniaque ni acide nitrique. Dans le second, les matières organiques non azotées représentent 22.1, et les minéraux 77.9; il y a des traces d’ammoniaque et une quantité notable d’acide nitrique,

DU SOL

[Hygiène

Alexandre Millier s’est assuré que les puits creusés autour du Müggelsée, môme après avoir été épuisés pendant cinq mois, ne renferment que 16mg,4 de chlorure de sodium par litre, tandis que le lac en contient 35mg,3. Or, le chlorure de sodium n’est aucunement retenu par la filtration.

A Lyon, d’après Séeligman, le degré hydrotimétique des eaux de puits varie de 13 à 133 degrés, tandis que celui des eaux fluviales (Rhône et Saône) n’oscille qu’entre 13 et 20 degrés (Depéret).

En France, la partie du Pas-de-Calais, qui s’étend de Boulogne à Guines, longeant la mer, décèle parfaitement l’indépendance de la nappe souterraine par rapport à la collection visible (la mer) et l’étroite liaison des mouvements de cette nappe avec les ondulations de la couche solide impénétrable. Là, tout ouvrage en substruclion amène invariablement la découverte de sources ou plutôt de ce qu’on appelle, en termes techniques, « des bancs de suintement». Sur la falaise de Boulogne-sur-Mer, connue sous le nom de Montagne d’Odre, à 27 mètres audessus du niveau de la mer et à 200 mètres environ du rivage, un trou creusé dans le sol, quel que soit son peu de profondeur, se remplit d’eau immédiatement. Ce n’est, certes, pas là de l’eau en communication avec l’Océan ; c’est de l’eau des pluies. Et l’on a, dans ces conditions, un type frappant d’une nappe virtuelle, apparaissant sous forme de collection aqueuse dès qu’on lui creuse un bassin; d’ailleurs, d’une gênante proximité de la surface, à tel point que la construction des routes et des chemins de fer dans le pays rencontre de ce fait de sérieuses difficultés.

Dans les plaines, on constate de même, çà et là, de vastes bassins souterrains qui n’ont aucun rapport avec les cours d’eau superficiels non plus qu'avec les sources émergeant du sol dans la contrée. Ainsi, autour de Berlin.

La figure 3 (pag. 39), choisie parmi celles qui ont accompagné le travail de la commission municipale de Munich (1874-75) pour la canalisation et l'approvisionnement d’eau de cette ville, montre bien que la nappe souterraine n’est absolument commandée ni par les ondulations de la surface, ni par le niveau du cours d’eau, ni même par les inflexions de la couche imperméable (les proportions dans le sens vertical sont à dessein exagérées).

11 se rencontre, cependant, suivant la remarque de Soyka, des cours d’eau qui ne sont pas le canal collecteur du drainage d’une contrée, mais plutôt des rigoles d'évacuation d’une eollecLion aqueuse, et qui, coulant en terrain perméable, audessus du niveau de la nappe souterraine, finissent par se perdre partiellement ou totalement dans cette nappe. Ainsi, le Wiirm qui sort du lac de Starnberg; la Leitha qui, dans un espace de 13 kilomètres, perd 52 p. 100 de son cube d’eau; l’Ain qui, entre Neuville et Pont-d'Ain, diminue de 1,289 litres par seconde. La puissance de la nappe n’augmente pas beaucoup, en général, par cette sorte de tribut.

En Sicile, en Sardaigne, en Algérie, des cours d’eau disparaissent aussi sous terre, mais ne tombent pas en réalité dans la nappe souterraine. La rivière s est creusé un lit invisible sous le lit apparent, dans le sol perméable du fond; elle reparaît quand la couche compacte se rapproche de la surface ou que les pluies dépassent la capacité du sol perméable. 11 suffit de creuser un trou à moins d’un mètre de profondeur dans le lit à sec, pour rencontrer l'eau. Ainsi en est-il de l’Oued-Mzi, à Laghouat. Ces cours d’eau cachés se révèlent parfois par des influences palustres ( fiurnare , en Sicile ; tremulo, en Sardaigne).

generale.! NAPPE SOUTERRAINE. 59

.Mouvement «le lu nappe souterraine. — La nappe S éCOllle donc dans le fleuve et, à bien dire, fait corps avec lui. Quand les bords de celui-ci sont des alluvions, qui ne se relèvent pas rapidement, on peut dire qu’une parL du fleuve coule souterrainement dans ses propres alluvions; mais la nappe n’est pas le fleuve sous terre; c'est le fleuve qui est la nappe visible. Sans la nappe, les fleuves tariraient dans l’intervalle des pluies.

De môme, cette solidarité de la nappe avec les cours d’eau retarde le débordement de ceux-ci au moment des grandes précipitations atmosphériques. Non seulement la nappe emmagasine l’eau des pluies; mais elle se prête à un reflux, dans le sol perméable, de l’eau du fleuve, dont le niveau s’élève beaucoup plus et plus vite que celui de la nappe. Fodor a constaté que l’eau des puits de Budapest situés au bord du Danube est moins impure, quand le fleuve se gonfle; l’eau du Danube vient, par la nappe souterraine, diluer les impuretés des puits.

Les rapports habituels, cette fois, sont donc changés; le fleuve envoie

[Échelle horizontale: 1/3G000; — verticale : l/GOO.)

son tribut à la nappe dans les couches perméables. C’est, du reste, un des modes de formation des marais.

L arrêt et surtout le reflux de l’eau souterraine sont peu sensibles lorsque les couches perméables, au bord du fleuve, se relèvent brusquement en pente raide; on les reconnaît, au contraire, trop bien sur les bords des fleuves coulant en terrain peu relevé latéralement. Ainsi, les crues de la Seine, à Paris, se traduisent par l’apparition de l’eau dans les caves de la place Saint-Michel. Dans les crues de l’Elbe, la pénétration de I eau fluviale dans le sous-sol accuse une vitesse de 2 à 3 mètres en vingt-

quatre heures; à Munich, ce déplacement latéral est de 3 mètres dans le meme temps.

fhiem, en comparant 1 ascension de l’eau dans deux puits séparés par une istanco connue et en déterminant le temps écoulé entre la montée dans I un et dans l’autre, a trouvé dans la vallée du Rhin, en amont de

Strasbourg, des pentes de nappe souterraine de 0,00 p. 1000; et ailleurs 3 p. 1000.

60 DU SOL. [Hygiène

A Munich, en 1870, le niveau moyen de la nappe souterraine, à 1,500 mètres de l’Isar, était à 7 mètres au-dessus du niveau du fleuve. A Zurich, en 1855, le niveau de la Limmat était à 400 pieds au-dessous de celui de la nappe du haut faubourg de Fluntern. A Paris, en 1854 (Delesse), la ponte moyenne de l’eau souterraine vers la Seine était de 1 p. 1000; dans des points très voisins du fleuve, 1 p. 100; alors que la pente de la Seine elle-même n’est que de 1 sur 20,000. E. Suess (cité par Soyka) a déterminé un point entre le Danube et la Theiss, à 45 kilomètres du premier et 55 kilomètres de la seconde, où le niveau de l’eau souterraine est à 42 mètres au-dessus du Danube et 00 mètres au-dessus du niveau de la Theiss.

Cette différence de niveau est, naturellement, la raison de l’écoulement de la nappe souterraine vers la collection aqueuse visible.

La vitesse de cet écoulement est réglée par l’action de la pesanteur, diminuée de celle des frottements. Elle est proportionnelle à la hauteur de l’eau et en raison inverse de la hauteur de la couche de sol traversée (Thiem, Soyka, après Darcy, Boussinesq, etc.). On en a, du reste, écrit la

formule : Y = k~; dans laquelle Y est la vitesse, h la pression, l le chemin

parcouru, k un coefficient dépendant de la nature du sol.

Les procédés employés pour la déterminer directement ne sont pas très sûrs. On fait baisser d’une quantité déterminer le niveau de l’eau dans un puits et, en connaissant le rayon d’alimentation de ce puits, on observe le temps que met le niveau primitif à se rétablir. Ou encore, on se base sur le temps après lequel l’eau d’un fleuve, en cas de crue, apparaît dans les puits des environs. Par le premier procédé, Thiem évalua la vitesse de l’eau souterraine sur le haut plateau de la Bavière à un chiffre situé entre 3m,06 et 7m,82 par 24 heures. Hess, par la seconde méthode, obtint de 10 à 35 mètres. Dans une autre circonstance (Soyka), on introduisit du sel marin dans des trous de forage pratiqués à 5, 10, 20, 50, 100 mètres d’un puits dont on faisait, à l’aide de la pompe, baisser le niveau de 3 mètres. Le sel apparut dans le puits avec une vitesse de 2,074 mètres en 24 heures, du forage situé à 5 mètres, de 1,045 mètres de celui qui était à 10 mètres, de 86m,4 du trou creusé à 100 mètres.

Ce n’est pas encore très démonstratif. Il est certain, toutefois, que le déplacement de l’eau souterraine est très lent et c’est là un fait d’importance capitale.

l*uis.sance, profondeur et alimentation de la nappe souterraine. — On

ne peut se rendre compte de la puissance d’une nappe souterraine qu’en déterminant l’étendue et l’épaisseur de celle à laquelle on a affaire pour le moment. C’est une précaution à prendre toutes les fois que l'on demande à la nappe souterraine l’approvisionnement d’eau d’une ville.

La nappe au-dessus de laquelle est Munich a 35 kilomètres dans un sens et 70 dans un autre. Elle couvre une surface de 1,485 kilomètres carrés, ou 148,558 hectares. Son épaisseur est très variable; il y a des

générale. J NAPPE SOUTERRAINE. 61

points où le flinz (argile imperméable) sur lequel elle repose pousse son relief si près de la surface du sol que la nappe souterraine n’a pas plus de 40 centimètres de hauteur; à 250 mètres plus loin, elle est épaisse de 10m,50.

La profondeur à laquelle on trouve son niveau est également tiès variable. A Munich, sur un espace de 650 mètres, elle va de 4m,2 à 6m,4, c’est-à-dire oscille dans les limites de 2"l,2, alors que la pente de la surface du sol ne varie que de 5 centimètres. Un peu au nord de Munich, elle est assez près de la surface pour former des marais; tandis qu’à la limite de la région des moraines, elle s’enfonce jusqu’à 50 à 85 mètres.

Sans parler du danger de la formation des marais, la profondeur de la nappe ne laisse pas que d’avoir son importance. Elle offre un rapport immédiat avec la salubrité des habitations. Elle a d’autres rapports avec l’étiologie des maladies .infectieuses. Il est, à la vérité, des extrêmes qui simplifient beaucoup Ta question. Ainsi, un sol imperméable dès la surface (cas très rare) n’a pas de nappe souterraine; un autre, perméable à une profondeur énorme, peut en avoir une, mais si éloignée qu’elle perd toute influence sur les êtres vivant à la surface.

En général, il est avantageux que le niveau de la nappe souterraine soit aumoins à 4 ou 5 mètres et ne dépasse pas 10 ou 12 mètres.

A Paris, suivant Delesse (1858), qui, dans ce cas particulier, l’appelle « nappe d'infiltration », la nappe d’eau souterraine est formée de quatre nappes secondaires, correspondant à la Seine, à la Bièvre, au ruisseau de Ménilmontant et au canal Saint-Martin, et convergeant vers le centre de la ville, à 27 ou 28 mètres au-dessus du niveau de la mer, c’est-à-dire à 6 ou 7 mètres de profondeur, puisque l’altitude à la surface, en ce point, est de 34 mètres en moyenne. Elle règne d’ordinaire entre les terrains de transport ou de remblai et les marnes supérieures ou calcaires grossiers situés plus profondément (Vallin). Son niveau forme une ligne régulière, légèrement inclinée vers la Seine, passant sous les diverses saillies du sol (Chaillot, Passy, Montmartre, Belleville, Ménilmontant, Sainte-Geneviève), sans s’infléchir. Sur la rive gauche, il n’y a guère que '5 mètres de différence entre le point le plus haut et le plus bas ; la différence est de plus du double sur la rive droite, où les terrains imperméables s’élèvent davantage. Elle passe sous le sol des catacombes, c’est-à-dire que les habitants de ces quartiers ne peuvent en être influencés.

La nappe souterraine de Paris a 40 mètres d’altitude à Belleville, 36 au boulevard Magenta, 33 aux Buttes-Chaumont et à l’hôpital Beaujon, 29 à Vaugirard, 28 aux Gobelins (le niveau de la Seine étant à 25-26 mètres). Mais, a 1 Observatoire, le sol est à 61 mètres, la nappe à 30, c’est-à-dire qu elle a une profondeur de 31 mètres. Tandis qu’au quai des Grands-Augustins, le sol est à 33 mètres, la nappe à 26, soit à 7 mètres de profondeur. Au pied delà colline Montmartre, rue Taitbout par exemple, l’eau est souvent voisine du sol (2 mètres environ).

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