LAIRE
CHIFFRE
absolu.
CHIFFRE
proportionn.
CHIFFRE
absolu.
CHIFFRE
proportion»!.
CHIFFRE
absolu.
CHIFFRE
proportionn.
Sol de marais
Sable d'alluvion (quartz.).
Lehm (Lehm-Lœss)
Argile
Conductibilité du sol. — Cette propriété du sol est encore assez indécise, malgré les recherches de Schübler, Péclet, Pott, Less, Littrow, parce que les résultats obtenus sur les éléments du sol à l’état de fragments compactes prouvent peu à l’égard du sol ordinaire, ordinairement assez divisé, et que, si l’on opère sur ces éléments réduits en poudre, on y associe un corps d’une conductibilité extrêmement faible, l’air, qui peut changer le sens des indications.
Le pouvoir conducteur de l’eau est de 21 à 26 fois plus grand que celui de l’air (Eau, 1 ; Air, 0,037 à 0,047). Il en résulte que la présence de l’eau dans un sol sera généralement favorable à sa conductibilité. Dans les sols secs, ce pouvoir semble ne varier que dans la proportion de 1 à 3.5.
Selon Soyka, les comparaisons suivantes de Péclet donnent plus exactement la conductibilité relative que les chiffres absolus de ce pouvoir. Les matières minérales étaient essayées en poudre.
Marbre
Calcaire
Gypse
Terre cuite
Sable quartzeux Brique pilée
Craie on poudre Cendre de bois..
Coton
Laine
Duvet
Tissu de lin
Littrow a exprimé d autres lois d’une certaine importance. Ainsi : 1° la constitution mécanique a la principale influence sur les aptitudes thermiques des sols secs, de telle sorte que la qualité des parties entraînées par le lavage, déterminable par le microscope, mette en évidence leur action; plus ténues sont les parties constituantes du sol, plus faible est leur conductibilité pour le calorique; 2° la constitution pétrographique et chimique s efface devant 1 importance de la constitution mécanique. La présence de la chaux et de la magnésie paraît diminuer la conductibilité calorique du sol , 3° tous les sols humectés conduisent mieux la chaleur que les sols
DU SOL. [Hygiène
secs, attendu que l’eau est meilleur conducteur que l’air ; 4° cependant, les sols humectés conduisent mieux le calorique que l’eau ; 5° en effet, en soi, les matériaux constituants du sol sont meilleurs conducteurs que l’eau ; 6° les courbes de conductibilité des sols secs sont comprises entre celle de l’eau et celle de l’air; les courbes des sols humides sont, au contraire, toutes supérieures à celle de l’eau, qui est comme la transition entre les premiers et les seconds.
Echauffemeut «lu sol. — Les particularités relatives aux divers pouvoirs thermiques du sol sont assez indécises pour qu’il soit indispensable d’explorer leurs effets par l'observation directe. Il est utile, pratiquement, de distinguer réchauffement à la surface et la température clans la profondeur.
h’ échauffement à la surface, très important à connaîlre, puisque c’est là que l'homme est en contact avec le sol, dépend de l’irradiation solaire, de la longueur des jours, de l’exposition et des pentes, qui décident de l’incidence des rayons du soleil et, tout d’abord, de leur arrivée jusqu’au sol (exposition Sud). Il est entravé par la traversée des rayons dans l'air, qui absorbe de la chaleur — à la faveur de la vapeur d’eau, selon Tyndall, — par les brouillards, l’acide carbonique, les poussières en suspension, d’après Magnus, Lecher, Heine. Il est clair que l’état nuageux du ciel retarde cet échauffement et que sa sérénité l’active.
C’est à la surface du sol, meilleur conducteur que l’air, que l’on constate ces hautes températures de GO degrés (de Humboldt), 67°, 5 (Nouet, à Thèbes d’Égypte), et même 70 degrés, sur le sable du désert, ainsi qu'il est arrivé à quelqu’une de nos colonnes du Sud-Algérien. D’ailleurs, pourvu qu’il y ait du soleil, cet échauffement est tout aussi sensible sur les hauteurs, où la raréfaction de l’air diminue son pouvoir d’absorption des rayons calorifiques (Soyka). En effet, au mois d’août 1842, Martins, sur le Faulhorn (2,680 mètres), observait 8°, 2 dans l’air et 16°, 2 à la surface du sol. Au même moment (9 heures du matin), il y avait à Bruxelles, 21°, 4 dans l’air et 20°, 1 à la surface du sol.
A vrai dire, sur les hauteurs, le rayonnement nocturne du sol — et le refroidissement consécutif — sont extrêmement intenses.
Au point de vue des oscillations diurnes ou annuelles de la température de la couche superficielle du sol, le professeur Soyka utilise la comparaison faite par Wild des observations de Dohrandt à Nukuss, sur l’Amou-Daria, avec celles de Neubauer, à Melbourne. La température moyenne annuelle est de 9°, 4 dans la première localité ; 14°, 1 dans la seconde. Or, les minima journaliers se rencontrent à 5 heures du matin, à Nukuss et à Melbourne et sont très voisins dans l’air ou sur le sol (un peu plus de o° à Nukuss ; près de 11° à Melbourne); les maxima sont, à Nukuss, 17°, 13 dans l’air, à 3 heures, soir; 32°, 23 sur le sol, et à Melbourne : 18°, 72 à l’air; 26°, 32 sur le sol, tous deux à 1 heure après-midi. — Les oscillations annuelles sont remarquables par le rapprochement étroit des minima d’hiver ou d’été, à l’air ou sur le sol, à Melbourne comme à Nukuss. Les maxima, au contraire, indiquent une supériorité de la température du sol sur celle de l’air de plus de 23 degrés, dans la saison chaude (juillet), à Nukuss, et de plus de 12 degrés en novembre-janvier à Melbourne.
générale.] TUERMALITÉ DU SOL. 77
Le caractère de la thennalité de la couche superficielle du sol est de pouvoir varier dans de grandes limites et beaucoup plus rapidement que celle des couches profondes. Elle atteint des degrés qui permettent la multiplication de certains microorganismes pathogènes, alors que ceux-ci ne trouveraient jamais dans la profondeur la chaleur qui leur est nécessaire. 11 est remarquable, d’autre part, que la congélation à la surface ne tue pas, d’ordinaire, les formes permanentes.
Moyennes des températures maxima de la surface du sol sans abri (Descroix, Paris).
Octobre
Novembre
Décembre
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
2. Réchauffement dans la profondeur est subordonné à la conductibilité du sol ; par suite, à son humectation, à son revêtement par des végétaux.
On peut considérer la profondeur de o centimètres, ou aux environs, comme appartenant encore à la couche superficielle. A 5 centimètres, en effet, la température a des extrêmes moins élevés qu’à la surface ; mais le degré thermique peut encore y dépasser notablement celui de l’air.
Au delà de cette profondeur, la température du sol retarde sur celle de l'atmosphère et d’autant plus que la profondeur augmente. La loi est vraie des oscillations diurnes et des oscillations mensuelles, des minima et des maxima. Toutefois, elle n’a rien de mathématique et ne se réalise pas d’une façon proportionnelle à la profondeur. D’après les observations des deux Becquerel, les oscillations thermiques annuelles, à Paris, s’accomplissent : à J mètre de profondeur, dans les limites de 7 degrés; à 6 mètres, dans celles de 1°,07; à 31 mètres dans celles de 0°,04.
Dans des observations faites à Bruxelles (Wiel), on attendit un mois pour qu’une couche de sable de lm,8 d’épaisseur fût traversée entièrement par le calorique extérieur; à une profondeur de 11 mètres, il se passa six mois, de telle sorte que la chaleur du sol atteignait à son maximum précisément à 1 époque où la température de l’air était à son minimum. Il en résulte que si certaines maladies, la fièvre typhoïde par exemple, sont réellement influencées par la chaleur du sol et les phénomènes de fermentation qui s y accomplissent, on s explique qu elles n’aient point leur acmé épidémique en été, mais en automne ou en hiver — au moins dans nos contrées.
~8 DU SOL. Hygiène
Nous empruntons à. l’Annuaire de Montsouris pour 18*7 le tableau ci-dessous qui met bien en évidence la proportionnalité du retard thermique dans le sol, à de faibles profondeurs, avec la distance de la surface. La moyenne à l’air du mois de mai 1875 a été de 15°, 3. — Nous avons fait suivre les chiffres des maxima de la lettre grecque g, pour faire ressortir leur régularité.
Températures moyennes diurnes du sol (mai 1875, Montsouris).