TENDANT APRÈS
le défrichement le défrichement
Douèra 106 67
Ibrahim 118 15
Le Fondouk 80 ü9
Boufarik 48 36
D’où la conclusion qu’il faut joindre à l’héroïsme deladécision première la précaution de défricher vite et d’une façon continue. Comme dans toutes les industries dangereuses, il serait bien utile ici de pouvoir remplacer la main de l’homme par la machine. On le fait aux États-Unis, en arrachant les arbres à l’aide du Grubber ; les Anglais le font en Guyane, où ils creusent avec des machines fouilleuses très puissantes (excavator) des canaux de dessèchement sur lesquels des bateaux amènent les machines au bord des pièces à défricher; la charrue déposée à terre, est mue sur tout l’espace compris entre deux fossés par des appareils à vapeur munis de poulies, installés sur les bateaux (E. Vallin).
11 n’est pas inutile d’ajouter, car les colons sont imprévoyants, que l’on
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choisira pour les travaux la saison la moins chaude de l'année, qu on évitera le travail aux environs du lever et du coucher du soleil, c’est-à-dire aux heures de brouillards; que l’on fera de longues pauses dans le milieu de la journée et que l’on soutiendra par un régime tonique la force de résistance des travailleurs.
Léon Colin, à propos de l’ouverture du canal de Tancarvillo, a tracé des règles dont la plupart sont applicables ici, spécialement les suivantes :
Suspension des travaux durant les mois de juillet et d’août; — installation des ouvriers, durant la nuit, dans les centres de population voisins, ou dans des baraques bien closes ; — allumage., matin et soir, de grands feux au voisinage du chantier; — aplanissement incliné et drainage superficiel des terrains remués ; — transport direct et rapide des matériaux de déblais sur les points où il y a quelque nivellement à opérer ; — ensemencement et culture intensive de ces terrains.
Les foyers allumés ont pour but de réchauffer les travailleurs, mais surtout de déterminer une ventilation énergique de la surface du sol. Il n’est pas impossible que des locomotives traversant sur leurs rails un pays palustre n’atteignent jusqu’à un certain point à cet effet de ventilation et d’assainissement (L. Colin), comme un journal médical américain l’a prétendu. Mais les travaux et les groupements humains, que les chemins de fer provoquent, ont vraisemblablement plus d’efficacité.
D’ailleurs, les influences nocives du sol à mettre en culture seront toujours considérablement atténuées par l’établissement préalable de fossés d’épuisement, de puits absorbants, de canaux de dérivation, d’irrigations, de lavage et autres mesures dont il va être parlé.
Le drainage proprement dit abaisse et fixe le niveau de la nappe souterraine; il va même jusqu’à en faire une, à laquelle il ouvre une issue là où il n’existait que l’irnbibition superficielle (7 agioasser).
Il consiste essentiellement à établir, dans la profondeur du sol, une couche perméable à la place d’un sol compacte. Le but peut évidemment être atteint de plusieurs manières et l’a été quelquefois par des procédés très primitifs. Vallin note que, d’après Columelle, on a depuis longtemps la coutume en quelques pays de placer au fond de petites tranchées des fascines, des fagots d’épines, des blocs de pierre. En Lorraine, il n’est pas rare de rencontrer dans les champs cultivés, àune profondeur un peu plus grande que celle à laquelle atteint le soc de la charrue, des conduits de 25 à 30 centimètres de diamètre, faits de pierres brutes grossièrement assemblées, sans aucune espèce de ciment; ce sont de véritables drains. Parfois le conduit s’écroule; mais, en tombant les unes sur les autres, ces pierres inégales ne se touchent que par points et n’empêchent pas l’eau de circuler à travers leurs interstices. En même temps qu’il égoutte le sol, le drainage l’aère par une réelle aspiration.
Une pente légère favorise l’installation d’un système de drains; quand le terrain ne la présente pas, on pourrait la créer en faisantles tranchées un peu plus piofondes à 1 extrémité qui aboutit au canal d’écoulement qu’à celle qui commence dans la pièce à drainer.
DU SOL
[Hygiène
De notre temps, le drainage se pratique, en agriculture, au moyen de tubes ou de briques en terre cuite poreuse, ajustés bout à bout et recouverts de terre. Les tuyaux de drainage à peu près exclusivement employés sont en terre cuite ; ils ont de 39 h 40 centimètres de longueur et un diamètre intérieur variable entre 0m,025 et 0ra,20, suivant le volume d’eau dont ils doivent assurer l’écoulement; les premières dimensions sont celles des drains secondaires , les secondes appartiennent, aux drains principaux, sorte de collecteurs. Leur épaisseur est de 0m,01 environ. Les extrémités des tuyaux sont engagées dans des colliers, également en terre cuite, de 0ra,07 à 0m,10 de longueur et dont le diamètre est tel que le tuyau entre facilement dans le collier (Yoy. fig. 5).
Fig. 5. — Drainage agricole (*).
Le calibre, la profondeur, la distance réciproque des tubes à drainage, sont déterminés par les ingénieurs. En général, la profondeur est de lm,50 à 3 mètres; la distance entre deux lignes de drains est de 4 à 6 mètres; on donne à ces lignes une direction oblique. Quand il a été nécessaire de créer une pente factice, on les fait aboutira des puits absorbants. Pour la profondeur, le mieux est que les drains avoisinent de très près la première couche imperméable. Les drains sont plus rapprochés dans le sol qui doit servir de support aux habitations que dans les terrains de culture ; les habitations se trouvent bien du dessèchement absolu du sol, tandis que les champs ensemencés n’ont à se débarrasser que de .l’eau en excès.
11 est facile de prévoir que le drainage aide au succès de la culture, en tant qu’elle est un moyen d’assainissement, en même temps qu il lui permet de rendre fertiles des terrains où le séjour prolongé de l’eau dans les rigoles, à la fin de l’hiver, détruisait la moitié de la récolte.
En France, depuis 1858, une loi a ouvert un créditde cent millions pour favoriser l’extension du drainage; il n’y a cependant encore que quelques millions de prêtés et, en 1866, il n’y avait guère plus de 200,000 hectares
(*) a, coupe d'une tranchée de drainage; - b, tube à drainage; - c, deux tubes réunis par un collier; jonction d'un drain ordinaire avec un drain principal.
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de terrains drainés. En revanche, celte pratique semble s’ôtre merveilleusement développée en Angleterre et aux États-Unis. Bowditch, qui, dans cette dernière contrée, a ouvert la croisade contre l’humidité du sol, cite des cantons de l’Illinois, de Michigan, de l’État de New-York, où le drainage a fait presque entièrement disparaître les lièvres. De volumineux rapports officiels anglais attestent que l’introduction du drainage dans les districts marécageux (fen fonds) des comtés do Norfolk, Lincolnshire, Cambridgeshire, a fait baisser tout à la fois la sévérité et la fréquence des fièvres qui les désolaient; le pays est devenu relativement salubre. Buchanan fait, d’ailleurs ressortir le relèvement de la santé générale par l’assèchement du sol dans les villes et la diminution de lélhalité par les fléaux ordinaires, tels que la phthisie et la fièvre typhoïde. Le tableau ci-dessous, qui lui est emprunté par Latham, exprime quelques-uns de ces faits.
Élévation du niveau de la santé publique en Angleterre par les travaux d' assainissement (d’après Latham).
LOCALITÉS
POPULATION en 1861.
MORTALITÉ pour 1000 avant
les travaux.
MORTALITÉ pour 1000 depuis les travaux.