MOYENNE
Source (à une demi-lieue d’Iéna)
Puits (à léna)
il.O
Fleuve (La Saale, à léna)
Souillures des cours d'eau. — Nous n’avons pas parlé des matières organiques des eaux fluviales. Elles ne différeraient pas sensiblement, comme quantité ni au point de vue de la nature, de celles des eaux de sources, encore que les débris des végétaux qui ont vécu au bord des fleuves puissent y tomber, et que des poissons, des mollusques ou autres animaux aquatiques, y meurent.
On peut, en effet, presque toujours, utiliser sans grandes précautions, pour la boisson des humains, l’eau des rivières qui n’ont traversé que des prairies ou des champs. Mais l’homme recherche, pour y établir sa demeure, le voisinage des cours d’eau, ces « routes qui marchent » et qui ont, d’ailleurs, tant d’autres attraits. Il est rare que les premiers habitants d’une ville située au bord d’un fleuve n’aient pas d’abord regardé ce courant comme un complaisant et naturel véhicule des immondices dont il faut débarrasser le groupe.
On peut rapporter aux trois circonstances suivantes l’altération des cours d’eau : 1° le déversement des eaux de rue des villes, eaux ménagères, eaux pluviales et une notable quantité d’urine provenant des urinoirs publics ou clandestins ; ces eaux sont ordinairement portées au fleuve par la canalisation souterraine; 2° la projection accidentelle ou systématique des matières de vidange au fleuve; 3° le déversement des eaux industrielles (il faut y joindre le rouissage du lin et du chanvre).
Les eaux industrielles sont d’une extrême abondance dans certaines villes. Rien qu’en France, Paris, Lille, Reims, Roubaix-Tourcoing, et leurs environs en fournissent assez pour perdre de réputation les cours d’eau du pays, qui sont forcés de subir ce tribut compromettant.
générale. J L’EAU DANS LA NATURE. lo3
Les industries les plus redoutables à cet égard sont : les tanneries, les . papeteries , les amidonneries et féculeries, les sucreries, les distilleries, 1 industrie des tissus (laines, rouissage, teintureries), les usines à engrais. Souvent ces eaux sont chaudes en même temps que sales, ce qui les aide à dénaturer plus sûrement les eaux naturelles. Scliulze et Màrcker ont calculé que l’eau de lavage de 100 kilogrammes de laine renferme pour une valeur de 4 à 5 francs d’engrais, potasse, azote, acide phosphorique, et Maumené estime que 300 litres de l’eau qui a lavé 1000 kilogrammes de laine pourraient rendre près de 20 francs en potasse. L’eau de la Seine, à Paris et en aval, est polluée comme nous le dirons; la Seine reçoit, dans la traversée de la capitale, le tribut de quelques blanches d égout, à Clichj , celui du grand collecteur; à Saint-Denis, le collecteui dépaitcmenlal , une quinzaine de mille maisons versent dans les égouts ce qui a passé par les tinettes diviseurs, c’est-à-dire à peu près la vidange intégrale. Cependant, ce vaste et immonde tribut lui est encore rendu plus funeste par les eaux d’industrie. Dans la Commission technique de l' assainissement de Paris (4e souscommission,- décembre 1882), Mille constate que la Seine est déjà infectée entre Corbeil et Charenton par les usines à engrais. Les papeteries, les amidonneries, y contribuent pour leur part. Les usines qui entourent Saint-Denis ajoutent leurs eaux à celles des égouts. A Lille, au-dessus cl au-dessous, laDeule est noire et odorante; cependant, il n’y a dans la ville que des fosses Axes dont le contenu est soigneusement utilisé sous le nom d 'engrais flamand. Roubaix, Tourcoing, envoient à l’Escaut l’Espierre, la plus sordide des rivières connues; pourtant, le système des vidanges y est le même qu’à Lille. Les eaux des innombrables usines delà contrée suffisent amplement à maintenir ces malheureux filets d’eau dans un état d'infection effroyable. On sait qu’il en est de même pour la Vesle à Reims, la AVupper à Barmen-Elberfeld ; à Leeds, l’Aire et le Calder étaient assez noirs •et épais, en 1868, pour qu’on pût tremper dans l’eau de ce dernier la plume avec laquelle on écrivit une pétition contre leur souillure; le tableau ci-dessous représente l’infiuence de l’industrie du Lancashire et spécialement de Manchester sur les eaux de l’Irwel et de la Mersey (les chiffres expriment des milligrammes par litre).
IRWELL.