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Comme il sera dit plus loin, l’eau des lacs peut servir à l’approvisionnement des groupes humains. Dans le sud de notre Algérie, où les cours d eau tarissent en été, les indigènes et leurs troupeaux s’abreuvent à de grandes flaques ( reclirs ) formées par la pluie dans des dépressions de terrain Arnould, Hygiène. 2e édit. j {
DK L’EAU.
^Hygiène
imperméable. C’est une boisson des plus médiocres. Quant aux lacs sans profondeur, à eau saumâtre, qu’on appelle les chotts, ils sont tout à fait impropres à la boisson.
Ti’enu de» marais. — C’est déjà celle des chotls et des redirs. On n’en utilise de pareilles que le moins possible, pour quelque usage que ce soit, en pays civilisé. Il n’est pas certain que la fièvre intermittente puisse venir par ce véhicule (voy. page 196) ; mais il vaut mieux s’abstenir, quand on peut faire autrement, que de boire l’eau de marais. Cependant, il existe, paraît-il, dans les plaines basses de l’vUlemagne du Nord, des localités rurales qui ont dans leur voisinage des mares où l’eau se trouble aux premières chaleurs par le développement d’organismes inférieurs; puis, celte végétation précipite d’elle-même en clarifiant, au-dessus d’elle, l’eau, qui redevient potable et dont on boit, en effet, sans inconvénient.
L’eau des marais, au point de vue des caractères qui dépendent de la provenance, ressemble à l’eau des lacs et étangs. Elle est encore plus exactement soumise à l’action de la température extérieure, puisque les marais manquent essentiellement de profondeur. Même sans être précisément impure, et par ce fait qu’elle subit le contact de l’air sans être en mouvement, elle renferme les Diatomées et des algues vertes dont se nourrissent
Fig. 8. — Daphnia pulex, a, grandeur naturelle; A, le même très grossi.
Fig. 9. — Cyclops quculricornis, d'après Brehm, la Vie des animaux.
les grands Infusoires. On y rencontre des Infusoires ciliés, 1\ assit Ig , Loxodes , ürostyla; des Entomostracés, Dctphnia (fig. 8), Cyclops { fig. 9) et Cypris, des Rotateurs, des vers nématodes. Quand il y a des matières organiquesen suspension, des champignons inférieurs, suivant F. Colin, se développent sur leurs débris : Leptomitus lacteus, Pénicillium glaucwm , Mucor mucedo, Aspergillus ; puis d’autres Infusoires apparaissent : Amibes, Paramecium aurclia, Amphileplus lamella, Oxy tricha pellionella, Epistylis, L kilodon cucullus, Euplotes charon , des Anguillules, des Rotateurs [Rotifer vulgaris), etc. Les œufs de beaucoup d’Entozoaires sortent de là: Trichocéphale, Stroqgle, Douves, Bolhriocéphale, Tænias.
générale.] L’EAU DANS LA NATURE. 163
Ce qui peut être le moins démontré, malgré une infinité de tentatives, c'est la présence dans l’eau des marais du principe, vivant ou non, des fièvres palustres.
B. Eaux souterraines.
Nous avons exposé antérieurement (chap. I, page oo), le mode de formation de la nappe souterraine. Au point de vue qui nous occupe actuellement, cette nappe est une collection aqueuse, plutôt virtuelle que libre, composée d'une infinité de filets ténus, circulant (Gosselel) autour de chaque particule du sol poreux et se déplaçant d’ensemble dans un sens qui porte la masse vers les collections visibles, fleuves et lacs, avec des chances de voir quelquefois, sous l’influence des crues, l’eau de ces collections superficielles refluer vers 1 eau souterraine.
Sauf ce dernier cas, les nappes souterraines sont de vastes réservoirs d’une eau qui devient de plus en plus pure, au fur et à mesure de son cheminement dans le sol, qui est très lent dans le sens vertical, aussi bien que dans le sens horizontal, ainsi qu’il a été dit. Même lorsque le trajet à parcourir n’a pas été long et n’a point dépassé quelques mètres, s’il s’est fait à travers le sol normal, l’eau a eu le temps et les moyens d’abandonner à ce filtre naturel les organismes amenés de la surface et d’y oxyder les matières organiques solubles qu’elle a lavées à l’extérieur. C’est pour cela, précisément, que les sources présentent, à leur sortie de terre, une eau pure, c’est-à-dire exempte de matière toxique ou infectieuse, et douée aussi de propriétés moins négatives.
Les sources ne sont que l’apparition spontanée de la nappe souterraine sur un point particulier; leur eau est d’abord de l’eau de la profondeur. Les puits, qui sont la mise au jour, voulue et artificielle, de la nappe souterraine, ne diffèrent pas, originairement, des sources. Nous rattachons l’une et l’autre modalité à cet article.
L,es sources. — C’est l’eau de la pluie qui, infiltrée dans le sol jusqu’à la profondeur où se rencontre une couche imperméable, a formé une nappe souterraine, puis a reparu sur quelque point de la surface, comme l’expliquait Bernard Palissy, à la faveur de l’inclinaison de la couche imperméable. Les stratifications, en effet, sont rarement horizontales ou seulement parallèles à la surface du sol [synclines] ; le plus souvent, elles sont isoclines ou anticlines, c’est-à-dire qu’elles ramènent les eaux des deux pentes d’une même vallée vers le fond de celle-ci ou les en écartent; dans ces deuxderniers cas, l’eau tend à sourdre et à jaillir au point le plus déclive de la couche imperméable, là où elle affleure à la surface.
La figure 10, d’ailleurs schématique, montre comment il peut jaillir en C, une source provenant de la couche perméable D C. Elle représente encore une autre circonstance géologique, en raison de laquelle l’eau jaillit en un point beaucoup plus élevé que la portion déclive de la nappe souterraine, c’est la présence d’une lame de porphyre ou de trapp, coupant plus ou moins perpendiculairement les
DE L’EAU. [Hygiène
stratifications. Dans ce cas, le porphyre forme digue et oblige l’eau à remonter, en S par exemple.
Enfin, il airi\ecjue 1 apparence de source jaillissante est due à ce que les géo-
logues appellent une faille. C’est ainsi que la figure 11, due au professeur Chandler, reproduit le mécanisme suivant lequel sourdent les eaux minérales de la vallée de Saratoga (New-York). L’eau du terrain perméable B, à droite de la figure,
Fig. 11. — Mécanisme suivant lequel sourdent les eaux minérales de la vallée de
Saratoga (**)•
tombe au fond de la faille et, ne rencontrant que des roches compactes, est forcée de remonter; n’étant pas suffisamment reprise par la portion de gauche de la couche perméable, qui regarde en haut, elle reflue jusqu’à la surface S.
On peut, d’après ces faits, être certain que les couches profondes du sol retiennent fréquemment des nappes souterraines, destinées à ne pas apparaître au jour spontanément, soit à cause de leur horizontalité uniforme, soit parce que de larges lacunes entre les assises des terrains, des fissures en sens perpendiculaire ou oblique, ou bien une perméabilité presque indé- (*) (**)
(*) AB, assise imperméable. — CD, coucbe perméable. — S, source déviée par un filon de porphyre.
(**) AA, terrain imperméable. — BB, souche perméable. — CC, D, E, couches superficielles. — S, point où l’eau reflue par la faille.