‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 56 sur 268 · L’EAU DANS LA NATURE · texte numérisé non relu

L’EAU DANS LA NATURE

générale.]

finie, les ont conduites à une grande profondeur. Là, les eaux souterraines forment des fleuves ou des lacs invisibles qui, parfois, communiquent avec les eaux visibles d’une façon imprévue et en influencent le niveau ou le courant. Dans le langage de l’hygiène, elles n’appartiennent plus à la nappe souterraine. Ce sont elles que va chercher la sonde pour les puits artésiens.

Si l’homme, sur quelque point, va «à la recherche de la nappe souterraine, en creusant dans l’épaisseur du sol, il la rend apparente et crée, à des profondeurs variables, une collection d’eau qui, d’ordinaire, ne jaillit point, mais, sauf cela, ne diffère en rien, primitivement , de l’eau des sources. Ce sont les puits, qui, pratiquement, forment une classe de sources, tout à fait à part, à cause de la facilité et de la régularité avec lesquelles leur eau est influencée par la présence de groupes humains sur le sol correspondant.

Caractères des eaux de source. — 11 est impossible d’assigner à priori des caractères spécifiques aux eaux de source; l’idée contraire est même un écueil dont il faut se garer. Ce qui est le plus constant, c’est que les eaux de pluie, si elles ont entraîné dans le sol des matières organiques, les y perdent par la transformation de ces matières en sels, à la faveur du cheminement très lent des eaux d’infiltration à travers les couches perméables. Les eaux de source, à leur émergence, sont donc toujours très pauvres en matières organiques, suspendues ou dissoutes, et en micro-organismes. En revanche, elles ont pu dissoudre largement l’acide carbonique de l’air du sol.

Par leur action dissolvante commune et surtout par l’aide que leur donne leurrichesseenCO2, ces eaux altaquentles couches perméables, qu’elles traversent, et même les couches^orewses, qui lesgardent jusqu’à ce que de nouvelles infiltrations viennent les déplacer. Elles font passer à l’état de bicarbonates les carbonates de chaux et de magnésie, peu solubles dans l’eau ordinaire, mais assez solubles dans l’eau chargée d’acide carbonique (Fresenius, Bischof, Mohr), et dissolvent des proportions notables de ces sels terreux. Le môme fait se produit vis-à-vis des oxydules de fer et de manganèse. Les silicates alcalins et terreux de l’argile, du feldspath, du granit, des schistes, qui ne sont pas insensibles à l’action de l’eau pure (Dietrich), sont euxmêmes attaqués par les eaux acidulés, selon l’observation d’Ebelmen. La présence des sels ammoniacaux favorise le phénomène en provoquant des doubles décompositions; de même, le carbonate de magnésie en présence du gypse se transforme en sulfate soluble.

11 résulte de là que la constitution des eaux de source varie essentiellement d’un lieu à un autre et dépend de la nature des terrains que l’eau a traversés dans sa route souterraine. L’eau des roches silicalées, Quartz, Feldspath, Granit, Gneiss, Porphyres, Basaltes, Syénite, est pauvre en éléments minéraux. Moins pauvre est l’eau des terres argileuses, qui renferment également de la chaux et de la magnésie, et celle du sable, dont les grains sont le plus souvent agglomérés par de la marne calcaire. L’eau des terres calcaires, de la craie, de la dolomite, est la plus riche en carbonate de chaux et de magnésie. Les sulfates et les chlorures prédominent dans les eaux des terrains gypseux. L’eau des terrains humifères, toujours assez minéralisée, 1 est plus dans l’humus formé de débris argileux et calcaires que dans celui

DE L’EAU. [Hygiène

dont le sable et les graviers siliceux forment la masse; elle accuse, dans l’un et l’autre cas, son passage sur des débris organiques par la présence de la potasse, de l’ammoniaque, de l’acide phosphorique, ou de leurs combinaisons, et en moindre quantité, de l’acide silicique, de la soude, de la chaux, de l’acide sulfurique (Way, Liebig).

On s’explique, en conséquence, que les éléments minéraux habituels des eaux de source, les plus naturelles de toutes les eaux, soient l 'oxygène, l 'azote, l’acide carbonique; les carbonates de chaux , de magnésie , de fer, dissous à la faveur de cet acide; la silice libre et les silicates alcalins et terreux; les sulfates de chaux et de magnésie, le chlorure de sodium ; exceptionnellement, les sulfates, chlorures et nitrates d’ammoniaque, de 'potasse , de soude , de chaux. Les trois gaz de l’air, les sels de cbaux, le sel marin, n’y manquent à peu près jamais. On peut, sous réserve de l’examen bactériologique, regarder comme pures les eaux qui ne renferment pas plus de 50 à 60 parties de matières dissoutes pour 100,000 d’eau, dont 15 à 25 sont constituées par la chaux et la magnésie, 2 à 3 par le chlore, 8 à 10 par l’acide sulfurique, quelques cent-millionièmes par l’ammoniaque, l’acide azotique ne s’y révélant point.

Page 1