‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 66 sur 268 · POUR UN · texte numérisé non relu

POUR UN

Machine

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ndensation.

Les rues, une

s par jour.

Jardins t avenues, par an.

Dépense en litres.

D’autre part, les jours de la semaine, ni même les heures du jour, ne se ressemblent sous le rapport de la consommation d’eau. C’est généralement le samedi qui en use le plus, et le dimanche le moins. Le jour en coûte plus que la nuit; les 65 centièmes de la dépense se rapportent à l’intervalle entre 8 heures du matin et 6 heures du soir; les maxima sont de H heures à midi et de 3 heures à 4 heures. Les mois de juin-juillet dépassent notablement la moyenne, tandis que janvier-février restent au-dessous (Kœnig et Poppe). De telle sorte que, pour les administrations comme pour l’hygiène, il convient d’envisager plutôt la quantité disponible que la quantité moyenne distribuée.

Selon Kœnig et Poppe, 150 à 170 litres par jour et par habitant doivent suffire à la plupart des villes d’Allemagne. Bürkli demande de 135 à 189 litres et 200 à 270, s’il doit y avoir une large flottaison des immondices.

D’après l’ingénieur Crahn, 128 villes anglaises reçoivent une moyenne de 142 litres par tête et par jour, mais dans les villes à water-closets, la quantité disponible varie de 180 à 340 litres; à Southampton (54,000 habitants), elle est de 252 litres. Dans 80 villes allemandes qui jouissent d’une distribution d’eau, la quantité disponible est en moyenne de 179 litres, mais

générale.] APPROVISIONNEMENT D’EAU.

la quantité distribuée varie de 41 à 103 litres; en moyenne, elle est de 63 litres. En France, Dijon dispose de 130 litres; Toulouse de 100; Marseille de 300 ; Lille de 100 litres, et peut en avoir le double ; Paris de 200 litres, et se propose d’en avoir 230 (520,000 mètres cubes pour 2,220,000 habitants). Les villes américaines, New-York spécialement, ont des approvisionnements énormes, 300 à 400 litres par habitant; moins, sans doute, pour les besoins actuels, qu’en prévision de l’extension rapide des cités, que l’expérience a surabondamment fait ressortir. C’est parfois une préoccupation qu’il convient d’avoir en Europe.

Les villes qui n’ont pas de water-closets et ne pratiquent point la vidange à l’égout ont autant besoin d’eau que les autres. Lille en est un exemple. Ces villes-là, d’ordinaire, ont un réseau d’égouts fort incomplet et les canaux qui existent sont mal construits, par conséquent réclament un énergique lavage. Quant aux rues où ils manquent tout à fait, les ruisseaux où languissent et se putréfient les eaux ménagères y sont lamentables, si l’on n’y fait passer un flot d’eau. En général, la surface à laver, dans ces conditions, est plus étendue que ne serait celle de la paroi de l’égout.

Rendement de la collection d'approvisionnement. — Il importe que les ingénieurs, avant d’établir la distribution d’eau, se soient rendu compte de la quantité que pourra en fournir la source ou la collection qui va être exploitée. Quand il s’agit de sources jaillissantes ou de cours d’eau, le débit en est, d’ordinaire, vulgairement connu. Il est facile, d’ailleurs, d’évaluer le débit d’une source en recevant son eau dans un réservoir de capacité

connue et en observant le temps qu’elle met à le remplir : Q = — . Pour

les cours d’eau, on apprécie la vitesse au moyen du flotteur , de la roue hydraulique, etc.; on la multiplie par la surface de section du courant et l’on divise par le temps qu’a duré l’observation. Le rendement de la nappe souterraine s’évalue en épuisant partiellement un puits; on mesure à la fois la quantité extraite et celle que représente la dépression obtenue dans le niveau du puits; la différence (en faveur de la première) exprime le rendement du puits pendant le temps de l’opération.

Mais il convient d’aller plus loin encore, quand il s’agit d’emprunter pour une ville la nappe souterraine ou les sources d’une région. On doit avoir, à l’aide de forages de puits instantanés, déterminé la puissance, la perméabilité et la pente delà couche aquifère, la vitesse de déplacement du courant souterrain. Il faut avoir précisé 1 orographie de la contrée et en connaître la météorologie, non seulement par les moyennes, mais aussi en ce qui concerne les oscillations. Ce n’est pas uniquement la moj^enne annuelle de la quantité d eau tombée qui décide de la convenance des sources choisies; c’est aussi le régime des pluies. De celui-ci, en effet, dépend l’invariabilité du tribut des sources. Etant données la surface de terrain qui se draine dans la même direction, la moyenne ombrométrique do la contrée et la. moyenne de 1 évaporation, on peut calculer à peu près la quantité d eau qui s emmaganise, chaque année, dans la zone mise à contribution. Mais la restitution de 1 eau empruntée est plus ou moins régulière selon la

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[Hygiène

répartition des pluies sur chaque saison et chaque année. Thiem a calculé qu’il faut, h raison de 780 millimètres d’eau tombée par an, 3,250 hectares de terrain pour fournir 150 litres d’eau par jour et par tête à une ville de 300,000 habitants (comme Munich). Une épaisseur de 8 à 12 mètres de la couche aquifère est une bonne condition.

Le tribut de la nappe souterraine a baissé dans la proportion de 3 à 2, à Danzig, depuis l’établissement de la distribution; la constitution de l’eau de Potsdam (nappe souterraine) est devenue moins bonne, de 1877 à 1882. Les sources de Kaiserbrunnen et de Stixenstein, à Vienne, ne fournissent plus que le cinquième de leur rendement primitif. A Francfort, l’eau obtenue des sources est de 25 à 30 p. 100 au-dessous de ce que l’on avait espéré.

C’est que la nature du terrain traversé par les eaux de la pluie influe aussi sur le débit des sources. Dans le gravier, l’eau met quatre ans à parcourir 1 kilomètre; on ne peut donc juger, d’après le débit immédiat d’une source que l’on vient de capter, de ce qu’elle fournira au bout de quelques années. A moins qu’il ne s’agisse de sources très anciennement connues, et encore. On suppose que celles qui jaillissent de pentes énormes, comme les versants des Alpes, ont dans l’épaisseur de la montagne des réservoirs qui les alimentent dans les temps secs, indépendamment des pluies de l’année.

Les sources qui jaillissent de la couche superficielle de la nappe souterraine peuvent tarir, quand le niveau de celle-ci s’abaisse. Celles qui viennent des couches profondes de la nappe ne sont exposées à presque aucune irrégularité, parce que la pression varie peu.

Quand on veut prendre l’eau de la nappe souterraine, il est d’habitude de faire fonctionner pendant des mois les puits d’essai, pour s’assurer que la constitution de l’eau ne change pas.

II. Provenance «1e l’eau «l’approvisionnement. — Toutes les eaux dont il a été question dans le premier paragraphe de ce chapitre peuvent être appelées, selon les cas, à fournir l’eau de distribution des groupes. Nous n’aurons donc, ici, qu’à indiquer la manière de procéder pour s’assurer l’un ou l’autre approvisionnement et à apprécier les modes divers.

a. Eau de sources. — C’est celle à laquelle le vulgaire et les traditions donnent la préférence. La plupart des hygiénistes sont du même avis et pensent qu’on ne doit recourir à une autre eau que quand des circonstances très sérieuses l’imposent. Telle a été la formule des hygiénistes allemands aux Congrès de Danzig (1874) et de Düsseldorf (1876). Les médecins et les ingénieurs municipaux de Paris, à l’heure actuelle, s’accordent à poursuivre l’extension de l’approvisionnement de la métropole en eau de source. A Genève même, bien qu’on ait sous la main l’eau si pure du lac, on songe à aller chercher des sources dans le Jura.

Pour utiliser l’eau d’une source, il est nécessaire de capter celte source, c’est-à-dire de l’approfondir, à son point d’émergence, et de transformer sa cuvette naturelle en un réservoir de quelque capacité, qu’on entoure de maçonnerie. On recouvre le tout d’un toit, ou plutôt d’une voûte, sur laquelle on étend une épaisseur de terre suffisante pour que l’on puisse y

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semer du gazon et même y planter des arbres, en vue de maintenir la température égale de l’eau. Le réservoir de captage régularise le débit de la source et permel la précipitation des particules de sable que l’eau ramène de terre en jaillissant. 11 faut en faire un lors même que la source sort de terre dans la localité qui en use. C’est d’ailleurs une protection pour l’eau, quand le travail est bien fait.

De ce réservoir part un aqueduc d’amenée dans lequel l’eau chemine par la gravitation [Gravi lationswasserleitung), quelquefois jusqu’au collecteur de distribution, plus souvent jusqu’à un bassin intermédiaire, dit réservoir inférieur , d’où l’eau est refoulée par des machines élévaloires dans le réservoir supérieur, ou de distribution. L’altitude de celui-ci détermine la pression avec laquelle l’eau arrive en ville et aux divers étages des habitations.

Les villes captent, d’ordinaire, plusieurs sources à la fois dans la même zone territoriale. Dans ce cas, chaque cuvette de captage est réunie, par un aqueduc particulier, à une conduite principale de collectionnement. Parfois, une source, qui se trouve sur le passage de la conduite principale, s’ouvre directement dans celle-ci. 11 est préférable de laisser distinctes et avec un canal afférent particulier toutes les sources, parce que, s’il survenait une altéraliondans la nature de l’eau de distribution, il serait plus facile de reconnaître la source dans laquelle une altération est réalisée et de la supprimer.

Il est clair qu’on ne doit pas accepter, pour une distribution urbaine, des sources menacées d’in/iltrations suspectes par le voisinage de dépôts putrides, par la pratique des irrigations à l’eau d’égout ou avec les eaux industrielles. Le captage doit, du reste, être exact et la conduite imperméable sur tout son parcours. C’est pour avoir négligé ces conditions que l’on a, parfois, laissé planer des soupçons jusque sur l’eau de source. Ainsi, la fameuse source de Yallan (Auxerre) ; les sources qui alimentent Clermont- Ferrand; celles qui abreuvent Lille.

La région de captage peut être assez éloignée du point de distribution pour que la ville intéressée ait à exécuter 20, 40 et jusqu’à 100 kilomètres de conduite.

Comme applications du système, on peut citer : Francfort-s.-M., qui a joint aux sources de la région basaltique du Vogelberg celles du grès du Spessart; — Munich, qui vient de réaliser le captage des sources de Mangfallthal ; — Vienne (Autriche), dont les habitants, au dire de Mosny, ont un véritable culte pour leurs eaux des hautes sources de Kaiserbrunnen et de Slixenstein ; — Stuttgard, avec les sources de Haarwiesen, Saugrenl, Oberelsenthal, Vogelsang, etc.

Les sources du liai n fournissent une partie de l’eau de Bruxelles.

Lille a les sources du vallon d Houplin; Le Havre, celles de Saint-Laurent, captées, dit A. -J. Martin, dans d’excellentes conditions, et celles de Sainte-Adresse; Bordeaux, les sources de Budos et autres; Clermont-Ferrand, les sources de Royal et des Combes, sortant des coulées de lave; Montpellier, les sources de Saint-Clément et du Lez; Saint-Étienne, celles île la vallée du Paran; Rouen, Limoges, Amiens, Dijon, ont des eaux de sources. Grenoble reçoit l’eau des sources de Rochefort, qui est parfaite. Guéret, Morlaix, Villefranche (Rhône), Épinal, Chambéry, sont en voie il exécuter des travaux d’amenée d’eau de source.

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[Hygiène

Paris avait, depuis longtemps, les sources d’Arcueil et de Belleville. La ville a acquis, en 1 863, la source de la Dhuis, affluent du Surmelin, située près du village de Pargny (Marne); puis, successivement, les sources nombreuses, très pures, de la Vanne, dont l’origine esta Fontvanne (Aube), et celles de Cochepies, près de Villeneuve-sur-Yonne. L’aqueduc de la Dhuis reçoiL encore les sources du Verdon et du Surmelin, et son réservoir, à Ménilmontanl, les eaux de la source de Saint-Maur. Ce qui n’empêche point la capitale d’avoir dû conserver les distributions d’eau de Seine, de Marne, d’Ourcq, que l’on emploie le plus possible comme eau d'utilisation, mais que l’on est obligé d’offrir, de temps à autre, dans la saison sèche, comme eau de boisson. La Ville, depuis 1884, poursuit l’acquisition des sources de la Vigne et de l’Avre (Eure-et-Loir), de la.VouIzie et du Durteint (Seine-el-Marne) :

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