D’APRÈS REGNAULT
Oxygène de l'air.
100 analyses : Paris de 20,913 à 20,999
9 — Lyon et environs 20,918 20,966
30 — Berlin 20,908 20,998
10 — Madrid 20,916 2.1,982
23 — Genève et Suisse 20,909 20,993
15 — Toulon et Méditerranée 20,912 20,982
5 — Océan Atlantique 20,918 20,965
1 — Équateur » 20,960
2 — Mont Pichincha 20,949 20,981
Moyennes 20,919 à 20,988
Moyenne de Paris... 20,96.
Les proportions trouvées par Angus Smith sont : à Londres, 20,9o et même,
générale ÉLÉMENTS NORMAUX DE L’ATMOSPHÈRE. 285
au milieu de Hyde-Park, 21,005; à Glasgow, 20,889 à 20,929 ; à Manchester, de 20,91 à 20,98; en Écosse, 20,922 dans les points déprimés et 20,98 au sommet des collines.
La météorologie du moment semble avoir quelque influence. Macagno, à Palermc, constale 20,92 d’oxygène par le temps sec et seulement 19,99 par la pluie. Jolly obtient le maximum quand souffle le courant polaire et le minimum avec le courant équatorial (le fœhn, favonius). Les régions équatoriales consommeraient donc plus d’oxygène, par suite des décompositions organiques et malgré une végétation puissante. L’hygiène gagne peu, du reste, à cette notion.
La proportion d’oxygène s’abaisse sensiblement dans les abris clos. Elle était, selon Angus Smith, de 20,70 dans le tunnel du Metropolitan Railway et dans certaines chambres de maison; de 20,74 à 20, 8G dans un théâtre; 20,84 dans une chambre étroite; 20,89 dans un salon.
Elle est basse au fond des puits de mines; 20,42 (A. Smith) et plus encore dans certaines « grottes empoisonnées ». A la grotte des Fées (Saint-Maurice), Forel trouve : oxygène 15,33; azote 82,66; acide carbonique 1,99.
Dans les mines, l’oxygène diminue par suite des combinaisons chimiques spontanées et par la déflagration de la poudre.
P. Moyle a trouvé comme moyenne, en dix-huit points différents des mines de Cornouailles, la proportion 16,87 p. 100, que Smith pense devoir être rectifiée à 17,55. Dans les cas extrêmes, 14,51 et 14,76 (que Smith croit devoir porter à 15,51 et 15,74), les lampes brûlaient avec difficulté et quatre hommes moururent. Félix Leblanc, analysant l’air des mines de Poullaouen et de Huelgoat, en Bretagne, où les pyrites de cuivre absorbent de l’oxygène sans produire d’acide carbonique, constate les résultats suivants de cette raréfaction pure et simple de l’oxygène :
A. Dans un endroit où il n’y a plus que 16,7 p. 100 d’oxygène, la respiration est peu gênée, mais l’air est trouvé faible par les mineurs ;
B. Avec 15,5 d’oxygène, on peut respirer d’une manière continue et sans trop de difficultés ;
C. Avec 9,8 d’oxygène, l’air est asphyxiant et au bout de 1 à 2 minutes on se sent pris de défaillance.
La raréfaction va jusqu’à 13 p. 100 d’oxygène dans les mines du Harz (Hausmann) ; 13,8 dans les houillères (Bunsen) : 4,88 dans un trou de mine, immédiatetement après l’explosion (Poleck), et 12,73 un quart d’heure après.
Il est remarquable que l’on ait maintes fois constaté une moindre proportion d’oxygène aux grandes hauteurs que sur les bas niveaux. Tandis que neuf observations faites à Paris donnaient à Dumas et Boussaingault une moyenne de 20,864, cinq autres sur le Faulhorn n’aboutissaient qu’à 20,774. W. Allen-Miller trouvait, en août 1852, 20,88 d’oxygène dans un air rapporté par un ballon d’une hauteur de 18,000 pieds, pendant que l’air au niveau du sol marquait 20,92. Frankland reconnaît aux Grands-Mulets, la proportion de 20,802 (avec 0,111 pour 100 d’acide carbonique); au sommet du mont Blanc, 20,963 d’oyygène (et 0,061 de COs); à Chamounix, 20,894 (et 0,63 CO2). Saussure pensait qu’il s’agit ici d’une réelle augmentation d’oxygène au voisinage du sol, par ce fait que les végétaux décomposent l’acide carbonique et rendent de l’oxygène à l’atmosphère. A. Smith croit, au contraire, qu’il y a une augmentation d’acide carbonique dans les régions supérieures par l’oxydation des particules organiques qui Ilot-
DE L'ATMOSPHÈRE
[Hygiène
tent dans l’air. Los voyageurs Sclilagintweit ont aussi constaté que les proportions d’acide carbonique croissent jusqu’à 11,000 pieds de hauteur. Trucliot, au contraire, assure qu’elles diminuent au-dessus de 1,000 mètres. Nous avons vu que l’air est très pur au sommet des collines d’Écosse.
Liebig et Iloppe-Seyler ont fait le calcul, plus curieux qu’utile, du temps qu’il faudrait à un milliard d’hommes pour consommer tout l’oxygène actuellement existant, concurremment avec les divers foyers qui en absorbent, et en supposant qu’il n’en soit pas restilué. Les chiffres obtenus sont entre 460,000 et 800,000 ans. Mais il est restitué une grande masse d’oxygène, comme on sait, par les plantes, qui décomposent CO2 et fixent le carbone.
L’azote (79,1 p. 100) n’augmente que par diminution de l’oxygène. Son rôle est d’être tout d’abord le véhicule et comme le températeur de l’oxygène, qui détruit, en réalité, les organismes, puisqu’il ne les fait fonctionner que par combustion de leur substance et des matières de réparation (Ch. Kopp). Il rend possible la pression atmosphérique sous laquelle nous vivons; à une pression pareille, l’oxygène pur est un poison (Jourdanet).
Bien que tous les organismes vivants renferment de l’azote, ils ne le prennent pas simplement à l’atmosphère, comme ils le font de l’oxygène. Cependant, l’azote de l’atmosphère est la grande réserve de cet élément, indispensable à la structure des animaux et même des végétaux. Ville (i850) avait soupçonné que les plantes peuvent s’emparer directement de l’azote atmosphérique. Berthelot a démontré que le fait se réalise effectivement sous l’influence de l’électricité et qu’en outre, les sols argileux, sables et kaolins, à la faveur des microorganismes qu’ils renferment, fixent directement et incessamment de l’azote libre, de 16 kilogr. (sable) à 32 kilogr. (kaolin) par hectare et par an.
Ozone et Antozone. — L’ozone passe pour un simple état allotropique de l’oxygène, dû à l’action de l’électricité ou de quelque autre force sur ce gaz. Trois volumes d’oxygène se condensent en deux, l’un de ces volumes
prenant l’électricité de nom contraire à celle des deux autres (q 0 o) - La
densité devient une fois et demie plus grande que celle de l’oxygène, et le poids de la molécule s’élève de 32 à 48. L’ozone, en présence de l’eau à 100°, se décompose lentement et repasse à l’état d’oxygène ordinaire. Il est peu soluble dans l’eau (1/2 vol. à 0°). C’est un gaz incolore, mais s’accusant par une odeur phosphorée telle que celle que l’on perçoit sur le passage de l’étincelle électrique (Meymolt Tidy).
L’ozone peut être obtenu par le passage de l'étincelle électrique à travers l’oxygène. Dans l’électrolyse de l’acide sulfurique dilué, l’oxygène mis en
liberté au pôle positif contient jusqu’à — de son volume d’ozone. La combustion lente du phosphore à l’air, de l’éther, des huiles volatiles, ozonise une portion de l’oxygène de l’air. Dans la nature, l’électricité atmosphérique est la plus grande source d’ozone ; l’oxygène que rendent les plantes sous 1’infiuence de la lumière solaire en renferme, d’après de Lucca : les
générale. J ÉLÉMENTS NORMAUX DE L’ATMOSPHÈRE. 287
recherches de Hinzinger lui auraient démontré qu’il n’en est rien. Les plantes aromatiques, les fleurs (Mantegazza); le suc des champignons (Schonbein, Phipson) ; les processus de fermentation et de putréfaction (Phipson), déterminent le passage de certaines proportions d’oxygène à
l’état d’ozone. Pourtant, l’air n’en renferme jamais plus de qqq son volume (Houzeau).
On sait que les premières notions positives sur l'ozone sont dues à Schonbein (1840).
Selon Meymott Tidy, il y a plus d’ozone pendant la nuit que pendant le jour; c’est au lever du soleil qu’on trouve le maximum; il y en a plus en hiver qu’en été et moins en automne; plus sur les hauteurs que dans les bas-fonds; plus sur le littoral que dans l’intérieur du continent; plus à la campagne que dans les villes, après les orages qu’en temps calme, par la sécheresse que par l’humidité, par le vent d’ouest que par le vent d’est (enAngleterre).Iln’yena pas d’ordinaire, dans les habitations (WollThügel). On en trouve davantage, suivant Ebermayer, dans les forêts et moins dans les lieux sans arbres, plus en rase campagne et moins dans les lieux humides; dans les forêts, plus au faîte des arbres que près du sol. Il est rare ou nul par les temps très couverts et dans l’air humide. Il y en a peu audessus des marécages dans la saison où la décomposition des matières végétales est le plus active. Toutefois Burdel prétend le contraire et Grellois assure qu’il y en a plus là qu’aux alentours.
L’ozone est un oxydant énergique. Probablement hâte-t-il la combustion des matières organiques azotées, phosphorées, sulfurées, dont la putréfaction lente ne se fait pas sans dangers pour les humains. Peut-être même est-ce un agent destructeur des germes qui accompagnent régulièrement la putréfaction. Dans la proportion de 1 d’ozone sur 240, l’oxygène est rapidement mortel pour les animaux; il détermine de la congestion pulmonaire, de l’emphysème, de la distension des cavités droites du cœur. On conçoit qu’à un taux moindre l’ozone soit encore un irritant des voies respiratoires et ait pu être regardé comme jouant un rôle important dans les épidémies-de grippe ; qu’enûn, dans des proportions moyennes, il soit un excitant utile et rende l’air de la campagne plus vif que celui des villes, comme l’entendent Houzeau et Fonssagrives.
Les savants qui ont fait de l’ozone l’objet de leur étude de prédilection ont imaginé des Ozonomètres à la portée de tous. En général, l’ozonomèlre est un papier préparé avec l’amidon à l’iodure de potassium ; l’ozone oxydant le métal fait apparaître la teinte bleue de l’iodure d’amidon, d’autant plus accentuée que la décomposition est plus parfaite, c’est-à-dire l’ozone plus abondant. Une échelle colorée, préparée d’avance à l’aide d’essais convenables, permet d’obtenir par comparaison et très rapidement le degré ozonomélrique. Malheureusement, les résultats, comme on pense, ne sont qu approximatifs (en France, on se sert du papier Schonbein et de YOzonuscope Salleron ).
On ünit même par reconnaître à peu près d’un commun accord l’inanité
DE L’ATMOSPHÈRE
| Hygiène
des indications du papier ozonométrique (Houzeau, Berthelot, Daremberg, Louvet, Bonus et Daniel, Wolffhügel, Itenk, Schone). fin effet, le peroxyde d’hydrogène, les acides nitreux et nitrique, etc., décomposent le papier ioduré. fin revanche, les acides sulfureux et sulfhydrique pâlissent la coloration bleue. On ne sait jamais, dit Wolffhügel, quelle quantité d’air a passé sur le papier ozonométrique; or, cette quantité diffère beaucoup selon la force du vent. L’air sec, ozonisé ou non, n’agit pas sur le papier; d’où Schone conclut que c’est là une mesure de l’hygrométrie autant que de l’ozone. Aussi trouve-t-on beaucoup de celui-ci dans l’air des marais.
Bien plus, Schone met en doute l’existence môme de l’ozone dans l’air et rapporte à YAntozone, c’est-à-dire au peroxyde d’hydrogène, dont il existe 0mBr, 182, en moyenne, dans 1 litre d’eau de pluie, tous les effets que l’on a attribués au premier. (Les courants équatoriaux sontplus riches que les vents polaires en H20'2.)
A cette mesure, on appréciera les tentatives faites pour utiliser, en étiologie et en hygiène, les observations ozonométriques. Elles n’ont donné rien de précis. Onimus, cependant, à l’occasion du choléra de Marseille (1884), a cru pouvoir faire ^marquer que, d’après ses constatations, les recrudescences de mortalité cholérique ont coïncidé avec les maxima d’ozone en juillet et août.
A Montsouris, on dose l’ozone en poids en faisant passer l’air, aspiré au moyen d’une trompe, à travers un liquide formé de 20 centimètres cubes d’eau distillée, 2 centimètres cubes de dissolution à'arsénite de potasse mélangé d’iodure de potassium pur. L’oxygène ozonisé transforme partiellement l’arsénite en arséniate; l’iodure de potassium ne sert qu’à activer la réaction. On évalue à l’aide d’une dissolution d’iode titrée le poids d’arsénite restant, par conséquent le poids d’arsénite transformé et par suite celui de l’oxygène qui a servi à cette transformation. Ce poids, multiplié par 3, est le poids de l'ozone.
Ce procédé est évidemment plus exact que l’emploi du papier. Reste à savoir si l’ozone a quelque importance en hygiène.
Aci«ic carbonique. — L’acide carbonique est un élément normal, non de l’air, mais de l’atmosphère; si, meme, l’on ne considère 'pas exclusivement les animaux, c’en est un élément essentiel, car le jour où il disparaîtrait de l’atmosphère, il n’y aurait plus de végétation possible. Les proportions de ce gaz dans l’air ont été bien plus considérables dans les temps géologiques qu’aujourd’hui et ont permis la formation des assises puissantes de houille, qui sont actuellement la plus riche réserve de carbone. Elles ont également fourni l’acide fixé dans les coquilles des mollusques et dans les terrains qui forment la croûte solide du globe; celui-là est définitivement perdu pour la circulation vitale.
La propoj'tion actuelle d’acide carbonique dans l'air libre n’est pas de 4 p. 10,01)0, comme l’indiquaient les anciens chimistes, Saussure, Boussingault, Verver. Elle atteint tout au plus3 p. 10,000 et serait plutôt un peu au-dessous.
générale. 1
ELEMENTS NORMAUX DE L’ATMOSPHÈRE
Acide carbonique pour 10,000 d' air.
Auteurs. Localités.
Tbuchot Clermont, par le beau temps
Reiset..., Campagne près de Dieppe
— Dans une jeune forêt
— Dans los champs, au môme moment....
Dans un champ do trèfle rouge en fleur,
— Dans l’espace libre, au même montent. .
D'après de nouvelles recherches
Risleb Calèvos (Suisse)
LÉVY et Maiué-Davy. Montsouris (moyenne)
Armstrong Grasmere (Westmoreland), de jour
— — de nuit
Müntz et Aubin A la campagne, do jour
— — de nuit
— Pic du Midi, (2877 mètres)
Fa use y Autriche
Anges Smith Écosse, campagne et hauteurs
— Manchester (banlieue)
— Londres (points découverts)
Cleasson — —
Storer Boston, public Garden
Les membres des diverses missions envoyées en 1884 pour observer le passage de Vénus sur le soleil, au Mexique, en Floride, à la Martinique, à Haïti, au Chili, ont toujours obtenu des chiffres inférieurs à 0,280 p. 1000.
Les sources de l’acide carbonique de l’air sont : le sein de la terre, d’où il ■s’échappe par les volcans, par certaines excavations telles que les grottes fameuses du Chien (Naples), des Fées de Saint-Maurice, les vallées empoisonnées de Java; avec les eaux minérales (Ems, Vichy, Marienbad) ; — mais surtout les combustions organiques qui s’accomplissent pendant la vie de tous les animaux et végétaux (chez ces derniers, pendant la nuit seulement) et après leur mort; enfin, les divers foyers de chauffage ou d’éclairage, domestiques ou industriels. Comme la respiration chez l’homme et •chez les animaux, avec les phénomènes de décomposition organique, est l’une des sources les plus puissantes de CO2 et que, dans ces cas, celui-ci représente de l’oxygène disparu, les hygiénistes ont pu légitimement le prendre comme Y indicateur et la mesure de la souillure de l’air.
Contre l’élévation des proportions de CO2 dans l’air lutte incessamment la fixation de carbone par les végétaux, pendant le jour et par les parties •vertes, avec restitution d’oxygène à l’almosphcre. Un hectare de forêt emprunte 2,000 kilogr. de carbone à CO2 par an. 11 n’y en aurait plus au .bout de 172 ans dans l’air, suivant Hoppe-Seyler, si les combustions qu’on vient de dire ne le restituaient au fur et à mesure de sa destruction.
La pluie et la neige, à vrai dire, qui renferment en moyenne lcc,732 •d acide carbonique par litre (Reichhardt, Parkes, Nowack), en rendent de notables proportions à l’atmosphère. L’Allemagne, qui reçoit 700 millimétrés d eau météorique par an, serait couverte, suivant tRenk, d’une couche de iram,2 d épaisseur d’acide carbonique de cette provenance.
Les couches superficielles du sol, dans lesquelles ont lieu les phénomènes de décomposition des matières organiques mortes, renferment un Arnould, Hygiène. 2» édit. 19
290 DE L’ATMOSPHÈRE. [Hygiène
air très riche en CO2, comme on l’a vu. Le professeur Fodor, à qui nous devons, sur ce point, de si remarquables études, regarde le sol comme étant de beaucoup la source la plus importante d’acide carbonique. De plus, il serait le régulateur des proportions de ce gaz, dans l’air libre, en ce qu’il en fournit à l’atmosphère, lorsque la tension normale de CO2 s’y abaisse, et qu’au contraire il en absorbe quand celle tension à l’extérieur est en excès. Cette manière de voir ne semble pas entièrement en concordance avec les expériences de WolfThügel, qui trouva, dans l’atmosphère de Munich, les couches supérieures de môme constitution que les couches au niveau du sol, et de Renk, qui démontra expressément l’appel exercé sur l’air du sol par les maisons, appel déjà mis en vue par les observations de Pettenkofer, Cobelli, etc.
Le véritable régulateur de CO2, selon Schlœsing, serait la mer, par les carbonates qu’elle contient. Lorsque l’acide est en excès dans l’atmosphère, les carbonates marins lui en prennent pour se transformer en bicarbonates; si CO2 diminue, ces bicarbonates en cèdent à l’atmosphère et repassent à l’état de carbonates.
Ainsi subordonnées à des causes de production et de destruction d’intënsilé variable, les proportions de CO2 de l’atmosphère sont nécessairement sujettes à des oscillations dont quelques-unes ont une certaine régularité. A la vérité, elles s’exercent dans des limites modérées et jusqu’à présent n’intéressent l’hygiène que parce qu’elles dénoncent l’activité de certains foyers de décomposition et de putridité, sans avoir par ellesmêmes une influence sensible sur la santé.
La proportion est plus élevée la nuit que le jour; plus par les temps couverts qu’avec le ciel serein. Sous ce dernier rapport, les quantités de CO2 marchent en raison inverse de la luminosité de l’air (Lévy et Allaire, à Montsouris).
Auteurs.
Reiset
Müntz et Aubin.
Armstrong
Fodor.
Localités. C02 p. 10,000
Paris pendant le jour 2,891
— — la nuit 3,084
— — avec du brouillard 3,166
Paris, ciel couvert 3,22 è 4,22
— ciel serein 2,89 à 3,10
à la campagne, de jour 2,88
— de nuit 3,00
Grasmere, de jour 2,960
de nuit 3,299
Budapest, de jour 4,18
— de nuit 4,26
D’après le voyageur Zittel et d’après Pettenkofer, l’air des déserts africains est tout aussi riche en CO2 que celui de nos vallées.
En ce qui concerne l’influence de l’altitude, on a déjà vu dans l’article précédent ( Oxygène ) que les témoignages ne concordent pas et que cette question reste indécise. Dans son voyage aérien des 23 et 24 mars 1873, G. Tissandier trouva 2,4 CO2 pour 10,000 à 890 mètres de hauteur et 3 p. 10,000 à 1,000 mètres. D’où il résulterait que CO2 augmente en raison
générale.] ÉLÉMENTS NORMAUX DE L’ATMOSPHÈRE. 291
de l’ascension verticale. Mais Trucliot, en 1873, faisait connaître les résultats suivants, qui concordent avec ceux de Wollny (1886) :
Proportions d’acide carbonique aux grandes hauteurs.
Hauteur.
Température.
Pression.
CO5 p. 10,000 V)
359 mèt.
On conçoit, d’après ce qui précède, que les proportions de GO2 dans l’air ne se ressemblent pas d’une saison à l’autre, d’une année à l’autre, etc. C’est, effectivement, ce qui ressort des observations prises à Monlsouris. Marié-Davy fait remarquer que l’élévation des chiffres de CO2 coïncide avec les années humides elles mauvaises récoltes. Le tableau ci-après est intéressant au point de vue des oscillations annuelles et saisonnières des proportions de CO2 atmosphérique.
Volume, exprimé en litres, d’acide carbonique renfermé dans 100mJ d'air du parc de Monlsouris.
Moy
lit
lit
lit
lit
lit
lit
lit
lit
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre . .
Octobre
Novembre . . .
Décembre. . .
Moyennes.
On pourrait craindre que l’énorme multiplicité des combustions vitales et autres, qui s’accomplissent dans l’intérieur des grandes villes, élevât d’une façon fâcheuse la proportion d’acide carbonique dans l’air urbain. 11 n’en est rien, heureusement; ou plutôt l’élévation du chiffre de CO2 n’est qu’une fraction insignifiante du taux normal (0,067 p. 1,000 en plus, en moyenne, selon Renk). Même à Manchester, qui produit par jour près de 8 millions de mètres cubes d’acide carbonique (Angus Smith), la diffusion de ce gaz dans l’air est si rapide qu’on s’aperçoit à peine d’une augmentation.
Acide carbonique dans l’air des villes.
Auteurs. Localités. COs p. 10,000 d’air.
Anges Smith Genève /, gg
— Madrid n’ig
Pesth et environs ■'/l3G
Glasgow, lieux découverts, hiver //(jl
— — lieux fermés 5’ 39
— Stirling-square [Sanitary -départ) . 3,38
Manchester, dans les ruos 4 42
— par le brouillard G, 79
— Londres, dans les rues 3,41
— — moyenne de la Cité 4,39
DE L’AT.MOSPHÉllE.
[Hygiène
Pettenkofer
Munich
Lange et Woi.ffhügel.
Boussingault
Paris
PiEISET
Macagno
Palermo
Fodor
lvlausenburg
Budapest
Les conséquences de la combustion respiratoire et de celle des matières carbonées dans les foyers sont plus graves dans les abris clos et spécialement dans les habitations privées ou, surtout, collectives. Il se passe, toutefois, ici, un fait assez constant, à savoir, que l’acide carbonique n’occupe pas les couches inférieures de l’atmosphère, comme pourrait le faire croire son poids spécifique élevé (1,52; l’air pesant 1). Il y a même plus qu’une simple diffusion , comme l’a fait remarquer Pettenkofer; de réels courants, dus principalement aux inégalités de température, entraînent CO2 et le mélangent énergiquement à l’air. Dans les pièces habitées, il y en a plus à 4 mètres de hauteur qu’au ras du sol.
Acide carbonique dans l'air confiné.
Auteurs.
Smith
E. Thomson
Storer et Pearson,
Kedzie
O. Krause
Pettenkofer
OErtel
Baring
Nichols
Wilson
De Chaumont
A. Braud
Roscoe
Lieux. CO2 p. 10,000 air.
Tunnel du Metropolitan Raihvay, Londres.... 14,52 Palais delà Chancellerie (Chancery - Court) .. . 19,75
Strand-Théàtre (galeries) 10,1
Le môme, à un certain moment de la soirée.. 21,8
Théâtre de la Cité (parterre) 25,2
Standard-Théâtre (parterre) 32,0
Écoles publiques à Philadelphie 13,15
Écoles publiques à Boston 14,5
Écoles publiques de Michigan 24,0
Annaberg, cinq écoles 39,9
Écoles après deux heures de classe 62,0
Wilhelm’s Gymnasium (mars) 55,8
Le même (juin) 22,9
Écoles populaires (la plupart) 90,0
École du dimanche, après une heure de classe. 29,51
Voitures publiques (à vapeur ou non) 23,00
Prison de convicts à Portsmoutli 7,20
Baraques d’Aldershot (intérieur) 9,76
Baraques d’Anglesey 14,04
Casemates du fort Elson 12,09
Hôpital militaire de Portsmouth 9,76
Portsmouth civil infirmary 9,28
Herbert Hospital 4,72
Prison militaire d’Aldershot (cellules) 16,51
Pentonville prisou (cellules), Jebb’s System... 9,89
Brasserie à Paris (11 h. soir) 23,8
Salle de bal (après 4 h. 30) 29,0
Amphithéâtre de cours (à la fin du cours). ... 80,6
Petite chambre à coucher (8 h. 30 de séjour).. 46,2 Londres. Pièces habitées 12 â 33,0
Les espaces dans lesquels s’opère la fermentation, dans l’industrie de la brasserie, de la distillerie, contiennent des proportions de GO2 allant parfois jusqu’à 10 p. 100. Dans les mines de Gassel, Bunsen a observé des proportions de 283 à 744 p. 10,000. La moyenne, dans les mines d’Angleterre, était de 78,3 (Angus Smith). Dans le tunnel du Saint-Gothard,
générale.] ÉLÉMENTS NORMAUX DE L'ATMOSPHÈRE. 29Ï
Bunsen constata de 30 à 90 CO3 p. 10,000, pendant le travail. Pol'eck, après l’explosion d’une mine, trouva dans la galerie 449 p. 10,000.
Vapeur «l’eau. — La chaleur solaire soulève incessamment, des collections aqueuses, des masses de vapeurs qui se mêlent à l’atmosphère; c’est le point initial de la circulation de l’eau sur le globe. Par refroidissement, au contact de corps froids ou de colonnes d’air de basse température, ces vapeurs repassent à Létal liquide.
La vapeur d’eau n’est que mêlée à l’atmosphère; l’air n’a pas de pouvoir d’absorption à son égard. Il en existe moyennement 1 p. 100 (en volume) dans l’air atmosphérique; mais cette proportion est soumise aux oscillations les plus considérables. Jourdanet note que la vapeur d’eau contribue à maintenir la chaleur à la surface de la terre; aux premiers âges du globe, une atmosphère éminemment humide emmagasinait une part énorme de la chaleur du soleil.
Fonssagrives, après J. Tyndall, fait remarquer que l’excursion diurne du thermomètre est très grande partout où l’air est très sec (Sahara, Australie). Mais, inversement, la tension et la quantité de la vapeur d’eau mêlée à l’atmosphère dépendent de la température et de la pression. Plus la température est élevée, plus l’air est capable de contenir de la vapeur d’eau; l’augmentation de pression (ou mieux la compression) équivaut, au contraire, au refroidissement (Jamain), c’est-à-dire hâte le moment où la vapeur se résoudra en eau.
Il importe de distinguer l'humidité absolue , l’humidité relative et la tension de la vapeur d’eau.
L'humidité absolue est le poids en grammes de l’eau contenue à l’état de vapeur dans 1 mètre cube d’air. Ce poids varie dans de certaines limites, qui sont différentes pour chaque degré de température. Quand l’air, à une température donnée, renferme le maximum de vapeur qu’il peut contenir à celte température, on dit qu’il est saturé. A ce point, s’il est tant soit peu refroidi, il laisse se précipiter de l’eau sous forme liquide. A n’importe quel degré, la température à laquelle il faut abaisser l’air pour obtenir ce résultat s’appelle le point de rosée.
Poids de la vapeur d'eau par mètre cube d’air à l’état de saturation :
Température.
Saturation. lsr,2 1 8
Température, -b 13°
IG
Saturation.
I lSr,2