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VI. Au-dessus do 3000 pieds

Ses recherches portent sur quatre années, et le tableau reproduit ci-dessus embrasse à la fois les villes et les villages. 11 compare en outre le duché de Bade à quelques autres pays d’une population modérée, et trouve encore une supériorité décisive pour les pays de hauteurs.

Mortalité phthisique (d'après OEstcrlen).

Sur 100,000

l’our 1000 décès

habitants.

généraux.

Canton de Genève

Bavière

Belgique

Flandre orientale

Bade

D’où il conclut que la phthisie diminue comme la hauteur augmente.

La phthisie disparaît presque complètement au-dessus de 1,300 mètres en Europe, au-dessus de 2,000 mètres au Mexique et dans les Andes ; au témoignage d'Albert, à Briançon (1,305 mèt.), de Brugges à Samaden, en Engadine (1,742 mèt.). C’est là, selon la théorie de Jourdanet, le bénéfice de Yanoxyhémie des hauteurs, qui exclut la tuberculose, comme le fait l’anémie, la chlorose commune, l’anémie des régions polaires.

On sait que cette circonstance afait créer des stations alpestres pour la cure delà phthisie ; ainsi, Davos et Saint-Morilz en Suisse, Denver (Colorado) aux États-Unis. Hirlza pensé que ces stations conviennent surtout à la phthisie héréditaire, torpide, sur tempérament lymphatique. Vacher estime que les heureux effets de Davos sont dus : l°au manque d’humidité (absolue, non relative) de l’atmosphère à cette hauteur (1,630 mèt.); 2° à la dépression barométrique (627 millim.), qui, en outre de l’accélération de la respiration et de la circulation, désoxygénise le sang (diète respiratoire). Au lieu de 297 milligrammes d’oxygène, à Paris, un litre d’air n’en contient plus, à Davos, que 252 milligrammes. Les résidants de Davos sont également indemnes de phthisie. Selon Fuchs, à Brotterode, dans le Thüringerwald, les décès phthisiques n’atteignent pas 1 p. 100; Brebmer assure que la phthisie est inconnue à Gôrbersdorf, en Silésie. Cependant ces localités ne sont qu’a 1,840 et 1,700 pieds (soit à 600 mètres environ).

11 est bon de ne pas oublier, touL en tenant compte des théories, que l’air des montagnes est plus pur d’imprégnation organique que celui de la plaine ; il est, a-t-on dit, aseptique (Voy. p. 328). Cela suffit pour guérir la phthisie, selon Brown- Séquard, et peut-être pour légitimer ce que l’on raconte vulgairement de la supériorité sanitaire des populations de montagnes. Enfin, cette supériorité aurait besoin d être étudiée de plus près qu’on ne le fait en littérature. J’inclinerais à attribuer une part de la résistance physique des montagnards à leur sobriété, à 1 habitude des privations, à la lutte incessante contre un sol abrupte et peu fertile, confre un ciel inclément. Mais ce sont des vertus forcées, et il ne semble

DE L’ATMOSPHÈRE

[Hygiène

pas, dans la réalité des choses, que la monlagne fasse précisément appel au développement de la population. En France, les départements montagneux sont les moins peuplés; les liasses-Alpes et les Hautes-Alpes n’ont que 20 a 21 habitants par kilomètre carré. A vrai dire, il existe de ce fait regrettable d’autres raisons encore que la faible pression atmosphérique, en supposant que celle-ci intervienne.

Les villes de collines , aux environs de 200 mètres, sont les plus salubres de toutes, dit Fonssagrives. Au-dessus et jusqu’à 500 ou 600 mètres, la salubrité est encore remarquable. Il est à croire que cette heureuse condition dépend de la nature et de la configuration du sol plus encore que de l’atmosphère et, si l’air y est bon aussi, c’est plutôt parce qu’il est pur, libre et mouvementé, que pour le fait d’une densité inférieure à la normale.

Compression faible. — Il se trouve, à la surface du globe, de rares points où le sol, d’ailleurs habité, est à plusieurs mètres au-dessous du niveau de la mer (lac de Tibériade, mer Morte). On n’a pas noté de conséquences biologiques dépendant de cette situation sous une colonne atmosphérique un peu plus lourde que d’habitude.

Dans quelques mines, où des ouvriers travaillent à 400 mètres et plus, au-dessous du niveau des mers, l’augmentation de pression paraît devoir être positive et de quelque importance. Chose remarquable, des observations directes ont porté certains auteurs à nier cette augmentation et à affirmer que la pression est, au contraire, amoindrie au fond des mines. Cette question sera reprise dans I’hygiène spéciale. Pour le moment, nous posons en fait que la pression est augmentée comme la théorie veut qu’elle le soit. Mais, dans les conditions actuellement envisagées, les quelques centimètres ajoutés à la pression normale ne semblent pas avoir jamais été un élément considérable dans l’insalubrité du travail des mines. On va retrouver l’influence de l’air comprimé dans des circonstances où son rôle sera facile à préciser.

Variations barométriques de grande étendue. — Cet énoncé est le titre d’une vaste étude sur le terrain de laquelle l’hj'giène et la thérapeutique se sont rencontrées, et où elles ne marchent avec sûreté que depuis peu, à la lumière de la physiologie.

La question se présente, comme tout à l’heure, sous deux aspects. Elle comporte d’un côté les grandes dépressions , telles qu’elles se .réalisent dans les ascensions d’altitudes au-dessus de 2,000 mètres, et chez les habitants des régions situées à ces hauteurs, ou telles que les vont chercher les aéronautes ; de l’autre la compression à plusieurs atmosphères, sous laquelle s’opèrent quelques-uns des travaux les plus audacieux que le génie humain ait tentés, sous laquelle aussi la thérapeutique essaye de réduire des maladies rebelles aux moyens ordinaires.

I. Grandes dépressions. Altitudes. Aérostation. — Le baromètre, d’après Jourdanet, ne marque plus que 59 centimètres à 2,016 mètres d’élévation verticale; 55 à 2,575; 52 à 3,022; 49 à 3,495; 46 à 3,998; 43 à 4,535; 40 à 5,1 1 1 ; 36 à 8,950 ; 31 à 7,141 ; 28 à 7,951 ; 24.8 à 8,840. L’air

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est donc de moins en moins dense ü. mesure qu’on s’élève. Cependant sa composition reste sensiblement la môme et la proportion du gaz vivifiant, l’oxygène, ne varie pas d’une façon notable. Un fait considérable s’est produit, en môme temps qu’un certain nombre d’autres, mais que celui-ci domine : la tension de l'oxygène a diminué de la même façon que la pression atmosphérique ; de telle sorte qu’elle s’abaisse aux 2/3, à la moitié, au tiers, etc., de la tension normale. (Voy. page 298, pour la consommation d’oxygène par la respiration).

En rapportant la quantité d’oxygène à ce qu’elle serait sous la pression de 760 millimètres, P. Bert a trouvé les chiffres ci-après.

Altitude.

Pression.

Oxygène

pour la pression de 0Œ, 760.

Oxygène dans le sang.

2500 mètres.

« Dans l’air confiné, à des pressions inférieures à celle d’une atmosphère, la mort des moineaux arrive lorsque la tension de l’oxygène est représentée par un chiffre qui oscille entre 3 et 4. » (La tension peut être exprimée, à la pression nornormale, précisément par le chiffre qui indique la proportion centésimale ; sous des pressions différentes, elle devient le produit de la proportion centésimale par

île rapport de la pression avec la pression normale

A la pression normale,

il'air est également irrespirable pour les moineaux quand il ne renferme plus que 3 ou 4 p. 1 00 d’oxygène). Les moineaux en expérience présentent, sous la diminution dépréssion : 1° l’augmentation du nombre des respirations ; 2° l’abaissement de température; 3° des convulsions précédant la mort. D’une façon plus générale: « en vase clos, aux pressions inférieures à une atmosphère, la mort survient lorsque la. tension O XP de l’oxygène de l'air est réduite à une certaine valeur qui est constante pour chaque espèce, ou qui du moins oscille dans de faibles limites autour d'une moyenne (4,4 pour les chats adultes; 3,6 pour les moineaux; 2,3 pour les cochons d’Inde ; 2,2 pour les chats nouveau-nés). »

Relativement aux gaz du sang, les expériences ont donné celte loi qui a une grande importance en face des résultats de Fernet : « Quand la pression diminue, la quantité des gaz contenus dans le sang diminue également, mais en proportion un peu moindre que celle qu’indiquerait la loi de Dalton; le sang perd ainsi relativement plus d'oxygène que d’acide carbonique. »

La mort des animaux soumis à la dépression en vase clos n’est point due à l’acide carbonique, car il s’en produit d’autant moins que la pression est plus faible. D’ailleurs, dans bon nombre d’expériences, on l’a fait absorber au fur et à mesure de sa production par une dissolution de potasse. Mais l’air n’est pas totalement dépourvu d’oxygène, quand l’animal succombe; bien s’en faut : il en reste 12,15 et jusqu’à 17 p. 100. Une seule chose est devenue absolument insuffisante, la tension de cet oxygène.

Dans une série d autres expériences, on a augmenté la proportion centésimale d oxygène de 1 air employé dans le môme rapport que la pression diminuait, de

façon à maintenir une valeur constante à l’expression — c’est-à-dire que, pour

la pression d une demi-atmosphère, on composait un air à 2 X 20,9 p. 100 ou 4,18

396 UE L’ATMOSPHÈRE. [Hygiène

d’oxygène. Dans ces conditions, l’animal n’éprouve aucun trouble. Mais si l’on abaisse la pression sur cet air suroxygéné, la mort arrive néanmoins chez les moineaux lorsque la tension de l’oxygène n’est plus qu’aux environs de 3,6, bien que la proportion d’oxygène dans l’air mortel représente 40 et même 60 p. 100. Inversement, lorsqu’on fait passer de l’oxygène sous la cloche dans laquelle un animal va mourir par suite de la dépression, il se rétablit immédiatement. C’est une expérience[que P. Bert a faite en grand sur lui-même et sur Crocé-Spinelli et Sivel; l’expérimentateur se plaçait sous la cloche et, en respirant par un tuyau embouché sur un. sac rempli d’un air extrêmement riche en oxygène, pouvait supporter sans malaise des dépressions considérables. Dans l’une de ses expérience, P. Bert est arrivé à une pression minima de 248 millimètres, correspondant à plus de

Fig. 65. — Ctoche à dépression.

8,800 mètres de hauteur, eL il pensait qu’il eût pu supporter une dépression plus grande encore. La ligure 65 représente le dispositif employé.

Quand on n’abaisse pas la pression jusqu’au degré mortel, la respiration et lepouls s’accélèrent chez les animaux en expérience, comme chez les ascensionnistes. Les oiseaux vomissent. 11 y a des hémorrhagies nasales et pulmonaires, du ballonnement du ventre, de l'apathie, de la stupeur. La nutrition faiblit ; il se produit moins de CO-* et d’urée qu’à la pression normale. La température baisse.

Indépendamment des populations qui vivent d’une façon continue aux grandes altitudes et dont il sera question tout à l'heure, des hommes se sont mis volontairement (en général par amour de la science) dans 1 air raréfié : les voyageurs des sommets, ajoutant il l’elfet de la dépression

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la fatigue de gravir cl le vertige des hauteurs; les aéronautes, chez qui le caractère de la dépression est d’arriver brusquement.

Les voyages de Bouguer et La Condamine au Pichincha (4,800 m.), do Humboldt (1802) et de Boussingault (1838) au Ghimborazo (6,000 m.), l'ascension du Mont-Blanc par Saussure, le 3 août 1787 (assez souvent répétée de nos jours) ; les traversées de l’Himalaya par Moorcroft, Victor Jacquemont (1830), Hue, ont fait connaître ces étranges malaises nommés, selon les lieux, puna, paramo, sorocke, bies, bootie, mal de montagnes, et ■diversement interprétés, mais qu’il faut rapporter d’abord à la raréfaction -de l’air aux grandes hauteurs.

De même, les aéronautes Robertson, Zambeccari, Biot et Gay-Lussac, Glaisher et Coxwell (qui s’élevèrent peut-être à 11,000 m.), Crocé-Spinelli •et Sivel, ont témoigné du malaise que l’homme éprouve au delà de 3,000 ou 6,000 mètres, et du danger qu’il y a d’affronter la hauteur de 8.000 mètres, jusqu’à ce qu’un jour (15 avril 1875), le Zénith, quoique muni de ballonnets d’oxygène pur, déposa à terre les cadavres de ces deux derniers, en compagnie de Gaston Tissandier mourant.

A'ature et omises du mal des altitudes. — Les troubles se répartisent sur les diverses fonctions, de la façon suivante:

a. Digestion. — La soif exagérée, le dégoût des aliments, la difficulté de ■déglutition, les nausées et les vomissements sont signalés dans le plus grand nombre des relations. La diarrhée s’est présentée rarement.

b. Sécrétions. — Quelques voyageurs ont accusé lasuspension des urines •et des excrétions intestinales. Quand, au contraire, la sueur est exagérée, dans l’ascension laborieuse d’une montagne, la rudesse de l'exercice musculaire suffit à expliquer cette diaphorèse.

c. Respiration. — C’est la fonction le plus constamment intéressée. Elle •devient fréquente, pénible, anxieuse. L’amplitude des inspirations accompagne-t-elle cette fréquence incontestée ? c’est un point à revoir. Lortet •dit non; Jaccoud et Armieux penchent vers l’affirmative. L’exhalation d’acide carbonique, plus active aux faibles altitudes, subit une diminution très marquée à 3,500 mètres (Mermod, Marcet).

d. Circulation. — L’accélération du pouls est également constante. On l’observa même dans les plus modestes ascensions, en le comptant, bien •entendu, après un long repos. «Mon cœur allait un train de chemin de fer », dit mistress Henderson. Aux grandes hauteurs, cette accélération -du pouls se traduit en battements dans les tempes, bourdonnements d oreilles, palpitations extrêmement désagréables. Armieux est le seul -qui indique une diminution des pulsations (à Barôges, 1,270 m.). A l’accélération du pouls s ajoute l’irrégularité, le dicrolisme, la dépressibilité.

•Le système veineux accuse la réplétion, l’état congestif. Il y a des hémorrhagies, moins communes qu’on ne le dit, cependant (P. Berl), par les muqueuses nasale, pulmonaire, intestinale, les conjonctives, le conduit auditif. D autres lois, en sens inverse, c’est la syncope qui se produit.

e. Locomotion. — La fatigue, l’inertie, le brisement ( coup aux genoux ) se présentent parmi les premiers signes. Et c’est bien à la hauteur qu’est due

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celte impuissance musculaire, car elle se manifeste môme quand on ne cherche plus à gravir ou qu’il s’agit simplement de porter un fardeau. Mislress Hervey a éprouvé des convulsions, fait rare.

/'. Innervation. — La céphalalgie est un phénomène ordinaire. Puis les sens, l’ouïe, le goût, l’odorat et même la vue, sont plus ou moins obscurcis et affaiblis. 11 y a une grande prostration du corps et de l’esprit, que les voyageurs déguisent sous le nom de somnolence, ou au contraire une excitation de mauvais aloi se fait jour, comme il est arrivé à des aréonautes.

Quelques ascensionnistes (et Saussure lui-même) ont eu, dans l’air raréfié des sommets, ces hallucinations qualifiées de ragle et auxquelles Vercoutre assimile les hallucinations panoramiques, que l’on a dans l’air également dilaté du désert.

Ces phénomènes se succéderaient dans l’ordre suivant (P. Bert) : au début, sensation de fatigue inexplicable, respiration courte, anhélation rapide, battements de cœur violents et précipités ; dégoût pour la nourriture ; puis, bourdonnements d’oreilles, angoisse respiratoire, éblouissements, vertiges, faiblesse croissante, nausées, vomissements, somnolence; enfin affaissement, obscurcissement de la vue, hémorrhagies diverses, diarrhée, perte de connaissance. Telle est la série ascendante des symptômes. La mort en a été parfois la terminaison.

L’insistance dans les mouvements, la course, augmentent l’intensité de ces symptômes ; le repos les calme. Le vent, même modéré, les exaspère. Ils sont plus accentués encore dans les points de la montagne où l’air se renouvelle difficilement, les « couloirs», où l’on ne voit plus rien, et il arrive qu’au-dessus de ces passes mal famées les voyageurs se meuvent avec aisance. Tout le monde n’est pas atteint au même niveau ni au même degré; quelques-uns échappent une fois, qui souffriront étrangement à une nouvelle ascension, et inversement. Les habitants du pays, les guides mêmes, ne sont pas épargnés; il est arrivé qu’ils fléchissaient plus tôt que les étrangers. Les animaux (chevaux, mules) prennent leur part des accidents. Sur nos Alpes, il faut loucher à la ligne de fusion des neiges pour éprouver le mal des montagnes; dans les Andes, il commence bien au-dessous des neiges perpétuelles; mais la limite de celles-ci est bien plus élevée dans les Andes qu’en Europe. En général, plus cette limite est haute, plus il y a de chances que l’on tolérera l’ascension à de grandes altitudes.

L’effort fait pour gravir hâte l’apparition du mal de montagnes, mais n’en est pas la source ; les cavaliers souffrent plus tard que les piétons, mais ils souffrent ; les aréonautes peuvent s’élever impunément à de plus grandes hauteurs que les touristes, mais ils finissent par rencontrer l’altitude où la tolérance prend fin. Chez ceux-ci, la brusquerie de l’ascension compense* d’ailleurs le bénéfice résultant de la nullité de la dépense de force musculaire. On a aisément remarqué que le mal de montagnes éclate moins vite quand le voyageur est parti d’un lieu déjà élevé, ou que la faible inclinaison des pentes l’oblige à mettre un temps assez long à s’élever à de grandes hauteurs (Himalaya). Le excursions préalables en pays de montagnes con-

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l'èrent jusqu’à un certain point l’immunité aux alpinistes pour le jour où ils ont décidé de couronner un sommet.

La cause essentielle, on pourrait presque dire unique, du mal de montagnes, est celle qu’avait merveilleusement entrevue le jésuite Acosta, celle que, de notre temps, Jourdanet a indiquée avec une rare justesse d’intuition physiologique, à la détermination de laquelle il a voué ses travaux et sa fortune, et que P. Bert, avec l’aide matérielle et morale de Jourdanet, a établie définitivement sur les bases scientifiques de l’expérimentation. C’est la raréfaction de l'air et, par suite, la diminution de la tension de l’oxygène, l’insuffisance absolue du gaz comburant dans l’air, mais surtout dans le sang, la désoxj'génation des globules sanguins, la dépression de la nutrition des tissus et de toutes les fonctions vitales, l’asphyxie. Tout le reste est accessoire, comme la fatigue, le froid ; ou bien c’est la création d’un esprit incomplètement renseigné. Ce dernier cas est celui de certaines théories à couleur scientifique, aussi bien que des conceptions naïves des peuples à l’endroit des esprits malfaisants, des émanations minérales et des fteurs à parfums vénéneux.

Lortel (1869) accuse l’abaissement de la température produit par le fait de gravir; Dufour, la fatigue ; Colin (d’Alfort), l’expansion des gaz de l’estomac et de l’intestin par diminution de la pression extérieure. Pour d’autres, cette dépression dilate les gaz du sang et pousse aux ruptures capillaires, ou encore détruil la fixité de la télé du fémur dans la cavilé cotyloïde. Gavarret signalait l’accumulation de CO2 dans le sang. De Humboldt, de Saussure, Boussingaull, trouvaient moins d’oxygène sur les hauteurs qu’en plaine. Il n’y a qu’une faible part de vérité dans chacune de ces opinions. Il y a assez d’oxygène dans l’air des hauteurs, et ce sont les combustions organiques qui en règlent l’absorption parle sang (Pettenkofer, Voit, Pflüger) ; mais ces combustions sont d’autant moins actives que la tension de l’oxygène est plus faible. Un adulte absorbe par jour, au repos, 575 litres d’oxygène, pesant 822 grammes à la pression ordinaire ; mais à Mexico, sous la pression de 585 millimètres, ce voltime ne pèse plus que 638 grammes.

L’augmentation de fréquence des inspirations, qui s’observe chez les ascensionnistes, n’existe pas chez les habitants permanents des hauteurs. D’ailleurs elle ne servirait à rien, puisque ce n’est pas l’apport d’oxygène qui règle son absorption par le sang, mais la tension de ce gaz et l’activité des combustions organiques. L’augmentation d 'amplitude des inspirations ne semble pas plus cerLaine et ne ferait pas davantage compensation à la raréfaction de l’air. Jourdanet avait donc raison de dire : « Une ascension au delà de 3,000 mètres équivaut à une désoxygénation du sang »» ( unoxyhémie ), et Léon Coindet, à l’époque de l’expédition du Mexique, allait un peu vite en déclarant que la compensation respiratoire s’établit rapidement sur le plateau de l’Anahuac.

Prophylaxie. La plupart des précautions que l’on a prises jusqu’aujourd liui contre le mal des altitudes, et qui sont, à vrai dire, les plus simples, ne s adressent guère qu’aux circonstances adjuvantes; « se prémunir contre le froid, se nourrir convenablement, réduire à leur minimum les ellorts musculaires, s exercer à des ascensions préliminaires et- au séjour prolongé dans les régions élevées, aller camper la nuit qui précédera la

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grande ascension aussi haut que possible, ne point se hâter sur les pentes rapides, couper l’ascension par des haltes fréquentes, manger peu et souvent » (P. Bert); s’abstenir de parler, de chanter, de fumer (G. Lèques). Mais ce ne sont là que des palliatifs; le but capital à atteindre est de compenser la raréfaction de l’air, l’insuffisance de tension de l’oxygène. L’éminent physiologiste qui avait donné à Crocé-Spinelli et Sivel l’agent de leur salut, s’ils avaient su s’en servir à temps, n’a pas craint de se mesurer avec ce problème; il s’agit d’emporter de l'oxygène, comprimé dans des appareils solides, pour les courtes expéditions; de se munir de l’outillage nécessaire pour en produire à volonté, quand on séjourne sur les hauts plateaux du Pamir, du Thibet, du Ladak. Ainsi, le sommet du mont Everest, la plus haute montagne du globe, ne sera plus inaccessible, puisque ses 8,840 mètres d’élévation correspondent à la pression de 248 millimètres, qu’un homme de courage a supportée sans encombre. — Mais il vaudrait mieux, peut-être, abaisser les limites de la curiosité scientifique.

Habitants des hauteurs. — Des êtres vivants, plantes, oiseaux, quadrupèdes, familles humaines, peuplent des régions très élevées des deux mandes. De même que le niveau des neiges perpétuelles s’abaisse de l’Équateur aux pôles, de même les animaux, et les végétaux dont ils vivent, affrontent des altitudes de plus en plus considérables à mesure qu’on passe des contrées tempérées aux latitudes tropicales. Nous n’avons, en France, qu’un village au-dessus de 2,000 mètres; dans l’Amérique centrale et méridionale, des millions d’hommes vivent à des altitudes bien supérieures.

En Europe, Saint-Véran dans les Hautes-Alpes, et Soglio, dans les Alpes Rhéliennes, deux pauvres villages, à 2,050 mètres, sont les points les plus élevés où l’homme séjourne en permanence. On ne saurait guère ranger parmi les centres de population les hospices des Alpes, comme le Grand Saint-Bernard (2,470 mètres), où des espérances spéciales retiennent quelques moines pendant un petit nombre d’années.

Dans les Montagnes-Rocheuses, Central-Cily est à 3,460 mètres sur les flancs de Long’s Peak.

Mais, plus au sud, en Amérique, un grand nombre de villes importantes sont bâties à plus de 2,000 mètres d’altitude : Mexico (2,290 m.), Santa-Fé de Bogota (2,560 m.), Quito (2,910 m.) avec 60,000 habitants, Cuzco (3,470 m.), Micuipampa (3,620), la Paz (3,720 m.), Puno (3,920 m.), ïaeora (4,170 m.), Potosi, qui eut autrefois plus de 100,000 habitants (4,165 m.), Porlugalete (4,290 m.), Cerro de Pasco (4,350 m.). Au Pérou et en Bolivie, la plus grande partie de la population habile au-dessus de 3,000 mètres. Des villages, des métairies, sont à des niveaux plus élevés encore que les villes. L’homme se livre néanmoins, sur ces hauteurs, à des manifestations de force et d’activité; il y a des mines en exploitation à Chouta (4,480 m.), à Iluancavelica (4,655 m.), à Villacola (5,042 m.), selon Pissiz. Un chemin de fer, d’Aréquipa à Puno, traverse la Cordillère à 4,460 mètres de hauteur; celui du Gallao à la Oroya présente à son point culminant un tunnel situé à 4,760 mètres.

Les habitations permanentes dans lTIimalaya ne sont pas à de moindres hauteurs. La capitale du Thibet, Leb, est bâtie à 3,505 mètres; Muglab, Kibar, a 4,150 mètres et 4,220 mètres, d’après les frères Schlagintweit. Le village de Cliushul, le plus élevé de l’ilimalaya, est à 4,390 mètres, le monastère bouddhique de

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Haule, à 4,t> 10 mètres. II y a des villages plus élevés encore, qui 11e sont habités que dans la belle saison. En été, les troupeaux vont paître jusqu à ;>,000 mètres. Le Mirza, envoyé au Tbibet en 1809, signale même un village, Thok-ÜJalandk, à la hauteur extraordinaire de 4,980 mètres.

A ces hauteurs, l’homme n’est pas moins entouré de nombreux animaux privés ou sauvages, de yaks, de lamas, d’oiseaux, d’insectes. Le condor plane hardiment jusqu’à 7,000 mètres, c’est-à-dire jusqu’aux environs de la dépression à 31 centimètres, à laquelle les oiseaux de nos pays, y compris les rapaces, titubent, vomissent, etc. Il est vrai que, dans les parages fréquentés par les grands vautours, les pâturages oit vivent les troupeaux qui doivent fournir à leur nourriture sont déjà élevés de 2 ou 3,000 mètres. Les chats paraissent supporter moins bien que la plupart des autres mammifères le séjour des hautes altitudes. Les chevaux et les mules des hauts plateaux ont moins de force et de fond que ceux de la plaine; Jourdanet nous apprend que lorsqu’on voulut introduire à Mexico des courses de chevaux, ce divertissement cher aux races espagnoles tourna en une joule dérisoire. Castelnau avait reconnu la môme physionomie aux combats de taureaux essayés à la Paz.

11 est d’un incontestable intérêt de se rendre compte de l’état physiologique et des chances de santé ou de maladie de ces habitants des hauteurs. Ceux-ci représentent des peuples entiers; les ascensionnistes et les aéronautes ne forment que des individualités. A la. rigueur même, l'hygiène ne doit ses soucis qu’à celles de ces ascensions qui ont en vue quelque problème scientifique.

A 76 centimètres de pression , l 'homme a 20 volumes d’ oxygène dans son sang artériel et 12 dans son sang veineux : à 48 centimètres (La Paz) ou, surtout, 44 centimètres (Cerro de Pasco), il n’en a plus que 16 ou 14 volumes dans le sang artériel et 8 ou 6 dans le sang veineux, théoriquement, et comme il résulte des recherches de P. Bert, de Frankel et Geppert sur les animaux, de Speck sur l’homme. Est-il possible que, par PeHel de la résidence et de l’habitude, les habitants des hauts plateaux arrivent à extraire, pour les combustions organiques, de ces 14 ou 1 6 volumes d’oxygène, la même quantité (8 vol.) qu’un homme de la plaine trouve dans ses 20 volumes? Cela parait peu probable. L’augmentation de fréquence des inspirations n’y suffirait pas; elle est d’ailleurs impossible au taux que le calcul indique comme nécessaire pour la compensation, et, en fait, cette augmentation n a pas lieu, c’est plutôt le contraire (Jourdanet). L’exagération d’amplitude des respirations ne serait pas davantage d’une efficacité absolue; elle n’est, du reste, pas plus démontrée que l’augmentation de fréquence. Les créoles, dit Jourdanet, ne modifient pas leurs formes en passanl de la plaine sur les hauteurs; leur poitrine reste la même qu en bas. Coindet n’avait pas été frappé du développement thoracique des Indiens; Vivenot (de Vienne) a, au contraire, remarqué que la poiliine se dilate dans 1 air comprimé. Les Indiens ont un rapport thoracique considérable, c est-à-dire que leur périmètre thoracique est grand par rapport à la taille, avec 1 m ,60 ou 1 1,1 ,63 de taille, ils ont, par exemple, 0'“,89ë de circonférence thoracique. Mais cest aflaire de race; ils ont les cuisses et les jambes courtes (d Oibigny) et ceux de la plaine présentent celte conformation aussi bien que ceux de la montagne.

Si 1 homme des hauts plateaux s’appropriait la même quantité d’oxygène que celui d en bas, il brûlerait la même quantité de carbone, produirait le même poids Arnould, Hygiène. 2« édit. 26

DE L’ATMOSPHÈRE

[Hygiène

de CO2, et la proportion centésimale de celui-ci, en volume dans l’air expiré, augmenterait en raison inverse de la pression. A Cuzco, elle augmenterait d’un tiers et, au lieu de 4,3 au niveau des mers, deviendrait 6,5; à Mexico elle serait de 5,5. P. BerL ne regarde pas comme démonstratives les observations faites jusqu’aujourd’hui à ce sujet, tout en pensant que très probablement l’intensité des combustions respiratoires a diminué. Cependant, rien qu’à prendre les résultats de Coindet, qui en concluait le contraire, il n’ést brûlé que 9 grammes de carbone par heure, à Mexico, au lieu des 11 à 12 grammes qu’Andral et Gavarrel ont donnés comme étant la moyenne des adultes sous la pression ordinaire. Jourdanet, qui a constaté que le chiffre de 9 grammes de carbone brûlé ne peuL être atteint que par les respirations de choix, estime que l’on ne saurait parvenir à respirer 12 litres par minute, à Mexico, même quand on en aurait l’intention formelle, et que la proportion de CO2 dans l’air expiré reste à 4,52 p. 100.

Pourtant, il y a incontestablement un acclimatement relatif. Considérant que, dans l’état habituel des choses, au niveau des mers, nous consommons plus d’oxygène qu’il n’est nécessaire pour nos fonctions et que 580 calories par jour sont perdues par simple évaporation cutanée, P. Bert émet l’hypothèse que la nutrition se modifie, chez les habitants des hauteurs, de façon à éviter cette perte, qui se convertit en une fixation par l’économie. Dans le travail, nous produisons une chaleur dont il n’est utilisé que 18 à 20 p. luO; une quantité énorme doit nous en être enlevée par la sueur; peut-être que les gens des hauts plateaux arrivent, par acclimatement de race plutôt que d’individu, à posséder une machine mieux réglée, qui utilise 30 à 40 p. 100, par exemple, de la chaleur produite, et par conséquent leur permette une même dépense dynamique avec une absorption d’oxygène — et aussi d’aliments — beaucoup moindre.

Nous aurions ainsi l’explication des batailles du Pichincha et d’Ayacucho, des danses à Quito et des travaux de mines et de chemins de fer au flanc des Andes. Il est vrai que notre espèce est remarquablement batailleuse, qu’il est difficile d’imaginer une situation dans laquelle les dames (Espagnoles surtout) perdent l’envie de danser, et qu'en définitive le principe : « tout est relatif », trouve son application dans les déploiements de force et d’activité, comme en d’autres occasions. Quant à la tolérance du condor pour la décompression considérable et brusque, c’est encore un fait particulier non expliqué.

Finalement, au Congrès d’hygiène de Genève (1882), P. Bert a fait connaître que le sang des animaux absorbe plus d’oxygène (c’est-à-dire est plus riche en hémoglobine) à La Paz que dans nos climats, 18 à 20 p. 100 de son poids à 1,000 mètres d’altitude contre 10 à 12 au niveau de la mer. D’où il suit qu’au fur et à mesure que la pression atmosphérique diminuera sur le globe par l’extinction du feu central, le sang de nos descendants, comme celui des habitants des Cordillères, « se mettra en harmonie avec le milieu ambiant, et la facilité avec laquelle il absorbe l’oxygène de l’air augmentera, et la vie continuera à être possible, bien longtemps après que nos calculs l’auront déclarée impossible. »

Les conséquences de l’apathie et de la faiblesse physique et morale des

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habitants des hauteurs semblent à Jourdanet Être d’une grande portée. Il y voit la principale raison de l’asservissement des Thihétains par les Chinois, des Abyssins par les Gallas; la raison pour laquelle la famille indolatine du Haut-Mexique, naturellement douce et pleine d’avenir dans la paix, est incessamment menacée par les bandes audacieuses de la plaine et par les Anglo-Saxons des États-Unis. Il fait remarquer la triste instabilité politique des Républiques des Andes, vis-à-vis du développement régulier du Brésil, de la Plata, du Chili, où la population est groupée aux bas niveaux.

Par ailleurs, il insiste sur cette singularité qu’un état morbide, Y anémie devient l’état physiologique des habitants des hauteurs et imprime un cachet uniforme à toutes leurs maladies. Les maladies inflammatoires à types aigus ne sont pas rares sur l’Anahuac ; mais les réactions vives y sont peu durables; elles font place à l’adynamie ataxique ou typhoïde. La pneumonie y est doublement redoutable par sa fréquence et par le tribut de mortalité dont elle est l’occasion ; elle prend surtout des caractères adynamiques et se complique souvent d’un état asphyxique mortel. Les inflammations chroniques y sont rares, comme si les faibles ressources de la nutrition ne pouvaient suffire à prolonger l'état inflammatoire. Les enfants sont difficiles à élever, malgré l’égalité du climat; il en meurt 33 p. 100 dans la première année, de méningite , de fièvres éruptives ou d’affections aiguës de poitrine. Les fièvres éruptives sont meurtrières même pour les adultes. Les affections graves se compliquent volontiers d’ hémorrhagies pétéchiales; mais, selon Jourdanet, il faut remarquer soigneusement que la dépression atmosphérique et le séjour des hauteurs ne sollicitent point les hémorrhagies, tandis qu’ils favorisent la stase veineuse et l’état congestif (du foie, par exemple), par une sorte de paresse de la circulation. La Verruga du Pérou, qui d’ailleurs ne s’observe pas au Mexique, serait une tuméfaction vasculaire due à ce mécanisme et donnant lieu à des écoulements sanguins dangereux.

« Le trjphus s’insinue sans obstacle et travaille sans résistance » sur le plateau mexicain. En revanche, celui-ci est réfractaire à la fièvre jaune et les cas de vomito importés sur les hauteurs restent stériles.

Les hauts-plateaux américains jouissent, bien entendu, d’une remarquable immunité vis-à-vis de la phthisie. Il en est ainsi des hauteurs de 1 Abyssinie (Hirsch), de celles de la Perse (Wagner et Polak), des plateaux de l’Himalaya (Hirsch, Schnepp), des Cordillères, Pérou, Bolivie, Équateur (Guilbert). Yillemin, comme on sait, n’attache aucune importance en ceci a la pression de 1 atmosphère ; la phthisie partage, selon lui, cette antipathie pour les hauteurs avec les maladies zymotiques et ce fait prouve qu elle-meme est une de celles-ci, malgré la prospérité du typhus et des fièvres éruptives à Mexico, ainsi qu’il vient d’être dit.

En terminant ce paragraphe, nous devons mentionner l’idée émise par P. Bcrt que la respiration dans l’air comprimé, employée méthodiquement, pourrait rendre des services aux habitants des grandes altitudes.

Thérapeutique par l'air raréfié. — Par contre, et indépendamment de la

DE L’ATMOSPHÈRE

[llygièae

... . Aa i„ rnre do la phthisie par le séjour sur les hauteurs,

Itate “è vienne," 1870), Waldonbourg (1873), Stœrk, Cuba, TreuUer,

* R Lépine (1875), ont appliqué l'air raréüé au traitement (les

, .H,lies du poumon et du cœur. L'expiration dans l’air raréfié accroît le vobirne de l'air expiré, c’est-à-dire augmente la ventilation pulmonaire ... facilite l'expulsion de CO>; elle congestionne le poumon et, par la, ct * désemplit la grande circulation.

Elle est donc favorable aux emphysémateux. On a, du rester associé l’inspiration dans l’air comprimé à l’expiration dans l’air raréfié.

II. Compression à plusieurs atmosphères. — Cet objet appartient incontestablement à I’iiygiène professionnelle. 11 était, pourtant, difficile de ne pas mettre en regard des considérations relatives à la dépression atmosphérique celles qui ont trait à l’augmentation de la pression barométrique. Nous cédons à cette exigence, tout en reconnaissant le double emploi qui va en résulter, nous proposant de l’amoindrir et de nous borner à un simple renvoi lorsque l'hygiène spéciale nous ramènera sur ce point.

L’air comprimé est employé usuellement dans deux circonstances : 1° à. l’occasion de travaux que des ouvriers doivent exécuter sous l’eau, ou dans toute autre condition qui ne permet pas la libre communication avec l’atmosphère noif//; male; 2° comme moyen thérapeutique.

a. Travail dans l'air comprimé . - H y a une cinquantaine d’années, on descendait encore des ouvriers x- au fond de l’eau à l’aide d’une clo-

(.he à gradins intérieurs lourdement lestée, dans laquelle 1 au se compn

Fig. 6ü

'••ÎWixCx

— Travail dans l’air comprimé (d’après A.-E. Foley) (*).

générale.] PROPRIETES PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE.

lui-mème par le poids de la cloche el l’ascension de l’eau dans l’intérieur de celle-ci. Cet incommode et dangereux appareil est aujourd’hui complètement abandonné.

C’est ii l’ingénieur français Triger (I8.'t0) qu’est dit l’emploi de l’air comprimé a de hautes pressions pour le forage des puits ou le fonçage des piles de pont (P. Bert). La première application du procédé eut lieu en vue de l’exploitation du terrain houiller de la Haye-Longue (Maine-et-Loire), recouvert d’alluvions que traversaient les eaux de la Loire et où l’on ne pouvait songer à épuiser l’eau qui envahissait les puits el les galeries. Triger conçut l’idée de repousser cette eau par de l’air insufflé de la partie supérieure du puits, de telle sorte que les ouvriers, travaillant à sec au fond, dans l’air comprimé, pouvaient oblitérer les voies d’eau par des voûtes en maçonnerie.

La méthode fut bientôt imitée dans les mines de Douchy (Nord) par l’ingénieur Blavier. Les docteurs Pol et Walelle apprécièrent les conséquences physiologiques qui en résultaient pour les travailleurs.

En 1851, le procédé du tube de fonte, descendu au fond de l’eau et duquel on chasse l’eau par l’air comprimé, pour pouvoir y construire une pile en maçonnerie, indiqué par Triger lui -même (fig. GG), fut appliqué par l’ingénieur anglais Hughes, dans la construction du pont de Rochester sur la Medway (comlé de Kent). Successivement, les ponts de Chepstow (Brunei), de Szegedin (Hongrie), Bordeaux, Kaffre- Azzial sur le Nil, Ivehl (1859), Londonderry (1861), Argenleuil, Bayonne-sur-l’Adour, du Mississipi (1863), furent établis suivant le même audacieux système. Le procédé servit encore, en 18S0, pour relier le bassin de radoub de Missiessy (Toulon) au sous-sol marin.

L’entrée des ouvriers a lieu par la chambre E, la sortie par la chambre D. Un système de robinets permet d’équilibrer la pression, soit pour pénétrer dans le tube où l’air est comprimé soit pour sortir de l’appareil.

La pression appliquée aux ouvriers des divers modes de travail qui comportent l’emploi de l’air comprimé (les précédents et les scaphandriers ) va de 2 à 4 atmosphères. Les ouvriers séjournent dans cet air de deux à six heures consécutives.

Pendant la compression, les phénomènes éprouvés ont paru, aux observateurs, différer un peu selon le degré de pression et selon le temps passé dans les tubes. Surtout, ceux de la fin ne ressemblent pas à ceux du commencement et les accidents de la décompression sont caractéristiques autant que graves.

A 1 arrivée dans les tubes, il y a une sensation de pression désagréable dans les oreilles, par refoulement de la membrane du tympan; les ouvriers s en débarrassent tout de suite, soit par des mouvements de déglutition, soit en faisant Je mouvement de souffler en se pinçant les narines et la bouche fermée. Les sons acquièrent une intensité métallique étrange. Les sens du goût et de l’odorat, suivant Foley (Argenteuil), sont émoussés ou abolis ; le toucher lui-même est moins délicat. L’acte de p.ulcr est difficile; celui de siffler, impossible. «Les ouvriers sentent moins la fatigue qu à 1 air libre et ne s'essoufflent pas autant ; la faim les prend vite, ils suent beaucoup et cependant n’ont jamais soif.» Selon Foley, le pouls devient filiforme et même insensible. Pol et Walelle, avec la plupart des observateurs et physiologistes, en ont également constaté la diminution de fréquence ; cependant, Bucquoy a vu le contraire, saui

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chez son ami Ilitter qui, ayant la fièvre en entrant dans le tube, passa de 95 à 75 pulsations. La capacité pulmonaire augmente ; c’est un point sur lequel à peu près tout le monde est d’accord. Les ouvriers tubistes acquièrent la propriété de travailler sans essoufflement dans leur appareil (Foley). La fatigue, l’inertie physique et morale, l’inappétence, apparaissent au contraire, par un séjour prolongé dans les tubes. Le nombre des respirations diminue, et aussi l’amplitude des oscillations respiratoires; il passe, naturellement, moins d’air à travers le poumon, dans un temps donné, dans l’air comprimé qu’à la pression normale (en volume). Il y a quelquefois des épistaxis pendant la compression. La peau et les muqueuses pâlissent. La couleur du sang de la saignée présente, en revanche, une rutilance extraordinaire (Pol et Watelle). L’urine augmente de quantité. Des expériences non irréprochables de J. Pravaz (1875) tendent à établir que le chiffre de l’urée rendue s’élève de même. Celles, plus rigoureuses, de P. Bert prouvent dans le même sens.

Quand on sort des tubes à air comprimé, il se peut que rien de bien fâcheux ne se produise, ni immédiatement, ni plus tard. Mais le plus souvent, quand la compression a été portée au-dessus de 3 atmosphères, l’ouvrier présente le phénomène des « puces », ou démangeaisons atroces à la peau, quelquefois celui des « moutons », ou tuméfactions musculaires, des gonflements synoviaux, des douleurs articulaires, de la faiblesse des membres, surtout des membres inférieurs. D’ordinaire, ces phénomènes inquiétants disparaissent rapidement et sans retour; d’autrefois, même lorsque l’affaiblissement musculaire a débuté quelque temps après la sortie des tubes, ils sont le début d’une paralysie durable, affectant principalement la forme de paraplégie (membres inférieurs, vessie, rectum). Des morts assez nombreuses ont suivi l’aggravation rapide de tels accidents. Dans quelques cas, une décompression absolument brusque, due à une rupture d’appareil, a causé la mort immédiate.

Dans les travaux du bassin de Missiessy, 643 hommes fournissant deux corvées de six heures par jour, sous une pression de 2atm.7, eurent 123 entrées à l’infirmerie, 48 à l’hôpital et 2 morts. La cause principale des accidents était la rapidité de l 'éclusement et du déséclusemenl, qui se faisait à la volonté des hommes, en tournant un robinet, et durait 2 minutes. Michel, qui rapporte ces faits, remarque aussi; que l’on ne renouvelait pas suffisamment l’air comprimé et que le travail avait lieu à la lueur de lampes horriblement fumeuses.

Somme toute, le moment dangereux, dans ces pratiques, thérapeutiques ou industrielles, est celui de la décompression.

Physiologiquement, de tous les détails reconnus pendant la compression, celui de l’amplification du poumon est le plus aisément explicable. P. Bert, qui l’a constamment retrouvé dans ses nombreuses expériences, le considère comme le résultat mécanique réel de la pression atmosphérique; celle-ci refoule les gaz intestinaux, oblige le diaphragme à s’abaisser et, par conséquent, le poumon à se dilater d’autant. Quant à « l’aplatissement » de dehors en dedans de la peau et des vaisseaux périphériques, l’éminent physiologiste constate que la pression

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artérielle est notablement augmentée par l’action mécanique de la pression; que le thorax est relativement comprimé parce que l’ouverture trachéale n est pas suffisamment large ; mais que du reste, la pression intérieure et la pression extérieure s’équilibrent toujours rapidement, à moins de circonstances mécaniques spéciales. Une autre influence est d’ordre chimique et, de môme que pour l’air raréfié, dépend de la tension de l’oxygène et de celle de COs, isolées ou combinées. L oxygène dissous dans le sang augmente avec la pression, mais bien moins que la pression môme, surtout quand on arrive à de très hautes pressions, 10 atmosphères par exemple. L’acide carbonique du sang diminue presque toujours; comme CO2 dépend de l’oxydation de nos tissus, la quantité qui en est produite ne saurait guère varier; or, cette môme quantité occupera moins de place si la pression est plus forte; G p. 100 de CO2 à la pression normale donnent : 6X 1=6; à une pression de 2 atmosphères, le volume est diminué de moitié et l’on a pour valeur de CO2 : 3X2 = 6; à 3 atmosphères, 2X3 = 6, ainsi de suite. Mais l’azote augmente, quoique pas aussi vite, à beaucoup près, que le voudrait la loi de Dalton.

A la suite de ses mémorables expériences sur l’action de l’oxygène à forte tension, que les faits démontrèrent être un toxique sûr et terrible, P. Bert fut amené à déterminer à quelle pression se trouvait réalisé le maximum d’oxydation intraorganique. Il lui parut que ce maximum est aux environs de trois atmosphères, vers la tension de 60 d’oxygène. A la pression de 6 atmosphères, qui équivaut à l’inspiration d’oxygène pur (100 p. 100), le sang n’est pas encore saturé d’oxygène; mais déjà, il y a de l’oxygène dissous conformément à la loi de Dalton et non plus uniquement combiné ; la présence de ce gaz dissous empêche précisément les tissus de prendre, comme d'ordinaire, leur oxygène à la combinaison oxy-hémoglobique; les globules sont condamnés à la saturation perpétuelle. Si l’on pousse la compression à un degré plus élevé, l’incapacité vitale devient définitive pour les éléments anatomiques. Donc, bien qu’il soit difficile d’indiquer ici des limites précises, il est probable que l’empoisonnement par l’oxygène commence à se faire sentir chez les ouvriers comprimés entre 3 et 5 atmosphères. Il se traduit par des accidents d’anémie.

Pour ce qui est des accidents de la décompression (puces, mouton, emphysèmes, paraplégie), ils sont absolument d’ordre mécanique et relèvent du fait signalé, à l’occasion de la construction du pont de Kehl, par le professeur Rameau et parBucquoy; les gaz du sang repassent à l’état libre et provoquent des accidents comparables à ceux d’une injection d’air dans les veines. Seulement, ce ne sont pas les trois gaz qui redeviennent ainsi aériformes, mais l’azote essentiellement, c’est-à-dire celui qui a, de beaucoup, le plus suivi la loi de Dalton. On trouve, en effet, des bulles de gaz dans les capillaires périphériques et pulmonaires et du ns les cavités droites du cœur; on en trouve dans les vaisseaux du cerveau et de la moelle, où ces embolies gazeuses déterminent un ramollissement, constaté d ailleurs aux autopsies d’hommes, victimes de la décompression.

Prophylaxie. — S’il fallait dépasser la pression déjà dangereuse de 5 atmosphères, P. Bert conseille d employer au refoulement dans les tubes ou scaphandres un air pauvre en oxygène, de manière à maintenir la tension de celui-ci aux environs de 40, et de renouveler l’air des tubes pour prévenir 1 accumulation de CO2 ou de CO. L’éclairage électrique devra y remplacer les lampes.

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En vue des accidenls de la décompression, il faudra décomprimer lentement. Une demi-heure n’est pas trop, entre 2 et 3 atmosphères; une heure entre 3 et 4. 11 sera nécessaire, dans les chambres d’équilibre, de pourvoir l’ouvrier de vêtements secs et chauds, pour lutter contre le refroidissement et la rosée qui sont la conséquence de la dilatation de l’air. Autrefois, quand les accidents de décompression apparaissaient, on recomprimait le patient pour les faire cesser; P. Bert propose de faire respirer de l’oxygène pur (ce qui équivaut à 5 atmosphères) aux ouvriers sortant des tubes ou des scaphandres, même alors qu’il ne se produirait pas immédiatement de signe suspect.

b. L\nr comprimé en thérapeutique. — On doit aux médecins français Junod(l 83o), Ch. Pravaz (1836), Tabarié (1838), les premiers essais de l’application de l’air comprimé à diverses maladies. De nos jours, il existe de nombreux établissements créés en vue de l’emploi de cette méthode. Vivenot, en Allemagne, de 1860 à 1868, lui consacra de longues recherches et de nombreuses publications. P. Bert, depuis 1872, a éclairé par la physiologie expérimentale cette pralique, dont les ressources ne sont pas contestables.

C’est particulièrement contre Yasthme et l 'anémie qu’est dirigée la cure d’air comprimé. Pour l’asthme, c’est, l’action mécanique de la pression qui joue le principal rôle; pour l’anémie, c’est l’action chimique, la saturation plus parfaite de l’hémoglobine, à la condition que l’on ne dépasse pas 3 atmosphères, mais que l’on s’en rapproche, comme le conseille P. Bert, tandis que les aéro-thérapeutistes jusqu’ici semblent craindre d’arriver à d’aussi fortes pressions. A la vérité, quand il ne s’agira que d’anémie, l’on peut apparemment se dispenser de l’élément mécanique et remplacer la pression, soit par l’inspiration d’oxygène pur, soit, mieux encore, par l’usage d’un air à 23, 30, 40 p. 100 d’oxygène, représentant sans pression aucune la même tension d’oxygène qu’une fraction surajoutée d’atmosphère, ou même qu’une atmosphère ou davantage, selon ce que l’on aura désiré. Par ailleurs, l’action mécanique de la pression serait probablement utile pour aider au taxis des hernies, pour combattre certaines tympanites. A de hautes pressions, ce serait peut-être un antiphlogistique à essayer.

Ch. Bouchard constate expérimentalement que l’air comprimé diminue la toxicité des urines. Chez un sujet tenu pendant quatre heures sous une pression de 116 centimètres, elle a diminué de 43 p. 100.

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générale. J PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 409

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Les climats. — Les propriétés physiques de l’atmosphère, qui viennent d'être étudiées, sont constantes à un degré et sous une forme quelconques ; leur modalité seule varie et dans de très grandes limites. C’est l’état particulier et la modalité spéciale de ces propriétés, pour un point donné du globe, qui en constitue le climat. Les modifications physiologiques ou morbides des humains, ou plutôt des êtres vivants en général, n’en font pas partie ; mais elles en sont fréquemment l’expression. Il y a là un rapport qu’il appartient à l'hygiène de préciser et d’interpréter.

Le sens du mot climat a été entendu plus largement qu’on ne le fait ici par Hippocrate, Montesquieu, Boudin, Virey, Foissac, de Humboldt; l’influence du sol et des eaux rentrait plus ou moins dans la conception du climat, selon les anciens. Il est préférable de le limiter, avec Fonssagrives, à la considération des propriétés physiques de l’atmosphère, facteurs bien distincts, indépendants des précédents, encore qu’il y ait nécessairement, en maintes circonstances, une action réciproque entre l’air, d’une part, le sol et les eaux, de l’autre.

Tout en donnant au climat cette large compréhension, la plupart des classifications de climats sont établies sur la considération d’un facteur unique, qui est une propriété de l’atmosphère, à savoir la température. Or, ce facteur est assurément d’une grande importance et pèse sur la modalité des autres; mais il ne suffit pas à constituer la physionomie d’un climat et lui-même est quelquefois subordonné à la prédominance de telle ou telle modalité de quelqu’un des autres. Il est absolument nécessaire de se pénétrer de 1 idée qu en hygiène, climats chauds, climats froids, climats tempérés sont des expressions adoptées pour la commodité du langage et les besoins didactiques ; consacrant un trait de premier ordre, dominant si 1 on veut, du caractère météorologique d’une région donnée, mais ne répondant point à la réalité de l’élément physiologique ou étiologique climat, qui est très complexe, où l’équilibre est sollicité en divers sens, par des facteurs physiques divers et dont l’influence décisive est habituellement une résultante, beaucoup plus que le triomphe d’une force unique ou prépondérante.

Celte habitude de classer les climats d’après la température a donné le change aux esprits incomplètement renseignés et entraîné la tendance à

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confondre les limites des climats avec les degrés de latitude, voire avec les lignes isothermes, et à envisager le climat comme une zone géographique. Quoique l’isothermie soit une base légitime à la distinction des climats (J. llochard l’a adoptée), il faut renoncer à appliquer uniformément l’épithète de climat froid, ou chaud, ou tempéré, à de vastes surfaces sur lesquelles, en divers points, des conditions locales créeront des exceptions et des contradictions aux lois météorologiques ou physiologiques formulées pour le type. En réalité, il n’y a guère de climats de zones, pas beaucoup plus de climats de régions ; il y a surtout des climats de localités.

Division des climats. — Fonssagrives propose une classification dont l’esprit se rapproche de celui de la méthode naturelle, adoptée en botanique et en zoologie, et qui observe la subordination des caractères. Celui qui est pris pour dominant est la thermalité.

Exemple :

1° Climat hyperthermique, à chaleur constante, très humide, à humidité variable, venteux, très clair, hyperozonique, à pression modérée.

2° Climat hypothermique constant, sec, calme, brumeux, à pression considérable, hypozonique.

3° ClimaL mésothermique variable, humide, clair, venteux.

Cette façon d’exprimer les espèces climatiques est très rationnelle; il esL probable, cependant, que l’on ne s’en servira pas. Pour les médecins, les rapports d'ordre sanitaire avec les diverses espèces, qu’on pourrait ainsi créer, resteront toujours trop vagues pour qu’on s’astreigne à tenir compte de divergences, attachées quelquefois à une nuance insignifiante. Ce n’esL pas tant le complexus climat, ou le type qu’il constitue, qui a de l’importance en hygiène et en étiologie, que les éléments météorologiques dont il est composé. En y ajoutant la modalité de chacun de ces éléments, circonstance souvent capitale, on a tout ce qui peut entrer dans un rapport démontrable. La médecine d’aujourd’hui ne se contente plus de ces vues très larges, mais très vogues, qui s’adaptaient aux vieux systèmes de l’humorisme, de l’asthénie ou de l’irritation; elle s’habitue à mettre en regard d’un fait physique précis, comme cause, un effet physiologique (ou morbide, ce qui revient au même) également déterminé. Fuster a dépensé en pure perte beaucoup de talent pour réduire toute la pathologie sous la loi des influences climatiques.

La classification des climats par J. llochard, basée sur la notion des températures moyennes, répond au besoin que l’on a de rapporter les influences climatiques à un agent physique parfaitement net ; on a choisi le plus important, la température. Celle de Lombard vise un caractère plus abstrait mais dont le rôle en étiologie n’est pas moins évident et considérable : la modalité des éléments météorologiques. Pour un pays en particulier, comme la France, on a fait des climats régionaux , marqués chacun d’une note dominante sur un fond commun ; il est clair qu’en pareil cas on ne saurait trouver de très grandes divergences .dans l’expression ni les allures d’aucun des éléments du climat ; cependant, des incidents particuliers, d’une portée plus ou moins large, donnent assurément une nuance distincte à la physionomie climatique et sanitaire de chaque zone d’un grand pays.

générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 411

En prenant pour base la température, les climats sont : chauds, tempérés ou froids ; ce qui donne cinq zones climato-thermiques à la surface du globe, puisque la zone tempérée et la zone froide se répètent l’une et l’autre au nord et au sud. J. Rochard a dédoublé la zone chaude et la zone froide; d’où neuf zones climatiques et cinq espèces de climats :

A. Climats tonddes (une seule zone), entre l’équateur thermique et les isothermes de 25°.

B. Cl. chauds , nord et sud, de 25 à 15 degrés.

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