‹ Nouveaux éléments d'hygièneChapitre 82 sur 268 · DD · texte numérisé non relu

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Dépression en pays de montagnes. — Nous nous servons ici de l’expression « pays de montagnes» en y attachant le sens restreint que les climatologistes modernes lui ont réservé depuis les travaux de Lombard, Jourdanet, P. Bert. Montagnes est différent d'altitudes; le premier terme s’applique aux hauteurs inférieures à 1,800 ou 2,000 mètres ; le second au niveaux plus élevés. Bien qu’artificielle, cette distinction est d’une extrême importance. On aencore distingué les régions Alpestres , de 1,300 à 1,800 mètres, des régions Alpines, à plus de 1,800 mètres. En rapportant ces limites à la pression atmosphérique, on voit que nous ne parlons que de dépressions ne dépassant pas 15 à 20 centimètres.

L impression que les faibles hauteurs, dit P. Bert, produisent sur le voyageur qui vient y séjourner quelque temps, est généralement favorable. 11 doit y avoir d abord une tendance à la diminution de l’oxygène contenu dans le sang, mais l’accélération de la respiration et de la circulation vient, ^ selon toute apparence, apporter une compensation suffisante. Ces accélérations sont réelles, ainsi que le prouvent les observations de Jaccoud sur Saint-Moritz (Engadine) et de Yachcr sur Davos (Grisons). La respiration devient même plus ample, « de manière à mettre en jeu certaines régions paresseuses du poumon qui , dans les conditions ordinaires, ne prennent qu une très faible part à l'expansion inspiratoire; ces régions

DE L’ATMOSPHÈRE

[Hygiène

sont les parties supérieures des organes. » Armieux a constaté que la circonférence thoracique des infirmiers employés à Barèges gagne de 2 à 3 centimètres par le séjour de ces hommes à une hauteur de 1,270 mètres. Or, cette augmentation d’amplitude du thorax a une valeur décisive, puisque Gréhant a fait voir que le coefficient de ventilation étant 0,060 pour des inspirations de 300 centimètres cubes, il devient 0,159 pour des inspirations de 600 centimètres cubes, c’est-à-dire de beaucoup plus du double pour des inspirations doubles. La rapidité plus grande de l’irrigation destissus par le sang doit d’ailleurs, d’une part, compenser le léger déficit del’oxygène (dont la tension est moindre), d’autre part, diminuer par une sortede lavage la proportion des déchets organiques retenus dans les tissus.

Jourdanet avait dit que, sous l’influence d’une médiocre dépression barométrique, le dégagement d’acide carbonique (simplement dissous) est bien supérieur à la perte d’oxygène (retenu par affinité chimique). P. Bert estime, en effet (tout en regardant CO2 comme plus combiné que dissous), qu’à 1,500 mètres CO2 diminue dans le sang, dans la proportion de 3 volumes sur 40. Cette diminution, quoique légère, atténue d’autant les effets stupéfiants de l’acide carbonique sur les tissus. De plus, comme il y a moins de CO2 pour saturer les bases du sang, celles-ci restent plus largement pour neutraliser l’acide lactique résultant du fonctionnement du système musculaire et nerveux, et qui, comme on sait, est un agent redoutable pour l’intégrité des fonctions organiques. Peut-être que l’alacrité desmontagnards et la disposition au mouvement des voyageurs à des niveaux modérés trouvent leur explication dans le fait qu’indique là le savant physiologiste.

11 y a encore quelques autres raisons du bien-être des voyageurs dansces conditions et où la pression atmosphérique n’entre pour rien: la satisfaction du déplacement, l’abandon des occupations fastidieuses ou malsaines de la vie ordinaire, les objets nouveaux et curieux, l’exercice, le bain de grand air, etc. Ces circonstances doivent compter pour beaucoup, car les habitants mêmes de la montagne n’éprouvent pas à un aussi haut degré le bonheur de vivre à quelque mille mètres au-dessus des autreshommes. Les voyageurs jugent un peu trop aisément des montagnards par les guides et les chasseurs de chamois, gens préparés de longue main par un entraînement dans lequel se fait probablement une sélection naturelle, sévère.

La pneumonie et la pleurite sont fréquentes dans les montagnes (Lombard); YAlpenstich en est une variété traditionnelle. L 'emphysème, Yasthma montanum, résultent volontiers de l’acte de gravir. Tous les modes de l’inflammation sont familiers aux hauteurs, même modérées.

La (lèvre typhoïde, à peu près inconnue sur l’Engadine, où la population est rare, reparaît dans les cités mexicaines de l’Anahuac.

Corval relève, dans la statistique fort bien faite du grand-duché de Bade, les résultats suivants en ce qui concerne la léthalilc phthisique à diverseshauteurs :

générale.] PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE L’AIR. — MÉTÉOROLOGIE. 393-

Groupes. Décès phthisiques

pour 1000 habitants.

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