GO
Acide sulfurique ,
— azotique
— chlorhydrique '
Essence d’amandes amères....
Acide phénique
Permanganate de potasse
Azotate de plomb
Alun
Tannin
Acide oxalique j
— tartrique [
— citrique '
Sulfhydrate de sodium
2 à 3 gr.
3 gramm.
3Sr,20
3 à 5 gr.
5 gramm.
Modérément
Bromhydrate de quinine 5sr,50
Acide arsénieux G ,00
— borique 7 ,50
Hydrate de cliloral 9 ,30
antiseptiques.
Salicylate de soude 10 gramm
Sulfate de protoxyde de fer 11 —
Alcool amylique 14 —
Faiblement ou très faiblement antiseptiques.
Ether sulfurique 22 gramm.
Alcool butylique . 35 —
— propylique G0 —
Borate de soude 70 —
Alcool éthylique 95 —
Sulfocyatiure de potassium ... . 120 —
Iodure de potassium 140 gramm.
Prussiate de potasse 185 —
Glycérine officinale 225 —
Urée naturelle 2G0 —
Hyposulfite de soude 275 —
Chlorate de soude 400 —
Sels de mercure. — On remarquera la supériorité du biiodure sur le sublimé.
Le biiodure est soluble dans 200 parties d’eau, surtout si l’on ajoute un peu d’iodure de potassium. Miquel a fait disparaître la fétidité des crachats chez les phtisiques en faisant respirer le spray obtenu avec 30gramines par jour d’une solution de biiodure à 1 p. 2000, en deux ou trois séances ; on ajoute 20 grammes de laudanum pour prévenir l’irritation des bronches et de la gorge.
Le sublimé rend la vie des microbes impossible dans le bouillon de bœuf à la dose de 1 gramme pour 14 litres. La solution de sublimé à 1 sur 1000 tue en huit secondes les bacilles charbonneux sans spores, ceux de la morve, du typhus sans spores, de la diphlhérie, les microcoques de l’érysipèle, de la lièvre puerpérale, de l’ostéomyélite, iMicrococcus telragenus, Barillus prodigiosus (Gartner et Plagge). La môme tue en quelques minutes toutes les spores. La solution au 5000e arrive au môme résultat en quelques heures.
Le sublimé est donc devenu le désinfectant par excellence, dans les la-
générale.] LA DÉFENSE CONTRE LES MICROORGANISMES. 4üë
boratoires de bactériologie, en chirurgie, dans l’hygiène hospitalière et ailleurs. On l’introduit dans les approvisionnements sanitaires de guerre de toutes les nations. Le professeur Kœnig le recommande sous forme de vapeur, à la dose de 1 gramme par mètre cube pour désinfecter les habitations. A Paris, il a été appliqué (1887) il l’assainissement d’écuries envahies par la fièvre typhoïde; on a pulvérisé dans l’intérieur la solution au 1000e au moyen d’un appareil imaginé par Herscher. Le succès a été complet. A la Nouvelle-Orléans, on traite par le même procédé, très en grand, les navires suspects; selon Holt, il est pulvérisé de 7,000 à 14,000 litres de solution au millième sur les parois intérieures d’un navire.
La pulvérisation (ou le lavage) est, en effet, le seul moyen d’employer le bichlorure dans des conditions pareilles. Liibbert, lleræus, Kreibohm, ont démontré que les vapeurs de sublimé, selon la méthode de Kœnig, n’ont aucune efficacité. Kubin (de Saint-Pétersbourg) a eu soin d’y substituer le spray mercuriel (solution au 1000e), ou encore la pulvérisation d’un mélange de la solution de sublimé et de lasolulion phéniquée à5 p. 100, dans la désinfection des baraques de l’hôpital Alexandre. Esmarch conseille de renouveler l’opération après vingt-quatre heures.
Tarnier et ses élèves ont introduit le sublimé dans la pratique obstétricale. On s’en. sert pour laver les mains des accoucheurs et aides, les instruments; pour faire des lotions et des injections vaginales et même utérines. Gomment les pansements ou lotions au bichlorure, sur des plaies ou dans l’utérus saignant, ne provoquent-ils pas d’empoisonnement? C’est qu’il n’y a pas, d’habitude, d’absorption ; que, s’il y en avait, la dose de mercure absorbé serait extrêmement faible; qu’en fin de compte, il ne peut pas y en avoir, parce que le bichlorure fait, avec les sucs issus des plaies, un albuminat mercuriel en coagulation, insoluble et inabsorbable. Telle est du moins la théorie ; en fait, il y a eu quelques accidents.
La solution de sublimé, selon les besoins, peutêtre à 1 sur 1000, sur 2000, sur 5000, sur 10 000. Miquel conseille la solution à 1 sur 10 000 pour beaucoup d’usages et spécialement pour désinfecter les objets de literie. Tarnier essaye de tremper les matelas dans cette solution; mais on ne parvient plus alors ù les débarrasser d’une énorme quantité d’eau, même en les chauffant à l’étuve pendant 12 heures. La solution au 2000° convient pour le lavage des mains.
Le sublimé sert aux médecins de la Beauce pour panser la pustule maligne. — Est-ce, peut-être, comme parasiticido qu’il agit dans la syphilis? — A l’intérieur, quelques médecins conseillent d’administrer le protochlorure pour déterminer la production de bichlorure.
Quoique antiseptique merveilleux, le sublimé est pourtant d’un usage restreint . 1° parce qu il est assez cher, bien qu’employé à petites doses, 6 à 8 francs le kilogramme ; 2° parce qu’il est dangereux. On ne l’admettra jamais, par exemple, dans la conservation des aliments. 11 serait coûteux dans la désinfection des fosses d’aisances et impraticable vis-à-vis de celles où l’on prend les matières pour servir immédiatement d’engrais; le poison pourrait être reporté sur des légumes ou des fruits.
49(5 LES ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
Le sublimé ne détruit pas les spores tuberculeuses, dans les crachats de phthisiques, 1 sur .>000 ni meme ci t sur oüO (Schill et Fischer), peut-être parce qu’il coagule d’abord la partie périphérique du crachat et fait ainsi une protection aux microbes de la profondeur; en effet, il réussit bien sur les crachats desséchés.
Êau oxygdnde. — Angus Smith la considérait comme le désinfeclant de l’avenir. P. Bert démontra que l’oxygène lue les microbes, soit par oxydalion, soit par asphyxie. Lui et Péan emploient avec succès l’eau oxygénée neutre, privée d’acide sulfurique, à deux volumes d’oxygène pour lavages et pansements antiseptiques, à 6 volumes pour pulvérisations.
Damaschino traite le muguet par le lavage à l’eau oxygénée, trois ou quatre fois par jour, sans négliger les lotions alcalines.
On peut obtenir l’oxygène à l’état naissant, en faisant agir des suroxydes de plomb ou de manganèse sur une dissolution de chlorure de chaux, ou de chlorure de cobalt, ou de chlorure de cuivre (à chaud).
Azotate d'argent. — Désinfecte bien à 1 sur 1000, sur 5,000, sur 10,000; par conséquent ne serait pas encore très cher. Mais il noircit la peau, les linges, les tissus et est impraticable en bien des occasions.
Chlore. Iode. Brome. — L’eau iodée à 1 pour 19 000, dit Miquel, est toujours stérile. L’eau saturée d’iode pourrait servir pour la destruction des miasmes adhérents au linge des malades atteints de maladies contagieuses.
Les solutions aqueuses de chlore et d’iode à 1 pour 4000 sont très efficaces ; Davaine (1874-1880) détruisait les bacilles charbonneux par une solution d’iode à 1 sur 150 000. 11 y a un traitement de la pustule maligne qui repose sur ce fait. Yallin et Mathieu ont essayé la teinture d’iode sur les chancres mous, sans arriver à des résultats certains. L’iode, comme l’a montré Dubujadoux, possède pour l’albumine une affinité qui l’empêche de pouvoir être appliqué à la désinfection des liquides albumineux ou d’opérer une désinfection durable à la surface d’une plaie; les microbes touchés par l’iode meurent et la couche iodo-albuminée est imputrescible ; mais les germes vivent par-dessous. Il est vrai que cette propriété permet d’administrer l’iode pur à l’intérieur, soit contre la tuberculose, soit contre la syphilis (méthode de Guillemin); on l’ajoute à du lait, qui peut recevoir lsr,33 d’iode par litre sans qu’il y paraisse à sa saveur. G. Colin (d’Alfort) avait déjà contesté les formules trop rassurantes de Davaine.
Pour ce qui concerne le chlore et le brome, qui se diffusent aisément dans l’atmosphère et pénètrent partout, ils attaquent profondément toutes les substances, ce qui en restreint l’emploi. A l’état gazeux et surtout secs, ils sont presque sans action (Jalan de la Croix, Mehlausen, Miquel). Il n’en est plus de même à l’état humide et en solution aqueuse.
Le chlore décompose l’hydrogène phosphore, l'hydrogène sulfuré, l’ammoniaque et les matières organiques volatiles en s’emparant de leur hydrogène. L’acide chlorhydrique qui en résulte forme avec une portion de l’ammoniaque, du chlorhydrate d’AzH3 (Les chlorures sur les matières fécales détruisent une part de l’engrais). En prenant de l’hydrogène à l’eau, le chlore met aussi en liberté de l’oxygène naissant.
générale.] LÀ DÉFENSE CONTRE LES MICROORGANISMES. 497
Les chlorures ne dégagent du chlore à l’air qu’en présence de CO2, qui prend la place du chlore en se combinant avec la base alcaline ou terreuse.
Les « fumigations guyloniennes », que l’on prend souvent pour des fumigations au chlore, étaient en réalité des fumigations à Y acide chlorhydrique, comme 1 a démontré Vallin, dans une intéressante analyse rétrospective des procédés de Guyton-Morveau (1773), de Cruikshank (1797), de Vicq-d’Azyr (1774) el des idées de Scheele sur l’acide « muriatique déphlogystiqué, » c’est-à-dire sur le chlore qu il découvrait, de Lavoisier etBerthollet sur l’acide muriatique oxygéné, qui embrouillait la question.
Les expériences de Renault (d’Alforl) et de Raynal sur le traitement par le chlore des virus morveux, charbonneux, claveleux et du choléra des poules, n’étaient pas favorables à ce désinfectant, même humide, non plus qu’aux chlorures. Celles de Gerlach, Peuch (virus morveux), John Dougall, Baxter, Mecldemburg, de Washington (vaccin), ont, au contraire, paru montrer que le chlore gazeux et à dose assez forte est un antiseptique énergique. Selon Baxter, il serait encore plus puissant sur la septicémie que sur le vaccin. Vallin ne semble pas éloigné d’incliner dans ce sens.
Mais les recherches de Fischer et Proskauer, à F Office sanitaire Allemand, ont de nouveau réduit la valeur du chlore et du brome comme désinfectants.
Les essais portèrent : sur des spores charbonneuses; sur un bacille de la terre de jardin très réfractaire à la chaleur humide ; sur des crachais tuberculeux desséchés; des bacilles du charbon, de la septicémie de la souris; micrococcus tetraçjenus, m. erysipelatos, m. prodigiosns ; la sarcine ; la levûre rose et grise; Aspergillus niger et A. rosé.
Dans le laboratoire, aucun organisme ne se montra réfractaire au chlore, parce que l’on agissait dans des ballons hermétiques et dans de petits espaces, avec beaucoup de chlore. Il n’en fut pas de même dans des locaux habités, vastes el fermant bien.
L'humidité de l’air joue un rôle capital, probablement en favorisant l’oxydation. Lorsque l’air est saturé de vapeur d’eau, les organismes sont détruits, pourvu qu’une proportion de 0,3 p. 100 (en volume) de chlore agisse pendant trois heures, ou une de 0,04 p. 100 pendant vingt-quatre heures. Si l’air est sec, l’action esL à peu près nulle.
Quand on dégage du chlore dans un espace clos, au moyen de l’action de l’acide chlorhydrique sur le chlorure de chaux, on remarque qu’il est difficile d’obtenir tout le volume de chlore qu’indique la théorie. En outre, le gaz est lent à se diffuser; il y en a d’abord beaucoup plus à 1 m,50 de hauteur qu’à la voûte el au ras du sol que partout ailleurs ; c’est seulement au bout de quatre heures et demie qu il y en a autant à lm,50 qu’au niveau du sol.
Dans ces conditions, l’action parasiticide fut énergique vis-à-vis des objets humides, vis-à-vis des organismes bien exposés, mais non profonde ni constante. En revanche, des échantillons de fils, d’étoffes, de cuirs, etc., avaient été grandement impressionnés, surtout dans leur couleur. Ce procédé est inapplicable aux tapis, aux vêtements, aux objets métalliques. 11 est fort dangereux pour le personnel qui 1 emploie, à cause des accidents des voies respiratoires. Enfin, il serait assez coûteux ; 0 fr. 20 environ par mètre cube d’espace.
Les recherches sur le brome, calquées sur les précédentes, ont donné les mêmes résultats.
Arxolt.i», Hygiène. 2e édit.
<•98 LES ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
Le chlore gazeux (dégagé par 100 grammes de chlorure de chaux et 165 grammes d'acide chlorhydrique par mètre cube) a échoué entre les mains de Kubin, aussi bien dans le laboratoire que dans la désinfection de baraques de diphlhériliques, à l'hôpital Alexandre, de Saint-Pétersbourg.
lodo forme. — Préconisé, en 1881, par Mosetig von Moorhof, de Vienne,
1 iodoformo est essentiellement un antiseptique chirurgical. Les accidents d’empoisonnement qu’on lui a reprochés n’étaient dus qu’à la maladresse (Hassler) et ne 1 ont pas empêché de prendre une vogue immense, bien qu’il soit un parasiticide faible ou nul, sauf pour le vibrion du choléra; mais il dessèche la surface des plaies et les fait bourgeonner, ce qui ferme la porte aux germes (Itiedlin). Mosetig fait d’abord laver les plaies à l’eau pure; puis on emploie l’iodoforme :
1° En poudre fine, en couche mince sur les plaies ;
2° En crayons; les uns durs, préparés avec de la gomme ou du beurre de cacao ; les autres mous, à la gélatine. Pour être introduits dans les trajets ûstuleux, etc.
3° Incorporé à la gaze, à la dose de 30 à 50 p. 100.
Cette gaze est employée dans les plaies de la bouche, du vagin, du rectum; pour tenir les bords de la plaie écartés.
4° En émulsion à 10-50 p. 100, avec glycérine, eau, gomme adragante ; dans les plaies profondes, les abcès froids.
5° En solution :
Iodoforme
Benzol
Vaseline
Huile de gaulthérie
En injections dans les goitres parenchymateux. L’iodoforme (gaze) s’emploie aussi dans les brûlures.
Sulfate de cuivre. — En dehors des métaux nobles, dit Miquel, il n’en est pas qui puisse lutter avec le cuivre au point de vue de l’efficacité pour suspendre et prévenir la décomposition des matières organiques. — Le chlorure de cuivre arrête la putréfaction du bouillon, à la dose de 1 p. 1400; le sulfate, à 1 p. 1100. — Malheureusement, les solutions saturées de sulfate de cuivre sont impuissantes à détruire les spores des bacilles communs. Miquel conseille d’ajouter à la solution de sulfate de cuivre 2 p. 100 d’acide sulfurique ou azotique.
Pasteur a beaucoup contribué à donner un moment de vogue au sulfate de cuivre. Bouley, comme d’habitude, a renchéri sur le maître.
Le Dr Burq avait adopté le cuivre comme anticholérique et en fut le défenseur héroïque, quoique malheureux. Thuillier, en Égypte, se bouiTait de cuivre et est mort très rapidement du choléra.
Bochefontaine ( Gazelle hebdomad., 21 septembre 1S83) refroidit un peu cet enthousiasme. Les solutions de sulfate de cuivre à 1 p. 100 empêchaient le développement des vibrioniens, mais point celui des spores de mucédinées. Les solutions à 1 p. 1000 n’empêchaient rien du tout. Un lot de cobayes fut partagé en deux moitiés qui toutes deux furent rendues baclériémiques par le procédé de
1 gramme.
2 gouttes.
générale. | LA DÉFENSE CONTRE LES MICROORGANISMES. 499
Davaine. L’une de ces moitiés bactériémisées reçut du sulfate de cuivre en injections hypodermiques. Les uns moururent comme les autres.
Cependant Charpentier (Acad, méd., 4 mars 1884) a introduit le sulfate de cuivre en obstétrique. Se fondant sur les expériences de Pasteur et Chamberland et sur les siennes propres, il affirme que la solution de sulfate de cuivre au 1 00‘' est un antiseptique de premier ordre, qui peut rendre en obstétrique des services signalés et servir aux injections intravaginales ou intra-utérines.
Vallin ne prend pas en grande considération les objections de Hochefontaine et pense que, si le sulfate de cuivre n’est pas un antiseptique radical, il peut néanmoins servira quelque chose et jusqu’à un certain point. Il conseille de mêler à chaque selle de cholérique ou à chaque litre de matière liquide, une lasse à café de chlorure de chaux en poudre, ou bien un grand verre de solution (eau bleue) :
Sulfate de cuivre du commerce 50 grammes.
Eau simple 1 litre.
Les linges de corps ou de literie souillés par les déjections seront placés dans 20 litres d’eau, additionnés de 4 litres d’eau bleue.
Le sulfate de cuivre coûte 90 francs les 100 kilogrammes.
Sulfate de fer. — Désinfectant autrefois très vanté; réglementaire dans l’armée et à Paris pour la désinfection des latrines. Aujourd’hui, presque répudié par tous les hygiénistes et relégué parmi les « désodorisants ». Miquel ne le relève pas beaucoup en le classant dans les modérément antiseptiques.
Le sulfate de fer oxyde les matières organiques, qui le ramènent à l’état de sulfure; ce sulfure redevient lui-mème sulfate en reprenant de l’oxygène aux matières organiques peu stables. D’où le nom de désinfectant perpétuel, que lui donnait Kühlmann.
Virchow l’accusait d’augmenter d’abord la mauvaise odeur en se combinant avec l’ammoniaque et mettant en liberté les acides butyrique, valérianique, etc., qui étaient unis à cette base.
Le fer exerce, selon Frankland, une action destructive sur les bactéries. Lassaigne et de Gasparin avaient remarqué qu’il nuit à la végétation. Les cultivateurs du Nord refusaient les matières désinfectées par le sulfate de fer.
Le sulfate de fer a l’inconvénienl de noircir les objets.
On l’employait en solution de 180 à 2b0 grammes par litre, ou encore, 2k,500 de sulfate de fer, ou 10 litres de solution à 2b0 grammes par mètre cube de matière de fosse. Ou encore 15 à 25 litres de la solution à 180 grammes, qui était bien insuffisante, mais coûtait 5 centimes le litre.
V.dlin a constaté que 10 grammes de sulfate de fer dissous dans une petite quantité d’eau ne désodorisent pas 500 grammes de matière solide, en pleine fermentation.
Le sulfate de fer brut coûte de 9 à 15 centimes le kilogramme. Il est la base du procédé de désinfection des fosses avant la vidange.
Les acides azotique , sulfurique, salicylique, phonique, sulfureux. — Les acides sont presque toujours des antiseptiques, puisque les schizomycêtes redoutent les milieux acides. Il n’est pas certain que l’acide salicylique, les acides benzoïque et picrique, acides faibles, occupent un rang supérieur aux acides forts, azotique, sulfurique, chlorhydrique. Les premiers
500 LES ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
sont actifs cà la dose de 1 p. 1000. L’acide sulfurique à I p. 50, l’acide azotique à 1 p. 100 tuent, dans l’espace de quelques jours, les spores des bacilles les plus réfractaires. Vallin conseille de recevoir dans une solution semblable d’acide sulfurique les selles de typhoïsants. D’après les recherches de Kitasato (p. 502), la solution pourrait être bien moins forte.
Les fumigations nitriques de Carmichael Smith (1780), que l’on pratiquait en ajoutant du nilre pulvérisé à de l’acide sulfurique légèrement chauffé, semblent à Vallin n'avoir été autre chose que des vapeurs d'acide hypoazotique .
Aujourd’hui on se sert de l’acide hypoazotique, dégagé par l’action d’un mélange d’eau et d’acide azotique sur la tournure de cuivre. Quand cet acide a oxydé les matières organiques, il redevient bioxyde d’azote; mais celui-ci, à l’air, repasse à l’état d’acide hypoazotique. On place ordinairement la tournure de cuivre dans le mélange d’eau et d’acide azotique après avoir pris la précaution de l’envelopper dans du papier gris. On a soin également de commencer par la terrine la plus éloignée. Les vapeurs rutilantes sont très dangereuses à respirer. L’acide hypoazotique tue assez bien les bactéries et pénètre dans les coins et fissures; mais il est mortel aux linges, effets, métaux, meubles.
Gérard et Pabst ont proposé de le remplacer par l’acide nitro-sulf urique, ou vapeurs d’acide nitreux dissoutes dans l’acide sulfurique, que l’on recueille des chambres de plomb. Ou imprégnerait, par exemple, d’acide sulfurique nitreux une petite quantité de coke placé dans un appareil en grès et adapté au tuyau d’évent des latrines, etc. Ce moyen détruit surtout les gaz infects (par oxydation); ces gaz étant essentiellement des hydrocarbures.
On a encore conseillé Yélher nitreux ou azolite d’éthyle, qu’on obtient sans danger, à l’état de vapeurs agréables, en mélangeant 400 parties d’alcool et 100 parties d'acide azotique (Peyrusson, de Limoges). Vallin a contrôlé les effets de cet agent : il est bon antiseptique, mais assez peu désinfectant et rouille énergiquement les métaux. En somme, « la désinfection par l’éther azoteux ne paraît pas avoir d’avantages très marqués et reste au-dessous de ce que la théorie permettait d’en espérer.
L 'acide p/iénique ou carbolique , vanté en France par Déclat., avant que Lister en eût fait l’agent par excellence de l’antisepsie chirurgicale, est peu soluble dans l’eau, mais assez soluble dans l’alcool et dans l’huile. C’est un toxique incontestable, comme le prouvent les accidents qui se montraient autrefois dans les lavages de la plèvre avec l’eau phéniquée et ceux qui se présentent dans le traitement de la fièvre typhoïde par l’acide phénique en lavement (0gr,50 à 1 gramme par lavement, A à 6 fois par jour).
Lister a deux solutions ; l’une forte, à 5 p. 100; l’autre faible, à 2,5 p. 100. D’autre part, on pulvérise les solutions dans l’air autour des opérés (spray).
Les recherches de Perrin et Marty tendent à prouver que le spray ne purifie point de bactéries l’air des salles d’hôpital.
L’efficacité désinfectante de l’acide phénique n’a point paru élevée a Wernich, Sternberg, Gosselin, A. Bergeron, John Dougall, Parkes. Les solutions concentrées seules leur semblaient immobiliser les bactéries et les empêcher de se multiplier. Jalan de la Croix constate que, dans du jus de viande ensemencé de bactéries, celles qui ont pullulé ne sont tuées que par 1 sur 22 d’acide phénique. Pour que les germes contenus dans ce liquide
générale.] LA DÉFENSE CONTRE LES MICROORGANISMES.
deviennent incapables de se reproduire dans un milieu convenable, il faut la proporlion énorme de 1 d’acide pour 2,6 du mélange. « L acide phénique, dit John Dougall, est un antiseptique, mais non un désinfectant, il embaume la matière organique, la conserve, retarde la fermentation et la putréfaction; mais bientôt, en se volatilisant, il abandonne la matière infectieuse sur laquelle il était fixé et lui restitue toute son activité. »
Pourtant l’acide phénique ne bout qu’à 180° et ne se volatilise pas très facilement (Scbotte et Gartner).
Les essais de Baxter, J. Dougall, Dreyer, Davaine, sur les virus vaccin et charbonneux ont montré que l’acide phénique ne détruit ces virus qu à forte dose.
Les auteurs, toutefois, ne sont pas d’accord sur les proportions sous lesquelles il arrête la croissance des bactéries. Koch porte ces proportions à I sur 830. tandis que BatimotTles restreint à 1 sur 400 et Miquel à 1 sur 313.
Quant aux proportions sous lesquelles il tue les microorganismes, Gartner et Plagge les fixent à 3 p. 100, avec 8 secondes d’application, pour tous les parasites mentionnés à la page 494; les microbes de l’ostéomyélite et de la méningite exigent 30 à 43 secondes avec la solution à 2 p.100. A 1 p. 100, l’acide phénique n’agit rapidement que sur les bacilles de la morve et ceux du charbon. Les solutions aqueuses à 5 p. 100 détruisent en quelques jours (Flügge) les formes résistantes. Les bactéries asporées sont tuées par des solutions à 3 p. 100 après un temps très court. L’acide phénique, n’étant pas coagulant, est plus propre que le sublimé à désinfecter, par exemple, les crachats de phtisiques.
Lu ce qui concerne l’action des vapeurs d’acide phénique, Schotte et Gartner ont montré que les bactéries de liquides contenus dans des vases largement ouverts, placés à 2 mètres au moins du sol, n’étaient détruites que par la volatilisation rapide (300 grammes en 23 minutes) de 7sr,30 d’acide phénique par mètre cube; quand la volatilisation se faisait plus lentement, la destruction était moins certaine. — La désinfection réussit mieux quand les tissus exposés sont humides. —A ce taux, une petite salle de huit malades, mesurant 300 mètres cubes, dépenserait4kil,500 d’acide phénique.
Acide sulfureux. — Ce désinfectant a eu un moment de très grande vogue et a même été, si l’on peut dire, le désinfectant officiel , grâce aux éludes de Yallin et au patronage de Dujardin-Beaumetz. En fait, il détruit une bonne part des microorganismes développés, sinon leurs spores, quand on a soin de le faire agir dans des espaces bien clos après humectation de l’atmosphère. Personnellement, il nous a semblé, au temps où la sulfuration des locaux suspects était encore usuelle dans l’armée, que cette pratique ne coupait pas court brusquement aux épidémies de scarlatine, de rougeole, de fièvre typhoïde, mais qu’elle retardait la réapparition des cas et les rendait plus rares.
On brûle de 23 à 30 grammes de soufre par mètre cube dans le local à désinlecler, en ayant soin d’en arroser d’eau le sol au préalable et d’en obturer exactement tous les joints et les fissures. On peut y laisser les linges, effets, literies, mais aucun tissu coloré ni aucun objet de métal.
302 LES ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
En réalité, il est assez difficile de faire brûler tout le soufre et, rien que par la porosité des plafonds et des murailles, il se perd de 40 à (J0 p. 100 de l’acide sulfureux produit. Les tissus sont attaqués très inégalement et, là où ils le sont avec énergie, ils sont hors de service. Depuis les recherches de Wolffhügel (1881), cet agent a beaucoup perdu de sa réputation. — « L’acide sulfureux, môme à la dose presque inapplicable de 10 vol. sur 100, est un moyen incertain de destruction des spores; l’humectation ne suffit môme pas à assurer le succès... »
Miquel n’a pu réussir à détruire la vie des germes contenus dans la poussière en faisant brûler du soufre jusqu’à extinction dans un vase de verre hermétiquement clos, môme après un contact de 20 jours.
Chaux. — Dans ces derniers temps, Liborius a fait connaître des résultats intéressants sur l’action désinfectante de la chaux, substance qui est vulgairement employée depuis si longtemps pour le traitement des matières putrides et spécialement des eaux d’égout. L’auteur emploie une solution de chaux à 0,123 et jusqu’à 0,134 p. 100. Si l’on mélange 30 centimètres cubes de cette eau de chaux à 23 centimètres cubes de bouillon putréfié, le dépôt qui s’est formé au bout de vingt-quatre heures n’est plus capable d’ensemencer la gélatine. Les bacilles typhiques sont rapidement tués par une proportion de 0,0074 de chaux. Pour détruire les bacilles du choléra, il faut faire agir pendant six heures 100 centimètres cubes d’eau de chaux sur 400 centimètres cubes de culture.
La chaux vive, dont le prix est, du reste, minime, serait un excellent désinfectant de la fièvre typhoïde et du choléra, au dire de S. Kitasato. Cet auteur n’a pas obtenu des résultats aussi brillants que Liborius, parce qu’il a expérimenté sur des bouillons non dilués; néanmoins, la chaux, après quatre à cinq heures d’action, a détruit les bacilles typhiques à la dose de 0,0966 p. 100 et les spirilles du choléra à 0,1004 p. 100. La potasse, la soude, l' ammoniaque , la baryte et leurs sels n’agissent qu’à des doses plus fortes ou beaucoup plus fortes. On ne peut lui comparer que le plus efficace de tous les acides, Y acide sulfurique^ qui tue le bacille typhique à 0,08 p. 100 et la spirille du choléra à 0,049 p. 100.
Naphtol. — Ch. Bouchard et Maximowitch annoncent, en ce moment même, les propriétés désinfectantes très élevées (aux doses de quelques dix-millièmes) des naphtols p et surtout a.
Applications. — Les applications essentielles, et cela constitue un faisceau énorme, de nos connaissances à l’égard des antiseptiques et des désinfectants, se résument en la prophylaxie des maladies infectieuses, en tant que l’on mettra d’abord à part et sur un plan supérieur l’hygiène commune, visant à la pureté des milieux et à l’élévation de la vitalité humaine, et les méthodes de vaccination, dont la vaccine de Jenner est jusqu aujourd hui la seule réalisation parfaite chez l’homme.
Les quarantaines et Yisolemenl , dont nous nous occuperons plus loin, sont déjà de l’antisepsie. A la vérité, c’est une antisepsie ruineuse, éminemment difficile à rendre complète et qui tend à se démoder.
générale.] LÀ DÉFENSE CONTEE LES MICROORGANISMES. SOS
Nous n’indiquerons ici, sommairement, que les mesures à prendre lorsqu’une maladie infectieuse existe et qu’il s’agit de l’empêcher de se répandre. Ces mesures, comme on doit le prévoir d’après les propriétés que nous avons reconnues aux microorganismes pathogènes, varient quelquelois, mais ont cependant des caractères généraux.
Mesures générales. — Elles s’adressent aux excrétions du malade qui renferment les agents infectieux et, par suite, à tous les objets qu’elles auront pu souiller, linges, literie, etc. 11 est presque toujours salutaire de conserver ces excrétions à l’état humide et de plonger dans une eau, désinfectante ou non, les linges provenant du malade, lesquels se dessèchent vite à la chaleur d’un fébricitant; au moins, aucun microbe ne s’en détache dans l’air, tant que les surfaces sont mouillées. Flügge pense que celte précaution est inutile dans le choléra; nous la prendrions néanmoins. On devra imperméabiliser toutes les surfaces d’absorption, obturer tous les réservoirs de bactéries, protéger les parquets et les murs que l’on ne pourrait rendre imperméables et les laver au sublimé ou à l’acide phénique. On coule très bien une solution désinfectante dans les entrevous, par les Assures du plancher, au moyen d’un arrosoir de petit calibre. L’entourage doit observer la plus stricte propreté, user souvent des lotions au sublimé ou à l’acide phénique, ne pas porter au dehors les vêtements sous lesquels il aura séjourné près du malade ; bref, ne transporter dans aucun autre point de l’habitation ni au dehors les contages qu’il aura pu recueillir du patient.
Il est élémentaire d’écarter les individus en puissance de la réceptivité naturelle ou acquise. Les jeunes gens n’ayant pas eu la lièvre typhoïde ne resteront pas autour d’un typhoïsant, les individus atteints de diarrhée ne seront pas admis à. soigner les cholériques.
Mesures spéciales. — Dans les exanthèmes aigus, la ventilation dilue les germes spéciûques que le malade répand dans la pièce; il est prudent, en outre, de fixer ces germes en humectant la peau du patient avec un corps gras. Lorsque les microbes spécifiques sont dans les déjections intestinales, les précautions doivent tendre particulièrement à les détourner de l’eau de boisson et de toute matière alimentaire, sans préjudice de celles que l’on prendra pour que rien de ces déjections ne se dessèche sur un point de l’habitation ou de ses dépendances.
Les matières excrémentilielles sont justiciables de l’acide phénique (à 5 p. 100), qui ne coagule point; seulement il faut laisser le contact se prolonger vingt-quatre heures. On pourrait se servir de l’acide chlorhydrique fumant. Chaque déjection doit être traitée isolément; les vases doivent être rincés avec les mêmes solutions. Le corps du malade, dans les points où il est souillé de ses déjections, sera lotionné à la solution phéniquée ou à celle de bichlorure. C’est encore l’acide phénique que l’on emploiera, de préférence au sublimé, pour traiter les crachats et les matières purulentes.
Les linges de corps, de lit, à pansement, la literie, les couvertures, les vêtements de drap, les rideaux, les tapis, etc., sont désinfectés par la chaleur humide, en d’autres termes dans les étuves à vapeur. On est obligé de se borner aux lotions phéniquées ou hydrargyriques pour le cuir, le caout-
504 LUS ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
chouc, le cadre des sommiers, les bois de lit, les meubles, le parquet. La solution faible d’acide phénique est employée pour nettoyer le siège, la cuvette, le tuyau de chute des latrines; l’acide chlorhydrique pour désinfecter les fosses mobiles et les fosses fixes de petites dimensions. 11 faut renoncer à désinfecter les grandes (Flügge).
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«06 LES ORGANISMES INFÉRIEURS. [Hygiène
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