INTRODUCTION
La Botanique (1) ( Botanica, Hes herbaria ) est cette partie de l'histoire naturelle qui a pour objet l'étude des végétaux.
Elle nous apprend à les connaître , à les distinguer et à les classer.
Cette science ne consiste pas , comme on l'a cru longtemps, dans la connaissance pure et simple du nom donné aux différentes plantes ; mais elle s'occupe aussi des lois qui président à leur organisation générale, de la forme , des fonctions de leurs organes , et des rapports qui les unissent les uns avec les autres.
La Botanique, envisagée par rapport à ses applications les plus importantes, nous fait également connaître les vertus salutaires ou malfaisantes dont sont douées les plantes, et les avantages que nous pouvons en retirer dans l'économie domestique , les arts ou la thérapeutique.
Une science aussi vaste a dù nécessairement être partagée en plusieurs branches distinctes , afin d'en faciliter l'étude ; c'est ce qui a eu lieu en effet.
1° Ainsi l'on nomme Botanique proprement dite soit l'ensemble de la science, soit cette partie qui considère les végétaux d'une manière générale et comme des êtres distincts les uns des autres, qu'il faut connaître, décrire et classer. Cette branche de la science des végétaux se divise ellemême en :
Glossologie (2), ou connaissance des
(1) Dérivé de Botsxv/î, herbe, plante.
1 3) Dérivé de y)c7?x, mol, langue ou langage, el de *v/of, discours.
termes propres à désigner les différents organes des plantes, et leurs nombreuses modifications ; celte partie forme la langue de la Botanique , langue dont l'élude est extrêmement importante, et avec laquelle on doit commencer par se bien familiariser.
Taxonomie (3), ou application des lois générales de la classification au règne végétal. Ici se rapportent les différentes classifications proposées pour disposer méthodiquement les plantes.
Phytographie (4), ou art de décrire les plantes.
2° La seconde branche de la Botanique porte le nom de Physique végétale , ou de Botanique organique. C'est elle qui considère les végétaux comme des êtres organisés et vivants, qui nous décèle leur structure intérieure, le mode d'action propre à chacun de leurs organes, et les altérations qu'ils peuvent éprouver , soit dans leur structure, soit dans leurs fonctions. De là trois divisions secondaires dans la Physique végétale , savoir :
UOrganographie (5), ou la description des organes , de leur forme, de leur position , de leur structure et de leurs con nexions.
La Physiologie végétale, ou l'élude des
(3) De r«f ««, ordre , méthode, el de vo/tot, loi, règle; c'est-à-dire, règle* de la classification.
(4) De f utov, plante, el de yfafû», j'écri* oà je décrit; ce«t-à-dire, art de décrire le* plante*.
(5) Dérivé de opyavov, organe, cl de y/saj w, je décrit; c'est-à-dire , description des organes. Cette partie est aussi appelée Terminologie , nom impropre , puisqu'il est composé d'un mot latin et d'un mot grec.
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fonctions propres à chacun des organes.
La Pathologie végétale , qui nous enseigne les diverses altérations ou maladies qui peuvent affecter les végétaux.
3° Enfin on a donné le nom de Botanique appliquée à cette troisième branche de la Botanique générale qui s'occupe des rapports existants entre l'homme et les végétaux. Elle se subdivise en Botanique agricole , ou application de la connaissance des végétaux à la culture et à l'amélioration du sol ; en Botanique médicale, ou application des connaissances botaniques à la détermination des végétaux qui peuvent servir de médicaments, et dont le médecin peut tirer avantage dans le traitement des maladies; en Botanique économique et industrielle, ou celle qui a pour objet défaire connaître l'utilité des plantes dans les arts ou l'économie domestique.
La Botanique étant la science qui a pour objet l'étude des végétaux , nous devons nous occuper d'abord de donner une idée générale et succincte des êtres auxquels on a réservé ce nom .
Les Végétaux (en latin Vegetabilia , plantœ , et en grec Borate, ) sont des êtres organisés et vivants , privés de sensibilité et de mouvement volontaire (l),mais
(1) Les végétaux sont dépourvus de mouvement volontaire ; mais quelques-uns cependant exécutent une sorte de locomotion ou de déplacement bien sensible. Tels sont, par exemple, les orchis,le colchique. En effet, la racine de la plupart des orebis offre deux tubercules charnus, situés l'un à coté de l'autre , à la base de la tige. L'un de ces tubercules, après avoir donné naissance à la tige, dont il contenait le germe dans son intérieur , se fane, se resserre sur lui-même , et finit par se détruire ; mais à mesure qu'il tend à disparaître , il s'en développe un troisième auprès de celui qui renferme encore le rudiment de la lige de l'année suivante, cl remplace le premier, lorsque celui-ci vient à tomber. Ce développement d'un nouveau tubercule ayant lieu chaque année sur l'uu des cotés et à quelque distance de ccux'qui existent , on conçoit que, chaque fois qu'une nouvelle tige se développe , clic se trouve éloignée d'un certain espace de terrain de celle qui l'a précédée. Le même phénomène a lieu dans le colchique , avec celte différence que son bulbe Und continuellement à s'enfoncer de plus eu plut.
jouissant de l'excitabilité qui fait le caractère spécial de tous les êtres organisés.
C'est par cette propriété , en vertu de laquelle s'exécutent les fonctions dont l'ensemble constitue la vie, que les êtres organisés résistent à l'action des causes extérieures qui tendent continuellement à les détruire.
Il est extrêmement difficile de tracer nettement la ligne de démarcation qui sépare 1rs végétaux des animaux. Linnée, dans son style aphoristique , a dit : Les minéraux croissent ; les végétaux croissent et rivent > et les animaux croissent , vivent et sentent. Cette distinction, qui est en effet bien tranchée, quand on compare le cristal de roche à un chêne, et celui-ci à un homme, finit par disparaître insensiblement, lorsque l'on examine comparativement les êtres qui occupent les derniers degrés de ces trois grandes séries. En effet il est bien difficile de dire en quoi diffèrent essentiellement certaines espèces de polypes d'avec quelques algues ; car le caractère essentiel que l'on attribue aux animaux, la sensibilité, ou la conscience de leurexistence et la faculté de se mouvoir, s'affaiblit, et finit même par disparaître entièrement dans les dernières classes du règne animal.
Quant à la transformation de certaines espèces de plantes en animaux et vice versâ, sur laquelle plusieurs auteurs ont insisté, afin de faire disparaître les différences admises entre les règnes végétal et animal , elle paraît être, suivant plusieurs observateurs, le résultat de faits mal observés.
Cependant, si l'on néglige un instantles faits qui servent ainsi d'intermédiaire et de passage entre les deux grandes divisions des êtres organisés, on parvient à trouver des différences assez marquées entre les animaux et les végétaux. C'est ainsi , par exemple, que chez les premiers, qui sont doués de la faculté de se mouvoir, il existe un système de fibres contractiles, dont l'état de relâchement ou de tension détermine