SECTION II
ORGANISATION DE LA TIOK DES MONOOOTYliOOMS.
Le stipe des Palmiers, et en général la tige do toutes les autres plantes monocolylëdones arbores* cenlcs, offre une organisation tout-à-fait différente de celle des végétaux dicotjlédons.
M. Desfontainesa, le premier, confirmé la grande division des végétaux phanérogames en monocotylélons et en dicotylédons, en nous faisant mieux connaître, par une dissertation insérée dans le premier volume des Mémoires de l'Institut, la véritable organisation des liges monocotylédones, et les différences qui la distinguent de celle des dicotylédones.
En général , la lige des monocotylédons est cylindrique, plus élancée, plus simple que celle des arbres à deux cotylédons. Très-rarement elle se divise en rameaux, comme celle que nous venons d'étudier précédemment.
Le stipe d'un arbre monocotyledoné , d'an palmier, par exemple, coupé en travers, ne présente pas, comme le tronc d'un chêne, d'un orme ou de tout autro arbre de nos forêts, un aspect régulier et symétrique de zones circulaires de bois, d'aubier, de liber et d'écorce, toujours disposées dans le même ordre; un canal médullaire occupant constamment la partie centrale de la lige. Ici, toutes ces parties semblent réunies, ou plutôt confondues les unes avec les autres. La moelle remplit toute l'épaisseur de la tige (pl. l.fig. 10); le bois, disposé par faisceaux longitudinaux, se trouve en quclqucsorte perdu, clcomme dispersé sans ordre au milieu de la substance médullaire. L'écorco n'existe pas toujours, et quand elle ne manque pas, elle est si peu distincte des autres parties de la tige, qu'on pourrait croire également qu'elles n'en sont pas recouvertes. Dans tous les cas, elle n'offre pas celte structure par lames ou feuillets superposes, ces couches corticales, dont nous avons constaté l'existence dans lesarbres dicolylédonés. Chez ces derniers, la partie la plus dure est celle qui se rapproche le plus du centre de la tige, parce qu'elle est formée des couches ligneuses les plus anciennes. Le contraire a lieu dans les arbres monocotylédones, où la partie la plus voisine de la circonférence se trouve avoir la solidité la plus grande. Dans les premiers, en effet, les couches les plus anciennes sonl au centre ; elles occupent au contraire la circonférence dans les seconds. C'est ce que l'on concevra facilement tout à l'heure, quand nous aurons exposé le mode particulier suivant lequel se forme et s'accroît la tige des mouocotylédons. Les faisceaux ligneux de la tige, qui se réunissent fréquemment ensemble par leurs parties latérales, de manière à former un réseau plus ou moins régulier, sont, comme dans les dicotjlédons, accompagnés de vaisseaux poreux , de trachées êt de fausses trachées.
Ainsi donc les arbres monocotylédons se distinguent des arbres dicotylédons, non-seulement par la structure de leur embryon , mais encore par celle de leur tige. En effet, leur stipe , qui est en général simple et cylindrique, n'offre point, comme le tronc des chênes et des ormes, des couches de bois emboîtées les unes dans les autres, et disposées régulièrement autour d'un canal central renfermant la moelle ; mais la moelle forme , en quelque sorte, toute l'épaisseur de leur tronc , et les fibres ligneuses, au lieu d'être réunies et rapprochées les unes contre les antres, sont écartées, isolées , el leurs faisceaux épars au milieu de la substance spongieuse de la moelle. En traitant , dans la cinquième section , de l'accroissement el du développement des tiges , nous espérons prouver que l'organe ainsi nommé dans les monocotylédons ligneux, et spécialement dans les palmiers, les Dracœtia, Yucca, etc., n'est pas une véritable lige, mais un organe lout-à-fail différent.