DE L'ORGANISATION DE LA RACINE
Maintenant que la structure intérieure des diverses espèces de tiges nous est connue , il nous sera plus facile d'étudier comparativement celle que présentent les racines.
Tontes les racines sont généralement organisées comme les tiges. Ainsi , dans les arbres dicotylédons, la coupe transversale de la racine offre des zones concentriques de bois disposées circulairement et emboîtées les unes dans les autres. On a dit qnc le caractère vraiment distinctif enlre la
lige et la racine , c'est que cette dernière est dépourvue de canal médullaire , et par conséquent de moelle; tandis qu'au contraire nous savons que cet organe existe constamment dans les arbres dicotvlédons. Il suit de là nécessairement que les insertions médullaires manquent aussi dans les racines.
Cependant cette différence nous parait de peu d'importance , et même lout-à-fait contraire aux faits. D'ailleurs, nous avons trouvé dans un grand nombre de végétaux que le canal médullaire de la tige se prolonge sans aucune interruption dans le corps de la racine. Si, par exemple, on fend longitudinalement la tige et la racine d'un jeune marronnier d'Inde d'un à deux ans , on verra le canal médullaire de la tige s'étendre jusqu'à la partie la plus inférieure de la racine. Il en sera de même si l'on examine une jeune planlule de sjcomore ou d'érable plane. Mais trés-fiéquemroent ce canal , qui était très-manifeste dans la plante peu de temps après sa germination , finit par diminuer, et même disparaître insensiblement par les progrès de la végétation , en sorte qu'on ne le retrouve plus dans les plantes adultes, chez lesquelles il a d'abord existé. 11 résultede là qu'on ne peut donner comme un caractère anatomique distinctif entre la tige et la racine le manque de canal médullaire dans cette dernière, puisqu'il existe presque constamment dans la radicule de la graine germante, et souvent dans la racine d'un grand nombre de végétaux, long-temps après celte première époque de leur vie. Cependant les racines pivotantes ne l'offrent jamais dans leurs ramifications, même dans celles qui sont les plus grosses.
Jusqu'en ces derniers temps , on avait donné comme caractère distinctif entre la structure anatomique de la racine et celle de la tige le manque de vaisseaux trachées dans ce premier organe; cependant deux des savants qui, en Allemagne, se sont occupés de l'anatomie végétale avec le plus de succès, MM. Link et Tréviranus , sont parvenus à trouver ces vaisseaux dans la racine de quelques plantes. Plus récemment encore M. Araici a découvert des trachées dans les racines de phisieurs plantes, et entre autres de l'agapanthus umbeltatus et du crinum erubetems.
La différence qne nous avons vu exister dans l'organisation du tronc des dicotvlédons et du stipe des monocotylédons, se remarque également dans leurs racines. En effet , jamais dans les plantes monocotylédones on ne trouve de pivot faisant suite à la lige. Cette disposition est une conséquence du mode de développement de la graine, à l'époque de la germination , puisque, comme nous In verrons plus en détail en traitant de cette fonction, la radicule centrale et principal» se détruit toujours peu de temps après la germination.
Il existe encore une autre différence très-remarquable entre les racines et les tiges. Ces der-
nières, en général, s'accroissent en hauteur par tous les points de leur étendue, tandis que les racines ne s'alongeut que par leur extrémité seulement. C'est ce qui a été prouvé par les expériences dq Duhamel. Que l'on fasse à une jeune lige, au moment de son développement, de petilesmarqucs éloignées les unes des autres, d'un pouce, par exemple, et l'on verra, lorsque l'accroissement sera terminé, que les espaces situés entre ces marques se sont considérablement augmentés. Que l'on répète la même expérience sur des racines , et l'on se convaincra que, ces espaces restant les mêmes , tandis que la racine s'est alongéc, l'augmentation en longueur a eu lieu par son extrémité seulement.