Une graine
Arbre qui crott dans l'Inde, et surtout à Ccylan et au : les graines ; lo principe al-
Caractères botaniques. Tronc d'une moyenne , rameaux opposés ; feuilles entières, ovales , lisses , à pétioles courts ; fleurs petites, blanches , en petits corymbes à l'extrémité des rameaux ; cor. tubuleuse, à 5 dir.; étam. libres et distinctes; ovaire simple, umloculairc; fruits ovoïdes, de la grosseur d'une orange,
Propriétés physiques. Ces graines sont ronde», aplaties, ombiliquées sur une de leurs faces , larges de 6 à 8 lignes, dures, comme cornées, ordinairement blanches et demi-transparentes à l'intérieur , quelquefois cepen dant noires et opaques , recouvertes de poils très-courts et très-serrés , ce qui leur donne un aspect velouté , d'une couleur brune claire, et d'une saveur extrêmement amère et désagréable.
Propriétés chimiques. D'après Pelletier et Cavcntou, la noix vomique contient de la Strychnine et de la lirucine, combinées avec un acide particulier, que ces chiraUles ont nommé Igasurique, une matière colorante jaune, une huile concrète, de la gomme , de l'amidon , un peu de cire, de la bassorine et du ligneux. La strychnine s'y trouve dans la proportion de 1/250 environ. Les principes actifs sont peu solubles dans l'eau, mais se dissolvent très-bien dans l'alcool. Soumise à l'action de l'acide nitrique, cette dissolution prend une couleur rouge -orangé.
Usages. Celle substance agit avec une énergie extrême sur le corps vivant. A la dose de quelques grains , elle donne lieu à des contractions spasmodiques très-violentes, à de véritables accès de tétanos qui sont séparés par des intervalles de relâchement plus ou moins longs , et qu'on peut reproduire à volonté en touchant légèrement l'animal. Si la quantité est uu peu considérable , elle donne la mort, soit par asphyxie, en empêchant les muscles inspirateurs de faire leurs fonctions , soit comme le pense Ségalas, en agissant d'une manière particulière sur le système nerveux. La noix vomique parait porter son action sur la moelle épinière seulement, car la section de cet organe derrière l'occiput , et même la décapitation, n'empêchent pas les effets que nous avons indiqués d'avoir lieu et de se continuer pendant quelque temps. On a profité de l'action énergique de ce médicament sur le cordon racfaidien, pour combattre certaines paralysies indépendantes d une lésion du cerveau , la contracture et l'atrophie des membres, certaines amauroses, etc. Il est digne de remarque que les contractions spasmodiques produites par cette substance se font sentir, de préférence, dans les parties paralysées.
La Strychnine est une substance alcaline végétale , découverte par Pelletier et Cavenlou dans la fève de Saint-Ignace et la noix vomiqoe.
Propriétés physiques. Elle est en poudre blanche,
composée do cristaux presque microscopiques, prismatiques, transparents, inodores , d'une saveur excessivement amère et inaltérables à l'air.
Propriétés chimiques. D'après Pelletier et Dumas, la strychnine est composée de : carbone 78,22; azote, 8,92 ; hydrogène 6,54, et oxigène 6,38. Elle est presque inso lubie dans l'eau froide et dans l'élhcr ; elle se dissout dans 2500 d'eau bouillante , et elle est très-soluble dans l'alcool et les huiles volatiles ; chauffée, elle fond lorsqu'elle est pure, puis noircit et se décompose. Elle jouit des propriétés alcalines, se combine avec les acides affaiblis, cl forme des sels neutres- Avec l'acide nitrique elle prend une couleur rouge très-foncée, lorsqu'elle contient de la brucinc, ce qui est fréquent , car il est difficile de l'en séparer.
Préparations. On traite la noix vomique par l'eau bouillante, et on évapore jusqu'à consistance de sirop ; puis on ajoute de la chaux qui se combine avec l'acide igasurique, et laisse la strychnine à nu. On la sépare au moyen de l'alcool , et on la purifie par des cristallisations successives.
Usages. L'action de cet alcali est semblable à celle des substances dont on l'exlrait ; seulement elle est beaucoup plus énergique. On peut l'employer dans les mê-
Arbre très-voisin du précédent, qui croit aux Iles Philippines. Parties usitées : les graines.
Caractères botaniques. Tronc assez élevé ; feuilles presque scssiles , ovales ; fleurs blanches, d'une odeur agréable, en petites grappes à l'aisselle des feuilles ; fruit ovotde, de la grosseur d'une poire, contenant de 15 à 20 graines.
Propriétés physiques. Ces graines sont grosses comme des olives , arrondies et convexes d'un coté , anguleuses de l'autre, u*uno couleur brun pale à l'extérieur , d'un brun verdâlre à l'intérieur : leur substance est dure , compacte et comme cornée , leur odeur nulle , et leur saveur excessivement amère.
Propriétés chimiques. Les principes constituants sont les mêmes que ceux de la noix vomique , mais en proportions différentes. La strychnine entre dans leur composition pour environ 0,012, cl il s'y trouve moins de brucinc.
Usaces. Les mêmes que ceux de la substance précédente ; elle est seulement plus énergique encore. Elle est assez rare dans le commerce et peu employée.
Le Bois db couleuvrée , fourni par le Strychnos colubrina , L., et I'Upas tieuté , un des plus violents poisons du règno végétal , qui provient aussi d'un Strychnos qui croit à Java , doivent leurs propriétés délétères a la strychnine qu'ils contiennent en grande
Le Codaoa-pala est l'écorce du Nerium anttdysenterlcum, L., Wtiyhtia antidysenterica, 11. Brown. Celte substance est en plaques un peu roulées , rougcâlrc» à l'intérieur, rugueuses en dehors, d'une saveur amère et
âcre. Elle est très-employée dans le» Inde», pour le traitement de la dysenterie.
La racine du Domptb-vbnin, Asclep1a$-vtncetoxicum, L., est blanche, d'une odeur forte, et d'une saveur âcre, quand elle est fraîche. Ces propriétés s'affaiblissent par la dessiccalion. Elle contient, d'après Fenenllc , une matière qui provoque le vomissement et différente de l'éméiiquc, de la résine , du mucilage, de la fécule, une huile grasse, une huile volatile, du ligneux et desmalates de potasse et de chaux. Cette substance, si vantée autrefois comme alexfpharmaque , irrite vivement l'estomac et les intestins, er produit souvent des vomissements et des évacuations alvincs. A petites doses, elle parait agir comme diaphonique. On l'administre en décoction. Elle entre dans la composition de quelques préparations officinales.
La racine de 1"Ascl£piadb TunÉREtisE, Asctepfat tuberota, L., plante très-voisine de la précédente, et qui croît aux Étals-Unis d Amérique, jouit d'une très-grande réputation , parmi les habitants de ce pays, comme sudorifique, et ils l'emploient communément dans les catarrhes , les rhumatismes et surtout la pleurésie. Au rapport du professeur Chapman , celte substance parait posséder en effet des propriétés diaphoniques trèsénergiques, et elle est d'autant plus remarquable, dit-il, qu'elle produit son action sans augmenter beaucoup la force du pouls, et sans causer ni malaise ni agitation.
La Faussb scamnoxéb ou Scammonkb h Montpellier, provient du Cynanehum mompeUacum, L., petit arbuste qui croit en abondance aux environs de Montpellier. Elle est en morceaux aplatis, presque noirs, trèsdurs, compactes, d'une cassure terne et d'une odeur qui n'a rien de désagréable.
Le Cynanoobipécacoakha, Cytianchum fpecacuanha, Rich., Cynakqce tomkntbix, Cynanehum tomentosum, L., VAscUpias curastavka , L. , le Perfploca emelica , Retz , etc., sont employés comme succédanés de l'ipécacuanha dans les pays où ils croissent : ils sont inusités en France , et sont connus sous le nom de faux ipicacuanhas.
La Scammoséi dbSnvrnb est fournie par le Periploca sacamone, L., arbuste sarmenteux qui croit aux mêmes lieux que le Convolvulus tcammonia. Elle est plus pesante, moins fragile, d'une couleur plus foncée et d'une odeur plus désagréable que la précédente. Elle ne contient que 29 pour cent de résine purgative; le reste consiste en matière gommeusc et en impuretés. Elle est en conséquence beaucoup moins active est moins estimée que la scammonée d'Alcp.
SOIXANTE-DIXIEME r A MILLE.
sapotkes. Sapoteœ. Jiiss.
Arbres ou arbrisseaux tous exotiques , et croissant pour la plupart sous les tropiques. Leurs feuil-
les «ont alternes , très-entières , persistantes, coriaces ; leurs fleurs hermaphrodites et axillaires. Elles ont nn calice persistant et monosépale; une corolle monopétale , régulière , dont les lobes sont en nombre égal , double on triple de ceux du calice. Les étamines sont en nombre défini : les unes sont fertiles , en même nombre que les lobes du calice, et opposées aux pétales, les autres, stériles , sont altt mes avec les précédentes. L'ovaire esta plusieurs loges, contenant chacune un ovule dresse. Le style se termine en général par un stigmate simple , quelquefois lobé. Le fruit est charnu, à une ou plusieurs loges monospermes, quelquefois osseuses. L'embryon est dresse, contenu dans un endosperme charnu qui manque rarement.
Les genres de celte famille sont : Achras, Mhnutopt, SMeroxylon,Imbticaria, Lucuma,e\c Elle a de grands rapports avec les Ébénacées , qui en diffèrent par leur» fleurs généralement unisexuées , leurs étamines disposées sur deux rangs , leur style divise* , et leurs graines pendantes.
PL. XXV. Fig. 269. Fleur détachée du Sapoticr , Achras tapota.