‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 139 sur 259 · Une graine · texte numérisé non relu

Une graine

Gentiane jauxr. Gentiana lutta. L.

Plante vivace, Indigène, qui habile les monlagne»; elle croit très-abondamment en Auvergne, dans les Vosges, les Pyrénées , les Alpes. ParWei usttéet : la racine.

Caractères botaniques. Racine perpendiculaire, rameuse ; tige droite de 2 à 3 pieds de haut ; feuilles embrassantes , ovales, d'un vert clair, 5à7nervurcs; fleurs jaunes en épi ; cor. régulière, rosacée: étam. alternes avec les lobes de la cor. ; anthères droites ; 2 stigmates; point de styles; ovaire et capsule fusifornies , uniloculaires ; fruits plats et membraneux sur les bords.

Propriétés pbysiqcbs. La racloo de gentiane est alongée , de la grosseur du pouce , rugueuse , anneléc , brune à l'extérieur, d'un jauno vif et d'une texture spongieuse à l'intérieur , d'une odeur un peu nauséeuso et d'une saveur très-amere , mais franche et non astringente.

Propriétés cbimiqura. Elle contient , d'après Henry et Cavcnlou , un principe amer particulier , qu'ils ont nommé Gtntianln , une matière oléo-résineuse trèsanalogue à la glu , une huile verdâlre, du sucre incristallisablo, de la gomme, une matière colorante jaune, et enfin du ligneux. L'eau , l'alcool et l'élber peuvent dissoudre les parties actives de cette racine.

Csages. La gentiane est, sans contredit, le plus puissant et le plus usité de tous les amers indigènes que possède la matière médicale. Comme la substance précédente, elle exerce sur l'économie une action franchement tonique ; cependant le principe volatil et odorant que contient la plante fraîche , et dont on ne retrouve que des traces lorsqu'elle est desséchée , parait agir sur le système nerveux , et provoque , selon Planche , des nausées , des vomissements et une sorte d'ivresse assez persistante. On l'administre très-communément cl avec le plus grand succès, dans tous les cas qui nécessitent l'emploi de la médication tonique, cl entre autres dans les dyspepsies , les diarrhées séreuses entretenues par l'atonie de l'appareil digestif : elle convient encore daus quelques cas d'inflammation chronique de la membrane muqueuse des intestins , lorsque cette altération dépend de la faiblesse des tissus. On l'emploie journellement dans les affections scrofulcuses , certains cas de goutte, la jaunisse dépendante de la faiblesse de l'appareil biliaire, la chlorose, l'hystérie, etc. On la donne encore , seule ou unie à d'autres substances ioniques et astringentes, dans les fièvres intermittentes , et l'ou assure en avoir obtenu de très-bons effets ; mais elle est loin d'être aussi sûrement efficace que le quinquina ou ses principes actifs.

Erythbob pbtitb centaurée. Eryfroja centaurlum, Ricb.

Plante annuelle, indigène , qui croit abondamment

Caractères botaniques. Tige herbacéo, un peu quadrangulaire , haute d'environ un pied ; feuilles ovales , aiguës , sessiles ; fleurs roses en corymbes au sommet de la lige; cal. cylindrique à 5 div.; cor. infundibuliforme, k 5 div. profondes; anthères roulées en spirales; I style bifurqué, portant 2 stigmates ; ovaire aloogé , uniloculaire et polysperme; fruit : capsule bivalve, uniloculaire.

Propriétés rnvsiQUES. Cette plante est Inodore et d'une saveur amère très-franche, plus forte encore lorsqu'elle est desséchée.

Propriétés chimiques. Les sommités fleuries de la petite centaurée contiennent, suivant Moretli , un acide libre , une matière muqueuse , une substance ex - Iraclivc amère, et quelques sels. L'eau et l'alcool les dépouillent complètement de leurs principes actifs.

Usages. La petite centaurée est un des amers indigènes les plus estimés et les plus généralement employés. Son action sur l'économie est très-analogue à celle de la gentiane et des autres substances franchement anièrcs. Ou l'emploie dans tous les cas qui réclament l'usage des toniques; mais c'est surtout contre les fièvres intermittentes qu'on l'a vantée , et en effet elle réussit très-bien, lorsque ces maladies nejsont point rebelles, comme celles

qu'on voit paraître au printemps; mais elle ne saurait remplacer le quinquina dans les fièvres intermittentes pernicieuses et dans celles qui se développent en automne dans certaines localités. On la donne encore dans les affections goutteuses , la chlorose et autres maladies entretenues par l'atonie des organes.

Les praticiens de l'Amérique du nord emploient , au lieu de la petite centaurée , la CMronia angulatis , plante annuelle qui croit abondamment dans les étals «lu midi et du centre , et qui se rapproche beaucoup do celle-ci. Elle jouit d'une amertume extrême, mais franche, d'une odeur légèrement aromatique, et ne faliguo pas les organes digestifs. Son usage est très-commun, et c'est presque un remède vulgaire contre les fièvres intermittentes cl rémittentes.

Mbnyanthb TBiixi d'bav. MenyantKcs ttifûUata. L.

Plante vivace , indigène , qui habile les lieux aquatiques. Parties xuilètt : les liges cl les feuilles.

Caractères botamques. Tige herbacée , rameuse , horizontale , articulée , grosse comme le doigt ; feuilles composées de trois folioles ovales , portées par un long pétiole ; fleurs blanches , un peu rosées , en épi court , supportées par un pédoncule commun ; cal. persistant , Odiv.; cor. monopét., 5 découpures ciliées; 3 élam.; I slylc : 2 stigmates ; capsule ovoïde , polysperme, unlloculaire.

Profriét 88 fhvsiqces. La tige et les feuilles de cette plante fraîche sont d'un vert foncé , lisses et douces au toucher, d'une odeur faible, mais désagréable, et d'une saveur très-amère et un peu nauséeuse.

Propriétés chimiques. Le suc exprimé contient, suivant Tromsdorff, une substance extractive azotée, Irès-amèrc, une gomme brune, de l'inulinc, de la fécule verte , du malate et de l'acétate de potasse , cl environ 75 pour 100 de sou poids d'eau. Les principes actifs se dissolvent très-bien dans l'eau cl l'alcool.

Usages. Le trèfle d'eau jouit de propriétés toniques assez énergiques ; mais, administré à doses un peu fortes, il cause très-souvent des nausées , des vomissements , des coliques et des évacuations alvines ; ce qui démontre qu'il irrite l'estomac el le canal intestinal. <V doses modérées , on l'emploie avec avantage dans les affections atoniques du canal digestif, dans le scorbut , kl rhumatisme chronique , la goutte , etc. Il est d'un u«agc journalier dans le traitement des maladies de la peau. On l'a beaucoup vanté comme fébrifuge, mais il ne possède pas plus de vertu, sous ce rapport, que les autres substances araercs , qui , comme on sait, guéris- »ent très-bien les fièvres intermittentes légères du printemps, mais échouent presque constamment contre celles de l'automne, qui offrent plus de gravité et de ténacité. On le conseille enfin comme emménagogue, et il convient dans les cas où la suspension des règles est duc à l'atonie des organes.

Les feuilles de Menyanlbc au trèfle d'eau sont employées dans quelques contrées où le houblon croll difficilement, pour remplacer les fleurs de ce végétal dans la fabrication de la bière. La fécule que coulicnl abondamment sa racine a reçu quelques applications alimentaires dans les pays du Nord.

SOIXAflTE-HtCVItME lAHlU.l .

' apoctnées. Apocynm. Ju&s. — Apocyneœ , Aêclepiadeaf. Baow*.— SirycAne*. Ivss.

Les Apocynécs présentent un aspect très-varié. Co sont dos plantes herbacées , des arbustes, ou mémo des arbres très-élcvés, et en général lactescents. Leurs feuilles sont simples et opposées, entières ; leurs fleurs sont axillaircs ou terminales, solitaires ou diversement réunies. Dans chacune on trouve un calice monosépale à cinq divisions, tantôt étalé , tantôt tubuleux ; une corollo monopétale, régulière, d'une forme très-variée, offrant quelquefois cinq appendices pétaloïdes, cooeavos, qui naissent de la gorge , de la corolle et se soudent en partie avec les étamincs. Celles-ci, au nombre de cinq , sont tantôt libres et distinctes , tantôt réunies par les filets et par les anthères, et formant une espèce de tube qui recouvre le pistil et so soude souvent a son sommet avec le stigmate. Les anthères sonlàdoux loges , el le pollen qu'elles renferment est pulvérulent dans celles dont les étamincs sont libres, et en masses solides do mémo forme que l'intérieur de la logo dans celles où les étamines sont sondées ; chaque masse polliniquo est terminée h son sommet par une glande qui se soude avec celle do la masse polliniquc à côlé de laquello elle est placée. Deux ovaires libres, appliqués sur un disque hypogyne, soudés ensemble par leur côté interne ou seulement par leur sommet , offrent chacun une loge qui renferme un grand nombre d'ovules placés à leur suturo interne. Les deux styles so soudent quelquefois en un seul , et se terminent par un stigmate plus ou moins discoïde , quelquefois cylindrique et tronqué. Le fruit est un follicule simple ou double ; plus rarement il est charnu et indéhiscent. Les graines , attachées a un trophosperme suturai, sont nues ou couronnées par une aigrette; elles contiennent dans un endosperme charnu ou corné un embryon droit.

Celte famille a été divisée en deux par R. Brown , savoir :

1* Le» apocynees vraies, qui ont la corolle dépourvue d'appendices , et le pollen pulvérulent : tels sont les genres Apocynum , Vfnea , Rauwolfia , Àrdufna , Nei (utn, etc.

2" Les Asclépiadées , dont la corolle est munie d'appendices, et le pollen en masses solides, comme dans les Orchidées : tel» sont les genres Atclepta* , Hoya, Cynanchum , etc.

PL. XXV. Fig. 264. Portion d'un rameau d'Apocin à feuilles d'Androsème, Apocynum AndroscemifoUum.

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