NIQUE
la pratiquer; quelquefois même celte résection se fait à fleur de terre, surtout pour les arbres dont la greffe doit être enterrée, comme la vigne, etc.
Remarquons qu'une condition indispensable pour la réussite de celle espéco de greffe , c'est qu'il faul que le liber du rameau coïncide, dans la plus grande partie de son étendue, avec celui du sujet sur lequel on l'a implanté.
La greffe par scions se fail de plusieurs manières: tantôt on fend la tête du sujet en deux , et l'on implante dans cette fente le ramillo que l'on veul greffer; cette espèce est connue sous le nom de greffe en fente : tantôt on écarte l'écorce des couches ligneuses sous-jacentes, et l'on insinue entre elles plusieurs petits rameaux que l'on dispose circulairemenl ; c'est la greffe en couronne : d'autres fois on perfore le tronc de l'arbre, et l'on y adapte une jeune branche que l'on y maintient fixée; celle greffe, aujourd'hui peu employée, porte le nom de greffe en vilebrequin : quelquefois on pratique la greffe par scions avec de jeunes rameaux chargés de feuilles, de fleurs, et même de jeunes' fruits; elle s'effectue alors dans le plein de la première sève. Par ce procédé, il n'est pas rare, dit M. Thouio, d'obtenir des fruits d'un arbre quinze à vingt ansplus tôlqu'iln'cn cùldonné sans son secours , on est même parvenu , eu semant un pépin à une époque déterminée, à en recueillir, avant la fin de l'année, des fruits parfaitement mûrs.
La greffe par scions se pratique encore sans couper la tête du sujet; on taille seulement un de ses côtés, et l'on y applique la greffe. Cette espèce, qui a pour but principal de regarnir la tête d'un arbre qui a perdu quelqu'une de ses branches, porte le nom de greffe fie côté.
Enfin on doit rapporter à celte section les greffes que l'on opère avec un 6Cion sur une racine laissée en place, ou avec une racine sur la racine d'un autre sujet.
§ 3. Greffes par gemmes ou boutons.
Ces greffes consistent à transporter sur un autre individu une plaque d'écorce à laquelle adhérent un ou plusieurs bourgeons ou gemmes. A cette section se rapportent les greffes en écusson , en flûte, en sifflet, en chalumeau, etc. Cette éspècede greffe est plus fréquemment employée, surtout pour la multiplication en grand des arbres fruitiers.
En effet, elle est d'une exéculion facile et expédilivc. Elle se pratique, soit au printemps, lors de l'ascension de la sève, soit à la sève d'aodt. La forme à donner à la greffe, et celle de l'incision, varient singulièrement, suivant le procédé d'après lequel on opère.
§ 4. Greffe des parties herbacées des végétaux, ou greffe Tschoudy.
La découverte de celle espèce de greffe date
d'une époque assez rérente. Il y a peu d'années qu'elle fut pratiquée pour la première fois par son iuventeur, M. le baron Tschoudy. Elle peut s'effectuer avec les jeunes pousses herbacées des arbres dans le fort de la sève , ou avec des plantes annuelles.
Pour que celte greffe puisse réussir, il faut l'insérer dans l'aisselle ou dans le voisinage d'une fouille vivante du sujet. Cette feuille sert à appeler la sève dans la greffe, et en facilite la reprise et le développement.
Les procédés mis en usage sont à peu près les mêmes que ceux employés pour exécuter les autres espèces de greffes.
Telles sont les différentes espèces de greffes employées pour la multiplication des végétaux. Il n'entre point dans notre sujet de décrire les procédés nombreux et variés mis en usage pour les pratiquer; nous renvoyons pour cet objet aux traités d'agriculture, et particulièrement à la Monographie que le professeur André Thouin a publiée en 1022.
De la Hauteur des arbres.
Lesarbrcssont, en général, d'autant plus forts et plus élevés que le sol, le climat et la situation dans lesquels ils se trouvent, sont plus conveuables à leur nature et plus favorablesà leur accroissement. Une certaine humidité , jointe à un degré de chaleur assez considérable, parait être la circonstance la plus propre au développement des arbres: aussi est-cedans les régions qui présentent ces conditions atmosphériques qu'ils acquièrent la hauteur la plus grande. Les forêts de l'Amérique méridionale et de l'Inde sont peuplées, en général , d'arbres qui , par leur port , leur taille élevée , la beauté do leur feuillage et la variété de leurs fleurs, l'emportentde beaucoup sur ceux de nos climats tempérés.
Il est certains arbres qui n'acquièrent que par une longue suite d'années une hauteur et un diamètre considérables : tels sont, par exemple, le chêne, l'orme, le cèdre. D'autres, au contraire, prennent un accroissement plus rapide dans un temps beaucoup plus court : ce sont principalement ceux dont le bois est tendre et léger, comme les peuplier», Icb sapins , les acacias , etc. , etc. Enûn il est certaines plantes qui se développent avec tant de rapidité qu'on peut, cnquclquesorte, suivre de l'œil les progrès de leur accroissement : l'agave americana est de ce nombre. Cette plante, que j'ai vue sur les rochers qui bordent la Méditerranée dans le golfe de Gênes, lorsqu'elle fleurit, développe, dans l'espace de trente à quarante jours, souvent plus rapidement, une hampe qui acquiert quelquefois trente pieds de hauteur. Croissant ainsi de près d'un pied par jour, on conçoit qu'Userait, en quelque façon, possible que son développement successif fût perceptible aux yeux de l'observateur.
En général , le plus grand accroissement en
hauteur que puissent acquérir les arbres do nos forêts estde cent vingt à cent trente pieds. En Amérique , les Palmiers et beaucoup d'autres arbres dépassent souventccnl-cinquante pieds. On assure que le pinus colombaria atteint à deux cent trente pieds.
De la Grosseur des arbres.
La grosseur des arbres n'est pas moins variée que leur hauteur. Il en est qui acquièrent quelquefois des dimensions monstrueuses. Nous ne parlerons pas ici de ce châtaignier si renommé du mont Etna, qui, au rapport de quelques voyageurs, avait cent soixante pieds de circonférence, parce qu'on s'accorde à leconsidérer comme composé de plusieurs troncs soudés eu un seul ; mais nous pouvons citer comme exemples bienavérésd'une grosseur énorme, les baobabs (Adansonia digitata) observés par Adanson aux Iles du Cap-Vert, et dont quclques-utis présentaient quatre-vingt-dix pieds de circonférence.
Le dragonier des Canaries (dracctna draco, L.), si révéré des Guanches, anciens habitants des Iles Canaries, avait, en I7»l), au rapport du célèbre de Humboldt, un stipe de quarante-cinq pieds de circonférence à sa base. En l402, lors de la première expédition de Bethencourt, il avait à peu prés la même grosseur. On peut juger par-là de son excessive vétusté.
Un journal américain faisait dernièrement mention d'un sycomore dont le tronc présentait soixante-douze pieds de circonférence. Il est creux à l'intérieur, et offre une cavité de dix-huit pieds de diamètre, dans laquelle on a pu faire entrer sept hommes à cheval. Cet énorme végétal se trouve près du lac d'Howell, dans la Caroline du sud, sur les bords du Broed-River. La tradition porte que, pendant les guerres de f indépendance, il a servi d'asile à plusieurs familles de réfugiés.
Dans nos climats, on voit des chênes, des ormes, des tilleuls, des poiriers et des pommiers, acquérir jusqu'à vingt-cinq et trente pieds de circonférence.
De la durée des arbres.
Les arbres placés dans des terrains qui leur conviennent , dans une situation appropriée à leur nature, sont susceptibles de vivre pendant des siècles. Ainsi, l'olivier peut exister pendant trois cents ans; le chêne environ six cents. Les cèdres du Liban paraissent en quelque sorte indestructibles. D'après des calculs fort ingénieux, Adanson estime que les baobabs, dont nous venons de parler tout à l'heure, pouvaient avoir environ six mille ans. Dans les arbres dicotylédons, on peut connaître l'âge d'un arbre par le nombre des couches ligneuses qu'il présente sur la coupe transversale de son tronc. En effet, comme chaque année il se forme une
nouvelle couche de boit, on conçoit qu'an arbre de m rut ans, par exemple, doit offrir, mais à sa base
de bois, et
Usages dés tiges et des écorces.
Le bois est employé i tant d'usages variés dans l'économie domestique et les arts , il est tellement indispensable à la construction de nos bâtiments de terre et de mer.de la plupart de nos machines et de nos instruments, qu'il n'est aucune partie des végétaux qui puisse lui disputer à cet égard la supériorité.
Beaucoup de tiges herbacées sont usitées dans la nourriture de l'homme et des animaux.
La tigedn Saecharum officinarum fournit la plus grande partie du sucre répandu dans le commerce, et qu'on nomme sucre de cannes.
Beaucoup de bois sont employés dans la teinture : tels sont le santal, le bois de Campéche , le bois de Brésil , etc.
C'est avec les écorces du chêne , et en général avec tontescelles qui renferment une grande quantité de tannin et d'acide gallique, que l'on tanne les cuirs.
Sous le rapport des propriétés médicales , les tiges , le bois et les écorces occupent un des premiers rang* dans la thérapeutique. Qui ne sait, en effet, qn a cette classe d'organes se rapportent les quinquinas, la cannelle, l'écorce de Winter, le sassafras, le gayac , et tant d'autres médicaments qui jouissent d'une réputation si bien méritée? Suivant leurs propriétés chimiques les plus remarquables, on peut diviser ainsi les principales écorces et les bois employés en médecine:
1° Écorces et Bois amers.
Le Simarooba {Simaruba Guyanensis).
Le Quassia (Quassia amara).
3° Amers , astringents et légèrement aromatiques.
L'Augusture (Cusparia febrifuga).
LeQuinquina gris (CinchonaCondaminea. Humb.
et Bonpl., Pl. équinox.).
Le Quinquina rouge {Cinchona oblongifolia.
Mutis).
Le Quinquina jaune (Cinchona cordifolia. Mu- Us).
Le Quinquina orangé (Cinchona lancifolia. Mulis).
Le Quinquina blanc (Cinchona ovalifolia. Mntis).
LaCascarille (Croton CascartUa).
3° Astringents.
L'écorce de Chêne (Quercut robur).
Le Vinaigrier (Bhus coriaria).
Le Marronnier d'Inde ( ^icvlui hippocastanitm).
4° Aromatiques.
La Cannelle (Laurus Cinnamnmum).
L'écorce de Winter (Drymit Winteri).
La Cannelle blanche (Cannella alba).
Le Sassafras (Laurus Sassafras).
Bois et écorce do Gayac (Guaiacum officino/a).
t° Acres.
Le Garoo (Daphne Mexereum).