Le fruit ; a le môme coupé trans
versalement.
Garance dis teinturiers. Rubia tinctorium. L.
Plante vivace, indigène, que l'on cultive en grand , pour les besoins des arts , surtout en diverses contrées de l'Europe. Parties usitées : les racines.
Caractères botaniques. Sa racine est une souche ou tige rampante, noueuse, de la grosseur du petit doigt, rougeâlreen dehors, jaunâtre en dedans; tiges anguleuses ; feuilles verticillées,sessiles, lancéolées, aiguës, hérissées de petits crochets ; Heurs jaunes, petites, formant une sorte de panicule lâche, au sommet des rameaux.
Propriétés physiques. Ses racines ont une saveur
acre et amère.
Propriétés ciiimiqces. Elles contiennent une matière colorante, qui a la propriété de colorer en rouge les os et les sécrétions des animaux qui en font usage pendant quelque temps. Robiquet et Collin ont isolé cette substance colorée et colorante , et lui ont donné le nom d'Alizarine; elle est sous forme de cristaux d'nn rouge orangé , inodore , insipide , très-volatile et très-soluble dans l'eau.
Usages. On regarde la garance comme légèrement astringente et tonique, et on l'administre dans le rachilis, la dyssenterie et les flux muqueux ; mais son action est si faible , qu'on l'abandonne presque entièrement.
Il en est de même de I'Aspérclr , Asperula cynanchfca, L., qu'on employait en gargarisme» dans le début des angines inflammatoires, cl du Caille-lait , Galium verum, L., que l'ou administrait comme astringent et antispasmodique.
Caté d'Arabie. Coffea arabica. L.
Petit arbre originaire d'Arabie et transporté aux Antilles, où on le cultive. Parties usitées ; les graines.
Caractères botaniques. Tige de 15 à 20 pieds de haut; feuilles persistantes, vertes, luisantes, ovales, aloogées ; fleurs blanches, d'une odeur très-suave, réunies en grand nombre a l'aisselle des feuilles ; cal. adhérent, àidiv.; cor. sub-infundibuliforme; élam. saillantes hors de la cor.; style simple, surmonté d'un stigmate bifide; fruit : baie rouge, semblable à une cerise, à deux loges contenant chacune une graine cornée.
Propriétés physiques. Graines dures et comme cornées, ovales, convexes d'un coté, planes de l'autre, et marquées d'un sillon longitudinal, d'une couleur grisejaunâtre , d'une saveur amère et aromatique , et d'une odeur suigeneris, très-agréable. Ces propriétés varient un peu suivant les différentes sortes de café qu'on trouve dans le commerce. Les principales sont : 1- le café Moka, dont les grains sont petits , arrondis , jaunâtre» ; c'est le plus estimé à cause de son odeur et de sa saveur exquises , 2* le Bourbon , qui est le plus gros, alongé , blanchâtre et peu odorant ; 3« le Martinique , donl les grains sont assez gros, aplatis, vcrdâlres, ordinairement recouverts de leur arille, et d'une saveur plus âcre et plus amère. La torréfaction que l'on fait subir au café avant d'en faire usage, le rend d'une couleur brune claire, et développe cette saveur et ce parfum exquis qui le font rechercher de tout le monde.
Propriétés chimiques. Le café non torréfié contient, d'après Robiquet et Pelletier, un principe immédiat particulier , nommé Caféine , une huile volatile concrète , de la gomme, de l'albumiue, une huile blanche et douce, un principe amer, et enfin uue matière oléo-résineusc très-âcre. La torréfaction y développe du tannin et un acide nommé (.'afique par Payssé, et que d'autres chimistes regardent comme de l'acide gallique.
La Caféine est neutre, et cristallise en belles aiguille* blanche*, soyeuses; elle est peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante et dans l'alcool ; soumise à une douce chaleur, elle se liquéfie, puis se volatilise. On ne l'a pas encore employée.
Usacm. L'influence stimulante du café torréfié , dont on fait un usage habituel en infusion, est très-prononcée. Personne n'ignore qu'elle a tous les avantages des boissons spiritueuscs , sans produire l'ivresse ni aucun des autres accidents qui résultent de leur usage. Elle facilite la digestion, augmente la fréquence du pouls, et réveille l'énergie des facultés intellectuelles. En conséquence , on peut en conseiller l'usage daus les catarrhes chroniques, l'asthme, l'aménorrhée, la goutte, certaines diarrhées séreuses entretenues par l'atonie des membranes, les migraines dépendant de la faiblesse de l'estomac, les fièvres intermittentes , etc. bufinon s'en sert avec beaucoup d'avantage dans les cas d'empoisonnement par l'opium et les autres narcotiques , pour combattre la somnolence et les symptômes nerveux.
Le café non torréfié parait jouir de propriétés toniques très-énergiques. Le docteur Grindel l'a administré avec le plus grand succès dans les fièvres intermittentes, et il assure, d'après de nombreuses expériences , qu'on peut le substituer avec avantage au quinquina dans le traitement de ces maladie*, même les plus rebelles.
Céphalidi incKiAMH. Cephalis ipecacuanha. Ricb. PL. XXVIII.
Arbuste très-petit , qui croit au Brésil, dans les forcis ombragées et épaisses. Partes usitées : la racine.
Caractères noTAMoi es. Racincou souche souterraine horizontale, rampante; lige droite, haute d'un à deux pieds, simple; 6 ou 8 feuilles opposées, entières, ovales, à la partie su prieure de la tige ; fleurs blanches, trèspetites, réunies en un capitule qui semble la continuation de la lige, entourées d'un involucre très-grand; cal. à 5 dents ; cor. infundihulirormc, a 5 div. ; 5 étam. ; fruit ovoïde , noirâtre, contenant deux nuculcs blanchâtres.
PnorniKTi s physiques. Le s racines de l'ipécacuanha annelé, telles qu'on les trouve dan* le commerceront longues de 3 à 4 pouces, compactes, cassantes , irrégulièrement contournées, de la grosseur d'une plume d'oie, offrant des étranglements circulaires, très- profonds et très-rapprochés, d'une couleur brune, quelquefois grise ou rougeâtre , d'une odeur faible , mais désagréable et d'une saveur amère , acre et nauséeuse. Elles sont formées d'une partie corticale, dont la cassure est brunâtre cl résineuse, et d'un mêditulHum fibreux, d'une couleur jaunâtre, moins sapideel moins odorant.
Propriété* chimiques. D'après Pelletier , la partie corticale de cette racine est composée de : Êmêtine 16; matières grasses 1 ,2 ; substance résineuse 1 ,2 ; gomme cl sels '2,4; amidon 53 ; matière azoléc 2,4 ; ligneux 12,5, et d'une trace d'acide gallique ; sa partie ligneuse ne renferme que 1,15 d'émélinc sur 100. L'eau chaude , l'alcool cl l'élher s'emparent de ses principes actifs.
I'saces. L'ipécacuanha, administré à doses modérées, aeit sur l'estomac, dont il irrite plus ou moins vivement la membrane muqueuse , et produit des vomissements cl quelquefois des évacuations alvincs; mais, outre celle action , il jouit encore de propriétés excitantes et toniques très-prononcées , qui semblent se porter spécialement surlcsorgancspulmonaircs; c'est ce qu'on observe
principalement lorsqu'on l'administre i pelllcs doses , de manière à no pas produire de vomissements. Enfin , a très-hautes doses, cette substance parait porter son action sur le cerveau , et donne lieu à un assoupissement plus ou moins profond.
Ou l'emploie le plus ordinairement pour provoquer le vomissement; mais c'est un émélique moins sur que le tartre stihié; il est des cas cependautoù l'on doit le préférer. Ou l'a beaucoup vanté dans le traitement de la dysenterie , du croup et de la péritonite puerpérale. Dans celte dernière maladie, on l'administre poncipalement lorsque, par des émissions sanguines plusou moins abondantes , on est parvenu à diminuer l'intensité des symptômes inflammatoires ; cl , quoiqu'il soit loin de posséder toutes les vertus qu'on lui attribuait , il peut être utile dan» plusieurs circonstances. On donne encore l'ipécacuanha à doses fractionnées, pour réveiller l'action de l'estomac , et pour stimuler la membrane muqueuse bronchique dans certains catarrhes pulmonaires, la coqueluche, elc.
L'Ipbcaccaxha cRis-aotci, Callkocea ipecacuanha. Brolero, ne diffère guère du cephaetideque par sa leinle rougeâtre à l'extérieur et par sa cassure d'un blanc rosé. Pelletier y a trouvé •. Êmêtine 14;malière grasse 2; gomme , amidon et ligneux 82. Il en existe beaucoup dans le commerce.
Psyciiotrib kmétiqckou Psycholria etnelica. L.
Pelil arbuste, presque semblable au précédent, el qui croit au Pérou. Parties usitées : la racine.
Caractères botaniques. Tige d'un pied el demi de haut ; feuilles lancéolées , aiguës ; fleurs blanches , petites , en grappes courtes à l'aisselle des feuilles ; fruits ovoïdes, couronnés par les dents du calice.
Propriétés physiques. Les racines de l'ipécacuanha slrié sont cylindriques, simples, de la grosseur d'une plume a écrire, moins tortueuses que celles du Cephalis , non rugueuses, rétrécies et comme étranglées de distance en distance , couvertes d'un épiderinc d'une couleur brune foucéc cl slrié longitudinalcment ; leur cassure est brun-noirâtre , peu résineuses , el leur saveur fade et nauséabonde.
PnopniÉTÉs cmftiiQUKS. La composition chimique de celte substance ne diffère guère de celle du Cephalis; on y trouve : Êmêtine 9 ; matières grasses 12; ligneux , gomme cl amidon 79.
Usages. Les mêmes que ceux de l'ipécacuanha gris , avec lequel on l'a trouvé quelquefois mêlé dans le commerce. Il esl beaucoup moins énergique que le précédent , el n'est pas employé en France , tandis qu'il esl presque exclusivement en usage dans l'Amérique méridionale.
L'Ipécacuaxha blawc ou ondulé , est fourni par le Rtcardia brasilientis , Corn., qui croit dans les prés, aux environs de i; i > Janeiro. Celle racine est de la même grosseur que l'ipécacuanha officinal , d'une couleur grisblanchâtre a l'extérieur, d'un blanc farineux en dedans; la portion corticale est marquée de sillons dcmi-circu-
rt jj i
laircs, et parait comme ondulée ; enfin elle a une odeur de moisi toute particulière. L'ipécacuanha blanc est quelquefois mcïé dans le commerce avec l'ipécacuanha annelé, maisil n'est pas employé eu France. Il est beaucoup moins émélique et ne cunlient que 6 pour 100 d'émélinc, plus une quantité très-considérable d'amidon.
La famille des Rubiacécs fournit encore plusieurs plantes dont les racines sont douées de vertus cinétiques, mais qui ne sont pas employées en France. Nous citerons, d'après Auguste de Sainl-Hilairc, les Spermacoce poaya et ferruginea, les Mchardsonia rosea et scabra, le Ptychotrta herbacea, etc.
Émétink. Substance alcaline végétale, découverte par Pelletier dans la racine du Cephalis ipecacuanha , et qui existe , en proportions variables , dans les diverses espèces d'ipécacuanha.
Propriétés physiques. Cette substance est pulvérulente, blancbe, ou un peu jaunâtre, inodore, inaltérable à l'air, d'une saveur amère et désagréable.
Propriétés chimiques. Elle est composée , suivant Pelletier et Dumas, de : carbone 64,57; aiote 4,00; hydrogène 7,77; oxigène 22,95. Elle est très-solublcdans l'alcool, beaucoup moins dans l'eau bouillante et presque pas dans ce liquide froid. Elle ne se dissout ni dans les huiles, ni dans l'éther, qui la précipite de ses dissolutions alcooliques. Elle jouit de propriétés alcalines, et se dissout dans les acides, avec lesquels elle forme des sels acides susceptibles de cristalliser. Chauffée , elle fond à 50*; à une haute température, elle se décompose.
Préparations. On traite par l'éther l'ipécacuanha pulvérisé , pour «nlcver la matière grasse ; on l'épuisé ensuite par l'alcool ; on évapore les teintures alcooliques, puis on traite le résidu par l'eau froide, qui sépare les matières grasses ; ensuite on emploie la magnésie calcinée, qui s'empare de l'acide galliquc. On n'a plus alors qu'à laver le précipité magnésien , et à séparer l'émélioe, en la faisant dissoudre dans de l'alcool concentré.
Usasks. L'émétine , môme à petites doses , est fortement émétique, et parait agir sur le système nerveux , comme le prouve la tendance au sommeil et même l'assoupissement plus ou moins profond qui suivent son administration. A hautes doses, elle détermine, outre le vomissement, une inflammation violente du poumon et de la membrane muqueuse gastro-intestinale. On l'emploie dans tous les cas où l'usage de l'ipécacuanha est indiqué; seulement, comme sou action est très-énergique, «on administration exige beaucoup de prudence.
Quinquina. Cortex peruvianus. Kioa. C'est le nom qu'on donne à plusieurs espèces du genre Cinchona , arbres originaires du Pérou et de plusieurs autres parties de l'Amérique du Sud.
Le nombre des différentes sortes d'écorecs qu'on trouve actuellement dans le commerce sous le nom générique de quinquina est très-considérable; cl malgré les travaux importants et multipliés dont elles ont été l'objet, il règne encore une grande confusion dans les déterminations de l'espèce botanique à laquelle se rapporte chacune d'elles. Quoi qu'il en soit , nous divisons les quinquinas en quatre espèces principales , savoir : les quinquinas gri», ic« jaunes, les rouges cl les blancs.
Quinquina ofijs ou officinal. Cinchona condaminea. Pl. XXX. Humboldt.
Il croit au Pérou et surtout dans la province de Loxa. Parties usitées : l'écorec.
Caractères botaniques. Tronc de 15 à 18 pieds de haut; écorec crevassée, d'un gris cendré; feuilles ovales, luisantes, persistantes, le pétiole coloré en rose; fleurs blanches ou roses , odorantes.
PnopRiÉTÉs physiques. Érorces roulées sur ellesmêmes en forme de tubes , de 8 à 10 pouces de long , quelquefois aplaties; en général minces , d'une demi-ligne à une ligne d'épaisseur, compactes , médiocrement fibreuses , d'une cassure nette , d'une odeur faible , et d'une saveur amère et astringente , laissant un arrièregoût sucré. A l'extérieur, ces écorecs sont rugueuses , inégales, recouvertes d'un épiderme mince d'une couleur grise ou brunâtre , fendillé transversalement et chargé de divers lichens; à l'intérieur, elles sont lisses et d'une couleur jaunâtre, ou rouge-pâle; la poudre est remarquable par sa teinte fauve.
Propriétés chimiques. D'après Pelletier et Cavenlou, le quinquina gris contient : 1" de la Cinchonine unie à' un acide particulier découvert par Vauquelin, et nommé Kinique ; 2» une matière grasse verte ; 3' une matière colorante rouge, appelée par Reuss,qui l'a trouvée, rou^e dnchonique; V du tannin; 5« une matière colorante jaune; 6» du kinatc de chaux; 7° de la gomme; 8» de l'amidon et du ligneux. La cinebonine entre pour environ 0,002 dans sa composition.
Quinquina jaune. Cinchona cordifolia. Mutis.
Arbre très-commun dans la province de Calisaya, au Pérou. Parties usitées : l'écorce.
Caractères botaniques. Tronc de 20 à 25 pieds de haut ; écorce grise-noirâtre; feuilles ovales lancéolées violacées , tomenleuses en dessous , pubesceutes en dessus : capsule presque fusiforme , longue d'un pouce.
Propriétés physiques. Kcorces très-compactes , pesantes , plus ou moins roulées , de la grosseur du doigt , recouvertes d'un épiderme grisâtre, rugueux, d'une épaisseur plus ou moins grande suivant la grosseur de l'écorce , fendillé transversalement , offrant souvent des lichens à sa surfaco; c'est le quinquina jaune en rcorces: ou morceaux aplatis , quelquefois cependant bien roulés , d'un volume et d'une forme variables et dépourvus d'épiderme ; c'est le Q. calisaya mondé. Leur cassure est fibreuse , luisante ; leur couleur, à l'intérieur, d'un jaune clair, qui devient plus foncé quand on les mouille; leur odeur est presque nulle et leur saveur d'une amertume extrême , mais «ans aucune stypticilé. La poudre est d'une teinte jaune plus claire que celle de l'écorce.
Propriétés chimiques. La composition du quinquina jaune ne diffère de celle du précédent qu'en ce qu'il ne contient pas de cinebonine , qui est remplacée par la Quinine , et qui s'y trouve dans la proportion de 0,0 1 environ.
Le QctNQi'HU osuncé , Cinchona laneifolia, Mutis , est aujourd'hui Irès-raro dans le commerce, et par conséquent très-peu employé. Celle écorce eil épaisse, aplatie ou roulée, pesa nie, compacte, dure, recouverte d'un épiderme grisâtre, raboteux, entrecoupé de fentes profondes, d'une couleur brune rougeilre à l'intérieur , d'une odeur aromatique et d'une saveur amère , aromatique , un peu astringente. Elle n'a pa» été analysée.
QvxtiQviVK rocce. Cinchona oblongifolia , Mulis,
Arbre qui croit très-abondamment dans les forêts de Santa-Fé de Bogota. Partie* utitèft : l'écorce.
Caractères botaniques. Tronc de 80 h 1 00 pieds; feuilles oblongucs , de I à 2 pieds de long ; fleurs blanches, odorantes , formant une panicule terminale d'environ un pied de long; capsules oblonguet , d'un pouce et demi de longueur.
Propriétés physiques. Écorces en général aplaties , quelquefois roulées, lourdes, compactes, couvertes d'un épidémie rugueux, irrégulièrement fendillé, d'une couleur blanchâtre en dehors, d'un rouge-brun en dedans. Au-dessous est une couche d'un aspect résineux , compacte, fragile, et d'une couleur rouge foncée. La partie ligneuse est fibreuse et d'un rouge de rouille; la poudre est d'un ton plus foncé. L'odeur de ce quinquina est faible , sa saveur moins amère qoe celle des autres , mais très-slyplique et désagréable.
Prophiktés niiMioi Ks. Sa composition est à peu près analogue à celle des précédents, si ce n'est qu'on y trouve à la fois de la cinchonine et de la quinine , dans la proportion de 0,008 de la première et de 0,017 de la seconde.
Cinchona ovaUfolia. Mulis.
Arbre qu'on trouve dans les Andes du Pérou et de la Nouvelle-Grenade. Partie* usitée* : l'écorce.
Caractères botaniques. Tronc de 8 à 10 pieds de haut ; écorce grisâtre, crevassée ; rameaux quadrangulaires, soyeux ; feuilles ovales , luisantes en dessus , soyeuses en dessous ; fleurs blanches , petites ; capsules ovoides, fusiformes, d'un pouce de longueur.
Propriétés physiques. Kcorces minces, roulées, cassantes, couvertes d'un épiderme blanchâtre , à cassure fibreuse , d'une couleur comme basanée à l'intérieur, d'une saveur amère, nauséabonde et un peu acerbe.
Propriétés chimiques. La composition de celte espèce ne diffère presque pas de celle de la précédente.
Telles sont les quatre espèces principales de quinquinas que les pbarmacologistesde nos jours s'accordent à admettre. Il en est encore un grand nombre d'autres qu'on trouve mêlées avec celles-ci; mais comme elles sont peu connues et peu employées , nous croyons inutile de les décrire ici.
L'eau froide s'empare d'une portion des principes actifs des quinquinas; l'eau bouillante en dissout davantage ; mais la décoction se trouble par le refroidissement et s'altère très promptement ; l'alcool en est le meilleur dissolvant.
Usages. Ailminislréc à petites doses, l'écorce du Pérou
n'agit guère que sur l'estomac et le canal intestinal; elle augmente la vitalité de cet appareil, réveille les forces digeslives, et rend l'assimilation des substances alimentaires plus rapide et plus parfaite ; mais cette action fortifiante se borne presque exclusivement aux tissus avec lesquels le quinquina est mis en contact ; tandis que, sous l'influence de quantités plus grandes , on volt se manifester une série de phénomènes généraux , qui ne permet pas de douter que cette action ne s'étende a toute l'économie. En effet, après l'administration d'une dose ordinaire de quinquina, sous quelque forme que ce soit, la bouche devient sèche ; on éprouve à l'estomac une sensation de chaleur qui se propage bientôt à tout l'abdomen ; la circulation s'accélère, le pouls devient plus vite et plus plein ; la chaleur générale, et par suite la transpiration cutanée, augmentent ; enfin on éprouve , dans toutes les parties, un sentiment de vigueur plus ou moins prononcé et permanent, qui caractérise la médication Ionique. Si la dose du quinquina est trop forte , ou bien si son usage est trop long temps continué , ou enfin qu'il existe un état inflammatoire du canal digestif ou même de tout autre organe, les phénomènes que nous venons d'énumérer augmentent d'intensité , et tous les symptômes de la phlegmasie s'exaspèrent. On voit survenir une gêne et une chaleur ardente a la région épigastrique, des nausées, des borborygmes, des vomissements ou des évacuations alvines , une soif vive , une chaleur générale àcre et brûlante; le pouls est dur et fréquent; les artères temporales battent avec force; à tous ces symptômes viennent se joindre une céphalalgie violente, des hémorrhagics nasales, une agitalion extrême, la sécheresse de la peau, et même, dans certains cas, du délire, de l'insomnie, des mouvements irrégnlicrs , et tous les signes d'une irritation de l'encéphale.
D'après ce que nous venons d'exposer sur les effets immédiats du quinquina , on voit que cette substance exerce sur l'économie animale une action tonique des plus énergiques. L'intensité de celle action varie suivant le» diverses espèces de quinquinas, et suivant la quantité de quinine et de cinchonine qu'ils contiennent ; car on sait aujourd'hui, à n'en pouvoir douter, que c'est a ces deux principes qu'ils doivent leurs propriétés toniques. Enfin quelques espèces, le quinquina rouge par exemple, jouissent, en outre, de qualités astringentes trèsprononcées, dues à la présence du tannin. Ainsi, lorsqu'on administre le quinquina en substance, ce que l'on fait aujourd'hui beaucoup moins que jadis , on devra choisir telle ou telle espèce de préférence à telle autre , suivant l'indication qu'on se propose de remplir.
Une des actions les plus remarquables du quinquina . à laquelle il doit en grande partie la célébrité dont il jouit depuis si long-temps, est celle qu'il exerce sur les maladies intermittentes. Personne n'ignore que, convenablement administré, il empêche, d'une manière presque certaine, le retour périodique des accès qui caractérisent ces affections. A quoi tient cette propriété singulière ? Dépend-elle de l'influence fortement tonique de celte substance, comme quelques personnes le croient ? ou bien faut-il admettre qu'elle agit sur le système nerveux d'une manière s|iécifique, comme d'autres le pensent? Dans l'étal actuel de la science, il n'est guère possible de décider celte question , et nous croyons , comme Barbier, qu'on ne concevra bien l'action aniipé-
I>E BOTANIQUE
riodlquo du quinquina, que quand on connaîtra la cause du retour recuite»" de» ntêflBM mouvement» morbides à des intervalles égaux et à des heures fixes.
L'écorce du Pérou s'administre comme tonique , et surtout comme fébrifuge. Comme tonique , son emploi est considérablement restreint de nos jours , et cependant il convient dans la plupart des cas qui réclament l'usage des fortifiants. On le prescrit , avec beaucoup de succès , dans les affections adjrnamiqu.es et gangreneuse* , les fièvres typhoïdes avec prostration extrême des forces, les angines gangreneuses, les hémorrhagie* passives accompagnées d'une grande faiblesse , etc. Il est encore très-utile , dans le traitement de la goutte, du rhumatisme chronique, des scrofules, des maladies scorbutiques. A doses fractionnées, on l'emploie avec avantage dans les dyspepsies sans irritation de l'estomac , dans les cas de diarrhées rebelles et devenues chroniques , dans les vieux catarrhes, et en général dans toutes les inflammations très-anciennes et peu intenses des membranes muqueuses , qui semblent se perpétuer par l'atonie des tissus, et qui cèdent plus facilement à l'emploi des toniques qu'au traitement antipblogistique, qui bion souvent, au contraire, parait les aggraver et les rendre plus rebelles. A l'extérieur , on s'en sert en poudre ou en décoction concentrée, dans les cas d'ulcères sordides atoniques , de plaies compliquées de pourriture d'hôpilal , de gangrène humide ; et , sous forme de lotions , d'injections , de gargarismes , dans certaines angines gangreneuses ou simplement chroniques, dans les écoulements muqueux entretenus par l'atonie des membranes; dans les cas de chute du rectum, du vagin, etc.
C'est surtout comme fébrifuge qu'on fait le plus fréquemment usage de ce médicament , et que son emploi est suivi des plus heureux effet*. On l'administre alors à doses plus fortes que dans les cas indiqués précédemment. Dans les fièvres intermittentes ordinaires , on le fait prendre, à hautes doses , quelque temps avant l'accès, ou bien, et c'est la méthode la plus sure, on l'administre à petites doses pendant toute la durée de l'apyrexie , de manière à modérer l'intensité de l'accès et à le faire cesser graduellement. On devra toujours éviter de donner ce médicament pendant la fièvre, car alors, loin d'en diminuer l'intensité , il l'augmenterait cl la rendrait plus rebelle. Cependant, dans les fièvres rémittentes dont les accès ne sont séparés que par des intervalles trèa-COUrIs, on pourra commencer à l'administrer vers la fin de l'accès , et donner alors la dose entière , pour qu'il puisse agir avant le retour du paroxysme. Mais avant d'en venir à l'usage de ce médicament héroïque, il est toujours convenable de combattre, par des moyens appropriés , les complications que présente la maladie , qui souvent disparait rapidement sous l'influence «le ces moyens, après un petit nombre d'accès , comme un l'observe très-fréquemment dans les fièvres intermittentes printanières. Dans les fièvres intermittentes pernicieuses , qui portent le nom de fièvres larvées , et dont , comme chacun sait , la gravité est trèsgrande , on ne devra pas, au contraire, hésiter un moment a recourir au quinquina, et à le donner de suite à hautes doses dans l'intervalle des accès, de manière à en cmpéiher complètement le retour ; car, dans le plus grand nombre tics cas, c'est le seul moyeu de conserver les jours du malade ; moyen qui , fort heureusement , manque rarement son effet, lorsqu'il c*t convenablement
employé. On lo donno encoro dans les névralgies périodiques, avec beaucoup de succès.
La dose de quinquina à administrer en une sente ou en plusieurs prises , dans l'intervalle d'un accès à l'autre , varie suivant une foule de circonstances , au nombre desquelles figurent en première ligne, l'âge, la constitution de l'individu et l'intensité de la maladie. Dans le plus grand nombre des cas , elle est de deux gros à une demi-once; on l'augmente progressivement, et, dans certaines circonstances , elle peut être portée jusqu'à une et môme deux onces.
Les préparations de quinquina sont extrêmement nombreuses; la poudre c*t celle qu'on employait le plus ordinairement, et avec le plus d'avantage ; mais elle est généralement remplacée aujourd'hui par les sels de quinine et de cinebonine , comme nous le dirons plus bas. Cette préparation , assez difficile à administrer en général , à cause de son volume et de son gont très-désagréable, produit, chez quelques individus , des nausées, des vomissements et des évacuations alvines. On devra, dans ces cas, la remplacer par une autre mieux appropriée à l'état de l'estomac du malade, ou bien y associer quelque substance aromatique , ou une certaine quantiié d'opium ; car il est h remarquer que , quand le quinquina fait vomir, il perd toutes ses vertus fébrifuges.
Cinciionini. Substance alcaline végétale , qui existe dans les quinquinas gris et rouges , combinée à l'acide kinique , et découverte par Gomcz , qui lui donna le nom de Cinchonin.
PiiopniiiTÉs niYsiut ks. Aiguilles prismatiques trèsfines , ou plaques blanches transparentes , cristallines , d'une saveur très-amère, qui se développe lentement.
Propriétés chimiques. Cette substance, composée de : carbone 70,97; azote 9,02; hydrogène 6,22, et oxigène 7,97, selon Pelletier et Dumas, est soluble dans l'alcool, surtout à chaud; elle est presque insoluble dans l'eau froide et exige pour se dissoudre 2500 fois son poids de ce liquide bouillant; l'éihcr et les huiles volatiles la dissolvent difficilement. Exposée à l'air, elle absorbe lentement un peu d'acide carbonique ; chauffée, elle se décompose avant de se fondre. Elle est douée de toutes les propriétés alcalines, s'unit à tous les acides , et forme , avec la plupart, des sels parfaitement neutres.
Préparations. On traite à chaud, la poudre de quinquina gris, par l'acide hydrochlorique faible; on filtre la liqueur, puis on ajoute de la chaux en excès ; on un bouillir quelques instants , on filtre do nouveau , on lave le dépôt , puis on le traite par l'alcool bouillant, qui dissout la cinebonine seulement , cl duquel on la sépare par l'évaporalion. Si, comme il arrive presque toujours, elle relient de la matière colorante, on la combine avec un acide et on décolore le sel par le charbon animal, puis on sépare de nouveau la base végétale par la chaux et par l'alcool.
Usages. La cinchonine jouit des propriétés toniques et fébrifuges duquinquina gris, qui la fournit ; mais elle csl à peu près inusitée, à cause de son insolubilité presque complète.
Sci.fatr «g eaac ww t im . Sel neutre qui résulte de la combiuaisou de l'acide sulfurique avec la cin choniue.
Propriétés physiques. Cristaux pri matiqucs à quatre pans, lrè«-courts el terminés en biseau, réunis en faisceaux , blaocs, luisants, flexibles, inodores et d'une saveur très-amère.
Propriétés chimiques. Ce sel, formé, suivant Baup, de : cincbonine 100 et acide sulfurique . 12.82 cl eau 5,76, et insoluble dans ïélher, soluble dans 54 d'eau froide, el "en toutes proportions dans l'alcool. 11 fond comme la cire, à environ 100" ; à une plus haute température, il devient rouge et se décompose. Par l'addition d'un peu d'acide sulfurique, il passe à l'état de bisulfate acide , qui se dissout dans un peu moins de son poW? d'eau froide.
Préparation». On l'obtient directement en combinant la base a l'acide sulfurique, ou bien en faisant évaporer cl cristalliser les eaux-mères qui ont servi à l'extraction du sulfate de quinine.
Usages. Chomel a constaté que celle substance jouit des mêmes propriétés que le sulfate de quinine, mais à un plus faible degré, et qu'ainsi, pour en obtenir les mêmes effets, on doit en employer une plus forte dose ; c'est pourquoi il est beaucoup moins usité. Cependant Bally, qui a administré ce sel avec un succès complet, à la dose de 6 à 8 grains, dans plusieurs fièvres intermittentes, le préfère au sulfate de quinine, en ce qu'il est beaucoup moins irritant.
Quinine. Base saliOable végétale, alcaline, découverte par Pelletier et Cavenlou , dans les quinquinas jaunes , rouges , gris , etc.
Propriétés physiques. Masse» poreuses, blanchâtres, d'une saveur amèro et désagréable On peut cependant obtenir cette substance cristallisée en aiguilles très-Unes et formant des houppes soyeuses.
Propriétés chimiques. D'après Pelletier et Dumas, elle est formée de : carbone 75 ; azote 8,45; hydrogène 6,60; oxigène 10,43. Elle est presque insoluble dans l'eau froide, el soluble dans 5000 fois son poids d'eau bouillante ; elle se dissout au contraire très-facilement dans l'alcool et l'élher. Les huiles fixes et volatiles en dissolvent une petite quantité. Exposée à l'air, elle ne change pas d'aspect ; mais il parait, d'après les observations de Semcutini. qu'elle en absorbe peu à peu l'acide carbonique ; chauffée, elle fond, et, au-delà de 100°, se décompose. Enfin elle jouit des propriétés alcalines, et se combine avec les acides, pour former des tels neutres solubles.
Préparations. On peut l'extraire directement des quinquinas jaunes par un procédé semblable a celui dont on se sert pour obtenir la cincbonine; maison préfère généralement décomposer le sulfate de quinine parla magnésie ou la chaux en excès. On traite le précipité par l'alcool bouillant, qui dissout la quinine mite à nu, et on l'isole ensuite par l'évaporatlon de l'alcool. On la purifie par de nouvelles dissolutions dans ce liquide.
Usages. Celte substance agit de la même manière que la cincbonine , mais n'est guère employée qu'à l'élat de sel neutre, à cause de son insolubilité.
Sulfate de qviniki. Substance saline neutre , qui résulte de l'action de l'acide sulfurique sur la quinine.
Propriétés physiques. Aiguilles très-fines, blanches, nacrées, flexibles, ayant l'aspect de l'amianthe, réunies en mamelons éloilés, et d'une saveur excessivement amere.
Propriétés chimiques. Ce sel, suivant Baup, est composé de : quinine 76,27 ; acide sulfurique 8,47 ; eau 15,25 ;el lorsqu'il esl eflleuri, de : quinine 86,12 , acide sulfurique 9,57 , et eau 4,31. Il est soluble dans environ 740 d'eau froide el dans 30 d'eau bouillante. Il devient beaucoup plus soluble par l'addition d'un peu d'acide sulfurique, qui le fait passer à l'état de bisulfate. Il se dissout facilement dans l'alcool. Exposé à l'air, il s'effleurit rapidement ; chauffé, il fond el offre l'apparence de la cire, el, à 100", il devient phosphorescent, surtout quand on le frotte ; il est alors chargé d'électricité vitrée. A une plus haute température , il se dé- . compose.
Préparations. On l'obtient directement d'après le procédé de Henry fils, qui consiste à Iraiter le quinquina jaune, à plusieurs reprises et à chaud, par l'eau aiguWc par l'acide sulfurique On sépare les matières colorantes, en traitant la liqueur ainsi obtenue par la chaux vive ; puis on soumet le précipité, préalablement lavé à l'eau froide, a l'action de l'alcool à 36- ; on évapore ensuite cette teinture, et on traite a chaud le résidu par l'acide sulfurique faible Par le refroidissement , on obtient des cristaux de sulfale de quinine pur. Un kilog. de quinquina jaune fournit environ 12 grammes de sulfate.
Usages. Le sulfate de quinine jouit des propriétés ioniques et surtout fébrifuges des écorecs qui le fournissent. Les expériences faites peu de temps après sa découverte, par Double, VlUermé, Chomel, etc.. el qui ont été confirmées depuis par les praticiens de tous les pays, ne laissent aucun doute à cet égard. On administre maintenant, avec le plus grand succès, le sulfate de quinine dans presque tous les cas où I on employait jadis le quinquina en substance, et nous n'hésitons pas à regarder la découverte des principes actifs des quinquinas, comme une des plus précieuses pour l'art de guérir. En effet , l'action de la quinine, de la clnchonine, et surtout de leurs sels solubles , est toujours beaucoup plus cerlaioe que celle du quinquina en substance. D'un autre côté , elles donnent le moyen de connaître précisément la dose de la substance active que l'on emploie, el celle connaissance esl d'autant plus importante, que les écorces versées dan* le commerce sous le nom générique de quinquina, varient excessivement sous le rapport de leurs propriétés actives, propriétés que , d'ailleurs , il est extrêmement difficile , pour ne pas dire impossible , d'apprécier par l'inspection et l'examen le plus attentif. Enfin, el ce n'est pas un de leurs moindres avantages, elles permettent d'administrer ce médicament sous un très-petit volume, en présentant son principe actif isolé du ligneux et des autres substances presque Inertes, qui ne font que fatiljuer les organes digestifs, lorsqu'on le donne en substance et à hautes doses , comme on était obligé de le faire encore il y a quelques années.
L'acétate de quinine a été employé dans les mêmes cas que le sulfate ; mais on lui préfère généralement ce dernier, à cause de sa plus grande solubilité. Ce sel cristallise très-facilement en aiguilles soyeuses et nacrées ; sa saveur est Irès-amère ; il esl peu soluble dans l'eau froide, lrès-solub!e, au contraire, dans l'eau bouil-
l-i nie, et se prend en masse par le refroidluement.
Sou» la dénomination générale de quinquina, on comprend encore plusieurs écorces qui ne proviennent pas de véritables cinchonas, et qu'on pourrait appeler faux quinquinas. En effet, elles ne contiennent ni cinchooine ni quinine, et ne peuvent, par conséquent, remplacer, comme fébrifuges, les vrais quinquinas décrits plus tiaut; en outre , elles fatiguent beaucoup plus les organes digestifs, et produisent très-souvent des évacuations alvlnes, et même des vomissements. Elles sont , pour la plupart, rares dans le commerce, et ne saut pas employées en France.
Les principales sont :
I* Le Quinquina riTOM, fourni par YExostema /fortbunda, Pers., arbre qui croit sur les montagnes des An* tilles. Celle écorcc est mince, légère, Irès-fibreuse , roulée, cylindrique, de la grosseur du doigt, d'un gris foncé à l'extérieur , brune ou noirâtre à l'Intérieur , d'une odeur faible et nauséeuse , et d'une saveur amère , trèsàcre et désagréable ;
2» Le Quinquina caraïbe, qui provient de YExostema caribaa, Pers., arbuste qui croit aux Antilles. Celte écorcc est en fragments convexes, recouverts d'un épiderme jaunâtre, ordinairement mince, mais quelquefois dur, spongieux , profondément crevassé, d'une teinte jaune, rouge ou brunâtre à l'intérieur , d'une texture fibreuse, présentant cà et là de petits points brillants et cristallins , d'une saveur Irès-amère , et d'une odeur très-faible;
3- Le Quinquina nova, fourni par le Portlandia grandtflora, L., arbre qui croit à Surinam et à la Jamaïque. Écorces longues d uo pied, ordinairement roulées, lisses et blanchâtres à l'extérieur , d'un rouge pâle à l'intérieur , d'une texture fibreuse, d'une odeur <ju» se rapproche de celle du tan, et d'une saveur fade d'abord, puis astringente et désagréable ;
4« Le Quinquina bicolore, qui est très-répandu depuis quelque temps en llalie, et dont on ignore l'origine ; on est cependant porté à croire qu'il provient d'un Exostema. Cette écorce est roulée en tubes de huit à dix pouces de long, épaisse d'une demi-ligne environ, dure, cassante, unie, d'un gris jaunâtre en dehors, d'un brun foncé en dedans, inotlore, et d'une saveur amère et Irèsanaloçuc à celle de lauguslurc.
Arbuste qui croit aux Antilles et dans l'Amérique du sud. Parties usitées .* la racine.
Caractères botaniques. Tige ligneuse sarmenlcusc , ayant le port d'un jasmin : feuilles opposées, ovales, à pétiole court, entières, glabres et luisantes en dessus deux stipules à leur base ; fleurs en petites grappes axillaires, jaunes; fruit charnu, ombiliqué au sommet, contenant deux nucules lisses et monospermes.
Propriétés physiques. Cette racine est rameuse, d'un brun-rougeâlrc; les branches ont de deux à trois pieds de
toi
long, de la grosseur d'une plume à écrire «l portent quelques fibrilles grêles. Elle est striée longitudinalement ; elle se compose d'une partie corticale très-mince, d'une cassure résineuse, d'une saveur amère , un peu Acre et astringente et d'une odeur nauséabonde, et d'un axe ligneux qui ne jouit d'aucune propriété.
Propriétés chimiques. Le caïoea contient , suivant Pelletier et Cavenlou, un principe amer particulier qu'ils ont nommé Acide eaïncique, une matière grasse verte, une matière colorante jaune cl une substance colorée visqueuse. L'acide eaïncique, qui est le principe actif de celle racine, est blanc , cristallisé en aiguilles déliées très-déliquescente* , inodore, d'une saveur amère aromatique très-forte, peu soluble dans l'eau, soluble dans l'élher et surtout dans l'alcool, et rougissant la teinture de tournesol. Celle substance se combine facilement avec la chaux et forme un caïoeate.
Usages. La racine de caïnca, très-employée au Brésil, où elle passe pour diurétique, tonique , purgative et anlhelminllque, n'est connue en France que depuis quelques années. 11 résulte des expériences auxquelles l'ont soumise Cavenlou et François que celle racine, et surtout l'acide eaïncique, est éminemment tonique sans être irritante, car on peut l'administrer pendant trèslong-temps sans qu'elle fatigue les organes ; qu'eu outre elle jouit de propriétés purgatives qui la rangent parmi les minoralifs les plus doux, et qu'enfin elle a une action très-prononcée sur les reins dont elle augmente l'activité et modifie la sécrétion d'une manière toute particulière. On l'a employée avec avantage dans les bydropisies.
CosiME eiho. Suc épaissi, extrait des tiges et des branches du JVaucfea gambeer, Hunier, arbusiequi croit dans les lies de la Sonde.
Propriétés physiques. Masses opaques, dures, fragiles, d'un rouge très-foncé, d'une cassure brillante nresnuc noire, inodores . et d'une saveur extrêmement slyptique, suivie d'un goût douceâtre.
Propriétés chimiques. Celle substance contient beaucoup de tannin et de l'exlractif ; elle est peu soluble dans l'eau froide, mais elle se dissout en grande partie dans l'eau chaude et dans l'alcool. La soluliou aqueuse se trouble par le refroidissement.
Usages. L'action et les usages du kino sont à peu près les mêmes que ceux du cachou et du ratanhia, mais il est moins souvent employé, à cause de sa cherté.
ATRE- VIN GT-IIF.CX li ra r i A >1 1 L L 1 .
* CAVMFOLiAcÉES. Caprifoliacece. Rien.
Arbrisseaux à feuilles opposées, rarement alternes , généralement simples, plus rarement imparipinnées, sans stipules; fleurs axillaires , solitaires , ou souvent géminées, et en partie soudées ensemble par leur calice, disposées en cime ou réunies en une sorte de capitule. Le calice est toujours monosépale, adhérent par sa partie inférieure avec l'ovaire qui est infère. Le limbe est à cinq dents persistantes. La corolle est monopélalc , lo plus souvent irrégulière ; quelquefois elle est for-
inéc do cluq pétales distincts. Les étaniines «ont au nombre de cinq, allernaul avec le» divisions de la corolle. L'ovaire offre d'une à cinq loges, contenant chacune soit un seul ovule pendant , soit plusieurs ovules attachés à leur angle interne. Le slj le est simple, terminé par un stigmate très-petit et à peine lobé. Le fruit est quelquefois géminé, c'est-à-dire formé de la soudure de deux ovaires ; il est charnu , à une ou plusieurs loges , quelquefois osseuses , et renfermaut chacune une ou plusieurs graines. Celles-ci ont un tégument propre , quelquefois recouvert d'un noyau , un endosperme charnu, qui contient un embryon axile avant la mémo direction que lagraiuc.
Celle famille peut être facilement divisée en deux tribus naturelles , suivant que les loges de son ovaire sont iuonospermes,ou suivant qu'elles sont polyspermes.
1" Hédé&ackks. Loges de l'ovaire monospermes : Uertera, Cornus, Satnbucus, \ iburnutn.
2* Lomckrkks. Loges de l'ovaire polyspermes : Lonicera, Xytosteum, Symphoricari>os, etc.
Celte famille , voisine des Kubiacécs , en diffère surtout par sa corolle généralement irrégulière , et l'absence des stipules enlrc les feuilles.
PL. XXIX. Fig. 324. Fragment d'une tige de Linnée boréale, Linnea boreaVs.