Les fruits
Gayac officinal Guajacum officinale. L. PL. XXXII.
Arbre de l'Amérique méridionale. Parties usitées : le bois el la résine.
Caiuctkbbs eotamqi ks Tronc élévé ; feuilles opposées, paripinnées, composées de 2 ou 3 paires de folioles sessiles , ovales , longues d'un pouce environ ; fleurs bleues , au nombre de 8 à 10 à l'aisselle des feuilles ; cal. 5 div. profondes; cor. 5 pét. é toi lés ; 10 élam. ; ovaire pédicellé, surmonté d'un style simple ; fruit : capsule ordinairement comprimée, cordiforme, à 2 et quelquefois à 5 loges.
Propriétés physiques. Le bois de gayac se trouve dans le commerce, en gros morceaux irréguliers, ou en huches dont l'extérieur est souvent recouvert d'une . écorce épaisse , grisâtre , résineuse , et présentant à sa surface interne beaucoup de petits poiots brillants. Il est très-compacte, dur, plus pcsanlquc l'eau el d'un brun verdâlre; l'aubier est d'un Jaune clair et beaucoup moins dur. La saveur du gayac est âpre et un peu amère , et son odeur presque nulle. Pour les besoins de la médecine, ou réduit ce bois en poudre grossière , au moyen de la râpe. Celle pondre, d'une couleur jauoe, devient verte à la lumière, el provoque l'élernûment, quoiqu'elle soit presque inodore.
Propriétés cuimiours. Le bois de gayac contient une grande quantité d'une résine particulière que nous allons examiner, et une petite quantité d'une huile essentielle a odeur de vanille. L'eau ne dissout ses principesaclifs que par une longue ébullition ; ils sont au contraire très-solublcs dans l'alcool et l'éther.
La Rf sikh dr gayac est un suc propre , qui découle de l'écorce de l'arbre que nous venons de décrire, el que Oraodes regarde comme un principe immédiat sut
Propriétés physiques. Cette résine est en masses irrégulières , friables, à cassure brillante, d'un bruuverdâtre, d'une odeur agréable, semblable à celle du benjoin, d'une saveur d'abord faible, puis Acre, et irritant vivement la gorge, el d une pesanteur spécifique de 1,2289. Réduite en poudre, elle est d'abord grisâtre, et ne tarde pas à devenir verte dans lous les points en contact avec l'air et la lumière.
Propriétés chimiques. La résine de gayac contient , d'après Brandes , 798 de résine pure ou Gayaeine . et 202 d'écorce. L'eau n'en dissout que 9 pour 100, tandis que l'alcool en dissout 93. La dissolution alcoolique est d'une couleur brune foncée, qui passe au bleu ou au vert, par l'action de l'acide nitrique et de l'amidon. Elle est Irès-soluble dans les alcalis el leurs carbonates ; se ramollit sous la dent, et foud à une température peu élevée.
Usages. Le bois et la résine de gayac agisseut sur
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DE DOTAMQUE.
l'économie en général, à la manière des excitants; niait paraîsscnt exercer uoe influence plut spéciale inr la peau, dont, en effet, ilt augmentent d'une manière notable la sécrétion. En conséquence de ce mode d'action, on emploie ce» substance* avec beaucoup d'avantage, dans la goutte , le rhumatisme chrooique , certaines affections chroniques de la peau, les maladies vénériennes anciennes et rebelles, les affections scrofuleuses,etc. Dans les premiers temps de l'introduction du gayacdans la matière médicale, on le regardait comme propre à guérir seul les maladies syphilitiques ; aujourd'hui on le considère seulement comme un puissant auxiliaire du mercure dans les cas de cette nature. C'est ordinairement le bois qu'on emploie dans cet circonstances ; on administre la résine de préférence dans le rhumatisme, la goutte, etc. A hautes doses, cette résine devient purgative.
Rue odorante. Euta graveolent. L.
Arbuste qui croit dans le midi de la France. Parties usitées : toute la plante, mais principalement les feuillet.
Caractères botaniques. Tige rameuse, de 3 a 4 pieds de haut, glauque; feuillet éparset , composées , trèsglauques, garnies comme la tige et les rameaux de beaucoup de corps glanduleux ; fleurs jaunes , en panicule corymbiforme , accompagnées chacune d'une bractée ; cal. plane, persistant, a 4 div. aiguës ; pét. concaves, onguiculés ; anlhèret biloculairet, ovoïdet ; tlyle central, plut court que les étam. ; stigmate simple ; fruitt : capsule à 4 ou 5 loget polytpermes.
Propriétés physiques. Cette plante jouit d'une odeur forte, aromatique et détagréable , et d'une taveur âcre , a mère et chaude.
Propriétés chimiques. Elle contient une huile volatile très-abondante, verte lorsqu'on la relire det feuille» fraîches, et jaune quand elle provient des feuilles sèches, d'une odeur moins désagréable que celle de la plante. Let principes actifs sont extraits par l'eau et turtoutpar l'alcool.
Usages. C'est un stimulant général trèt-énergique ; mais qui parait exercer aussi une influence particulière sur l'ulérut. En effet, ce médicament occasionne l'irritation et même l'inflammation de cet organe, sans produire en même temps des effets stimulants généraux assez marqués , pour qu'on puisse leur attribuer les phénomènes locaux dont il est ici question. On l'emploie avec avantage dans let cas d'aménorrhées produites par l'atonie de l'utérus, dans la chlorose, l'hystérie, etc. On l'administre encore comme vermifuge.
DioSMi r CRÉNELÉE ou Buchu. Dins m n r rcnal a . Thunb.
Petit arbutleqni croit aux environt du Cap de Bonne- Espérance. Parties mitées : let feuillet.
Caractères botaniques. Tige de 1 à 2 piedtde haut, rameuse ; feuilles alternes , coriaces , elliptiques, à pétiole très-court ; fleurs grandes, blanches, solitaires à l'aisselle des feuilles ; fruit* : capsules étoilées, formée»
de 5 coques , contenant chacune une graine luisante , d'un beau noir et semblable à celle du lin.
Propriétés physiques. Les feuilles de la Diotmée, Uuchu teams des Anglais, sont elliptiques, lancéolées, longues d'un pouce, larges de 5 à 6 lignes , dentelées très- finement a leur contour , listes cl d'un vert clair en dessus , plus pâles en dessous, et offrant des points glanduleux. Leur odeur est forte et pénétrante, et leur saveur amère et aromatique.
Propriétés chimiques. Elles contiennent , d'après l'analyse de Cadet deCassicourt : huile essentielle 0,665, gomme 21,17, extrait aqueux cl alcooliquo 5,17, chlorophylle 1,10, résine 2.151. Les principes actifs sont solubles dans l'eau et dans l'alcool.
Usacrs. Cet le substance, nouvellement introduite dans la matière médicale, et déjà employée en Allemagne et en Angleterre, parait jouir d'une action spéciale tur l'appareil urinaire. Les observations du docteur M'Dowell, confirmées par celles du docteur Dcfcrmon , et de plutienrt autres praticiens, ne laissent aucun doute sur l'efficacité des feuilles de Buchu , dans les cas de catarrhes chroniques de la vessie , de rétentions d'urine par suite de faiblesse de cet organe, les maladies de la prostate , la gravellc et les autres cas où let diurétiques tont indiquét. Liesching, médecin au Cap , let regarde comme un remède stimulant et sudorifique, très-efficace dans les éruptions cutanées , let rhumatismes et les maladies des voiet urinairet.
Simaroi'ba OFFICINAL. Simarubà guyanensis. Rich. L.
Grand arbre qui croit à la Cuyane, à Saint-Domingue et à la Jamaïque. Parties usitées : l'écorce de la racine.
Caractères botaniques. Feuillet alleroct ; 10 à 16 folioles alternet ; fleuri dioïque», petilet, blanchâtres , disposées en panicules; fleurs mâles 10 étam.; fleurs femelles 10 étam. avortées.
Propriétés physiques. Kcorces en lanières minces , légères , longues de plusieurs pieds, roulées et repliées tur elles-mêmes, d'une texture fibreuse, difficile à pulvériser, d'une couleur grisâtre à l'extérieur et jaunâtre à l'intérieur, inodores , d'une saveur très-amère , mats tans aucune stypiieilé.
Propriétés chimiques. Cette substance contient.d'aprèt l'analyse de Morin :1° delà quassine; 2° une matière résineuse; 3» une huile volatile dont l'odeur se rapproche de celle du benjoin; i° de l'acide malique et traces d'acide gallique ; 5» des sels à base d'ammoniaque , de potasse et de chaux; 6» de l'oxide de fer; 7» de la silice; 8* de l'ulmine, et 9° du ligneux. L'alcool et l'eau dissolvent let principes actifs : l'infusion est plus amère que la décoction, qui se (rouble par le refroidissement.
Usages. Les propriétés de cette substance se rapprochent beaucoup de celles de la précédente. On l'emploie comme tonique avec beaucoup d'avantages , dans les mêmes cas et principalement dans la dernière période de la dissenterie , dans cerlaincs diarrhées chroniques , dans la dyspepsie. On l'a aussi conseillée comme fébrifuge dans les fièvres intermittentes, et elle a quelquefois réussi.
Quassibr amer. Quassia amara. L.
Arbre qui croit à Surinam , à la Jamaïque el à la Guyane. Parties mitées ; le bois, l'écorce de la racine et une substance alcaloïde particulière.
Caractères botaniques. Feuilles éparscs , glabres , quino-pinnées; pétiole commun rougeàlre ; folioles sesslles, ovales , à nervures rougeâlrcs ; fleurs rouges , en épi multiflore , hermaphrodites , avant a leur base une bractée; cal. petit ; cor. insérée sur un disque hypogyne cylindrique, tronqué; ovaire globuleux à 5 loges soudées par leur sommet ; fruits : 5 drupes noires, ovoïdes, distinctes, renfermant une noix monosperme.
Propriétés phtsiqbrs. La racine du quassia est grosse comme le bras , cylindrique , couverte d'une écorce mince, grisâtre, fendillée; le bois se trouve dans le commerce en gros morceaux; il est blanc, tirant sur le jaune, surtout lorsqu'il a été exposé à l'air, léger et très-difficile à réduire en poudre. Ces différentes parties et surtout l'écorce sont inodores et d'une saveur extrêmement a mère , sans aucun mélange d'icreté ni d'aatrin-
Propriétés chimiques. Cette substance contient un principe amer, nommé Qvuusln», découvert par Tuomson, une trace d'huile volatile, de la gomme, du ligneux, et plusieurs sels à base de chaux. L'alcool et l'eau, même froide, s'emparent de ses principes actifs.
La Quassinr est d'un jaune brun , transparente , Incristallisable, très-solublc dans l'eau et dans l'alcool affaibli, et insoluble dans l'étber.
Usacrs. Le quassia est un tonique très-énergique , totalement dépourvu d'astringente et d'âcreté. Il n'agit pas du tout comme excitant ; car , même à hautes doses, il n'accélère pas la circulation et n'élève pas la chaleur animale. Il fortifie les tissus, développe l'action du canal alimentaire, mais sans l'irriter et sans occasionner, comme plusieurs autres amers , ni nausées ni évacuations alvines. On l'administre avec avantage dans tous les cas qui réclament l'emploi des fortifiants, et particulièrement dans la dyspepsie résultant de l'atonie des organes digestifs, dans certains cas de goutte , dans les catarrhes chroniques et les écoulements muqueux entretenus par la faiblesse des organes, tels que les leucorrhées, les blennorrhées, les diarrhées sans inflammation. H réussit aussi très-bien dans quelques vomissements purement spasmodiques ; enfin on l'a vanté comme fébrifuge, et en effet on l'a employé avec succès en Amérique , et particulièrement a Surinam, contre les fièvres intermittentes; mais dans les fièvres intermittentes graves et rebelles, il ne saurait remplacer efficacement l'écorce du Pérou.
Ancustori vraie. Luspana jeonjaga. muiud.
Grand arbre de l'Amérique Méridionale. Parties usitées: l'écorce.
Caractères botaniques. Tronc droit, de 60 à 80 pieds de hauteur, écorce grisâtre ; feuilles trifoliées, pétiole
long de 8 à 10 pouces, folioles ovales, alongées, luisantes ; fleurs blanches, en grappes dressées à l'aisselle des feuilles sup.; cal. aubcampanulé; cor. 5 pét. soudés par leur base; 5 ou 6 étam., S seulement fécondes ; ovaire à 5 loges uniovulées ; fruits : 5 capsules monospermes , réunies sur un axe commun.
Propriétés phtsiqces. Écorces en fragments plus ou moins roulés , et même tout-a-fait plats, de quelques pouces de long sur une ou deux lignes d'épaisseur , recouvertes d'un épiderme mince, et quelquefois au contraire épais, blanchâtre, lisse ou un peu raboteux. Leur surface interne est lamelleuse, d'un brun jaunâtre; la substance intermédiaire est d'une structure compacte et d'une couleur fauve foncée. Leur cassure est nette et résineuse , leur odeur forte, sui generis, leur saveur très-amère, légèrement aromatique el persistante.
Propriétés chimiques. La composition de cette suhstance n'est pas bien connue; on sait cependant qu'elle ne contient ni tannin ni acide gallique, mais un principe amer très-abondant, une matière azotée qui , d'après T. Thomson, est analogue à la cinchonine , du carbonate d'ammoniaque et un peu d'huile essentielle. Les principes médicamenteux sont solubles dans l'eau et l'alcool.
Usages. L'écorce d'angusture vraie jouit de propriétés toniques et stimulantes. A trop hautes doses, elle donne lieu à des nausées et a des vomissements ; à doses modérées, elle réveille les forces digestives, augmente l'appétit, rend les digestions plus faciles , et par suite exerce une action fortifiante sur l'économie en général. On l'a beaucoup vantée, comme fébrifuge, dans les premiers temps de son introduction dans la matière médicale, et on l'a même regardée comme supérieure au quinquina; mais d'après les observations d'Alibert , elle ne parait pas mériter ces éloges, el ne saurait remplacer l'écorce du Pérou. Cependant , on l'administre avec avantage dans les affections atooiques du canal digestif, telles que les diarrhées séreuses, la dyspepsie, etc. Elle peut être utile dans tous les cas qui réclament l'emploi des fortifiants ; mais on devra se garder de l'employer toutes les fois qu'il existera un étal inflammatoire, soit aigu, soit chronique.
CCATRE-VINCT-QCINZ.IÈME f AMILLI..
pittosporkes. Pittosporeat. R. Bbowrt.
Arbrisseaux quelqoefois sarmenteux el volu biles, i feuilles simples et alternes, sans stipules ; à fleurs solitaires , fasciculées ou disposées en grappes terminales. Leur calice est monosépale, A cinq divisions profondes; la corolle se compose de cinq pétales égaux , réunis et soudés par leur base , de manière à former une corolle monopétale , tubuleuse et régulière , ou étalée et comme rotacée ; les cinq étamines sont dressées, hypogjne», de même que la corolle ; l'ovaire est libre , éleyé sur une espèce de disque hypogvne ; il présente une ou deux loges , séparées par des cloisons incomplètes , qui souvent ne se joignent pas an centre de l'ovaire, et de 1A l'unilocularité
de cet organe. Les ovules 6onl nombreux, attaches sur denx rangées longitudinales et distinctes vers le milieu de la cloison. Le style est quelquefois très-court, terminé par un petit stigmate bilobé. Le fruit est une capsule à une ou deux loges polj spermes, s'ouvranl en deux valves , ou un fruit charnu et indéhiscent. Les graines se composent d'un tégument propre un peu rrustacé, d'un endosperme blanc et charnu , et d'un cm* bryon extrêmement petit, placé vers le hile, et ayant sa radicule tournée vers ce point.
Les genres qui composent cette famille étaient placés auparavant parmi les Rhamnécs; mais leur insertion hypogynique les en éloigne grandement. DeCandolle place let Pittosporées enlre les Polygalées et les Fraukéoiacées; mais il nous semble que cette famille doit être mise auprès des Rulacées , dont elle se rapproche tingulièrement par une foule de caractères. Voici les genres principaux de cette famille : Pittosporutn , Billardiera , Bursaria. Senacto, etc.
PL.XXXlll.Fig.381. Sommité d'une lige de Piltosporc cotonneux, Pittosporum tomentotum.