Une graine
Polygala dr ViBr.iMK. Polygala senega, L.
Plante vi vace qui croit dans l'Amérique septentrionale. Parties mitées : la racine.
Caractères botaniques. Tiges herbacées, hautes de8 » 10 pouces ; feuilles sessiles , ovales . lancéolées , d'un vert clair; H petites, en épis terminaux j cal. à 5div. profoudes, irrégulièrcs ; cor. irrégulière à 5 féU ; fr.i capsule très-comprimée , bivalve , à 2 loges monnspermes, contenant des graines noires, alongées et terminées en pointe.
Propriétés physiques. Racine d'une grosseur variable, depuis celle d'une plume jusqu'à celle du petit doigt, contournée , rameuse , ayant d'un coté une sorte de crête longitudinale ; son écorec est grisâtre , résineuse, recouvrant un meditullium blanchâtre et ligneux ; son odeur est faible et nauséeuse , et sa saveur d'abord douce , puis Acre et amère , excite la toux et la salivation.
Propriétés chimiques. Celte substance contient , suivant Dulong d'Astaford , une matière particulière alcaliue , Polygalhie ou Sènégine , de la résine, une matière gommeuse , une matière analogue à la cire , une substance colorante jaune , de l'acide peetiqtM , du malate acide de potasse et de chaux, etc. Pe»chier prétend y avoir découvert trois uouvelles substances qu'il a nommées Polygaline.el Isolysine et Acide polygalique. L'eau et l'alcool s'emparent des principes médicamenteux.
La Séséginb parait être le principe actif du polygala. Elle est solide , brune , translucide , d'une saveur désagréable, et d'une odeur qui provoque l'élernùmenl quand on la pulvérise. Elle est insoluble dans l'eau et dans Féther ; l'alcool , au contraire , la dissout facilement. Elle est jusqu'ici sans usage.
Usages. Le polygala est un excitant très-énergique , qui, à trop fortes doses , occasionne souvent des vomissements et des déjections alvincs. A doses modérées , ce médicament excile la sécrétion de l'urine , la sueur et le ptyalisme. On a cru pendant long-temps qu'il exerçait une action spéciale sur les |h>iiiiioiis , et alors on l'employait daus toutes les maladies de poitrine , même dans les cas d'inflammation aiguë. On sait aujourd'hui à quoi !»'en tenir sur ces prétendues vertu» spécifiques. On s'en sert avec avautage dans les affections rhumatismales , dans la dernière période des catarrhes pulmonaires, dans l'hydrolborax cl certaines bydropisies , daus le croup , l'aménorrhée, etc. Eu Allcmague , on l'administre à l'intérieur avec beaucoup de succès , suivant le docteur Ammoii, dans le traitement des ophthalmics (rès-inten- »es , contre lesquelles les anliphlogistiques échouent si souvent. Les Américains regardent le polygala comme uu
remède souverain contre la morsure des serpents venimeux , et surtout du serpent a sonnettes. Cette répulaliou ne s'est pas soutenue en Europe.
On peut substituer au polygala de Virginie, le Polygala commun , Polygala vulgaris. L., plante indigène très-commune. Il jouit en effet des mêmes propriétés , mais à un moindre degré.
La racine du Polygala amer , Polygala amara, L., plante qui croit abondamment dans lei lieux incultes, jouit d'une amertume extrêmement prononcée ; elle agit à la manière des médicaments toniques , mais en même temps elle provoque ordinairement des évacuations alvines. On l'a beaucoup vantée dans le traitement des maladies du pou mou ; mais on conçoit qu'elle est plutôt nuisible qu'utile dans les cas d'inflammation.
CENT-SEIZIEME i aiiii.il.
trkmamdrkks. Tremandreœ. R. Bhowm.
Celle petite famille, formée des deux seuls genres Tremandra et Tetratheca, se compose d'arbusles ayant le porldes Bruyères, tous originaires de la Nouvelle-Hollande, portant des feuilles alternes ou verticillées, sans stipules, simples ou dentées, et souvent garnies de poils glanduleux. Leurs fleurs sont Bifilaires et solitaires, ayant un calice de quatre A cinq sépales inégaux, rapprochés en forme de valves, avant l 'épanouissement de la fleur, cl caducs. La corolle se compose de quatre à ciuq pétales égaux, alternes avec les sépales, plus longs que les élamines. Celles-ci, au nombre de huit à dix, sont placées par paire en face de chaque pétale; leurs anthères, qui offrcntdcux ou quatre loges, s'ouvrent à leur sommet par un petit trou ou une sorte de tube. L'ovaire est ovoïde, Comprimé, à deux loges, contenant chacune deux à Dois ovules pendants. 1 c style se termine par un ou deux stigmates, et le fruit est une capsule comprimée, biloculaire, s'oinrant en deux valves sepliferes sur le milieu de leur face. Les graines, insérées au haut de la cloison, sont terminées par un appendice caronculifonne. L'embryon est dressé dans un endosperme charnu.
Celle famille a de nombreux rapports avec les Polygalées, dont elle diffère par ses élamines libres , ses anthères à deux ou quatre loges, sa corolle régulière , et avec les Droséracées, dont elle se distingue par ses anthères , les loges de son ovaire, qui ne contiennent que deux ou trois ovules, etc.
PL. XXXV. Fig. 475. Extrémité d'un rameau de
Tétrathèque glanduleuse , Tetratheca glandulosa.