‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 20 sur 259 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DES STIPCLE9 (I).

Les stipules sont des organes accessoires des feuilles. Elles n'existent point dans les végétaux uionocotvlodonés, mais seulement dans les dico- Ulédonés, qui n'en sont pas tous pourvus. Ce sont de petits appendices squamiformes ou foliacés, qu'on rencontre au point d'origine des feuilles sur la tige. Elles sont ordinairement au nombre de deux, une de chaque côté du pétiole, comme dans le charme, le tilleul; le plus souvent elles itout libres , c'esl-â-dire qu'elles ne sont pas fixées au pétiole; d'autres fois elles font corps avec la base de cet organe, comme dans le rosier.

Les stipules fournissent d'excellents caractères pour la coordination des plantes. Quand un végétal d'une famille iialurelle en présente, il est extrêmement rare que tous les autres n'en soient pas également pourvus. Ainsi, elles existent dans toutes les plantes de la famille des Légumineuses, des Rosacées, des Tiliacées , des Malvacées, etc.

Comme elles tombent très-facilement quand elles sont libres, on pourrait quelquefois s'en laisser imposer par leur absence, et croire que la plante eu est dépourvue; mais on pourra éviter facilement celte erreur en observant qu'elles laissent toujours sur la tige, au lieu qu'elles occupaient, une petite cicatrice qui atteste ainsi qu'elles ont existé.

Dans les Rubiacèes exotiques, à feuilles opposées, telles que le Coffœa, le Psychotria, le Cinchona, les stipules sont situées entre les feuilles, et paraissent être de véritables feuilles avortées.

(1 Stipula, Fulcra-

En effet, dans les Rubiacèes de nos climats, telles que les Galium, les Rubia, les Asperula. elles sont remplacées par de véritables feuilles , qui, alors, forment un vcrlicille autourde la tige.

Quelques plantes ne présentent qu'une seule stipule, comme l'épine-vinetle ( Berberis t'Mfgaris).

Quand il en existe deux, elles sont presque toujours distinctes l'une de l'autre ; mais quelquefois elles se soudent et sont conjointes ( stipulas connatœ ), comme dans le houblon , i/umulus Lupulus). Les stipules peuvent se souder ensemble en dedans de l'aisselle de la feuille, la lige restant en dehors ; dans ce cas, les stipules sont axillaires, comme on le remarque dans le Melianthus major. Il est très-probable que la gaine membraneuse des Polv gonces , a laquelle on a donné le nom è'ochrea, est formée de la soudure de deux stipules.

Leur nature et leur consistance sont très-sujettes à varier. Ainsi, elles peuvent être foliacées, c'est-à-dire semblables à des feuilles, comme dans l'aigremoine ( A (j ri mou ta eupatoria ) : membraneuses, comme dans le figuier, les Magnolia; spinescentes. comme dans le jujubier (Zizyphus vul-

Ciris), le grosciller à maquereau ( Ribes grossuria).

Leur figure ne varie pas moins que celle des feuilles. Ainsi, il y en a d'orbiculaircs, d'ovales, de sagillécs, de réniformes, etc. Elles peuvent encore être entières, dentées ou laciniées.

Quant à leur durée, les unes sont fugaces, c'est-à-dire tombant avant les feuilles : par exemple, celles du figuier (Ficus Carica), du tilleul (Tilia europaa). Les autres sont simplement caduques, quand elles tombent en même temps que les feuilles : c'est ce qui a lieu pour le plus grand nombre. Enfin , il en est d'autres qui persistent sur la tige plus ou moins long-temps après la chute des feuilles : telles sont celles du jujubier, du grosciller à maquereau, etc.

L'usage des stipules parait être de proléger les feuilles avant leur développement , ainsi que le montre évidemment leur disposition respective dans les bourgeons des Araentacées, des Rosacées, etc.

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