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le M' ni , 1 ombre «l'un nuage ou d'un corps quelconque , faction du fluide électrique, la chaleur, le froid, le» vapeurs irritantes, telles que celles du chlore, du gaz ni trou \, suffisent pour faire éprouvera ses folioles lesmouvemcnlslesplus singuliers. Si l'on en touche une seule, elle se redresse contre celle qui lui est opposée, et bientôt toutes les autres de la même feuille suivent et exécutent le même mouvement cl se couchent les unes sur les autres, en se recouvrant à la manière des tuile* d un toit. La feuille elle-même tout entière ne larde pas à se fléchir vers la terre. .Mais peu de temps après, si la cause a cessé d'exercer son action, toutes ces parties, qui semblaient s'être fanées, reprennent leur aspect et leur position naturelle.
L'Hedytarum gyrant, plante singulière, originaire du Bengale, offre des mouvements encore plus remarquables. Ses feuilles sont trifoliées. Les deux folioles latérales, qui sont beaucoup plus petites , sont animées d'un double mouvement de flexion et de torsion sur elles-mêmes, qui parait indépendant de chacune d'elles. En effet , l'une se meut quelquefois rapidement, tandis que l'autre reste en repos. Ce mouvement se fait par de petite» saccades très-rapprochées. Ainsi, l'une des petites folioles latérales s'abaisse dans le même temps que l'autre s'élève. Il s'exécute sans l'intervention d'aucun stimulant extérieur. La nuit ne le suspend pas. Celui de la foliole médiane, au contraire, parait dépendre de 1 action de la lumière, et cesse quand la piaule n'y est plus exposée. 11 est d'ailleurs beaucoup plus lent.
Les folioles du Porliera hygrometrica. arbuste do la famille des Rutacées, se rapprochent et s'accolent l'une contre l'autre aussitôt que le ciel se couvre de nuages (Voy. pl. III, fig. 48).
Le Dionaamuscipula, planleoriginairede l'Amérique septentrionale, présente à l'extrémité de ses feuilles deux lobes réunis par une charnière médiane, elenvironnésde poils glanduleux. Quand un insecte, ou un corps quefeonque, touche et irrite l'un des petits corps glanduleux que l'on remarque sur leur face supérieure, ces deux lobes , se redressant vivement, se rapprochent, et saisis» sent l'insecte qui les irritait. Aussi celte plante porte-t-elle le nom vulgaire d'adrane-moucAe. Mais il esl à remarquer qu'il n'y a d'irritable dans cette feuille que les deux ou trois petits points glanduleux qu'on observe sur la face supérieure.
t'nc petite plante de la même famille, commune dans nos environs, le Drosera ra lundi fo lia ou Rostolis, offre un phénomène analogue. Ses feuilles sont arrondies, concaves, glanduleuses et bordées de cils dans leur contour. Dès qu'une mouche ou loul autre insecte, attirés par le suc visqueux qui recouvre la surface supérieure de ces feuilles, vient s'y fixer, les poils se redressent, s'entrecroisent avec ceux du cùlé opposé, et forment ainsi
une sorte de rets ou de filet, sous lequel le petit animal se trouve emprisonné.
Nous pourrions ciler encore ici un assez grand nombre de végétaux dont les feuilles exécutent des mouvements plus ou moins marqués. Il nous suffira de dire que dans le genre Mimosa, indépendamment de la sensitive (.W»mo«ï pudiea, L.),chex qui ces mouvements ont le plus d'intensité, on en observe d'analogues dans les Mimosa sensiliva. rasta.dormiens, viva.humtïis. etc. ; dans \e»Schrankiaaeuleata, Smilhia sensitiva, /Eschynomenesensitiva. indiea, etc.; Averrhoa carambola, etc.: tou tes plantes originaires des contrées chaudes du globe , et appartenant à la famille des Légumineuses. Plusieurs Oxalis, mais spécialement l'OjMlis sensilivo, rentrent aussi dans la classe des plantes mobiles.
Nous devons aussi mentionner les diverses espèces de Nepenthes. Ces singuliers végétaux sont tous originaires de l'Inde ou de l'Ile de Madagascar. Leurs feuilles se terminent à leur sommet par un long filament qui porte une sorte d'urne creuse, d'une fortno variable dans les diverses espèces, et recouverte a son sommet par un opercule qui s'ouvre et se ferme naturellement (Voy. pl. III, Gg. Su). Ces urnes ont toujours causé l'admiration des voyageurs, par le phénomène singulier qu'elles présentent. En effet, on les trouve presque constamment remplies d'une eau claire, limpide et très-bonne à boire. Pendant quelque temps, on a cru que celle eau provenait de la rosée qui s'y accumulait ; mais comme leur ouverture esl assez étroile et souvent fermée par l'opercule, on a reconnu que le liquide avait sa source dans une véritable transpiration, dont la surface interne de l'urne est le siège. C'est ordinairement pendant la nuit que l'urne se remplit,, et dans cet état l'opercule esl généralement fermé. Pendant le jour, l'opercule se soulève, et l'eau diminue de moitié, soit qu'il y ait évaporalion, soit qu'il j ait résorption.
Les substances délétères, les poisons, agissent sur les plantes comme sur les animaux. D'après les expériences de MM. Gœppors et Macairc Princep, l'eau distillée de laurier-cerise, l'acide hydrocyanique, la solution d'opium dont on arrose une plante, y détruisent cette propriété d'exécuter des mouvements qui sont propres à un certain nombre d'entre elles. Ainsi, une sensilivo arrosée avec une de ces substances, devient insensible aux agents qui étaient susceptibles de l'influencer vivement. Ses parties tombent dans une sorte de collapsns ou de flaccidité. L'excitabilité parait > avoir été détruite.
Quelle est la cause de oes mouvements si remarquables dans les végétaux que nous venons de ciler? C'est une question sur laquelle on a beaucoup écrit , sans être arrivé à rien de bien certain.
Les uns onl pensé que ces mouvements étaient
dus à un gax qui , par le choc mèn»c le plus léger communiqué aux végétaux où ces phénomènes avaient été observés, s'en dégageait, et produisait le mouvement des folioles sur leur pétiole commun , et de celui-ci sur la tige à laquelle il est attaché. Cette explication a surtout été présentée parLamarck, dans l'article Acacia sensitivede l'Encyclopédie méthodique. Mais c'est une pure hypothèse que les faits démentent, car on s'est assuré par l'expérience qu'aucun gaz ne se dégage au moment où les feuilles de la sensilive exécutent leurs mouvements. D'autres ont prétendu que ces mouvements provenaient des alternatives de chaleur et de refroidissement auxquels les plantes sont exposées pendant le jour et pendant la nuit, alternatives qui doivent avoir une grande influence sur la marche des fluides séveux.
Une autre opinion encore qui parait plus probable et plus généralement adoptée, est celle qui fait dépendre les mouvements rapides des plantes à feuilles mobiles, des influences de la sève. Pour appujer celte tnpolhèsc, il est nécessaire d'admettre dans les vaisseaux, et même dans le tissu cellulaire , indépendamment de l'excitabilité qui existe dans tous les êtres organisés, la faculté de percevoir et de pouvoir transmettre plus ou moins bien l'action que certains agents extérieurs produisent sur eux. Ainsi, l'on a dit que lorsqu'on irritait une foliole de sensitive , le mouvement se propageant rapidement , soit au moyen du tissu cellulaire, soit par les vaisseaux, les sucs séveux se trouvaient refoulés des folioles dans leur pétiolule, do celui-ci dans le pétiole commun , cl que de cet afflux brusque de la sève dans le bourrelet pétiolairc, où se passent tous les mouvements, résultaient les changement* de position que les diverses parties de la plante éprouvaient successivement. .Mais malheureusement cette explication repose sur une propriété que les faits ne démontrent pas, la contractilité du tissu cellulaire et des vaisseaux , et leur faculté de transmettre les sensations perçues.
M. Dulrochet , que nous avons déjà cité avantageusement dans le cours de cet ouvrage , s'est beaucoup occupé des mouvements des feuilles dans les végétaux , et plus particulièrement dans la sensitive. Nous exposerons ici brièvement le résultat de ses opinions.
A la base du pétiole des feuilles dites articulées , qui sont les seules dans lesquelles se manifestent les mouvements d'irritabilité , on aperçoit un renflement ou bourrelet qui se termine ensuite par un rétrécissement manifeste. Jusqu'à présent on avait pensé que les mouvements se passaient dans ce point rétréci , que l'on regardait comme scmblableà l'articulation des membres chci les animaux. Les cxpériencesdcM. Dulrochet tendent à prouver que les mouvements ont lieu dans le bourrelet luimême, cl qu'ils se réduisent à la flexion et au redressement. Dans le premier cas, il forme une
courbe dont la convexité est tournée vers le ciel; dans le second cas, il est presque droit. Ce bourrelet est essentiellement composé d'un tissu cellulaire fin et délicat , garni d'une très-grande quantité de pelils grains verts, qui sont, pour M. Dulrochet, autantde corpuscules nerveux. Au centre se trouve un faisceau de vaisseaux nourriciers. C'est ce tissu cellulaire du bourrelet qui est le siège des mouvements du pétiole, que l'on peut à volonté anéantir en enlevant ce tissu cellulaire. Ainsi, quand on enlève le tissu cellulaire du côté inférieur du bourrelet, la feuille reste fléchie et ne peut se redresser ; si, au contraire, on ôte la partie supérieure , la feuille conserve la faculté de se redresser, mais elle ne peut plus se fléchir. Il résulte évidemment de celte expérience que la flexion de la feuille est produite par l'action du bourrelet supérieur, et que son redressement est dù à celle du bourrelet inférieur. Ce sont en quelque sorte deux ressorts antagonistes, dont l'un devient alternativement plus fort que l'autre.
En voulant étudier avec plus de soin l'organisation intime du bourrelet, l'habile expérimentateur dont nous exposons ici les idées, est arrivé à une autre découverte. Si l'on coupe une tranche très-mince du tissu cellulaire du bourrelet sur le côté supérieur, on la voit sur-le-champ se ployer en cercle, dont la concavité est constamment tournée vers l'axe du bourrelet. Si l'on répète la même opération sur le côté inférieur, la concavité du bourrelet regarde également vers le centre ; en sorte que le bourrelet est composé de deux ressorts antagonistes , qui tendent à se recourber en sens inverse : le ressort inférieur redresse le pétiole , tandis que le supérieur le fléchit. M. Dulrochet donne le nom d'incurvation à celle propriété que possèdent les lames du bourrelet de se rouler dans un sens ou dans un autre.
La cause immédiate de ces mouvements d'incurvation réside, selon notre auteur, dans l'action nerveuse mise en jeu par tes agents du dehors. 11 était naturel que W. Dulrochet , ayant attribué aux plantes un système nerveux analogue à celui des animaux, lui fit jouer dans les phénomènes de la végétation le rôle important que ce système remplit dans les actions de la vie animale. Ainsi donc l'action du système nerveux esl la cause des mouvements visibles dans les végétaux comme dans les animaux. Mais, s'il en est ainsi, ce système nerveux doit , comme dans ces derniers, être l'organe de transmission do ces mouvements , ou, en d'autres termes , la partie transmettant le stimulus qui met en jeu l'action de ce système. Or, c'est ce qui n'a pas lieu , du propre aveu de M. Dulrochet; car , d'après des expériences extrêmement délicates, il esl parvenu à reconnaître que l'action nerveuse qui détermine les mouvements des feuilles, se transmet uniquement par les vaisseaux qui forment l'étui médullaire, vaisseaux entièrement privés de granules nerveux. Ainsi donc le système
nerveux des végétaux serait l'agent de la puissance uerveuse, sans être l'organe de la transmission de cette-puissance.
D'après ce court exposé, il nous semble que l'importante question de la cause des mouvements des feuilles n'est point encore complètement résolue , et que de nouvelles expériences sont encore nécessaires pour arriver à une solution satisfaisante.
Défoliation ou chute de» Feuillet.
Il arrive chaque année une époque où la plupart des végétaux se dépouillent de leurs feuilles. C'est ordinairement à la fin de l'été ou au commencement de l'automne que les arbres perdent leur feuillage.
Cependant ce phénomène n'a pas lieu i la même époque pour toutes les plan lis. On remarque eu général que les arbres dont les feuilles se développent de bonne heure sont aussi ceux qui les perdent les premiers, comme on l'observe pour le tilleul, le marronnier d'Inde, etc. Le sureau fait exception à celle règle ; ses feuilles paraissent de bonne heure, et ne tombent que très-tard. Le frêne ordinaire présente une autre particularité ; ses feuilles se montrent très-tard , et tombent dès la fin de l'été.
Les feuilles péliolées, surtout celles qui sont articulées avec la lige, s'en détachent plus tôt que celles qui sont scssiles, et à plus forte raison que celles qui sont amplexicaules. En général, dans les plantes herbacées, annuelles ou vivaces, les feuilles meurent avec la tige, mais ne s'en détachent pas.
liais il est des arbres et des arbrisseaux qui restent en tout temps ornés de leur feuillage. Ce sont en général les espèces résineuses, telles que les pins, les sapins, ou certains végétaux dont les feuilles sont roides et coriaces, comme les myrtes, les alalernes, les lauriers-rose, etc. On leur donne le nom d'arbres verts. Dans les régions tropicales de l'un et l'autre continent, où la température descend ou se maintient rarement au-dessous de 1 0°-f-0, la plupart des arbres et des arbrisseaux sont munis de feuilles plus ou moins roides et coriaces qu'ils conservent toute l'année. Cependant, transportés dans nos climats plus froids, ces végétaux y sont soumis aux influences qui agissent sur nos arbres indigènes, et perdent souvent comme eux leur feuillage.
Quoique la chute des feuilles ait généralement lieu aux approchesde l'hiver, on ne doiteependant pas regarder le froid comme la principale cause de ce phénomène. Elle doit être bien plus naturellement attribuée à la cessation de la végétation, au manque de nourriture que les feuilles éprouvent i cette époque de l'année, où le cours de la sève est interrompu. Les vaisseaux de la feuille se resserrent, se dessèchent, et bientôt cet organe
se détache du rameau sur lequel il s'était développé,
M. John Murray (Edimb. philo». Journ., p. 023, 1823) pense que la chute des feuilles est due à la contraction et à l'oblitération des vaisseaux du pétiole, qui proviennent do la perte de calorique qu'éprouve cette partie par f irradiation, dont l'action est beaucoup plus marquée en automne que dans les autres saisons. Il s'appuie sur ce que ce sont en général les feuilles supérieures des arbres qui se détachent les premières, parer qu'elles sont plus exposées aux effetsde celte irradiation du calorique.
Selon M. Vaucher, les fibres de la tige ne se continuent pas avec colles du pétiole; il y a toujours à la base de celui-ci une solution de continuité entre les fibres, mais qui n'est souvent pas visible à 1 extérieur. Ces fibres sont simplement juxta-posées' bout à bout avec celles de la tige ou des rameaux, et c'est le parenchyme et l'épiderme qui unissent la feuille à la lige. Quand ce parenchyme vient à se dessécher, la feuille tombe. Mais qu'on remarque bien qu'il serait difficile de rompre le pétiule au-dessus de ce point d'articulation sans déchirer des fibres, tandis que, quand la feuille tombe naturellement, la cicatrice qu'elle laisse est toujours nette.
Utoge» économique» et médicinaux de» Feuille».
Un grand nombre de végétaux sont cultivés dans nos potagers à cause de leurs feuilles, qui sont d'excellents aliments. C'est ainsi qu'on emploie fréquemment les choux, les épinard», X'oieille, le céleri, les cardona et beaucoup d'antres espèces. Remarquons ici que les cultivateurs se servent souvent de la propriété que possèdent * les végétaux privés de l'action de la lumière, de devenir tendres et sucrés, pour les rendre plus propres à la nourriture de l'homme.
La médecine trouve aussi dans les feuilles un grand nombre de médicaments utiles, que l'on peut ranger de la manière suivante :
S I . Feuilles émollientes.
De guimauve (Althœa officinali»).
De mauve (Malva rotundifolia).
De poirée (Beta vulgari»).
§ 2. Feuilles amères ou toniques.
Trèfle d'eau {Menyanthet tri foliota).
Véronique officinale (Veronica officinali»).
Beccabunga (Veronica Beccabunga).
Petite centaurée (Erylhraa Centaurium. )
§ 3. Feuilles excitantes.
Oranger (Citrus Aurantium).
<i8 NOLVEA
Menthe poivrée (Mentha piperita).
Menthe Crépue (Mentha crispa).
Sauge (Salvia officinalis).
Cresson de fontaine (Sisymbrium iïasturUum).
Cochléaria (Cochlearia officinalis).
Cresson aléuois (Lepidium sativum}.
g A. Feuilles cireuses.
Ciguë (Conium maculatum).
Slramoine ( Datura Stramonium).
Tabac (Xicoliana Tabacum).
Belladone (AtropaBelladona).
Digitale pourprée ( Digitalis purpurea), etc.
g S. Feuilles purgatives.
Séné d'Italie (Cassia obovata) Séné d'Alexandrie (Cassia acutifolia).
Graliolc (Graliola officinalis).
Bagucnaudier (Colutea arborescent).