Le fruit coupé transversalement
Giroflier aromatique. Caryophyllus aromatteut, L.
Arbrisseau originaire des Moluques. Parties usitées ■' les fleurs non épanouies.
Caractères rotamoies. Feuilles opposées, obovalcs, lisses, persistantes; fleurs roses, formant un cor y m ho terminal, irichotome; cal. alongé, infundibuliforme, à 4 dents; cor. a 4 pét.; ovaire uniloculaire, monosperme; fr.: drupe sèche , ovolde.
Propriétés physiques. Le gérofle a la forme d'un petit clou à tôle ronde , d'où lui est venu le nom de clou de girofle ; il offre une couleur brune claire, une saveur âcre et piquante, et une oJeur aromatique , forte et agréable.
Propriétés chimiques. Les clous de girofle contiennent, suivant Tromsdorff, une grande proportion d'huile essentielle, du tannin et de la gomme. Lodibert y a découvert une matière résineuse , cristalline, particulière , blanche, satinée, rude au toucher, inodore et insipide, qu'il a nommée Caryophyltine. L'huile essentielle de gérofle est d'un jaune-orange , plus pesante que l'eau , et d'une saveur extrêmement âcre.
Usaoes. Celte substance jouit au plus haut degré des propriétés stimulantes. On l'emploie habituellement comme condiment. On l'administre en médecine dans les mêmes cas que les précédentes, et elle entre, comme elles , dans la composition de plusieurs préparations officinales. On se sert de son huile essentielle pour cautériser les filets nerveux des dents cariées ; mais outre qu'elle manque souvent ce but , elle peut encore occasionner la carie des dents saines. On ne devra donc f avoir recours qu'avec beaucoup de précautions. Cette huile peut encore servir a produire la rubéfaction de la peau.
Mïrte piment. Myrtus pimenta. L.
Arbre de l'Amérique du sud et qu'on cultive à la Jamaïque. Parties usitées: les fruits.
Caractères botaniques. Tronc droit, de 30 pieds de haut ; feuilles elliptiques, entières, luisantes et d'un vert foncé ; fleurs en paoicules triebotomes, d'un jaune pâle ; fr.: baie globulaire , noire , luisante et biloculaire.
Propriétés physique*. Petites baies globuleuses, sèches , à surface ridée , d'une couleur noirâtre , d'une odeur aromatique, qui rappelle un mélange de gérofle , de cannelle et de muscade, et d'une saveur piquante et brûlante.
Propriétés chimiques. Celle substance contient une buile volatile d'un jaune-verdâtre , une résine dont la saveur est piquante et nauséeuse , de l'cxtraclif , du tannin et de l'acide gallique. L'eau, l'alcool et l'éther dissolvent ses principes actifs.
Usages. Le piment est un stimulant très-énergique, qu'on n'emploie guère en France que comme condiment; mais en Angleterre, on s'en sert avec avantage , uni aux amers, dans la dyspepsie accompagnée de flatulence, dans les affections arthritiques cl rhumatismales anciennes On l'administre encore avec avantage dans les cas de varioles , de rougeoles et de scarlatines maligne»,
lorsque l'éruption est languissante cl qu'il est nécessaire de relever les forces du malade. Enfin on peut le substituer aux aulres substances aromatiques dont le prix est trèi-élevé.
L'Huile de Cajepi t, qu'on retire par la distillation des feuilles du Melaiewa leucodendron, L., Melaleuea ea- /epuff , Smilb et Maton, arbuste qui croit à Amboinc et à Bornéo, est très-usitée en Asie, en Angleterre et en Amérique. Elle est transparente, d'une belle couleur verte , très-fluide , plus légère que l'eau , Irès- volatile, d'une odeur forte , semblable à un mélange de camphre et de térébenthine, et d'une saveur piquante et fraîche, analogue à celle du camphre. Elle jouit de propriétés stimulantes et diaphoniques très- prononcées , et parait agir aussi très-efficacement comme antispasmodique. Les médecins anglais et américains l'administrent dans le» névroses de la digestion , l'hystérie et aulres affections nerveuses, les affections rhumaliimales chroniques, certaines paralysies, etc. La dose e*i de gull. iij a vj cl même plus , sur du sucre, ou dissoute dans l'alcool. A l'extérieur , celle huile est très-utilement employée en frictions, mêlée à l'huile d'olive» , pour calmer les douleurs de goutte et de rhumatisme, ccrtaiues migraines , etc.
Crsnadier commun» Punica granatum. L.
Arbrisseau originaire du nord de l'Afrique , cultivé dans le midi de l'Europe. Parties xuitée» : les fleurs non épanouies , l'écorce du fruit , et celle de la racine.
Caiuctkhks botaniques. Tronc irrégulier , couvert de petites épines ; feuilles elliptiques, luisantes ; fleurs terminales, d'un beau rouge ; cal. coloré , campanulé ; ror.à 3 pét.; ovaire inf. , a plusieurs loges; fruit arrondi, sec, coriace, d'un jaune rougeâlre, contenant un grand nombre de graine» charnues.
Propriétés physiques. Les fleurs desséchées sont rouges j l'écorce du fruit est en fragments secs, durs, coriaces , rougeâtres en dehors , jaunes en dedans ; celle de la racine est en petits fragments, d'un gris- jaunâtre à l'extérieur et jaune à l'intérieur. Ces substances sont inodores et d'une saveur très-astringente, sans amertume.
Propriétés ciiniqcrs. Les fleurs et l'écorce du fruit contiennent une grande quantité de tannin et de l'acide gallique ; récorce de la racine est composée, selon Mitouart, d'une matière grasse assez abondante, de tannin, d'acide gallique , d'une matière résineuse, de mannite, de sucre et de ligneux.
Usages . Toutes les parties du grenadier sont douées de propriétés astringentes, très-énergiques ; les fleurs et le malicorium s'emploient dans les mêmes cas que le cachou, la bistorte, etc. L'écorce de la racine, outre ses qualités astringentes, et pcut-êlrc à cause d'elles, parait exercer sur le tube intestinal, et même sur le Uenia, une action particulière qui en détermine l'expulsion. Les faits nombreux deguérison, dans des cas de ce genre, même les plus rebelles , recueillis récemment en France et ailleurs, ne permettent pas de douter de l'efficacité de cette substance comme anthelmintique , propriété qui, du reste , était déjà connue du temps de Celse. L'administration de ce médicament exige de la
prudence , car , à trop hautes doses, il donne lieu à des vomissements , à des coliques et à des douleurs d'estomac ; il parait agir aussi sur le système nerveux, comme le prouvent les vertiges , l'état d'ivresse et les assoupissements qu'il occasionne quelquefois.
On employait autrefois, dans le flux muqueux et atonique , les feuilles et l'écorce du Myrte commun, Myrtus commuai*, I, , arbrisseau très-voisin du précédent, et qui croit spontanément dans le midi de la France ; mais aujourd'hui on n'en fait plus usage.
Les Mclaslomacéc» sont de grands arbres, des arbrisseaux, desarbustes ou des plantes herbacées, ayant des feuilles opposées, simples, munies généralement de trois à cinq et môme jusqu'à onze nervures longitudinales, d'où partent un très-grand nombre d'autres nervures transversales et parallèles, très-rapprochées. Les fleurs, quelquefois trèsgrandes , offrent ru quelque sorte tous les modes d'inflorescence. Leur calice est monosépale, plus ou moins adhérent avec l'ovaire, qui est infère ou semi-infère : son limbe est quelquefois entier, ou denté, ou enfin à quatre ou cinq divisions plus ou moins profondes ; pins rarement il forme une sorte de coiffe ou d'opercule. La corolle se compose de quatre à cinq pétales. Les élamines sont en nombre double des pétales. Leurs anthères présentent les formes les plus variées et les plus singulières, et s'ouvrent à leur sommet par un trou ou pore commun aux deux loges. L'ovaire est quelquefois libre, plus souvent adhérent avec le calice; il offre de trois à huit loges contenant chacune un très-grand nombre d'ovules. Le sommet de l'ovaire est souvent tapissé par an disque épigjne. Le style et le stigmate sont simples. Le fruit est tantôt sec et tantôt charnu, offrant le même nombre de loges que l'ovaire; il resta indéhiscent, on s'ouvre en autant de valves septifères sur le milieu de leur face interne. Les graines sont fréquemment réniformes ; elles contiennent un embryon dressé on légèrement
Cette famille , qui vient d'être travaillée avec soin par le professeur De Candolle, dans le troisième volume de son Prodrome, est très-nombreuse en espèces , qui ont élé groupées en un grand nombre de genres. Parmi ces genres, on trouve les suivants : Melastoma, Rhexia. Mieonia, Triitemma, Topobaa, etc. Elle est tellement distincte par la disposition des nervures de ses feuilles, qu'elle ne peut être confondue avec aucune autre de celles dont elle se rapproche, comme les Onagraires, les Myrtacées , et les Rosacées.
PL. XL. Fig. 596. Fragment d'un rameau de Rbexie à grandes fleurs , Rhexia $peeiota.
&97. Le calice.