‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 236 sur 259 · Un ovaire coupé iransversale · texte numérisé non relu

Un ovaire coupé iransversale

EtrpHORBE i.' . Euphorbia lathyris. L.

Plante indigène, bisannuelle, qui croit dans les lieux cultivés. Partiel utitiet : l'huile grasse que Ton obtient de ses graines.

Caractères botaniques. Racine pivotante , blancbe ;

tige droite , simple , de 2 à 3 pieds de haut; feuilles sessiles, opposées, d'un vert clairet lancéolées; fleurs monoïques, formant une grande ombelle à quatre rayons , fleurs mâles , 15 à 20 étam. autour de la fleur femelle j fruits h 3 cotes et à 3 loges contenant chacune une graine grosse et jaunâtre.

Propriétés physiques. L'huile est blanche , transparente, inodore, presque sans saveur et un peu moins dense que l'huile de ricin.

Propriétés chimiques. Elle n'a pas encore été étudiée avec solu. Cependant il est probable qu'elle contient, comme l'huile de croton , un principe àcre et une certaine proportion d'huile fixe douce. Par la vétusté ou par l'action de la chaleur, elle se trouble , se rancit , et prend une saveur piquante ; elle brûle avec une belle flamme sans donner de fumée; enfin elle est insoluble dans l'alcool.

Préparations. On peut la préparer par expression ou bien en traitant les graines d'épurge , réduites en pâte, par l'alcool et mieux encore par l'élher.

Usages. Depuis long-temps les habitants des campagnes employaient les feuilles et la racine fraîches et pleines d'un suc laiteux, âcreet presque caustique, pour se procurer des évacuations alvines abondantes : mais cette pratique , dangereuse a cause de l'énergie et de 1'inAdélité de ce médicament , ne doit être usitée que dans les cas d'absolue nécessité, et à défaut d'autres substances purgatives. Dans ces derniers temps, les docteurs Frank et Calderini ont reconnu les propriétés purgatives de l'huile fournie par les graines de cette plante, et l'ont administrée avec beaucoup de succès , comme purgatif, daus un grand nombre de cas. Les observations de M. Bally et de quelques autres praticiens ne laissent aucun doute sur son efficaciié ; et l'habile médecin que nous venons de citer pense qu'elle peut remplacer avantageusement l'huile de croton lialium, parce que son action est beaucoup moins violcute , et que son peu de saveur rend son administration très-facile , surtout chez les enfants. Un autre avantage de ce médicament est le bas prix auquel ou peut se le procurer sans craindre qu'il soit falsifié.

L'Evphorbb est un suc concret fourni par les Euphorbia antiquorum , ofllcinarum et canariensit , L., qui croissent en Afrique et aux lies Canaries, est doué d'une excessive âcrelé et irrite violemment les parties avec lesquelles il est en contact. Il est en larmes irrégulières, de la grosseur d'un pois, jaunâtres, demi-transparentes, ordinairement percées d'un ou deux trous , sans odeur, et d'une saveur nulle d'abord , mais ensuite brûlante et corrosive. D'après Pelletier , cette substance est composée de: résine très-âcre et insoluble dans les alcalis caustiques 60; cire 14; malale de chaux 12 ; malate de potasse 1 ; bassorine, ligneux , huile volatile , etc., 13. Projetée sur des charbous ardents , elle brûle avec une odeur agréable; l'eau n'en dissout qu'environ 1/7, l'alcool 1/4 et l'élher 3/5.

La violence extrême de son action et les dangers qui peuvent en résulter ont fait abandonner l'usage de l'euphorbe, qu'on employait autrefois comme drastique dans les bydropisies , l'ictère et plusieurs autres maladies. On ne s'en sert plus aujourd'hui qu'à l'extérieur, comme rubéfiant et même comme cathérétique. Les

chirurgien» du Nord remploient avec avantage pour combattre la carie et la nécrose

Le* racines de I'F.l'PHoubk ipécaci'a.\ba , EuphorMa tpecacuanha, L.. qui croit dans l'Amérique du nord, sont employées par les médecins de ces contrées comme un émélique Irès-actif, à la dose de 15 à 20 grains. Les expériences de Loisclcur [>cslongchamps prouvent que plusieurs espèces indigènes de cette famille jouissent des mêmes propriétés , qui sont dues au suc laiteux qu'elles contiennent. Il conseille, en conséquence , pour remplacer l'ipccacuanha exotique , le» racines de l'Eui'uokbk cyprès , EuphorMa cyparissias , L., l'E. de Géfunn, E. gcrardfana,\'E. dis bois, E. sylvatica, L., etc. Aucuuc de ces planlcs n'est ordinairement employée en France , et ne contient de subslance aualogue à l'émétinc.

La Mercuriale annuelle, Mercurialis annua , L., est une plante indigène, qui croll aboudammenl dans les lieux cultivés; elle a une odeur vire use et une saveur amère et salée. Elle Jouit de propriétés émollientes et laxatives. Elle est peu employée à l'intérieur. Sa décoction est usitée en lavement, et on prépare des cataplasmes avec son berne bouillie. Elle entre dans la composition de quelques préparations officinales , dont les plus remarquables sont le 31 ici mercuriel , qu'on emploie très-souvent en lavement, comme laxatif.

Croton cascarilli. Croton casearitta. L.

Arbuste qui croit aux Antilles, au Paraguay et au Pérou. Parties usitées : l'écorce.

Caractères botaniques. Tige de 5 à t> pieds de baut, divisée en rameaux nombreux ; feuilles alternes , lancéolées , ondées sur leurs bords ; fleurs verdâtres , petites , monoïques , disposées en épis; cal. double; fleurs mâles, 12 à 15 étam., 5 glandes fixées au centre; fleurs femelles , ovaire triloculaire ; fruit : capsule tricoque.

Propriétés physiqubs. Fragments plus ou moins roulés, de 2 à 4 pouces de long et d'environ une demiligne d'épaisseur, couverts d'un épidenne blanchâtre , souvent parsemé de lichens, d'une couleur brune en dedan», d'une cassure compacte, lisse et résineuse, d'une saveur un peu amère , aromatique et âcre , et d'une odeur comme musquée, surtout quand on la brûle.

Propriétés chimiques. Cette écorce contient , d'après Tromsdorff , une matière extractive amère , une huile volatile très-suave.verdâtre, et une substance résineuse. L'eau et l'alcool ne s'emparent qu'en partie de ses principes actifs.

Usages. Administrée à petites doses, la cascarilleagit sur l'estomac à la manière des toniques; en plus grande quantité son action stimulante se fait sentir dans toute l'économie, comme le prouve la diapborèse , l'accélération du pouls, etc. On l'emploie avec beaucoup d'avantage dans les cas d'atonie du canal digestif, dans les dyspepsies, les dyssenteries et les diarrhées chroniques. On l'a beaucoup vantée comme fébrifuge ; mais on a reconnu que seule elle échouait très-souvent dans le traitement des fièvres intermittentes. Unie au quinquina.

elle réussit au contraire très-bien et parait rendre l'action de cette substance plus sûre et plus prompte; aussi est-ee ainsi mélangée qu'on l'emploie l« plus ordinai-

Crotom t ici h m. Croton tigHum. !..

Arbrisseau qui croit aux Iles Molnques Part (et usitées : les semences qui sont connues dans le commerce sous le nom de Grains de Tflly, Grana UgUa, ou rie /'•■• tits pignons d inde ; l'huile grasse que l'on relire de ces

Caractères botaniques. Tronc peu élevé , peu rameux ; feuilles ovales , acuminées , glabres , dentées , ayant 2 glandes à leur base ; fleurs dressées, simples , a l'extrémité des rameaux , d'une couleur pâle , les inférieures femelles , les supérieures mâles ; fruit : capsule à 3 loges contenant chacune une graine.

Propriétés physiques. Les grains de Tilly sont ovales , oblongs , presque quadraogulaires , de 5 à 6 lignes de longueur, ei recouverts d'un épidenne jaunâtre. Lorsque cet épiderme est enlevé , leur surface est Boire et unie. On y remarque plusieurs nervures saillantes, qui s'étendent de l'ombilic au sommet de la graine , et dont les deux latérales sont les plus apparentes. L'huile qu'on en retire est d'un jaune orangé , d'une saveur piquante , chaude , et excessivement âcre, et d'une odeur sui generis désagréable.

Propriétés chimiques. D'après Nimmo , cette huile contient : 55 d'une huile fixe, douce; et 45 d'un principe âcre, purgatif, qu'il a nommé Ttgline, et qui suivant Paris , aurait beaucoup de rapports avec VÊlatine. Cette substance, de nature résineuse et rougissaol légèrement la teinture de tournesol , est insoluble dans l'eau, mais se dissout très-bien dans l'alcool , dans l'élbcr , et dan» les huiles fixes et volatiles. Nimmo a constaté aussi que 100 p. d'amandes renferment 27 p. de ce principe âcre, 33 p. d'huile fixe et 40 p. de matières farineuses.

Usaoes. Administrée a petites doses , celle huile parait être rapidement absorbée , et agir sur les intestins par suite de son influence sur le système nerveux. Elle détermine ainsi des évacuations alvioes plus ou moins abondantes. Cet effet a lieu également , soit qu'on l'introduise dans l'estomac, soit qu'on l'injecte dans les veines ou qu'on l'applique à une surface absorbante quelconque. L'action générale de cette substance semble aussi activer la sécrétion de l'urine , et déterminer la diapborèse. A plus hautes doses , elle agit directement et immédiatement sur la membrane muqueuse intestinale, et produit une inflammation violente suivie des plus graves accidents. Ce médicament est employé avec avantage dans les cas de constipation opiniâtre ; quand les autres drastiques ont été administrés sans effet ; lorsqu'il est nécessaire d'obtenir des résultats très-prompts , ou qu'il existe un obstacle quelconque à l'emploi d'un purgatif ordinaire , comme il arrive dans les cas de tétanos , de manie, etc. On l'a administré avec avantage dans le traitement de la colique saturnine; mais quelquefois son usage est suivi de vomissements. Le docteur Aioslie en a obtenu de très-bons effets, employée en frictions, dans les cas de rhumatismes chroniques et de tumeurs des

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articulations. L'action très-violente de celle huile exige de la pan du médecin la plu» grande attention.

Sous le nom de Piosons d'Inde ou des Barbades on a, jusqu'à ces derniers temps, confondu les semences du Jatropha eurent, L., arbrisseau de la même famille , avec celles du Croton UgUum, que nous venons de décrire sous le nom de grains de Tilly ; mais elles en diffèrent essentiellement. En effet , elles sont d'un brun noirâtre, unies et ternes. La face extérieure est bombée, arrondie , avec un angle légèrement saillant au milieu. A leur face interne, on observe un angle plus marqué. L'amando est couverte d'une pellicule blanchâtre ; »a robe est composée de deux couches, l'une spongieuse , blanchâtre ; l'autre dure, compacte cl brunâtre. Ces semences sont également douées des propriétés irritantes, qui les rendent drastiques et émétiques.

Il en est de môme de celles du Médicinibr sauvage , Jatropha gossypifolia, L., et dn Médicinikr d'Esfacnr, J. multtflda, L. , qui ne sont plus employées. Cependant Cavcnlou a extrait des pigooos d'Inde, au moyen de I alcool, une huile en tout semblable à l'huile de croton, et qui jouissait absolument, et au même degré, des mêmes propriétés thérapeutiques.

Le Tapioka, ou Sagou blanc s'extrait de la racine du Médicinier manioc, Jairo^hu maniot . L., arbrisseau qui croit naturellement dans l'Amérique du sud. Celte fécule est blanche, en grains irréguliers , de grosseur variable , durs et d'une saveur douce. Elle se réduit facilement en gelée par l'action de l'eau bouillante.

Ricin ordinaire. Mcinut commuait. L. Pl. XLV1.

Plante originaire de l'Inde et de l'Afrique , où elle est ligneuse et forme des arbres très-élevés ; cultivée en France, clic est annuelle. Parties usitées : ses graiues et l'huile qu'on en retire.

Caractères botaniques. Tige dressée, rameuse, fisluleuse , glauque et rougcâlre ; feuilles alternes, peltces, palmées à 7 ou 9 lobes ; Beurs monoïques , réunies en grappes cxtra-axillaires et pyramidales ; fleurs mâles; cal. à 5 div.;élam. très-numbreuscs, polyadelpbes; Beurs femelles, cal. àSdiv. caduques; ovaire libre, globuleux, à 3 cotes el à 3 loges ; 1 style très-court; 3 stigmates ; fruit : capsule à 3 côtes saillantes, couvertes d'épines et contenant chacune une semence.

Propriétés physiqibs. Les graines du ricin sont ovales, aplaties d'un côté, convexes el arrondies de l'autre, d'une grosseur variable, ordinairement du volume d'un haricot, lisses, luisantes, d'un gris marhré de brun à leur surface, offrant sur l'ombilic unappendicecharnu et blanc , blanches en dedans, et d'une saveur douce d'abord, puis un peu âcre. L'huile qu'on en retire est d'une couleur blanche ou jaunâtre, épaisse, visqueuse, inodore ; elle ne se congèle qu'à plusieurs degrés audessous de zéro , el sa pesanteur spéciBque est plus grande que celle des autres huiles fixes.

PiiorBiÉTÉs chimiques. D'après le travail récent de Lecauu cl Bussy, l'huile de ricin, soumise à la distilla-

tion, a fourni un résidu solide, spongieux , jaunâtre, s'élevant environ aux deux tiers de la quantité de l'huile employée , une huile volatile très-odorante, qui cristallise par le refroidissement, el deux acides nouveaux qu'ils nomment Acide rlcinique el Olio-rfcinique, presque concrets, très-âcres , et auxquels ils attribuent les propriétés actives de l'huile qui nous occupe Elle diffère en outre des autres huiles fixes, en ce qu'elle est complètement soluble dans l'alcool pur et dans l'éther ; enfin elle rancit très-facilement, et devient alors très -âcre.

Préparations. On l'obtient ou par simple expression à froid, ou bien par l'intermède de l'eau bouillante. Ce dernier procédé parallétre le plus généralement adopté, parce qu'il donne une huile plus douce.

Usages. L'huile de ricin récemment préparée est un laxatif très-doux et très-usité, lorsqu'on a à redouter les effets d'une substance irritante sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, comme dans les cas de coliques, de dysenterie, de bernie étranglée. Elle agit en effet sans causer la moindre irritation, et on peut même l'employer dans les cas d'inflammation du canal intestinal. Mais il n'en est pas de même lorsqu'elle est rance ; elle acquiert alors une âcrclé qui la rend violemment irritante, el qui la rapproche des drastiques les plus énergiques. On ne doit jamais l'employer dans cet état d'altération. On se sert encore, avec beaucoup d'avantages, de l'hnile douce comme anthelmintique ; elle parait exercer sur les vers intestinaux une action spéciale qui les fait périr.

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