‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 245 sur 259 · La graine · texte numérisé non relu

La graine

Gb.nbvribr Sabine. Juniperus sabina. L.

Arbrisseau qui croit dans le midi de la France. Parties usitées : les feuilles et les rameaux.

Caractères botaniques. Tige de 10 à 15 pieds; feuil. très-petites , squammiformes, opposées, imbriquées sur la tige ; fleurs diolques , en chatons , fruit : baies pisiformes, noirâtres, contenant deux petits noyaux.

Propriétés physiques. Cette plante a une odeur forte, térébentbacéc, et une saveur très-âcre et amère.

Propriétés chimiques. Elle contient une grande quantité d'une huile volatile très-odorante et très-âcre. L'eau et l'alcool dissolvent ses principes actifs.

Usages. La sabine jouit de propriétés semblables à celles de la rue ; peut-être même est-elle plus active encore. On l'emploie à l'intérieur, dans les mêmes cas, et à l'extérieur, comme irritant , sur les ulcères fongueux. C'est un médicament dangereux, et peu employé de nos jours.

Cenévrieb commun. Juniperus communts. L.

Arbrisseau indigène, qui croit sur les coteaux secs et arides. Parties usitées : les fruits.

Caractères botaniqibs. Tige dressée , rameuse ; feuilles vcrlicillécs, ternées , linéaires , très-piquantes ; fleurs diolques , en chatons axillaires ; fleurs mâles en écailles, sous la forme de clou, portant à leur face intérieure des anthères globuleuses, sessiles; fleurs femelles: involucre charnu, globuleux, à 3 dénis; fruiubaies globuleuses, de la grosseur d'un pois, et contenant 2 ou 3 petits osselets triangulaires.

Propriétés physiques. Les baies de genièvre sont noirâtres, pulpeuses.de la grosseur d'un pois, d'une odeur forte , agréable , et d'une saveur amère, chaude et térébenlhacée.

Propriétés chimiques. Elles sont composées, suivant Tromsdorff , de : huile volatile 1 ; cire 4 ; résine 10; sucre 34; gomme 7 ; ligneux et eau 48, plus quelques sels. L'eau et l'alcool s'emparent de leurs principes actifs.

Usages. Les baies de genièvre exercent sur toute l'économie une action stimulante très-prononcée, mais qui parait cependant se porter plus spécialement sur les reins, dont elle augmente la sécrétion. Elles communiquent à l'urine une odeur de violette, et peuvent même quelquefois, à des doses très-hautes, la rendre sanguinolente. On les emploie avec avantage dans les affections aloniques de l'estomac et du canal intestinal , dans les cal arrhes chroniques de la vessie et de l'urètre, dans quelques maladies de la peau, dans le scorbut, dans les hydropisies et dans les aménorrhées dépendantes d'un état de faiblesse de l'utérus.

La Térébenthine est un suc résineux qui découle de plusieurs arbres de la famille des Conifères, et dont on distingue plusieurs sortes dans le commerce, savoir : la *

Térébenthine de Bordeaux , fournie par le Ptnus mariUma, Lam. ; celle de Strasbourg , par \e Ptnus picea, L. ; celle de Venise , par le Pinus larix, L. ; et enfin la Térébenthine ou Baume du Canada , qui provient du Pinus balsamea , L.

Pin maritime Pinut tnaritima. L.

Caractères botaniques. Tronc très-élevé , rameux supérieurement , couvert d'une écorce liite ; feuilles linéaires, plus ou moins alongécs, pointues, persistantes, géminées, d'un vert plus ou moins foncé ; fleurs monoïques : fleurs mâle»,en chatons écaillcux; 2 anthères attachées aux écailles ; fleurs femelles, aussi en chatons , au nombre de 2 pour chaque écaille ; fruit : cônes pyramidaux, d'une grosseur variable , composés d'écaillés imbriquées, épaisses, renfermant desamandes d'une saveur de térébenthine.

Propriétés physiques. La térébenthine de Bordeaux est épaisse , de la consistance du miel , d'une couleur jaune-blanchâtre, trouble, d'une odeur sut generft trèsforte, et d'une saveur Acre , a ni ère et nauséeuse; celle de Strasbourg est en général un peu plus fluide, transparente ou un peu laiteuse, et d'une odeur plus forte ; celle de V enise, la plus estimée, est ordinairement assez liquide, légèrement vcrdâlre , d'une odeur forte , mais moins désagréable que celle des précédentes , et d'une saveur chaude et amère; enfin la térébenthine du Canada est épaisse ,glutineuse , blanchâtre, transparente, d'une odeur forte, assez suave, analogue à celle du baume de la Mecque, et d'une saveur amère et un peu rance.

Propriété* chimiquis. La térébenthine est formée d'environ 100 de résineetde 12 d'huile essentielle, dont nous parlerons tout -à -l'heure. Elle est entièrement soluble dans l'alcool , et en partie seulement dans l'eau.

Préparations. On fait au tronc des pins des entailles de trois pouces de large et d'un pouce de profoudeur environ ; on reçoit dans des vases, ou dans une cavité creusée au pied de l'arbre , le suc qui s'écoule de ces plaies; puis on le purifie en le faisant chauffer et en le passant à travers un filtre de paille, ou bien en l'exposant au soleil dans des caisses de bois dont le fond, percé de petits trous , est placé sur un récipient. La térébenthine, purifiée de celte manière, est beaucoup supérieure à celle qu'on obtient par le premier procédé.

l'SACis. La térébenthine est un excitant général, trèspuissant. Appliquée sur la peau, elle l'irrite et la rubéfie. Administrée à l'intérieur, à hautes doses, elle détermine d'abord des nausées, des vomissements et des évacuations alvines abondantes ; ensuite elle est absorbée , et produit une vive excitation dans toute l'éco- Domio , comme le prouvent la fréquence du pouls , la chaleur et la rougeur de la peau, la céphalalgie, les vertiges, etc. A doses modérées, elle donne lieu à des effets semblables , mais moins intenses. L'action stimulante de cette substance parait, dans un grand nombre de cas, se porter spécialement sur l'appareil génitourinaire, et sur les membranes muqueuses en général. Tout le monde sait que l'urine des personnes qui en font usage, et même qui en respirent momentanément la vapeur, contracte une odeur de violette remarquable,

et que les crachats en ont souvent l'odeur et la saveur

désagréables. On l'emploie, avec avantage, dans la dernière période des catarrhes chroniques de la vessie et des autres parties du système urinairc ; dans les catarrhes pulmonaires chroniques, pour faciliter l'expectoration et stimuler la membrane muqueuse. On en retire encore de bonseffetsdanscertainesdiarrhées muqueuses, entretenues par l'atonie du canal intestinal. Elle est utile dans certains cas de goutte et de rhumatisme ; enfin on s'en sert fréquemment à l'extérieur pour aviver les plaies et les ulcères, et elle entre dans la composition d'un grand nombre d'onguents et d'emplâtres irritants.

L'Huile essentielle ou Essence dr térébenthine

est retirée de la térébenthine, par la distillation.

Elle est liquide, limpide, incolore, d'une pesanteur spécifique de 0,86, très- volatile, inflammable, d'une saveur piquante, ebaude cl âcre, et d'une odeur forte, pénétrante et particulière.

D'après de Saussure, cette huile ne contient pas d'oxigène ; elle est composée de : carbone 87,78 ; hydrogène 11,66 et azote 0,56. L'alcool bouillant la dissout facilement, mais la plus grande partie s'en sépare par le refroidissement; elle est soluble dans 6 d'élher solfunque. Elle se combine en toutes proportions avec les huiles fixes; dissout le camphre, les résines et le caoutchouc ; s'unit assez difficilement aux alcalis pour former des tavonules , et rougit ordinairement la teinture de tournesol. Combinée, à l'aide du froid, avec l'acide bjrdrochlnrique gazeux, elle en absorbe environ le tiers de son poids, et se prend en une masse molle et cristalline, formée de 20 d'un liquide acide, et de 110 d'une substance blanche , cristalline, très-volatile , d'une odeur camphrée, et qu'on nomme Camphre artificiel

On l'obtient en distillant la térébenthine, dont 125 p. fournissent à peu près 15 p. d'huile essentielle.

Usages. A hautes doses, celte huile agit comme purgative, et ne produit pas de phénomènes généraux ; mais à petites doses, elle est absorbée et donne lieu aux mêmes effets que la térébenthine ; seulement ils sont beaucoup plus prononcés, en raison de sa plus grande activité. Kécamier et beaucoup d'autres praticiens emploient cette substance, avec beaucoup de succès , dans le traitement des névralgies en général, et spécialement dans lasciatique et le tic douloureux. Dans ces cas, quelque temps après l'ingestion du médicament, on observe dans le trajet du nerf malade, une grande chaleur qui est suivie de la diminution des douleurs et de la guérison complète. L'essence de térébenthine s'administre encore avec avantage dans certains cas de débilité des organes génilo-urinaires, dans les blennorrhagies et les leucorrhées rebelles. On l'a vantée comme diaphonique dans les affections rhumatismales. Quelques médecins anglais disent en avoir obtenu de bons effets dans le traitement de l'épilepsie , et même du tétanos. Enfin, on l'administre comme anlhelmintique, surtout contre le ténia. Kennedy, médecin anglais, rapporte un grand nombre d'exemples de son efficacité dans des cas de ce genre. On doit alors la donner à assez hautes doses pour déterminer d'abondantes évacuations alvines.

A l'extérieur , on emploie l'huile essentielle de térébenthine comme excitant, dans les névralgies, lelum-

bago, le* tumeurs froide», les ulcères aloniquea, la pourriture d'hôpital, «le.

La Poix di Bourgogne n'est autre chose que de la térébenthine desséchée sur l'arbre par le contact de l'air (on la nomme alors galipot), qu'on a fait fondre et filtrer ensuite à travers un lit de paille. Cette subslancc est en masses opaquc*,amorpbes,s'amollissanl à la chaleur de la main, et devenant alors onctueuse et tenace , d'une couleur jaunâtre, plus ou moins foncée, d'une odeur cl d'une saveur analogues à celles de la térébenthine. Sa composition ne diffère de celle de cette dernière, qu'en ce qu'elle contient beaucoup moins d'huile essentielle. Appliquée sur la peau, elle y produit de la rubéfaction et souvent une éruption de petits boutons, mais jamais de vésicalion. On ne l'emploie qu'à l'extérieur, comme dérivatif, dans les affections rhumatismales , la pleurodynie, certaines douleurs vagues , etc. ; on l'étcnd sur un morceau de peau, et on l'unit souvent avec environ un tiers de cire jaune. Elle entre dans la composition d'un grand nombre de préparations emplastiques , excitantes.

La Colophane, Arcanson ou Riui sec est la partie résineuse de la térébenthine qui reste dans l'alambic , quand on en a extrait l'huile essentielle par la distillation. Celle substance est solide, transparente, très-cas» tante, friable, à cassure vitreuse, d'une couleur brune plus ou moins foncée, insipide el d'une odeur résineuse et faible. Elle entre dans la composition de beaucoup d'emplâtres. Réduite en poudre fine , on l'applique à la surface des plaies saignantes , pour arrêter l'écoulement du sang.

La Poix-résine du commerce , s'obtient en faisant fondre environ 3 p. de brai sec et 1 de galipot , et en brassant fortement ce mélange pendant qu'il est dans de l'eau, et encore liquide. Elle est en pains , opaque , fragile , à cassure vitreuse, d'une couleur jaune et d'une odeur très-faible. On ne l'emploie que pour préparer certains emplâtre».

Il en esl de même de la Poix noire qui se prépare en hrôlaol lentement les éclats des bois résineux, et les filtres de paille qui ont servi à la préparation de la térébenthine et de la poix de Bourgogne. Elle est noire, cassante, lisse, d'une odeur résineuse et très-visqueuse, lorsqu'elle esl ramollie par la chaleur. Elle fait la base de V Onguent bcuilicum qu'on emploie comme maturatif et excilani.

Le Couorox est un mélange Irèi-impur d'huile essentielle de térébenthine, de résine, d'huile empyreuma- Uque, de charbon et d'acide acétique, qu'on prépare en faisant brûler lentement, dans un four d'une construction particulière, les troncs des arbres qui ne fournissent plus de térébenthine. Il est liquide, de la consistance d'un sirop très-épais, tenace, d'un brun noirâtre et d'une Odeur forte et particulière. L'eau en dissout une partie , et acquiert une couleur jaune el une saveur piquante et empyreuroatique. Celte dissolution jouit de propriétés assez énergiques , et s'emploie à l'intérieur dans les catarrhes vésicaux et pulmonaires chroniques, certaines maladie* de la peau , le rhumatisme, l'asthme et les affections scorbutiques. On prépare l'Eau de goudron

en faisant macérer 1 p. de goudron dans 32 p. d'eau, cl en filtrant. On a préconisé en Angleterre l'emploi <lc la vapeur du goudron dans la phthisie pulmonaire ; mais ce moyen ne parait mériter aucune confiance.

Le» Bourgeons on sapin commun , ables peetinata,

DC. , qui affectent une disposition verticillée autourd'un bourgeon principal formé d'écaillés roussâtres ont une saveur amère et résineuse, et une odeur de térébenthine. On les emploie quelquefois en infusion aqueuse, dans le scorbut, le rhumatisme, la leucorrhée chronique , etc. Ils entrent dans la composition de la Bierre tapfnette ou anUtcorbuUque.

CENT .SOIXANTl.-TROISir.Mr r A M ILLE .

ctcadkes. Cyeadem. Rica.

Les Cycadées, qui ne se composent que des deux genres Cycat et Zamia, sont des végétaux exotiques, ayant le port des Palmiers. Leurs feuilles, réunies au haut du slipe, sont pinnées et roulées en crosse avant leur développement, comme dans les Fougères. Les fleurs sont constamment dioïque». Les fleurs mâles constituent des chatons ou cônes quelquefois très-grands, composés d'écaillés spatulées, recouvertes i leur face inférieure d'un très-grand nombre d'élamines qui doivent être considérées chacune comme une fleur mâle. L'inflorescence des fleurs femelles n'est pas la même dans les deux genres Cycascl Zamia. Dans le premier, un long spadice spatuliforme , ajgn, denté sur ses côtés, porte a chaque dent une fleur femelle, enfoncée dans une petite fossette. Le Zamia a ses fleurs femelles également en cône , et ses écailles, qui sont épaisses et peltées, portent chacune à leur face inférieure deux fleurs femelles renversées. Ces fleurs se composent d'un caliceglobuleux, percé d'une très-petite ouverture à son sommet, et appliqué sur l'ovaire avec lequel il est en partie adhérent à sa base. Cet ovaire est uniloculaire et contient un seul ovule; il se termine à son sommet par un stigmate en forme de mamelon. Le fruit est une sorte de noix formée par le calice ; il est quelquefois légèrement charnu. Le péricarpe est, en général, mince, crastacé et indéhiscent, adhérent avec le tégument propre de la graine. L'amande se compose d'un endosperme charnu , contenant un embryon â deux cotylédons inégaux, et quelquefois cohérents entre eux, et dont la radicule est soudée avec l'endosperme.

Pour peu qu'on compare la structure des fleurs miles, et surtout des fleurs femelles des Cycadées avec celle des Conifères, on sera frappé de l'extrême ressemblance qui existe entre ces deux familles, et l'on devra adopter l'opinion de Richard père, qui les place l'une à côté de l'autre. En effet , dans toutes les deux , les Heurs mâle* consistent chacune dans une seule anthère uniloculaire i les fleur» femelle» se composent d'un périanlhe monosé-

pale , d'un ovaire ««mi- infère , à une seule loge et à un seul ovule. Le fruit et la graine offrent la même organisation ; il est vrai que le port est toui-.i-fait différent dans ces deux familles, puisque les Cycadécs ressemblent entièrement aux Palmiers, et que la structure intérieure de leur lige est celle des Monocotylédonécs. Mais doit-on sacrifier à ce caractère les analogies si importantes qui existent dans l'organisation des fleurs des Cycadécs et des Conifères? Doit-on placer parmi les Monocolylédonées une famille dont l'embryon est évidemment à deux cotylédons? En admettant cette supposition, à coté de quelle famille monocotylédonéc placcra-t-on les Cycadécs? Elles n'ont de rapport avec aucune de ces familles; elles devront rester isolées , tandis que si l'on donne la préférence à la structure de l'embryon et à celle des

fleurs , et qu'on place les Cycadées parmi les Dieotyicdon tes, il ne reste aucun doute sur la place qu'elles doivent occuper. Elles viennent tout naturellement se classer à coté des Conifères.

PL. XLV. Fig. 684. Organe mâle du Cycas des Indes , Cyras circinaht ; a le cône coupé verticalement.

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