‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 26 sur 259 · NOUVEAU · texte numérisé non relu

NOUVEAU

Il arrive fréquemment qu'autour «l'une ou de plusieurs fleurs réunies, on trouve un certain nombre tic petites feuilles lout-à-fait différentes des autres par leur couleur, leur forme , leur consistance, etc. On leur a donné lo nom de bractée» (bracteœ). Ne confondez pas les bractées avec les feuilles florales proprement dites. Celles-ci, en effet, ne diffèrent point notablement des autres feuilles de la même plante; mais elles sont seulement plus petites et plus rapprochées des fleurs. Ainsi, dans le Salciahorminum et le Salvia scluraa, les bractées sont très-apparentes, et fort distinctes des feuilles; elles sont colorées en bleu ; dans le Salvia futgens, elles offrent la couleur rouge la plus brillante.

Quand les bractées ou les feuilles florales sont disposées symétriquement autour d'une ou de plusieurs fleurs, do manière à leur former une sorte d'enveloppe accessoire, ou donne à leur réunion le nom dmwjiucre ( Voy. pl. III, fig. 52). Ainsi , dans les anémones , on trouve au-dessous de la fleur trois feuilles florales disposées symétriquement, qui constituent un tncoiucre triphylte. L'involucre est dit tétraphylle, pentaphyllt, hexaphylle, polyphylle, suivant qu'il est formé de quatre, cinq, six, ou d'un grand nombre de bractées. Quand le pédoncule est divisé, et qu'à la base de chaque pédicelle se trouve un petit involuerc, on nomme celui-ci involucelle : par exemple, dans la carotte, à la base des pédoncules, on observe un tnvolucre polyphylle, et à la base des pédicelles, un Involucelle également polyphylle.

Les bractées sont le plus souvent libres de toute adhérence; d'autres fois elles adhèrent avec le pédoncule de la fleur, comme dans le tilleul (Tilia europœa).

Elles out ordinairement une structure et une consistance foliacées ; quelquefois cependant ce sont de petites écailles plus ou moins nombreuses cl serrées autour de la fleur. On appelle cupule (cupula) (Voy. pl. III, fig. 33, a la cupule, b le fruit) un involuerc persistant, qui accompagne le fruit jusqu'à l'époque de sa maturité, et le recouvre en partie ou eu totalité.

La cupule peut être squamacêe. c'est-à-dire formée de petites écailles très-serrées, comme dans lo chéne (Querctts robur).

Elle peut être foliacée , c'est-à-dire formée par de petites folioles, libres on soudées, comme dans le noisetier (Corylus Avellana), lo charme (Carpinus Betulus).

Enfin, clic est quelquefois pericarpoide, c'esl-à dire formée d'une seule pièce, recouvrant et cachant entièrement les fruits, s'ouvrant quelquefois régulièrement, pour les laisser échapper à l'époque de leur«nalurité, comme dans le châtaignier, le hêtre, etc. Celte sorte de cupule a souvent été, fort à tort, considérée comme le péricarpe, dont elle est cependant bien distincte.

Quand Vinvolucre entoure une seule fleur, qu'il

en est très-rapproché, et semblable au calice , on l'appelle calicule ou calice extérieur, comme daus la mauve, la guimauve; les fleurs qui ont un caliculo sont dites caliculées (flores caliculati).

La spathe (spatha) est un involucre membraneux ( Voy. pl. IV, fig. 84, a), renfermant une ou plusieurs fleurs, qu'il recouvre entièrement avant leur épanouissement, et qui ne se montrent à l'extérieur qu'après son déroulement ou son déchirement : par exemple, dans les palmiers, les narcisses, les différentes espèces à'Allium, telles que l'ognon commun, etc.

La spathe est monophylle, c'est-à-dire composée d'une seule pièce, comme dans le gouet Arum mnculatum); composée de deux pièces ou diphyllt, dans l'ail, l'ognon, etc.

Elle est cuculliforme (s. cucullata), ou roulée en cornet, dans 1 Arum.

Ruptite, c'est-à-dire se déchirant Irrégulièrement pour laisser sortir les fleurs, comme dans les narcisses.

Uniflore. biflore ou multiftore, suivant qu'elle renferme une, deux ou un grand nombre de fleurs.

Membraneuse , quand elle est mince et demitransparente , comme dans les narcisses , les Allium.

Ligneuse, quand elle offre la consistance et le tissu du bois , comme dans plusieurs Palmiers : par exemple, le dattier (Phatnix dactylifera), etc.

Pêtalotde, quand elle est molle et colorée comme la corolle : exemple, lo Richardia œthiopica, etc.

Quelquefois les fleurs contenues dans une spathe sont enveloppées chacune dans une petite spathe particulière, qui porte le nom de sphathille , comme la plupart des Irtdées.

Les Graminées et lesCvpéracées, qui s'éloignent tant des autres familles de plantes par leur aspect général et la structure de leurs organes, n'ont ni calice ni corolle proprement dits. Les parties auxquelles on avait donné ce nom diffèrent essentiellement de ces mêmes organes dans les autres végétaux phanérogames. Ce ne sont que de véritables involucres, mais qui affectent une disposition particulière, qu'on uc retrouve pas dans les autres végétaux ; aussi leur a-t-on donné des noms particuliers.

Ainsi on appelle glume (gluma) (Voy. pl. IV, fig. 55; 3, 4), dans les Graminées, les deux écailles, de forme très-variée, qui sont les plus voisines des organes sexuels. Quelquefois ces deux paillettes sont soudées en une seule, qui alors est bifide, comme dans VAlopecurus, le Cornucopicp.Toutcs les autres paillettes qui sonten dehors delà glume (1, 2) constituent la lépiccne(l«piccna). Leur nombre est très-variable. Ainsi , il y en a une daus l'.i grostis canina, L.; deux dans le plus grau<l nombre des Agrostis, le Cynodon, etc. Souvent, en dehors des organes sexuels, on trouve un ou deux petits corps de forme très-variable ; ils

portent le nom de paléoles, et leur ensemble constitue la glumelle (glumella) {Voy. pl. IV, flg. 53; S, c).

Lorsque, dans les Graminées, deux ou un plus grand nombre de fleurs sont réunies de manière à former une sorte de petit épi nommé épiet (spicuia) ou Indicule , leur enveloppe commune reçoit également le uom de lépicène; elle peut être unipaléacée, comme dans le Lolium, ou bipalèacée, comme dans le Poa , ou multipaliacèe , comme dans quelques espèces ù'Vniola. Il résulte de là que chaque petite fleur en particulier est dépourvue de lépicène propre, et n'est entourée que d'une glume, qui , dans ce cas , est toujours bipalèacée. On dit alors que ïêpiet ou la lépicène est biflore, triflore, etc., suivant le nombre des fleurs qu'ils renferment.

CIÏAPITnE II.

nE L'i.ftXORESCEKCB.

On donne le nom à' inflorescence à la disposition générale ou à l'arrangement que les fleurs affectent sur la tige ou les autres organes qui Im supportent.

On doit à M. Rceper, professeur de botanique à Bile, un excellent Mémoire sur celte partie de l'organographic végétale, et dont nous consignerons ici les principaux résultats.

La fleur, considérée physîologiqucment , ainsi que nous le démontrerons plus tard, est une sorte de bourgeon de nature particulière, formé communément de quatre verticilles de feuilles diversement modifiées, et très-rapprochés les uns des autres. Le pédoncule de la fleur n'est donc qu'un rameau très-court; et comme lafleurest constamment placée au sommet de ce rameau, on peut dire, d'une manière générale, que la fleur est toujours terminale.

Quand on étudie l'arrangement ou le groupement des fleurs, on voit que tantôt elles naissent de l'aisselle des feuilles florales ou de bractées, en un mot qu'elles sont latérales relativement à la branche qui les supporte toutes, ou bien que toutes elles partent du sommet de celte branche principale : ce sont là les deux modes essentiels sous lesquels se présente l'inflorescence. Cependant quelques végétaux offrent à la fois dans l'arrangement de leurs fleurs ces deux systèmes réunis. EnCn, dans un pins petit nombre, l'inflorescence ne rentre dans aucune de ces trois dispositions ; elle est tout-à-fait anomale. Examinons successivement ces différents modes d'inflorescence.

§ 1 . Inflorescence ajcillaire.

On l'a également désignée sous le nom d'inflorescence indéfinie, ou à développement centripète. Elle se présente toutes les fois que les fleurs

naissent soit de l'aisselle des feuilles proprement dites, c'est-à-dire qui n'ont pas changé de forme , soit de l'aisselle des feuilles modifiées en feuilles florales ou en bractées. Dans le premier cas, on dil que les fleurs sont axillairct. Quand il n'y eu a qu'une seule à l'aisselle do chaque feuille, on dit alors qu'elles sont tolitaires, comme dans la grande pervenche (Yinca major), plusieurs véroniques (Veronica arienti», hedera-foiia, ctc).

Quaud il en existe deux à l'aisselle de chaque feuille, on les dil géminées, comme dans le sceau de Salomon, le Camecerasus, etc.

Les fleurs sont lernées on yuaternèei quand elles naissent par trois ou par quatre du même point.

Si un nombre plus considérable de fleurs naissent en faisceau d'un mémo point de la tige, ont dit alors qu'elles sont fatciculées, comme dans le cerisier, par exemple.

Les fleurs sont verticillées, lorsque, naissant à l'aisselle de feuilles également verticillées, elles forment une sorte d'anneau autour de la tige : par exemple, ÏHippurisvulgaris, le Myriophyllum vcrticillatum.

Les labiées semblent au premier abord avoir des fleurs verticillées; mais elles sont simplement disposées en deux faisceaux axillaires et opposés, qui quelquefois semblent entourer la tige ; mais elles ne sont réellement pas verticillées. Il ne peut y avoir de fleurs verticillées que quand les feuilles offrent elles-mêmes celle disposition.

Nous venons d'étudier les inflorescences axillaires qui ont lieu quand les feuilles qui accompagnent les fleurs ne sont pas sensiblement modifiées. Voyons maintenant ce qui se passe dans le cas où ces feuilles se présentent sous la forme d'écaillés ou de bractées.

Il esl facile de remarquer que quand un nombre plus ou moins considérable de fleurs sont réunies au sommet d'une tige ou d'un rameau, les feuilles supérieures sont et plus petites et plus rapproch es : ces altérations sont quelquefois telles qu'elles ne se pn sentent plus que sons la forme d'écaillés ou de bractées. Ces changements sont évidemment dus à l'épuisement que la piaule éprouve dans ses parties supérieures, et parce qu'une grande parlie des sucs nourriciers sont absorbés par les bourgeons floraux ou les fleurs, et servent au développement des parties qui les composent. Ici, comme dans le cas précédent, l'évolution des fleurs commence toujours par les plus inférieures ou les plus extérieures, c'est-à-dire par celles que. l'on peut supposer recevoir encore une plus grande quantité de nourriture. C'est à cause de ce mode d'évolution ou d'épanouissement des fleurs de la circonférence ou de l'extérieur vers le centre, que M. Rœper a donné à cette Inflorescence le nom d'iufloresccncc à évolution centripète. Le développement des fleurs dans ce mode d'inflorescence esl en quelque sorte Indéfini, puis-

que la partip supérieure de la tige tend constamment à s'alonger cl à produire de nouvelles fleurs, et que son élongation ne s'arrête que par épuisement : elle se termine alors en pointe par avortemenl des fleurs et des bractées.

Examinons les diverses inflorescences axillaires qui ont reçu des noms particuliers.

1° Lorsque les fleurs sont disposées sur un axe commun, simple et non rainifi \ qu'elle soient sessilcs ou pédoncnlées, que le pédoncule soit droit ou penché, elles forment un épi (spica flores spicati) : exemple, le blé, l'orge, le seigle, le plantain lancéolé, le cassis (Ribes nigrum), l'épinc-vinette (Verberis vulgaris). les orchis, etc.

La base de chaque fleur est souveut accompagnée d'une écaille eu bractée ; I épi alors est dit squammifère ou bractéolé : par exemple, dans ÏOrchis militant.

Quelquefois les fleurs sont disposées en spirale autour du rachis, comme dans YOphrys œstivalis et l'O. autumnalis (Spiranthet, Rich.).

D'autres fois les fleurs sont trés-serrérs ; l'épi est court et globuleux (spica globosa), comme dans l'OrcAii globosa, plusieurs espèces de scille, elc.

2° Le ch'iton (amentum, flores amentaeei) est une disposition dans laquelle des fleurs uni-sexuées, composées d'une écaille qui leur sert en quelque sorte de périanlhe, sont insérées sur un axe ou pédoncule commun simple, articulé à sa base, et se détachant eu entier après la floraison : telles sont lesfleurs mâles du noyer (Juglans regia) , du noisetier (Corylus avetlana). les fleurs mâles et femelles des saules, etc. Cette espèce d'inflorescence se rencontre dans toute une famille de végétaux, composée d'arbres plus ou moins élevés, et que l'on a nommée Amentacêes (1) : tels sont les saules, les peupliers, les aunes, le bouleau, le charme, le chêne, le hêtre, elc.

3" On nomme spadice (spadix, flores spadicei) une espèce d'inflorescence dans laquelle le pédoncule commun est couvert de fleurs uni-sexuées unes, c'est-à-dire sans calice propre, ordinairement distinctes et séparées les unes des autres, comme dans l'arum maculatum, le Calla palustris, elc. Quelquefois cependant on trouve des écailles qui entrecoupent les différentes fleurs ; mais elles ne peuvent être regardées comme des calices, puisqu'elles naissent de la substance même du pédoncule, dont elles paraissent être des appendices, et sont toujours situées au-dessous du poiutqui donne attache aux fleurs, comme dans cerlaiues espèces de poivriers.

Le spadice est propre aux plantes monocotylédonées et aux diverses espèces de poivriers. Quel-

(I) La famille de» Amenlacées de Jusslcu a été partagée , d'après le» observations récente» «le quelques botanistes, en plusieurs groupes ou familles très-distinctes par la structure des différentes parties de leurs fleurs cl de leurs fruils;(ellcs sont les Cupulifèrcs, les Bétulinées les Salicinées, les Ulmacécs, etc.

q<iefois il est nu, c'est-à-dire sans enveloppe destinée à le recouvrir, comme dans les poivriers. D'autres fois il est enveloppé d'une spalhe, comme dans les Aroïdes.

*° Si le pédoncule commun se ramifie plusieurs fois et d'une manière irrégulière, celte disposition prend le nom de grappe (racemut, flores racemosi), comme dans le marronnier, etc.

Les caractères qui ont été donnes par la plupart des auteurs, pour distinguer l'épi de la grappe, sont tellement incertains, qu'il est presque impossible de distinguer cesdeux modes d'inflorescence. En effet, les uns ontdit que, dans l'épi, les fleurs étaient sessiles, et pédoncnlées dans la grappe ; d'autres ont dit que la grappe était toujours pendante et l'épi dressé. Nous croyons inutile d insister sur le peu de valeur de ces caractères. Celui que nous prenons pour base nous parait plus fixe, et surtout d'une application plus facile dans la pratique : l'axe d'un épi est toujours simple ; celui d'une grappe est constamment ramifié.

3" On dit que les fleurs sont disposées en panicule( flores panirulali) , quand l'axe commun se ramifie, et que ses divisions secondaires sont très- «longécs et écartées les unes des anlres. Cette sorte d'inflorescence appartient presque exclusivement aux Graminées : telles sont, par exemple, les fleurs mâles du blé de Turquie {Zea Mais ), 1 Agrostis spiea venti, la canne ( Arundo Donaj), elc.

g 2. Inflorescence terminée.

Ici la tige ou le rameau principal, au lieu de tendre constamment à s'allonger par son sommet , en donnant naissance à de nouvelles fleurs, se termine par une fleur accompagnée à sa base de deux bractées opposées, ou d'un plus grand nombre vcilicillées. Tantôt il naît de l'aisselle de chacune de ces deux bractées un rameau ou pédoncule, également terminé par une fleur munie de deux bractées, d'où sortent deux autres pédoncules, et ainsi de suite; de telle sorte que l'inflorescence se compose d'une suite de bifurcations offrant toujours entre elles une fleur terminale. Quand la fleur terminale est environnée de trois ou d'un plus grand nombre de bractées, il naît également un rameau de l'aisselle de chacune d'elles, et chaque rameau peut aussi offrir un développement analogue au précédent. On donne le nom général de cyme à cette inflorescence. Elle se dislingue de la précédente en ce que les fleurs ne naissent pas de l'aisselle d'une feuille ou d'une bractée, puisqu'elles terminent toujours le rameau , et par son mode particulier d'épanouissement. Ici, en effet, la floraison commence toujours par les fleurs centrales, c'est-à-dire qu'elle procède du centre vers la circonférence : de là le nom d'inflorescence à évolution centrifuge, que lui donne M. Rceper. Cette

DE BOTANIQLR.

espèce d'inflorescence se remarque très-bien dans la rue ( Ruia graveolens ), la petite centaurée, beaucoup d'espèces de Sedum.

Telle est la manière dont M. Rœper a précisé le sens du mot cyme. Mais jusqu'à présent on avait donné ce nom à la disposition dans laquelle les pédoncules partent d'un même point, les pédicelles étant inégaux, et parlant de points différents, mais élevant toutes les fleurs à la même hauteur, comme on le remarque dans le sureau noir (Sambiteus nigra), le cornouiller (Cornus sanguinea), elc

§ 3. Inflorescences mixtes.

Comme l'indique ce nom, on appelle ainsi la disposition des fleurs où se trouvent réunis les deux modes que non- venons de Taire connaître.

1° Tantôt l'aie central offre une évolution indéfinie , tandis que les rameaux latéraux se comportent comme dans les inflorescences terminées. On donne à cette espèce d'inflorescence le nom particulier de Thyrse [flores thyrsoidei). Le thyrsc est une sorte de grappe dans laquelle l'axe s'alongc indéfiniment, et les rameaui forment autant do neUlcs c^mes à évolution centrifuge, dont la réunion constitue un thyrse: c'estee qu'on remarque dans le lilas, la vigne , etc.

2° Tantôt l'axe central forme une inflorescence terminée, cl les rameaux latéraux des inflorescences indéfinies. Ce mode particulier, qui est l'opposé du précédent, s'appelle du nom général de Corymbe. On l'observe spécialement dans un grand nombre de plantes de la famille (.'es Synanthérécs, désignées alors en général sous le nom dcCorymbiféres. L'axe central se termine par un capitule; il en est de même des branches latérales. Chacun de ces capitules , comme nous l'avons dit précédemment , appartient au système des inflorescences axillaires; mais, considérés dans leur réunion, ils s'épanouissent du centre à la circonférence : il y donc là réunion des deux inflorescences centripète et centrifuge.

En général, on donnait jusqu'à présent le nom de Corymbe ( flores corymbosi ) à une disposition dans laquelle les pédoncules et leursramifications, partant de points différentsdclapartiesupcricurc de la lige , arrivent tous à peu près à la même hauteur, comme dans la mille-feuille, la tanaisie, et un grand nombre de corymbifères.

§ 4. Inflorescences anomales.

On a réuni sous ce nom toutes les inflorescences qui ne peuvent rentrer dans aucune des trois classes précédentes. Ainsi, quelquefois les fleurs , au lieu de naître de l'aisselle d'une feuille ou de terminer la tige , sont opposées aux feuilles ou ex~ tra-axillaires, comme dans beaucoup de Solanées. D'autres fois elles s'élèvent directement du collet

de la racine : ce sont les fleurs radicales , comme dans la mandragore. Dans quelques cas enfin, les fleurs sont soudées avec les pétioles, oo naissent immédiatement sur les feuilles. Cependant il est à remarquer que dans ces prétendues inflorescences épiphylles, l'organe, que l'on considère comme une feuille , n'est le plus souvent qu'un rameau très-comprimé , élargi , et remplaçant les véritables feuilles qui manquent dans ce cas : c'est ce qu'on observe dans la Xylophylla.

Les fleurs sont dites tu ombelle{ flores umbellati), quand tous les pédoncules, égaux entre eux, partent d'un même point de la tige, divergent , se ramifient eu pédicelles , qui partent également tous de la même hauteur; en sorte que l'ensemble des fleurs représente une surface bombée, comme un parasol étendu ( umbella ). Cette disposition se rencontre dans toute une famille très-naturelle déplantes, les Ombellifères : telles sont la carotte (Daucus Carotta) , la ciguë (Conium macula tum) . l'opoponax (Pastinaca Opoponax), etc.

L'ensemble des pédoncules réunis forme une ombelle ; chaque groupe de pédicelles constitue une ombellule.

Très-souvent, à la base de l'ombelle on trouve un involucre, et à la base de chaque ombellule un involucelle, comme dans la carotte. D'autres fois l'involucre manque, et il exisie des involucclles , comme dans le cerfeuil ( Chœrephyltum sativum ). Enfin , l'involucre et les invoiucelles peuvent ne pas exister du tout , comme dans le Pimpinella taxi fraya. Pimpinella magna, etc.

Les fleurs sont disposées en sertule) flores sertulali), quand les pédoncules sont simples, partant tous du même point , et arrivant à peu près à la môme hauteur, comme dans le jonc fleuri (Butomus umbellatus ) , la plupart des espèces du genre Allium , les primevères , etc.

Celte espèce d'inflorescence avait été réunie à l'ombelle ; mais elle en est trop différente pour ne pas mériter un nom particulier.

On donne les noms de capitule ( capitulum ) , de calathide ou d'anthodium, à la disposition des fleurs que les anciens nommaient improprement fleurs composées. C'est ce que l'on remarque dans les chardons, l'artichaut, la scorsonère, et en général dans toutes les plantes de la famille de Synanlhérées. Le capitule est formé par un nombro plus ou moins considérable de petites fleurs, réunies sur un réceptacle commun , manifestement plus renflé et plus large que le sommet du pédoncule, dont il est néanmoins la terminaison, et que l'on uomme phoranthe, et entourées d'un involucre particulier, qu'on désignait autrefois sous le nom do calice commun. Ainsi, par exemple, dans l'artichaut (Cynara Scolymus), les feuilles vertes dont on mange la base appartiennent à l'involucre; la partie inférieure , large et charnue , est le phoranthe ou clinanthe. Les fleurs sont au centre des folioles de l'involucre; elles sont très-petiles

el entremêlées de soies roides et dressées.

Le phoranthe n'a pas toujours la même disposition. Quelquefois il cstlégèrementconcave, comme dans l'artichaut ; d'autres fois très-convexe, proéminent et cylindrique , comme dans quelques Anthémis , le Rudbeckia . etc.

Il est plus souvent lisse; d'autres fois cependant il offre des espèces d'alvéoles dans lesquelles la base des petites fleurs est contenue, comme dans YOnoportion. Tantôt il est nu, c'est-à-dire qu'il ne porte que les fleurs ; d'autres fois les fleurs sont accompagnées d écailles ou de poils plus ou moins roides et acérés.

L'involucre ne varie pas moins : tantôt , en effet, il est formé d'un seul rang de folioles, comme dans le salsifis (Tragopogon) ; quelquefois ces écailles sont très-nombreuses, imbriquées, et forment plusieurs rangées , comme dans les centaurées, les chardons, etc.

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