‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 29 sur 259 · DO CALICE · texte numérisé non relu

DO CALICE

Le calice est l'enveloppe la plus extérieure du périanfAcdouble, oucepérianlAe lui-même, quand il est simple.

Il se compose d'un nombre variable de feuilles, formant le verlicille le plus extérieur de la fleur, et tantôt parfaitement distinctes les unes des autres, tantôt plus ou moins soudées cnlro elles.

11 est facile de prouver par l'analogie que lu pèrianthe simple est un calice , et non point une corolle, comme Linnams la nommait souvent.

En effet, un principe général, sanctionné pal tous les botanistes, c'est que l'ovaire est appelé infère (ovarium inferum) loulcs les fois qu'il fait corps, ou qu'il est soudé avec le tube du calice par tous les points de sa périphérie. Or, l'ovaire est infère dans un grand nombre de Monocotvlédonées qui n'ont qu'un périauthe simple , tels que dansles Iridées, les Narcisses, les Orchidées , etc. On doit donc conclure de là que celte enveloppe unique ,

entièrement sondée par ea base avec l'ovaire , est un véritable calice.

Le calice est monotépak (calyx monosepalus) toutes les fois qu'il est dune seule pièce, ou, pour parler plus exactement, toutes les fois que les feuilles cahcinalcs sont toutes soudées ensemble, comme dans la slramoine, et toutes les autres So> lances, dans la sauge, et toutes les autres Labiées.

M. DeCandolle propose de substituer le nom de calice gamosépale à celui de monosépale; le premier de ces noms signifiant que le calice , dans ce cas , est composé de plusieurs tépales soudes, et non d'un seul sépale, comme semblerait l'indiquer celui de calice monosépale.

Il etlpolysépale [calyx polysépalus) quand il est formé d'un nombre plus ou moins considérable de pièces distinctes, qu'on peut isoler les unes des autres sans aucune déchirure de leur substance , et auxquelles on donne le nom de sépales , comme dans la giroflée , le cresson , etc.

Toutes les fois que le calice fait corps avec l'ovaire, ou , ce qui est la même chose , toutes les fois que l'ovaire est infère, le calice est naturellement monosépale.

Le calice monosépale persiste presque toujours après la fécondation. Très-souvent il accompagne le fruit jusqu'à l'époque de sa maturité. Quelquefois même il prend de l'accroissement à mesure que le fruit approche de la maturité, comme on le remarque dans l'Alkékenge ( Physalis Alkekengi ) , etc.

Le calice polysépate est généralement caduc ; il tombe le plus souvent àl'époquedc la fécondation, quelquefois même aussitôt que la fleur s'épanouit , comme dans les pavots.

On dislingue dans le calice monosèpale : 1° le tube, ou la partie inférieure, ordinairement alongée et rélrécic; 2° le limbe, ou la partie supérieure plus ou moins ouverte et étalée; 3° la gorge (faux), ou la ligne qui sépare le tube du limbe.

Le limbe du calice monosépale peut être plus ou moins profondément divisé. Ainsi il est simplement :

1° Denté (calyx dentatus), quand il offre des dentelures aiguës. Il peut être tridenté (c. tridentatus), comme dans la camelée (Cneorum tiicocrum}; quadridentè (c. quadridentatus) , comme dans le troène, le lilas ; quinquédenté(c. quinquetlentatus) , dans un grand nombre de Labiées et de CaryophyMes , etc. , suivant qu'il présente trois , quatre ou cinq dents. Ces -lents elles-mêmes peuvent offrir différentes dispositions. Ainsi, elles sont égales, ou inégales, dressées, étalées ou rélU'chies. Ces diverses expressions s'entendent d'elles-mêmes , et n'ont pas besoin d'être définies plus longuement.

2° Le calice monosépale peut èlre fendu (c. fissus) , quand les incisions atteignent environ la moitié de la hauteur totale du calice. De la on dit «lu'îl est :

Bifide ( c. bifidus ) , comme dans la pédlculairc des marais ( Peiiicularis palustris); Trifide (c. trifidus) ;

Quadrifide (c. quadrifidm) comme dans le JIA*nanthus crista galli , etc.

Quinquèfide ( c. quinqtiefidus ) , dans la jnsquiame (Hyosciamus niger), le tabac ( IS'icotiana tabacum ) ;

Multifide (c. multifidus), etc.

3° quand les divisions sont très-profondes , et parviennent presque jusqu'à sa base, on dit alors du calice qu'il est:

Biparti (c. bipartitus), comme dans le genre Orobanche ;

Triparti (c. tripartihu) , comme dans ÏAnona triloba ;

Quadri parti (c. quadripartitus) , dans la véronique officinale (Veronica officinalis) ;

Quinquéparti [c. quinquepartilus) , dans la bourrache (Borrago officinalis) , la digitale pourpréo (digitalis purpurea), etc. ;

Multiparti (c. multipartitus).

Enfin, par opposition à toutes ces expressions , on dit du calice qu'il est entier (calyx integer) , quand son limbe ne présente ni dentelures ni incisions: par exemple, dans beaucoup de genres d'Ombellifèrcs.

Le calice gamosépale peut être réjru/t'erou irrégulier.

Il est régulier (c, regularis), quand tontes ses incisions sont parfaitement égales entre elles , quelles que soient d'ailleurs leur figure ou leur forme : par exemple , ceux de la bourrache , de l'œillet, etc.

Il est irrégulier, au contraire (c. irregularis) , quand les parties correspondantes n'ont point une même figure ni une grandeur égale , comme dans la capucine (Tropœolum majus).

Quant à sa forme, le calice est tubuleux (c. tubulosus), quand il est étroit , très-alongé, et que son limbe n'est point étalé, comme dans la primevère (primula veris), l'œillet, etc. ( voy. pl. V, fig. 77) ;

Turbiné(c. turbinatus), ayant la forme d'une poire ou d'une toupie : par exemple , dans la bourgène ;

Vrcéolé (c. urceolatus, ventricosus), renflé à sa base , resserré à la gorge , le limbe étant dilaté , comme dans le genre Bosa, la jusqniamc ;

Enfléou vésicuteux (inflatus.vesiculosus), quand il est mince, membraneux, dilaté, comme une vessie (Voy. pl. IV, fig. 58), beaucoup plus large que la base de la corolle qu'il entoure , comme dans leCucubalus Behen, lcBhinanlhttscrista-galli,e\c;

Campanule ou en cloche (c. campanulatus) , dilaté de la base vers l'orifice , qui est très-ouvert (voy. pl. IV, fig. 59), comme dansla fausse mélisse (Melitis melissophyllum), la molucellc, etc. ;

Cupulé (c. cupuliformis) , aplati ou lég' reinent concave, dans le citronnier (Citrtu medica) ;

Cylindrique (c. cylimlHcus), lorsque, de sa base

Jusquà sa partie supérieure, il forme on tube dont tous les diamètres sont à peu près égaux, comme dans l'œillet (voy. pl. V, fig. 77);

Claviforme ou en massue (e. clavatus, elavi formi s) , quand le tube csl légèrement renflé à son sommet , comme dans le Silène arme ri a ;

Comprimé (c. compressas), large et aplati latéralement, comme dans la pédiculaire des marais ( Pedicularis pal us tris) ;

Prismatique (c. prismaticus), ayant des angles et des faces bien marqués , comme dans la pulmonaire (Pulmonaria officinalis);

Anguleux (c. angulosus) offrant un grand nombre d'angles saillants et longitudinaux ;

SiUonné (e. sulcatus) . offrant des lignes rentrantes longitudinales;

Bitabié (e. bilabiatus), ayant ses divisions disposées de manière à offrir une lèvre supérieure et •ne inférieure, écartées l'une de l'autre : par exemple , dans la sauge (Salvia officinalis), et un grand nombre d'antres Labiées;

Éperonnè (c. calcaratus), présentant un prolongement creux à sa base (voy. pl. IV, flg. 00), comme dans la capucine (Tropœolum majus) ;

Diptère (c. dipterus) , présentant deux appendices latéraux et membraneux , en forme d'ailes;

Tripière [c. tripterus), offrant trois appendices latéraux, membraneux, en forme d'ailes.

Le calice est souvent coloré assez vivement, surfont quand il n'existe pas de corolle : dans ce cas , il est dit pètaloide ou eorolliforme (c. petaloideus, eorolliformis) , comme dans le bois-gentil [Daphne Mezereum), les narcisses, les tulipes, les Orchidées, etc.

Il est important de mentionner les proportions relatives du calice et de la corolle. Ainsi, ordinairement, le calice est plus court quo la corolle (ealyx corollà brevior); d'autres fois il est plus long (ealyx corollà longior), comme dans la nielle des blé* (A grottemma Githago). Enfin, il peut être égal à la corolle (ealyx corollœ aqualis.)

Le calice peut être libre de toute adhérence, ou bien il peut être soudé et faire corps, en tout ou en partie, avec l'ovaire :dans cecas, le calice estdil adhérent (ealyx ovario adhœrens) , et l'ovaire est nécessairement infère , ou seulement scmi-inf. rc.

Le calice polysépale peut être composé d'un nombre plus ou moins considérable de sépales ou pièces distinctes, ainsi il est:

Disépale (c. disepalus), quand il est formé de deux sépales, comme dans le pavot (papaver somniferum), la fumelerre (Fumaria officinalis);

Trisépale (c. trisepalus). formé de trois sépales, comme dans la ficaire (Ficaria ranunculoides) ;

Tétrasépale (c. letrasepalus), offrant quatre sépales, comme dans le chou, la rave, le cresson , et les antres Crucifères (voy. pl. V, fig. 7 5);

Pentawpale (c. pentasepalus), quand il est composé de cinq sépales, comme celui du lin \Limm usiiatiuimum), etc.

Quant aux sépales, leur figure ou leur forme doit être étudiée et considérée comme celle des feuilles ou des divisions du calice monosépale : ainsi ils peuvent être lancéolés, aigus, obtus, cordiformes, etc.

Un calice polysépale peut aussi présenter différentes formes par l'arrangement que les sépales prennent entre eux : ainsi il est tubulaire (c. tubularis), quand les sépales sont longs, dressés, rapprochés de manière à former un tube. Beaucoup de Crucifères sont dans cecas ( voy. pl. V, fig 7 5).

Il peut être campanulaire (c. campanularis) ;

En étoile (c. slellaris). quand il est formé de cinq sépales étalés et égaux, comme daus plusieurs Canophj liées.

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