‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 30 sur 259 · DE LÀ COROLLE · texte numérisé non relu

DE LÀ COROLLE

La corolle n'existe jamais que lorsqu'il y a tin périanthe double ; c'en est l'enveloppe la plus intérieure. Elle entoure immédiatement les organes de la reproduction ; son tissu est mou et délicat. Souvent peinte des plus riches couleurs, elle attire principalement les regards du vulgaire, qui ne voit de fleurs que là où il y a de grandes et brillantes corolles, ou des pèrianthes colorés. Le botaniste, au contraire, ne considère cet organe que comme accessoire à l'essence de la fleur; tandis qu'un pistil ou une étamine quelquefois à peine visibles constituent pour lui une véritable fleur.

La corolle peut être monopétale nu gamopétale (corollà monopetala. c. gamopetala), c'est-à-diro que les diverses pièces qui la composent sont réunies en un seul tout, comme dans ladigilalc pourprée (IUgitalis purpurea), le liseron (Convolvulus arvensis), la belladone (Atropa belladone).

Elle peut être composée d'un nombre plus ou moins considérable de segments isolés qu'on nomme pétales (petala) : dans ce cas, elle est appelée polypétale (cor. polgpetala), comme dans la rose, l'œillet, le chou, la giroflée.

Tout pétale offre à considérer : 1° \' onglet (unguis), ou la partie inférieure rélrécie, plus ou moins alongée, par laquelle il est attaché; 2° la lame (lamina) ou la partie élargie, de forme variée, qui surmonte l'onglet.

La figure des pétales varie singulièrement, et peut être, en général, rapportée aux différentes modifications qne nous avons indiquées pour les feuilles : ainsi il y eu a qui sont arrondis, d'autres alowjès, aigus, obtus, dentés, entiers, etc., etc.

De même que le calice, la corolle peut être régulière ou irrégulière.

Elle est règulièrs tontes les fois que ses incisions et ses divisions sont égales cnlrt' elles, ou que ses parties paraissent être disposées régulièrement autour d'un asc commun : par exemple,

collo do !a campanule raiponce (Campanula Ilapunculus), de la giroflie jaune (Cheiranthus Cheiri).

Elle est irrégulièrê, au contraire, quand ses incisions sonl inégales, ou que les différentes parties qui la composent ne paraissent pas disposées symétriquement autour d'un aie commun Gctif, comme dans le muflier (Antirrhinum majut), futriculairc (Vlricularia vulgarit), la capucine {Tropœolum majut).

La corolle monopêtale tombe d'une seule pièce en se fanant. Quelquefois sa base persiste, comme dans plusieurs Solanées.

Dans la corolle polypétale, au contraire, chacun des pétales tombe isolément. Cependant il peut arriver que dans une corolle polypétale, les segments ou pétales tombent tous ensemble et soient réunis par leur base, comme dans la mauve (Malva rotundifolia). la guimauve (Althœa officinalis), etc. Daus ce cas. la corolle n'en est pas inoins polypétale; mais les pétales sont réunis accidentellement à leur base par un prolongement de la substance des filets des étamines. On pourrait citer encore plusieurs autres exemples analogues.

On dit d'une corolle monopétale qu'elle est èperonnêe (c. calcarata), quand elle offre à sa base un prolongement creux, en forme de cornet, commedans la liuaire (Linaria vulgarit (voy. pl. IV, fig. 00).

La corolle monopétale offre à considérer trois parties : 1" une inférieure, ordinairement cylindrique et tubuliformc, plus ou moins alongéc , qu'on appelle tube (tubut); 2° une partie supérieure au tube, plus ou moins évasée, quelquefois étalée et même réfléchie : on la nomme limbe (limbut). Enfin, lalignecirculairequiséparelctubedu limbe prend le nom de gorge (faux .palalum). Ces trois parties sont essentielles à considérer. Eu effet, leurs formes variées, leurs proportions relatives , fournissent au botaniste des caractères propres à distinguer certains genres de plantes.

En général , la corolle monopétale donne attache aux étamines.

Nous allons maintenant passer en revue les différentes modifications que présentent les corolles monopétale et polypétale, quand elles sont régulières ou irrégulières.

g I . Corolle monopêtale régulière.

La corolle monopêtale régulière offre des formes très-variées :

l u Ainsi elle est tubulée (tubutata) , quand son tube est très-alongé , comme dans beaucoup d'espèces de bruyères, le lilas (Syringa vulgaris).

Le tube est quelquefois capillaire ou filiforme, comme dans certaines Synauihérécs.

2° La corolle est en cloche ou companulée (cor. campanulata), lorsqu'elle ne présente pas de tube

manifeste, mais qu'elle va en s'évasant de la base vers la partie supérieure, comme dans le liseron des haies ( Convolvulut tepium ) , le jalap (Convolvulus Jalappa), la campanule (Campanula médium), clc. (voy. pl. IV, fig. 61).

3° Elle est infundibuli forme ou en entonnoir (cor. infundibuliformit), quand le tube est d'abord étroit i sa partie inférieure ; puis se dilate insensiblement , de manière que le limbe est campanulé : par exemple, le tabac ( Nicotiana Tabacum), etc. (voy. pl. IV, fig. 02).

C'est à celte forme de corolle que doit être rapportée celle des plantes à fleurs composées ou sy nanlhérées, comme les chardons, tes artichauts. Quand leur corolle est régulière, tubiilcuse et infundibuliforme, rhaque petite fleur porte le nom de fleuron (voy. pl. IV , fig. 0 3). Quelquefois le limbe de la corolle est déjett* en languette latérale. Chaque fleur porte alors le nom de demi-fleuron (Voy. pl. IV, fig. 64).

4° On la dit hippocratériforme ( cor. hippocrateriformit;, quand son tube est long, étroit, non dilaté à sa partie supérieure, que le limbe est étalé à plat ; de sorte qu'elle représente la forme d'une coupe antique, comme le lilas (Syringat vulgarit) ( Voy. pl. IV, fig. 65), le jasmin (Jatminum officinale), etc.

8 U La corolle est rotacêe ou en roue (corolla rotata), quand le tube est très-court et le limbe étalé et presque plane, comme dans la bourrache ( Bomtgo officinalit), et la plupart des Solanum.

On dit que la corolle est étoilèe (cor. ttellata), quand elle est très-petite, son tube fort court, et les div isions de son limbe aiguës et alongées; par exemple, dans les caillelails (Galium), etc.

6° Elle est urcèolée (cor. urceolata), renflée comme une petite outre à sa base, rétrécie vert l'orifice comme dans beaucoup de bruyères (Erica), de Vaccinium, etc. (Voy. pl. IV, fig. 66).

7° On l'appelle tcutellée (cor. tcutellata, tcntelliformit), quand- elle a la forme d'une écuelle. c'est-à-dire qu'elle est étalée et légèrement concave, tomme dans les diverses espèces deEalmia.

§ 2. Corolle monopétale irrégulièrê.

1° La corolle monopétale irrégulièrê est dito bilabiée (cor. bilabiata), quand le tube est plus ou moins alongé , la gorge ouverte et dilatée, le limbe partagé transversalement en deux divisions : l'une supérieure, l'antre inférieure, qu'on a comparées à deux lèvres écartées. Cette forme de la corolle caractérise spécialement toute une famille de plantes, l'une des plus naturelles du règne végétal : ce sonl les Labiéet ( Voy. pl. IV, fig. 67); parexemple, le thy m(Thymus vulgarit), la mélisse (Melitta officinalit), la sauge (Salvia officinalit ) , le romarin { Rotmarimu officinalit), etc.

Ces déni lèvnt peuvent offrir une foule de

modifications, sor lesquelles reposent en partie les caractères propres à distinguer les genres nombreux de cette famille. Ainsi la lèvre supérieure est tantôt plane, tantôt redressée, ou en voûte, ou en fer de faux. Elle peut être entière et sans incisions, écAancrée, bidentée, bilobèe, bifide, etc.

La lèvre inférieure est ordinairement réfléchie; quelquefois elle est concave elplissée sur les bords, comme daus le genre A'epeta. Elle peut également être trifide, trilobée ou tripartie.

Quelquefois la lèvre supérieure semble ne pas exister, ou du moins est si peu développée, qu'on la distingue difficilement, comme daus les genres Teucrium cl Ajuga (Voy. pl. IV, fig. 6fl).

2° On appelle corolle personnée ou en masque { I ) (eoroita personnata) celle dont le tube est plus ou moins alongé, la gorge très-dilatée, et close supérieurement par le rapprochement du limbe, qui est à deux lèvres inégales, de manière à représenter grossièrement le muffle d'un animal , ou certains masques antiques. Telles sont celles de \' Antirrhinum majus, de la linairc, (Linaria vulgaris), etc. {Voy. pl. IV, fig. 6»;.

3° Enfin, on a réuni sous le nom de corolles mouopé laies irréguliéres anomales toutes celles qui, par leur forme irrégulière, l'impossibilité où l'on est de les comparer à aucune autre forme connue, s'éloignent des différents types que nous venons d établir, et ne peuvent être rapportées à aucun d'eux. Ainsi, la corolle de la digitale pourprée (Digitalis purpurea), qui offre à peu prés la forme d'un doigt de gant (2), celle des Lobelia, des Stylidium {Voy. pl. IV, fig. 70), etc. , sont également des corolles irréguliéres et anomales.

Dans les diverses formes de corolles monopétales régulière et irrégulière que nous venons d'examiner, les trois parties qui composent ces corolles, c'esl-a-dire le tube, le limbe et la gorge, présentent des modifications qu'il est utile d'indiquer.

Ainsi le tube peut être :

Cylindrique (cylindricus), comme dans le lilas (Syringa vulgarii), etc. ( Voy. pl. IV, fig. 0 5 ).

Il peut être long, court , relativement au calice ou au limbe;

Ventru ou enflé [ventricosus aut inflatus), soit dans sa partie inférieure, soit vers son sommet ; dans ce cas, i! est dit :

Claviforme ou en massue (claviformis), comme dans le Spigelia marylandica.

Enfin il peut être lisse, strié, anguleux, prisma-

(!) Dci nuances insensibles rapprochent les corolles labiées des persoonéci. Aussi est-il très-difficile de les bien caractériser. On est obligé d'employer un caractère auiiliaire tiré de la forme et de la structure de l'ovaire, bans les Labiées, en effet, l'ovaire est cynobasique et profondément quadrilobé; il est simple au contraire dans toutes les véritables Personnées.

(2; Aussi cette plante porte-elle le nom vulgaire de

tique, etc. Nous avons déjà plusieurs fois donné la valeur de ces expressions.

La gorge (faux) peut être :

Close (clausa) , quand elle est entièrement fermée, comme dans la linaire Voy. pl. IV, fig.

Ouverte et d<7<i/ée (aperia.patens) . comme dans la digitale pourprée, certaines Labiées, etc.

Elle peut être garnie de poils, comme dans le thym, l'origan, etc.;

Griffe (ciliala), garnie de cils, comme dans la Gentiana amarella . etc. ;

Couronnée pardesappendices saillants, de forme variée, comme dans la bourrache (Borrago officinalis). la consolide (Symphytum consolida), la buglosse ( Jnchusa ilalica ) , et beaucoup d'autres ltorraginécs.

Enfin, on dit , par opposition aux expressions précédentes, qu'elle est nue. quand elle n'offre ni poils, ni bosses, ni appendices.

Le limbe , ou la partie de la corolle qui surmoule la gorge , pcul élre :

Dressé ( erectus ) , comme dans la cynoglossc (Cynoglossum officinale) ;

Étalé, ouvert (patens), lorsqu'il forme un angle droit avec le tube , comme dans le laurier-rose (Nerium oleander) ;

Réfléchi ou renversé en dehors (reflexus), comme celui de la douce-amére (Solanum dulcamara), de lacanneberge (Vaccinium oxycoccos), etc.

Le limbe peut être aussi plus profondément incise. Ainsi il est quelquefois simplcracntdenfé sur sou bord.

Il est également trifide , quadrifide. qninquifide ou quadriparti, quinquéparti, etc., suivant la profondeur de ses incisions.

La forme des différentes divisions d'un limbe incisé offre un grand nombre de variétés qui peuvent être rapportées à celles des pétales et des feuilles.

Remarquons ici, en terminant ce qui a rapport à la corolle monopètale , que sa forme n'est point un caractère essentiel dans la coordination des genres eu familles naturelles. En effet, on trouve souvent plusieurs formes réunies ensemble dans des groupes essentiellement naturels. Ainsi, dans lesSolanées, on voit réunies des corolles rolacées, comme celle des Solanum ; des corolles infundibuliformes ( le tabac ; ; des corolles hippocratériforraes, comme certains Cestrum , et des corolles campanulées, comme dans la jusquiame, la belladone. Nous pourrions encore faire un rapprochement semblable dans beaucoup d'autres familles tout aussi naturelles.

Corolle polypétale.

Le nombre des pétales varie singulièremenldan* les différentes corolles polypélalcs. Ainsi , il y a des corolles formées de deux pétales, comme dans

la cittie (Circara lutetiana). Dans ce cas, elle est «lile dipètale ( corolla dipetala } ;

Tripétale (cor. tripelala) , composée de trois pétales, comme celle de la cam lée (Cneorum tricoccum ), etc. ;

Tètrapétale (cor. tetrapetala ) , composée de quatre pétales : par exemple, toutes les Crucifères , telles que le cresson de fontaine ( Sisymbrium Nasturtium) , le raifort ( Cochlearia Armoracia) , la passerage (Lepidium latifolium) ,ctc. ;

Pcntapêtale (cor. pentapetala ) , formée de cinq pétales, comme toutcsles Onibellifères, les Rosacées: par exemple, le panais (Paslinaca saliva) , le persil {Apium Pctroselinum ) , la ciguë ( Conium maculatum), le fraisier;

Uexapétale(cor. hexapetala ) , ayant six pétale», comme l'épine-vinelle (lierberis rulyaris), etc.

Les pétales ou segments d'une corolle pohpétale peuvent être onguiculés . c'est-à-dire munis d'un onglet très-apparent, comme dans l'œillet , la giroflée jaune ( Voy. pl. IV, flg. 71, 2 a ). Ou bien ils peuvent être sessilcs, c'est-à-dire sans onglet ou inonguiculés (Voy. pl. IV, fig. 71, l), comme dans la vigne ( Vitis vint fera) , la gypsophilc(G;//>J0/>/ii7a muralis), etc.

La longueur et la proportion de \' onglet, relativement au calice, mérite aussi d'être notée. En effet , \' onglet est souvent plus court que le calice ( unguiscalyce brevior); d'autres fois , au contraire, il est plu» long que lui, et le dépasse ( unyuis calyce longior).

Les pétales sont souventdre«M (nefatoerecfa), c'est-à-dire qu'ils suivent une direction parallèle à l'axe de la fleur , comme dans le Geum rivale.

Ils sont quelquefois infléchis ( petalu inflexa) , courbés vers le centre delà fleur, comme dans beaucoup d'Ombcllifcrcs ;

Étalés (pelala patentia ), comme dans le fraisier commun (I rayaria vesca) , labenoilei 'Geum urbanum), etc. ,

Réfléchis (pet. reflexa) , se renversant en dehors.

La figure des pétales est extrêmement variable ; ses principales modifications peuvent être rapportées à celles déjà établies précédemment pour les feuilles ou les sépales. Cependant ils offrent quelquefois des formes singulières que nous allons faire connaître.

Les pétales sont concaves(pet. concava), dans le tilleul (Tilia europœa) , la rue (Ruia graveolens) , etc.

Galéi formes ou en casque (peLya/ei/ormia). lorsqu'ils sont voûtés, creux, et qu'ils ressemblent à un casque (Voy. pl. IV, fig. 72), comme dans l'aconit (Aconitum Xapellus), etc.;

Cwulliformes(pet.cucuUiformia), avant la forme d'un capuchon ou d'un cornet de papier , comme dans l'ancolie (Aquilegia vulgaris), les hellébores (Voy. pl. IV, fig. 7 3) ;

Kperonnès (pet. calcarata) , munis à leur base

d'un éperon, comme dans la violette, le pied d'alouette, etc. (Voy. pl. IV, fig. 74).

La corolle polypitale peut être régulière ou irrégulière, suivant que les parties qui la composent sont disposées ou non avec symétrie autour de l'axe de la fleur. Dans l'un cl l'autre cas, les pétales , par leur forme , leur nombre et leur disposition respective , donnent à la corolle un aspect, une forme particulière, qui ontservi à la diviser en plusieurs groupes.

g 1 . Corolle polypitale régulière.

La corolle polypitale régulière peut offrir trois modifications principales ; elle peut être :

1" Cruciforme (cor. cruciformis), composée de quatre pétales onguiculés, disposés en croix. Les plantes dont la corolle présente une semblable disposition concilient un des groupes les plus naturels du règne végétal. Elles ont reçu le nom de Crucifères : tels sont le chou, la giroflée , le cresson, etc. (F. pl. V, fig. 75).

Les quatre pétales d'une corolle cruciforme ne sont pas toujours égaux et semblables entre eux ; il y en a souvent plusieurs qui sont ou plus petits ou plus grands. Ainsi , dans le genro des iberis, deux pétales sont constamment plus grands.

2° Rosacée ou roselèe (cor. rosacea), celle qui est composée de trois à cinq pétales , rarement d'un plus grand nombre, dont l'onglet est très-court, et qui sont étalés et disposés en rosace: telles sont toutcsles Rosacées, comme la rose simple, l'amandier, l'abricotier, le prunier, etc., la chélidoiuc , et des plantes d'autres familles (V. pl. V, fig. 70.)

3" Caryophyllèe (cor. earyophyllata), corolle formée de cinq pétales dont les onglets sont fort alongés, et cachés par le calice, qui est très-long cl dressé, comme dans l'œillet, les Silène. le» Cucubalus, etc. (Koy. pl. V, fig. 77).

§ 2. Corolle poly pétale irrègulière.

1" Papilionacie (cor. papilionacea.) Cette corolle est composée de cinq pétales très-irrégulier», qui ont chacun une forme particulière ; ce qui leur a fait donner des noms propres. De ces cinq pétales, l'un est supérieur, deux latéraux, et deux inférieurs. Le supérieur (Voy. pl. V, fig. 78, a) porte le nom d'étendard ou de pavillon (vexillum) ; il esl ordinairement redressé, d'une figure trèsvariée, et recouvre les quatre autres avant l'épanouissement de la fleur. Les deux inférieurs, le plus souvent réunis et soudés l'un à l'autre par leur bord inférieur, forment la carène (earina) (Voy. pl. IV, fig. 78, r). Les deux latéraux constituent les ailes (ala>) (Voy. pl. V, fig. 78, 6).

C'est par la ressemblance que l'on a cru trouver à celte fleur avec un papillon dont les ailes sont

étalées, qu'on lui a donné le nom de corolU pa-

La corolle vraiment papilioneci* appartient exclusivement à la famille des Légumineuses : tels sont les pois (Pisum), les haricots (Phaseolus), l'acacia (Robinia pseudo-acacia), les astragales, etc.

2° On nomme corolle polypétale anomale (cor.

anomata) celle qui est formée de pétales irréguliers, qu'on ne peut rapporter à la corolle papilionacée : telles sont celles des aconits, des pieds d'alouette, de la violette, de la balsamine, de la capucine, etc.

La position des pétales ou des divisions delà corolle monopétale, relativement aux sépales ou aux divisions du calice monosépale, présente les deux modifications suivantes :

Les pétales peuvent être opposés aux divisions du calice, c'est-à-dire placés de manière à se correspondre par leurs faces, comme dans l'épincvinette (Berberis vulgaris), \ F pi médium alpinum, etc.

Ils peuvent être alternes avec les divisions du calice, c'est-à-dire qu'ils correspondent à ses incisions, et non à ses lobes. Cette disposition est bien plus fréquente que la précédente, qui est trèsrare. Les pétales sont alternes aux sépales dans les Crucifères, les Rosacées, etc., etc.

La grandeur relative de la corolle et du calice mérite également d'être bien observée ; car on peut souvent en tirer de fort bons caractères distinctifs.

Suivant sa dnrée , la corolle est fugace ou caduque (caduca , fugax ) , quand elle tombe aussitôt quelle s'épanouit , comme dans le Papaver Argemone . plusieurs cistes , etc. ;

Décidue (c. decidua) , tombant après la fécondation : la plupart des corolles sont dans ce cas ;

Marcescente (c. marcescens), perislant après la fécondation , et se fanant dans la fleur avant de s'en détacher , comme dans les Bruyères et certaines Cucurbitacées.

La corolle est ordinairement la partie la plus brillante de la fleur. La délicatesse de son tissu , l'éclat et la fraîcheur de ses couleurs , le parfum suave qu'elle exhale souvent , en font une des plus agréables productions de la nature. Ses usages, de mémo que ceux du calice , paraissent être de protéger les organes sexuels avant leur parfait développement, cl de favoriser, à l'époque de la fécondation , l'action mutuelle que ces deux organes exercent l'un sur l'autre.

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