‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 49 sur 259 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

FRUITS CnARM S.

Les fruits charnus sont indéhiscents. Leur péricarpe est épais et pulpeux ; ils renferment un nombre de graines variable. Les espèces principales sont *.

1° La drupe (drupa) est un fruit charnu qui renferme un noyau dans son intérieur. Ce noyau est formé par l'endocarpe endurci cl ossifié, auquel s'est joint une partie plus ou moins épaisse du sarcocarpe, comme, par exemple, daus la pèche, la prune, la cerise, etc. (voy. pl. IX, fig. 159).

2 n La noix (nu*) ne diffère de la drupe que

par l'épaisseur moins considérable de son sarcocarpe, qui porte alors le nom de brou ( naucum ) : lel est le fruit de l'amandier ( Amyydalus ( communit ), le fruit du noyer ( Jugions regia ), que l'on désigne par le nom de noix proprement dite.

3° Le nuculaine (nuculanium, Ricb.) est on fruit charnu, renfermant dans son intérieur plusieurs petits noyaux, qui portent le nom de nucu- Its (nucula», Kich.) : tels sont les fruits du sureau, du lierre, des Rhamnées, du sopolilier (Achras Sapota).

4° La balauste (balausta), fruit plurilorulaire, polysperme, provenant toujours d'un ovaire véritablement infère, et couronné par les dents du calice, comme celui du grenadier et de toutes les véritables Mariées.

3" La péponide (peponida. Rich.). fruit charnu, indéhiscent ou ruplile, à plusieurs loges éparses dans la pulpe, renfermant chacune une graine qui est tellement soudée avec la membrane pariétale interne de chaque loge, qu'on parvient difficilement à l'en séparer. Ce fruit se remarque dm le melon, le potiron, et les autres Cucurbilacées, les Nymphéacces et les Ihdrocharidécs.

Il arrive quelquefois que le parenchyme charnu qui occupe le centre de la péponide se rompt et se déchire par l'accroissement rapide du péricarpe. Dans ce cas, la partie centrale est occupée par une cavité irrégulière, que l'on a, mais à tort, regardée comme une véritable loge : c'est ce que l'on observe surtout dans le poliron(Pepo macrocarptts).

Mais si I on y fait quelque attention, on verra que cette prétendue loge n'est nullement tapissée par une membrane pariétale interne, c'est-à-dire un endocarpe ; ce qui démontre évidemment queeelte cavité n'est qu'accidentelle, et ne constitue point une véritable loge. En effet, elle n'existe point dans toutes les espèces; et quand elle s'y montre, ce n'est que vers l'époque de leur maturité.

On peut voir dans la pastèque ou melon d'eau [Cucurbilacilrullus, L.) la véritable organisation de la péponide. Dans celte espèce, la partie centrale reste constamment pleine et charnue à toutes les époques de son développement. Chaque graine est renfermée dans une loge particulière, avec les parois de laquelle elle ne contracte d'autre adhérence que par son point d attache ou son hile. Il semble, dans ce cas, que la nature qui, dans presque toutes les autres espèces de cette famille, altère et modifie plus ou inoius la véritable structure de co fruit, ait voulu, en quelque sorte, en ménager un qui pût faire connaître le type naturel et primitif des autres.

G° L'hespéridie (hesperidium , Desvaux.), fruit charnu, dont l'enveloppe est très-épaisse, divisé intérieurement en plusieurs loges par des cloisons membraneuses, qu'on peut séparer sans aucun déchirement, comme dans l'orge, le citron, etc.

7° La baie (bacca). Sons ce nom général on comprend tous les fruits charnus, dépourv us de noyau, qui ne font pas partie des espèces précédentes : tels sont, par exemple, les fruits du raisin, les groseilles, les tomates, etc.

DEUXIÈME CLASSE

DES Fnt ITS Ht LTIPI.F.S.

Les fruits multiples sont ceux qui résultent de la réunion de plusieurs pistils renfermés dans une même fleur.

Lesyticarpe(syncarpium, Rich.) fruit multiple, provenant de plusieurs ovaires appartenant à une même (leur, soudés et réunis ensemble, quelquefois même avant la fécondation : par exemple, ceux des Magnolia, des Anona, etc.

La nature de chacun de ces petits péricarpes, pris séparément, est très-différente. Ainsi, daus les Magnolia, ce sont des espèces de petites capsules uniloculaires, s'ouvrant par une fente longi-

tudinale. Dans les Anona, ce sont des péricarpes charnus, tous intimement soudés et loul-à-fait in- . déhiscents.

La melonide ( melonida, Rich. ) est un fruit charnu, provenant de plusieurs ovaires pariétaux réunis et soudés avec le tube du calice, qui, souvent très-épais et charnu, se confond avec eux, comme dans la poire, la pomme, la nèfle, le rosier, etc. (Foi/, pl. IX, fig. 100).

Daus la mélonide, la partie réellement charnue du fruit n'est pas formée par le péricarpe luimême; elle est due à unépaississemcnl considéra-

ri ix

ble du calice : c'est ce que l'on peut voir facilement quand on toit arec attention le développement de ce froît.

L'endocarpe qui revêt chaque loge d'une mélonide est cartilagineux ou osseux : dans ce dernier cas, il y aaulantde nucules que d'ovaires, comme dans la nèfle ; ce qui fait qu'on a distingué la mélonide en deux variétés, savoir :

1° Mèlonide à nucules, celle dont l'endocarpe est osseux, comme dans le Me$pilus,leCrata>gtu.

2° Mèlonide à pépins, celle dont l'endocarpe est simplement cartilagineux, comme dans la poire, la pomme, etc.

La mèlonide appartient exclusivement à la famille desjtosacées, dans laquelle elle est associée à quelques autres espèces de fruits, qui n'en sont souvent que des variétés.

Celte espèce de fruit a jusqu'ici été fort mal définie par les auteurs, puisqu'on la décrit comme provenant d'un ovaire infère, multiloculairc, à loges distinctes. Hais nous avons déjà démontré précédemment la grande différence qui existe entre l'ovaire vraiment infère et l'ovaire simplement pariétal. L'inférité de l'ovaire en exclut loula pluralité dans la même fleur.. Or, dans la

plupart des vraies Rosacées, il y a plusieurs pistils, dont on peut suivre graduellement les différents degrés d'adhérence latérale avec la paroi interne du calice. Ainsi, par exemple, dans le genre Rosa, les pistils, qui sont au nombre de douze ou quinze , ne tiennent aux parois du tube calycinal que par un petit pédicule de la base de leur ovaire. Dans les genres de Cratwgut et Mespilus les ovaires sont soudés avec le calice par tout leur côté externe. Dans les genres Pyrus, Malus, etc., ces ovaires sont non-seulement unis par leur côté extérieur avec le calice, mais se sondent entre eux par tous les autres points. Cependant il arrive quelquefois , dans certaines poires, que les ovaires restent distincts par leur côté interne, en sorte qu'on trouve an centre du fruit une cavité plus ou moins grande.

Le fruit du fraisier, celui du framboisier (voy. pl. IX, ûg. 10 l).sont formés d'un nombre plus ou moins considérable de véritables petilsdrupes, dont le sarcocarpe est très-mince, mais cependant trèsmanifeste dans la framboise, réunies sur un gynophore charnu, plus ou moins développé.

Plusieurs petits akènes rénni» constituent le fruit des renoncules, etc.

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