SECTION I
FRCITS SECS.
§ I . Fruit* secs et indéhiscents.
Les fruits sers et indéhiscents sont ordinairement oligospermes , c'est-à-dire qu'ils renferment un très-petit nombre de graines. Leur péricarpe est en général assez mince , ou adhère avec le tégument propre de la graine ; ce qui a porté les anciens à les considérer comme des graines nues ou dépourvues de péricarpes. Ce sont là les véritables pseudospermes. On dislingue les espèces suivantes:
1° La eariopse (vuriupsts . Rirb.), fruit monosperrac, indéhiscent, dont le péricarpe, très-mince, est intimement confondu avec la graine, et no peut en être distingué. Cette espèce appartient à presque toute la famille des Craminécs, tels que le blé, l'orge, le riz (voy. pl. VIII, fig. 137), etc.
Sa forme est assez variable. Elle est ovoïdedans le 6/0 (triticum) , alongée et plus étroite dans l'avoine (avena) ; irrégulièrement spbéroïdale dans le blè de Turquie (zea).
2° Vakine (akenium, Rich.), fruit monosperrae, indéhiscent , dont le péricarpe est distinct du tégument propre de la graine, comme dans les 8ynanlhérées, le grand soleil (Helianthus annuus) , les chardons, etc. (voy. pl. VIII , fig. 142.)
Assez souvent l'akène est couronné par des soies, des paillettes, qui constituent ce que nous avons désigné par le nom dî aigrette (pappus)
Quelquefois celte aigrette forme une simple petite couronne membraneuse, qui borde circulalrement la partie supérieure du fruit (jpappus marginalis).
D'autres fois l'aigrette est plumense ou soyeuse, selon la nature des poils qui la composent.
3° Le polakène (polakenium, Itich.). On appelle ainsi un fruit simple, qui, à sa parfaite maturité, se sépare en deux ou un plus grand nombre de loges monospermes et indéhiscentes , que l'on peut regarder chacune comme étant un akène.
De là lesnomsdetnaAcne (voy. pl. VIII, fig. 143), triakène, pentakène, suivant le nombre de ces piè-
ces. Exemple : les Ombelliféres, lo panais, le persil, la ciguë, les Araliacées, etc.
Dans les Ombelliféres, c'est on diakène;dans la capucine, c'est un triakène; c'est un pentakène ou polakène proprement dit dans les Araliacées.
4° La samare (samara, Gœrtner), fruit oligosperme, coriace, membraneux, très-comprimé, offrant d'une à cinq loges indéhiscentes, prolongées latéralement en ailes ou appendices élargis. Par exemple, le fruit de l'orme (Vtmus campestris) (voy. pl. VIII, fig. 144), des érables, etc. (voy. pl. VIII, fig. 14S).
8° Le gland (glans), fruit uniloculaire, indéhiscent, monospenne (par l'avorlement constant de plusieurs ovules), provenant constamment d'un ovaire infère, pluriloculaire et polysperme, dont le péricarpe présente toujours à son sommet les dents excessivement petites du limbe du calice, et est renfermé en partie, rarement en totalité, dans une sorte d'involucre écailleux ou foliacé, nommé cupule. Par exemple, le fruit des chênes, du noisetier, du chilaigncr, etc. (voy. pl. III, fig. 83).
La forme des glands est en général très-variable. 11 y en a d'alongés, d'autres qui sont arrondis et comme sphériques ; dans les uns, la cupule est squamacéc et très-courte; dans d'autres, elle est fort développée et recouvre presque entièrement le fruit.
0° Le carcêrule (carcerulus, Desvaux), fruit sec, pluriloculaire, polysperme, indéhiscent; tel est celui du tilleul.
7" On a appelé fruits gynobasiques cenx dont les loges sont tellement écartées les unes des autres, qu'elles semblent constituer autant de fruits séparés, et que le style paraît naître immédiatement du disque ou gvnobase, par suite de la dépn ssion considérable qnc l'axe du fruit a éprouvée. Tel est le fruit des Labiées, des Borraginées, qui est formé de quatre akènes réunis à leur base sur un réceptacle commun, celui desSimaroubées, etc. (voy. pl. VIII, fig. i4o).
§ 2 . Fruits secs et déhiscents
Les fruits secs et déhiscents sont le plus souvent polyspermes ; le nombre des valves et des loges qui les composent est très-variable. On les dési-
gne, en général, par le nom de fruits capsulai res.
V> Le follicule (folliculus), fruit géminé ou solitaire par avortemcnt, ordinairement membraneux, aniloculaire, univalve, «'ouvrant par une suture longitudinale, à laquelle s'attache intérieurement an trophosperme suturai, qui quelquefois devient libre par la débiscence du péricarpe. Rarement les graines sont attachées aux deux bords de la suture. Cette espèce de fruit est propre à la famille dcsApocynées, tels qu'au laurier-rose (Rferium oleander), à l'Asclepios tyrioca, au dompte-venin (Asclepias vincetoxicum), à beaucoup de Renonculacées, tels que les aconits, hellébores, pieds-d'alouelle, etc. (voy. pl. IX, fig. 147).
7°Lisilique(siliqua), fruit sec, alongé, bivalve, dont les graines sont attachées à deux trophospermes suturanx. Elle est ordinairement séparée en deux loges par une fausse cloison parallèle aux valves, qui n'est qu'un prolongement de trophospermes, et qui persiste souvent après la chute des valves. Ce fruit appartient aux Crucifères ; exemple : la giroflée, les choux, etc. (voy. pl. IX, fig. 148).
Quelquefois la silique est indéhiscente , comme dans le radis ; d'autres fois elle se rompt en un certain nombre de pièces articulées les unes sur les autres.
3* La silicule (silicula) diffère à peine de la précédente. On donne ce nom à une silique dont la hauteur n'est pas quatre fois plus considérable que la largeur. La silicule ne contient quelquefois qu'une ou deux graines. Tels sont les fruits des Thlaspi, des Lepidium, de» Isatis, etc. («oy.pl. IX, fig. U9).
Elleappartient également aux planlescruciféres.
4° La gousse, ou légume (legumen), est un fruit sec , bivalve , dont les graines sont attachées à un seul trophosperme, qui suit la direction de l'une des sutures. Ce fruit appartient 4 toute la famille des Légumineuses, dont il forme le principal caractère : par exemple, dans les pois, les fèves, les haricots, etc. (voy. pl. IX, fig. 130).
La gousse est naturellement uniloculaire ; mais quelquefois elle est partagée en deux ou un plus grand nombre de loges par de fausses cloisons : ainsi elle est biloculaire dans l'astragale.
Dans les casses, la gousse est séparée en un nombre considérable de loges par des diaphragmes ou fausses cloisons transversales. Ce caractère appartient à tout le genre Cassia (voy. pl. IX, fig. 1 S 1 ).
Quelquefois la gousse semble être formée de pièces articulées ; on dit alors qu'elle est lomentacée, comme dans les genres Hippocrepis , HedyearuTO.ctc, (voy. pl. IX, fig. 152).
D'autres fois la gousse est enflée, vésiculeuse, a parois minces et demi-transparentes, comme dans les baguenaudiers (Colutea).
Le nombre des graines que renferme la gousse varie beaucoup. Ainsi il y en a une seule dans le Mèdicago lupulina.denx dans les véritables Ervum,
de six à dix dans le pois, an très-grand nombre dans la casse.
Quelquefois la gousse est lout-â-fait indéhiscente, comme dans le Cassia fistula et d'autres espècesdu même genre; mais ces variétés sont rares, cl ne détruisent pas les caractères propres à cette espèce de fruit.
3° La pyxide (pyxidium, Erh.) est un fruit capsulairc, sec, ordinairement globulenx, «'ouvrant par une scissure transversale, en deux valves hémispheriquessuperposées. C'est ce que l'on observe dans le pourpier, le mouron rouge et blanc, la jusquiame, etc. Les auteurs la désignent communément par le nom de boite à savonnette (Capsula circumscissa, L. ) (voy. pl. IX, fig. 153).
8» h'ilatêrie (elaterium, Rich.), fruit souvent relevé de côtes, se partageant naturellement à sa maturité en autant de coques distinctes s'ouvrant longitudinalement, qu'il présente de loges, comme dans les Euphorbiacées (voy. pl. IX, fig. 154). De là les expressions de tricoque, multicoque, données à ce fruit.
Ordinairement ces coques sont réunies par une columelle centrale qui persiste après leur chute.
7° La capsule (capsula) : on donne ce nom général a tous les fruits secs et déhiscents qui ne peuvent être rapportés à aucune des espèces précédentes. On conçoit d'après cela quoles capsules doivent être extrêmement variables.
Ainsi il y a des capsules qui s'ouvrent par des pores ou trous pratiqués à leur partie supérieure; telles sont celles des pavots , des Antirrhinum. D'autres fois ces pores sont situés vers la base de la capsule. Plusieurs ne sont déhiscentes que par leur sommet, fermé par des dents rapprochées, qui s'écartent lors de la parfaite maturité. C'est ce que l'on remarque dans beaucoup de genres de la famille des Caryophyllées (voy. pl. IX, fig. 155). Suivant le nombre des valves, la capsule est bivalve, trivalvc, quadrivalve, mullivalvc.
La débiscence valvaire peut être loculicide(voy. pl. IX, fig. lliù),septicide(voy.p\.lX,Rg. 157)ou septifrage (voy. pl. IX, fig. 158). Nous avons défini ces trois modes, page 124.