DE BOT
forme d'un cône renversé : la betterave, le panais, la carotte (fig. 1 1).
4° Arrondie ou presque ronde (subrotunda) , comme dans le Bunium bulbocastanum, etc.
3° jYoueuse on filipendulée(nodosa), lorsque les ramifications de la racine présentent de distance en distance des sortes de renflements ou de nœuds (1) qui lui donnent quelque ressemblance avec un chapelet; c'est coque l'on observe dans la filipendule.
6° Grenue (granttlata), celle qui présente sur différents points de son étendue de petits bourgeons souterrains écailleux et pisiformes : par exemple dans la saxifrage grenue.
7° Fasciculée (fasciculata) , quand elle est formée par la réunion d'un grand nombre de tubercules plus ou moins alongés , parlant tous de la base de la tige, comme celle des asphodèles, des dahlias, des renoncules (J).
0° On appelle racine capillaire (capillaris) , celle qui est formée de fibres capillaires très-déliée» , comme dans la plupart des Graminées, le blé , l'orge.
b° Chevelue (comosa), quand les filets capillaires sont rameux et très-serres, comme daus Ici bruyères.
On a fréquemment confondu avec les racines proprement dites, plusieurs organes différents, tels que des souches ou tigessouterraincs et des tubercules on bulbes. Ainsi , les tiges souterraines des iris, du sceau de Salomon, de la graliolc et d'une foule d'autres végétaux, ont été décrites sous les noms de ncinvs horizontale , sigillée , articulée , etc. Mais, alusique nous lu montrerons dans le chapitre suivant, ce ne sont pas des racines, mais de véritables tiges horizontales et souterraines. Il en est de même des tubercules de la pomme de terre qui ne sont que des tiges souterraines et renflées. Les bulbes charnus et solides qu'on remarque à la base de la lige et sous la terre dans un grand nombre de genres de la famille des Orchidées, ont aussi été classés parmi les racines par la plupart des botanistes. C'est ainsi qu'on leur a donné le nom de racine didtjme , quand clic est composée de deux bulbes entiers et rapprochés par l'une de leurs extrémités, comme daus les orchis morio, militari», mascula , etc. Quand ces bulbes sont partagésen lobes à peu prèsjusqu'à la moitiéde leur épaisseur, on disait que Uracitie était palmée, comme dans l'orchis maculata.
Elle était au contrai redigitte quand les divisions du bulbe arrivaient presque jusqu'à la base; comme dans le satyrium albidum. Voyez au chapitre ni.
(1) Ces noeud* ne dosent pas être confondus avec les véritables tubercules , qui renferment toujours les rudiments de nouvelles liges.
(2) Celles des renoncules , formées de fibres plus courtes et plus serrées , portent en général le nom de Qrtfltt-
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Quant à la structure analomlquc de la racine, nous n'en ferons l'exposition qu'après celle delà tige, parce que ces deux organes offrent beaucoup d'analogie sous ce rapport.
I sages et fonctions des racines.
Les racines servent , 1° à fixer le végétal à la terre ou au corps sur lequel il doit vivre ; a» a y puiser une partie di s matériaux nécessaires à son accroissement.
Les racines de beaucoup de plantes ne paraissent remplir que la première de ces fonction». C'est ce que l'on observe principalement dans les plantes grasses et succulentes, qui absorbent par tous les points de leur surface exposés à l'air, les substances propres à leur nutrition. Dans ces cas, leurs racines ne servent qu'a les fixer au sol. Tout le monde connaît le magnifique cierge du Pérou (Cactus perurianus) qui existe daus les serres du Muséum d'histoire naturelle. Ce végétal, qui est d'une hauteur extraordinaire, pousse avec une extrême vigueurdes rameaux énormes, et souvent avec une rapidité surprenante ; ses racines sont renfermées dans une caisse, qui contient à peine trois à quatre pieds cubes d'une terre que l'on ne renouvelle et n'arrose jamais.
Les racines des plantes ne sont pas toujours en proportion avec la force et la grandeur des troncs qu'elles supportent. Les palmicrset les Conifères, dont le tronc acquiert quelquefois une hauteur de plus de cent pieds, ont des raciucs courtes, s étendant peu profondément dans la terre, et ne les j fixant que faiblement. Des plantes herbacées, au contraire, dont la lige, faible et gréle , meurt chaque année, ont quelquefois des racines d'une force et d'une longueur considérables relativement à celles de la tige, comme on l'observe dans la réglisse, la luzerne, et dans VOnonis arremi* (qui , à cause de la ténacité et de la profondeur de ses racines, a été appelé arréte-bœuf).
L'usage principal des racines est d'absorber dans le sein delà terre l'eau chargée des substances qui doivent servir à f accroissement du végétal. .Vais tous les poiuts de la racine ne concourent pas à celle fonction. Ce n'est que par l'extrémité de leurs fibres les plus déliées que s'exerce celle absorption.
Ces fibres sont terminées par les spongioles, sorte de petits renflements , composés de tissu cellulaire. Quelquefois cependant les extrémités des fibres radiculairesne sont pas manifestement renflées.
Il n'est point d'expérience plus facile à faire que celle au moyen de laquelle on démontre d'une manière péremptoirc le poinl de la racine par lequel se fait l'absorption. Si l'on prend un radis ou un navet, qu'on le plonge dans l'eau par l'extrémité de la radicule qui le termine, il poussera des feuilles cl végétera. Si, au contraire, on
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lo place dans l'eau de manière à ce que son extrémité inférieure soit hors du liquide, il ne donnera aucun signe de développement.
Les racines de certaines plantes paraissent excréter une matière particulière, différente dans les diverses espèces. Duhamel rapporte qu'ayant fait arracher de vieux ormes, il trouva la terre qui environnait les racines plus onclucuseet d'une couleur plus foncée. Celle matière onctueuse et grasse était le produit d'une sorte d'excrétion faite par les racines. C'est à celte matière, qui, comme nous l'avons dit, est différente dans chaque espèce végétale, que l'on a attribué les sympathies et les antipathies que certains végétaux ont les uns pour les autres. On sait, en effet, que certaines plantes se recherchent en quelque sorte , et vivent constamment les unes à côté des autres; ce qui forme les plantes sociales; tandis qu'au contraire d'autres semblent ne pouvoir croître dan» le même lieu.
On a remarqué que les racines ont une tendance marquée à se diriger vers les veines de bonne terre, et que souvent elles s'alongent considérablement pour se porter vers les lieux où la terre est plus meuble et plus substantielle: elles s'y développent alors avec plus de force et de rapidité. Duhamel dit que, voulant garantir un charopde bonne terre des racines d'une rangée d'ormes qui s y étendaient et en épuisaient une partie , il fil faire le long de celle rangée d'arbres une tranchée profonde qui coupa toutes les racines qui s'étendaient dans le champ. .Mais bientôt les nouvelles racines , arrivées à l'un des côtés du fossé , se recourbèrent en suivant la pente de celui-ci jusqu'à la partie inférieure : là , elles se portèrent horizontalement sous le fossé, se relevèrent ensuite de l'autre côté, en suivant la pente opposée , et s'étendirent de nouveau dans le champ.
Les racines, dans tous les arbres, n'ont pas la même force pour pénétrer dans le tuf. Le même Duhamel a fait l'observation qu'une racine de vigne avait pénétré profondément dans un tuf très-dur, tandis qu'une racine d'orme avait été arrêtée par sa dureté, et avait en quelque sorte rebroussé chemin.
La racine, ainsi que nous l'avons dit précédemment , a une tendance naturelle et inviucibleà se diriger vers le centre de la terre. Celte tendance se remarque surtout dans cet organe, au moment où il commence à se prononcer, à l'époque de la germination de l'embryon; plus tard elle est moins manifeste , quoiqu'elle existe toujours , surtout dans les racines qui sont simples, ou dans le pi vol des racines rameuses ; car elle est souvent nulle dans les ramifications latérales de la racine.
Quels que soient les obstacles que l'on cherche à opposer à celle tendance naturelle de la radicule , elle fait les surmonter. Ainsi, placez une graine germante de fève ou de pois, de manière que les cotylédons soient placés dans la lerre et
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la radicule en l'air, vous verrez bientôt celle radicule se recourber vers la lerre pour aller s'y enfoncer. On a donné beaucoup d'explications diverses de ce phénomène : les uns ont dit que la racine tendait à descendre , parce que les fluide» qu'elle contenait étaient moins élaborés , et par conséquent plus lourds que ceux de la tige; mai» cette explication est contredite par les faits. En effet , ne voit-on pas dans certains végétaux exotiques, tels que le Clusia ro*ea . etc, des racines se développer sur la tige à une hauteur très-considérable, et descendre perpendiculairement pour s'enfoncer dans laterre?Or, dans ce cas, les fluides contenus dans ces racines aériennes sont de la même nature que ceux qui circulent dans la lige; et néanmoins ces racines , au lieu de s'élever romrce elle, descendent au contraire vers la terre. Ce n'est donc pas la différence de pesanteur des fluidesqui leur donne cette tendance vers le centre de la terre.
D'autres ont cru trouver cette cause dans l'avidité des racines pour l'humidité, humidité qui est plus grande dans la terre que d&ns l'atmosphère. Duhamel , voulant s'assurer de la réalité de celle explication , fil germer des graines entre deux éponges humides et suspendues en l'air : les racines, au lieu de se porter vers l'une ou l'autre des deux éponges bien imbibées d'humidité, glissèrent entre elles , et vinrent pendre au-dessous, en tendant ainsi vers la terre. Ce n'est donc pas l'humidité qui attire les racines vers le centre de la terre.
Serait-ce la terre elle-même par sa nature et par sa masse? L'expérience contredit encore cette explication. M. Dutrochet remplit de terre une caisse dont le fond était percé de plusieurs trous; il plaça dans ces trous des graines de haricot germantes, et il suspendit la caisse en plein air à une hauteur de six mètres. De cette manière, dit-il, les graines, placées dans les trous pratiqués à la face inférieure de la caisse, recevaient de bas en haut l'influence de l'atmosphère et de la lumière : la terre humide se trouvait placée au-de6sus d'elles. Si la cause de la direction de celte partie existait dans sa tendance pour la terre humide , on devait voir la radicale monter dans la terre placée au-dessus d'elle, et la tige au contraire descendre vers l'atmosphère placée au-dessous : c'est ce qui n'eut point lieu. Les radicules des graines descendirent dans l'atmosphère, où elles no tardèrent pas à se dessécher; les plumulcs, au contraire, se dirigèrent en haut dans la terre.
M. Knigl, célèbre physicien anglais, a voulu s'assurer par l'expérience si cette tendance ne serait pas détruite par le mouvement rapide cl circulaire imprimé à des graines germantes. Il fixa des graines de haricot dans les augets d'une roue mue continuellement par un filet d'eau dans un plan vertical , celle roue faisant cent cinquante révolulions en uue minute. Ces graines placées dans de
la mousse sans cesse humectée , ne tardèrent pas à germer ; toutes les radicules se dirigèrent vers la circonférence de la roue, et toutes les gemmules vers son centre. Par chacune de ces directions les radicules et les gemmules obéissaient à leurs tendances naturelles et opposées. Le même physicien fit une expérience analogue avec une roue mue horizontalement, et faisantdeuicent cinquante révolutions par minute ; les résultats furent semblables, c'esl-a-dh-e que toutes les radicules se portèrent vers la circonférence, et les gemmules vers le centre . mais avec une iuclinaison de dix degrés des premières vers la terre , et des secondes vers le ciel. Ces expériences, répétées par M. Dulrorhet, ont eu les mêmes résultats, excepté que dans la seconde l'inclinaison a été beaucoup plus considérable , et que les radicules et les gemmules sont devenues presque horizontales.
Des diverses expériences rapportées ci-dessus il résulte évidemment que les racines se dirigent vers le centre de la terre , non parce quelles contiennent un fluide moins élaboré , ni parce qu'elles y sont attirées par l'humidité ou par la nature même de la terre, mais par un mouvement spontané, une force int rieure, une sorte de soumission aux lois générales de la gravitation.
Mais, quoiqu'on puisse dire que cette loi de la tendance des racines vers le centre de la terre soit générale, néanmoins quelques végétaux semblent s'y soustraire : telles sont en général toutes les plantes parasites, et le gui (ciscum album) en particulier. Cette plante singulière , qui vit en parasite, sur le pommier, le peuplier et une foule d'autres arbres où elle forme des touffes d'un beau vert, pousse, en effet, sa radicule dans quelque position que le hasard la place; ainsi, quand la graine, qui est enveloppée d'une glu épaisse et visqueuse, vient à se coller sur la partie supérieure d'une branche, sa radicule, qui est une sorte de tubercule évasé en forme de cor de chasse, se trouve alors perpendiculaire à l'horizon : si, au contraire, la graine est placée à la partie inférieure de la branche , la radicule se dirige vers le ciel. La graine est- elle située sur les parties latérales de la branche , la radicule se dirige latéralement. En un mot, dans quelque positiou que la graine soit fixée sur la branche , la radicule se dirige toujours perpendiculairement à l'axe de la branche.
M. Dutrochct a fait sur la germination de celte graine un grand nombre d'expériences pour constater la direction de la radicule. Nous rapporterons ici les plus intéressantes. Celle graine, qui trouve dans la glu qui l'enveloppe, les premiers matériaux de son accroissement, germe et se développe non-seulement sur du bois vivant et mort, mais encore sur des pierres , du verre , et même sur du fer. M. Dutrochct en a fait germer sur un boulet de canon. Dans tous ces cas la radicule s'est toujours dirigée vers le centre de ces corps. Ces faits prouvent, ainsi que le remarque cet ingénieux
expérimentateur, que ce n'est pas >ers un milieu propre à sa nutrition que l'embryon du gui dirige sa radicule, mais que celle-ci obéit à l'attraction des corps sur lesquels la graine est fixée, quelle que soit leur nature.
Mais cette attraction n'est qu'une cause éloignée de la tendance dfeJa racine du gui vers les corps. La véritable cause est un mouvement intérieur et spontané exécuté par l'embryon 4 l'occasion de l'attraction exercée sur sa radicule. M. Dutrochet colle une graine de gui germée à l'une des extrémités d'une aiguille de cuivre , semblable à une aiguille de boussole, et placée de même sur un pivot; une petite boule de cire mise k l'autre extrémité forme le contre-poids de la graine. Les choses ainsi disposées, M. Dutrochet approche latéralement de la radicule une petite planche de bois, à environ un millimètre de distance. Cet appareil est ensuite recouvert d'un récipient de verre, afin de le garantir de l'action des agents extérieurs. Au bout de cinq jours la tige de l'embryon s'est fléchie, et a dirigé la radicule vers la petite planche qui l'a voisinait , sans que l'aiguille ait changé de position, malgré son exlréme mobilité sur le pivot. Deux jours après, la radicule était dirigée perpendiculairement vers la planche avec laquelle elle s'était mise en contact, sans que l'aiguille qui portait la graine ait éprouvé le moindre dérangement.
La radicule du gui présente encore une autre tendance constante : c'est celle de fuir la lumière. Faites germer des graines de gui sur la face interne des vitres d'une croisée d'appartement , et vous verrez toutes les radicules se diriger vers l'intérieur de 1 appartement pour y chercher 1 obscurité. Prenez une de ces graines germées, appliquez-la sur la vitre en dehors de l'appartement, cl sa radicule s'appliquera contre la vitre, comme si elle tendait vers l'intérieur de l'appartement pour fuir la lumière.
Dans l'économie domestique, beaucoup de racines sont utilement employées comme aliments. Ainsi les carottes , les navets , les panais , les salsifis et beaucoup d'autres racines sont trop universellement usitées pour que nous soyons obligés d'entrer dans des détails à cet égard.
On extrait de la betterave , par des procédés que la chimie a singulièrement perfectionnas, un sucre tout-à-fait semblable a celui des colonies. Ce principe existe aussi dans la carotte, le navet et un grand nombre d'autres raciues.
Certaines plantes ayant la faculté de pousser des racines qui se ramifient cl s'étendent à de grandes distances, on s'en est servi pour consolider les terrains mouvants. C'est ainsi qu'en Hollande, cl aux environs de Bordeaux, on plante le Caret arenaria. ÏArundo arenaria, sur les dunes et les bords des canaux, afin de fixer leslerres. Dans plusieurs autres pays on plante, pour remplir le même ob-
jet, X'Hippophaë rhamnoides ou argousicr, le genêt d'Espagne, etc.
Plusieurs racines sont employées avec avantage dans la teinture. Telles sont celles de garance, d'orcanette, d'épine-vinette , de curcuma , etc.
Quant aux usages médicinaux des racines, on sait que la thérapeutique leur emprunte des médicaments précieux. Relativement à la saveur qui y prédomine, les racines officinales ont été divisées en :
§. 1. Racines fades : principe muquenx ou amylacé.
Guimauve ofûcinalo ( Althœa officinalit. L.).
Grande Consoude ( Symphytum officinale. L.).
Chiendent (Triticum rtptnt. L.), etc.
$. 2. Racines douces et sucrées.
Réglisse (Glyeyrrhiza glabra. L.).
Polypode ( Polypodium commune. L.).
§. 3. Racines peu sapides , ou légèrement amères.
Salsepareille (Smilax Salsaparilla. L.).
Squine (Smilax China. L.).
Rardane ( A rctium Lappa . L.).
Patience (Rumex Patientia. L.).
§. 4. Racines aromatiques et odorantes.
Valériane (Valeriana officinali*. L.).
Serpentaire de Virginie (Arittolachia terpentaria. L.).
Angélique (Angelica Archangelica. L.).
Année (Inula Helenium. L.).
Renoite (Geum urbanum. L.).
Raifort (Cochlearia armoracia. L.).
Ginseng (Panax quinquefolium. Lamk.).
g. S. Racines amères.
Grande Gentiane (Gentiana lutta. L.).
Rhubarbe (Rheum palmatum et R. undulatutn. L.).
Columbo (Coccttlus palmaiui. DC.).
Chicorée sauvage ( Cichorium Intybut. L.).
§. C. Racines acerbes.
Ristorte (Polygonum Bittorta. L.).
Tormcntillc (Tormentilla erecta. L.).