Capsules coupées transversale
ment pour montrer la position des graines.
Colchique. ColcMcum autumnale. L.
Plante indigène.lrès-coromune dans les prés humides, et qui fleurit en septembre. Parties usitées. Le bulbe et les graines.
Caractères botaniques. Tige très-courte ; feuil. lancéolées , luisantes , terminées intérieurement par une gatnc, formant une touffe qui ne se montre que l'hiver ; H. grandes, purpurines ; cal. à tube très-long , limbe raropanulé ; étam. Insérées au sommet du tube ;
fr., capsule ovoïde, alongée, trlflde, marquée de S sillons profonds et contenant des graines arillées.
Propriété- physique*). Le bulbe du colchique , tel que le fournil le commerce , est ovoïde , de la grosseur d'une noix , comprimé d'un côté, convexe de l'autre, d'un tissu compact el blanc , d'une couleur gris jaunâtre et marquée de sillons uniformes à l'extérieur, d'une odeur forte et désagréable , et d'une saveur àcre el nauséabonde, beaucoup plus marquées dans le bulbe récent, qutcsteuvcloppé d'une sorte de tunique brune , et contient un suc laiteux très-âcre. Les graines de cette plante sont grosses comme un grain de millet, d'un roux noirâtre , et surmontée d'une sorte de crête trèsdistincte, formée par l'arille.
Propriétés chimiques. Celle substance , d'après MM. Pelletier et Cavcntou , contient delà Vératrine combinée à l'acide gallique, une matière grasse particulière , de la gomme , de l'amidon , de l'inuline et du ligneux. Le vinaigre , le vin et l'alcool sont les meilleurs dissolvants de ce médicament.
Usages. Les effets du colchique varient beaucoup suivant la dose à laquelle on l'administre : à petites doses , il parait , d'après les observations des praticiens anglais , agir plutôt comme sédatif que comme irritant ; aussi l'emploie-l-on fréquemment de cette manière, cl avec succès, pour combattre les douleurs si cruelles quo produisent la gouilc et les affections rhumatismales aiguës. A hautes doses , ce médicament devient au contraire des plus irritants, et donne lieu à des évacuations alvines abondantes, souvent accompagnées de coliques , de vomissements , et de tous les autres symptômes do l'inflammation gastro-intestinale. Administré à doses modérées , le colchique n'est plus qu'un purgatif énergique ; son action se porte aussi sur l'appareil uhnaire, dont il augmente beaucoup l'activité : c'est ce qui l'a fail ranger par certains auteurs parmi les diurétiques , à côté de la scille , dont il se rapproche beaucoup par sa manière d'agir. On l'emploie comme drastique, dans les cas d'hydrothorax, d'anasarque,d'ascite, de douleurs goutteuses el rhumatismales violentes , etc. Cette substance , très-aclive el très-usitée en Angleterre , est peu employée en France. Cependant MM. J. Cloquet et Godard ont rappelé l'attention des praticiens sur elle, en l'administrant , avec les plus grands avantages , contre les affections rhumatismales chroniques. Ces médecins en ont employé la teinture, et ilsonl observé que celle que l'on prépare avec les semences de la plante est beaucoup plus active que celle préparée avec les bulbes , dans la proportion de 3 à 5.
La racine d'ELLBBORE blaîcc , Veratrum album , L-, plante qui croit dans les montagnes du Jura , d'Auvergne et des Alpes, est sous la forme d'un cône tronqué de 2 à 3 pouces de long el d'un pouce d'épaisseur, souvent garni de radicules nombreuses ; elle est blanche en dedans , noire et ridée en dehors , et d'une saveur douceâtre d'abord , puis àcre et corrosive. Elle contient de la Vératrlne , et agit comme nu violent drastique. On l'employait autrefois comme hydragogue dans les hydropisics dites passives; aujourd'hui elle est presque inusitée.
Il en est de mémo des semences de la Cévaoillb , Veratrum sabadilla, Retz. Plante originaire du Mexique, que l'on administrait autrefois comme anlhel-
mintiquc. Elle* renferment une grande quantité de vératrine, et leur action, très-incertaine et trèsdangereuse , en a fait abandonner l'usage a l'intérieur. Réduite* en poudre , on t'en sert quelquefois à l'extérieur pour détruire les poux ; mais celte application sur la tête peut èlre suivie de vertiges et d'autres symptômes fâcheux.
Vératrine. Yeratrinum. Substance alcaline végétale découverte par MM. Pelletier et Caventou dans les graines de la cévadille , et dans la plupart des plantes de la famille des Colchicées.
Propriétés physiques. Elle est pulvérulente, blanche , inodore , mais produisant de violents élernumenls lorsqu'elle pénètre dans les fosses nasales , d'une saveur très-àcreet excitant la salivation.
Propriétés chimiques. D'après MM. Pelletier et Dumas, elle contient : carbone 66,75; oxigène 19,60; hydrogène 8,54 et azote 5,01. Apeine soluble dans l'eau froide , elle se dissout dans 1000 d'eau bouillante et dans l'alcool ; elle est moins soluble dans l'élher. Elle jouit des propriétés alcalines, et forme, avec les acides, des sels neutres incrislallisables, qui prennent l'aspect de la gomme par l'évaporation. Chauffée, elle fond à 50*, et a une haute température elle est décomposée.
Usages. Les expériences de M. Magendie ont fait voir que la vératrine agit sur l'économie animale à la manière des poisons irritants les plus violents, et qu'elle produit des vomitsements et des évacuations Irès-abondantes et souvent sanguinolentes, résultant de l'inflammation de la membrane muqueuse intestinale ; et que ces accidents sont bientôt suivis du tétanos et de la mort. Cependant il pense qu'à des doses convenablement mesurées , cette subslauce peut remplacer avec avantage le colchique , l'ellébore blanc, etc., qui lui doivent leurs propriétés ; et il l'a môme administrée avec succès comme purgatif drastique dans des cas où il convenait d'exciter promptement d'abondantes évacuations alvines. Quoi qu'il en soit , c'est un médicament dangereux et dont l'emploi exige l'attention la plus grande.