La graine
Lis bloc. LiUum candidum. L.
Originaire de l'Orient et naturalisé dans toute l'Europe Partiel usitées. Les fleurs et le bulbe.
Caractères botaniques. Bulbe arrondi, de la grosseur du poing , formé d'écaillés imbriquées cl charnues. Tige de 3 à 4 pieds , simple , garnie de feuilles sessiles , lancéolées , aiguës ; fleurs grandes , éparses , en épi terminal , d'un blanc pur; très-odorantes.
Propriétés physiques. Le bulbe se nourrit et grossit à l'aide des racines cylindriques qui garnissent son extrémité inférieure.
Propriétés chimiques. Les écailles qui composent ce bulbe contiennent beaucoup de mucilage , d'amidon et un peu d'huile volatile âcre.
Usages. On prépare par la cuisson du bulbe du lis blanc , des cataplasmes émollients qui accélèrent la suppuration des abcès sous-cutanés. Les fleurs macérées dans l'huile ou dans l'eau-de-vie , rendent ces topiques trèsfavorables a la guérison des plaies provenant d'instruments tranchants.
Ait cctTivé. AUium sativum. L.
fl croit naturellement en Italie ; on le cultive dans le nord de l'Europe. Parties usitées : le bulbe.
Caractères botaniques. Bulbes multiples , accolés et recouverts de tuniques minces , scarieuses , sèches et blanchâtres, connus vulgairement sous le nom de gousses d'ail. Hampe élevée, couronnée par une ombelle composée d'un grand nombre de fleurs blanchâtres.
Propriétés physiques. Toutes les parties de la plante exhalent une odeur piquante plus ou moins forte. Les bulbes contiennent en outre une huile volatile extrêmement âcre et chaude.
Propriétés chimiqdes. Les bulbes contiennent de l'albumine, de la fécule , une matière sucrée, du soufre cl surtout de l'huile volatile , âcre , pesante et jaune.
Usages. Pilé et appliqué sur la peau, le bulbe de l'ail agit comme rubéfiant et peut même donner lieu à des ulcérations difficiles à guérir. Administré à l'intérieur, cru ou cuit dans de l'eau ou dans du lait , il devient un bon anthclminlique , auquel on a souvent recours, surtout dans la médecine populaire.
Aa poireau. AUium porrum. Lin.
An oignon. AUium eepa. Lia.
Alors pbrpolié. A Km perfoUata, Lam. PL. XIV.
Plante virace qui croll en Afrique , aux environs du cap de Bonne-Espérance , et qu'on cultive à la Barba • de, etc. Parties usitées j le suc épaissi.
Caractères botaniques. Racine fibreuse; tige ou hampe recouverte d'écaillés aiguës , haute de 2 pied» ; feuil. épaisses , succulentes ; longues de 8 à 10 pouces , d'une couleur vert glauque , rassemblées en rosette à la base de la tige ; fl. rouges , en épi alongé , pendante» , lubuleuses ; cal. cylindrique; 6 étam. attachées à la base du cal.; style terminé par un stigmate trilobé.
Propriétés ph ysiqubs.Oo distingue dans le commerce trois produits de l'aloès, que l'on désigne sous les noms a'Aloès suceotrin , hépatique et cabaUin.
L'Aloès suceotrin, est en masses d'un brun foncé, friables , à cassure brillante et résineuse , d'une odeur aromatique particulière , et d une saveur très-amère. Sa
as
poudre est d'un jaune dort brillant. Cesl le plui pur des trois.
L'Aloè» hèpatiqtte ou des Barbades , se reconnaît à sa couleur rouge foncé , qui se rapproche de celle du foie , à sa texture plus ferme , a sa cassure plus teme , et à son odeur forte analogue à celle de la myrrhe. Sa poudre est d'un jaune-rougeàlre terne.
VAlois cabaWn, qui est très-impur, et qu'on n'emploie que dans la médecine vétérinaire, est d'une couleur noire , tout à-fa It opaque , à cassure rude , très-dense , d'une odeur désagréable et fétide.
Propriétés chimiqces. L'aloès succolrin, suivant M. Trommsdorff, est composé de : principe savonneux amer 75; résine 25; et une trace d'acide gallique; il parait contenir en outre un peu d'huile essentielle. Il est en partie soluble dans l'eau froide , et en totalité dans l'eau bouillante , d'où la résine se dépose par le refroidissement; il se dissout également dans l'alcool. L'aloès hépatique contient, d'après le même chimiste : principe savonneux 81,35 ; résine 6,25, albumine 12,50, et une trace d'acide gallique. Il n'est soluble en totalité ni dans l'eau froide ni dans l'eau chaude.
Préparation*. On obtient l'aloès succolrin , en coupant à leur base les feuilles de l'Aloe t et en les dressant dans un vase, la partie coupée en bas. On réunit ensuile le liquide jaunâtre qu'elles ont fourni, et on le fait évaporée au soleil ou à on feu doux. Le produit ainsi ohlenu est très-peu abondant , mais il est très-pur. Le plus ordinairement, on prépare les trois espèces d'aloès que nous avons décrites, par une seule opération. On pile les feuilles ; on en extrait le suc par la pression ; on fait ensuite bouillir le marc dans de l'eau; on passe la décoction et on la mêle avec le sue déjà obtenu. On fait ensuite évaporer ce liquide, préalablement filtré grossièrement, Jusqu'à consistance d'extrait , puis on le laisse refroidir dans des baquets. Les couches supérieures étant les plus pures, fournissent l'aloès succolrin, les moyennes l'aloès hépatique , et les inférieures constituent l'aloès noir ou caballin.
Usages. A petites doses, Valoès agit sur l'estomac à la manière des toniques amers; il réveille l'action de cet organe , et favorise puissamment la digestion. A plus haute dose, il devient purgatif énergique ; mais ses effets ne se manifestent qu'assez long-temps après son ingestion , car il porte principalement son action sur le gros intestin , qu'il peut irriter au point d'y déterminer une véritable fluxion. On l'emploie avec avantage dans les cas de constipation habituelle , dépendante d'un étal alonique du canal intestinal , dans la jaunisse , la chlorose , les affections scrofuleuses, l'bypochoodrie , et , en général , toutes les fois qu'on veut oblenir un effet purgatif lent , et secondairement une action fortifiante. On met à profit son action sur le rectum , pour 7 entretenir une irritation légère , chez les personne* disposées aux congestions cérébrales ; et cette même action , qui peut se propager jusqu'à l'utérus, est quelquefois Irèsutile pour exciter l'écoulement des règles. On doit éviter de l'administrer aux individus affectés d'bémorrboïdes ; car, d'après ce que nous venons de dire de son action sur le rectum, on voit qu'il doit en aggraver les symptômes. On l'a enfin conseillé comme aolbeiminllque; ses effets, sous ce rapport, sont trop peu certains pour qu'on puisse y compler l»raucoup.
SciLtB. Scflla marWina. L.
Plante Indigène, qui croit sur les bords de la mer. Parties usitées : les écailles du bulbe.
Caractères botaniques. Bulbe ovoïde, de la grosseur du poing , formé d'écaillés ou squammes brunes à l'extérieur , épaisses , charnues et visqueuses à l'intérieur ; feuil. radicales , ovale* , lancéolées , d'un vert foncé ; hampe de 2 ou 3 pieds de haut ; fl. blanches , pédonculécs, en épi terminal ; cal. à sep. étalés ; élam. à filets simples; fr., capsule trifone , h 3 loges.
Propriétés physiques. Les écailles ou Htuaninct delà m il lu se trouvent desséchées dans le commerce; elles sont alors de forme ohlongue , un peu transparentes et
fragiles, ou en lanières ridées , irregulières , attirant l'humidité de l'air, d'une couleur brunâtre, d'une odeur presque nulle et d'une saveur tres-âcre et a m ère.
Propriétés chimiques. Celte substance contient, d'après M. Vogel : Scillitin«26, tannin 18, gomme 44 , ligneux 1 l,et des trace» de matières sucrées et de citrate de chaux.
La Scillitine , principe immédiat découvert par M. Vogel, est blanche , fragile , transparente , friable , déliquescente , très-soliible dans l'eau , l'alcool el le vinaigre. Elle parait être le principe actif de la scille. M. Tilloy pense que cette substance est un mélange de sucre Incristaltisablc et de deux matières particulières , l'une àcre et l'autre très-amère.
Usages. L'action directe de la scille sur l'estomac, provoque des nausées , des vomissements et des coliques ; mais lorsqu'elle est absorbée , elle agit principalement lur les reins, et occasione l'augmcnlation de la sécrétion de l'urine , ou même la stranguric el l'émission d'urines sanguinolentes. Elle exerce aussi une influence stimulante, très-marquée, sur la sécrétion des membranes muqueuses, et sur celle des bronches plus spécialement. A forte dose, elle agit sur le système nerveux , à la manière des poisons âcres , et détermine des mouvements convulsifs, elc. Il parait aussi qu'elle ralentit le pouls.
C'est principalement comme diurétique et excitant général , que l'on fait usage de cette substance dans les hydropisics , el dans les cas où il est nécessaire de provoquer la sécrétion de l'urine. On en conseille aussi l'usage à la fin des catarrhes pulmonaires et des toux chroniques, pour faciliter l'expectoration. Enfin, administrée de manière à occasionner des nausées continuelles, elle parait pouvoir être utile dans le traitement de certaines affections tuberculeuses. On donne rarement la scille seule ; on l'unit souvent à l'opium , au calomélas et à d'autres médicaments énergiques , suivant l'effet qu'on veut en obtenir.
VINGT- HTJmtLBE FAMILLE.
broméliacées. Bromeliacea. Juss.
Les Broméliacées sont des plantes vivaces, parasites. Leurs feuilles sont alternes, et en général réunies en faisceau a la Use de la tige ; elles sont
alongées , étroites , souvent dentées et épineuses 6ur les bords. Dans un grand nombre d'espèces, toute la plante est couverte d'une sorte de duvet ferrugineux. Les fleurs forment des épisécaillcux, des grappes rameuses ou des capitules, dan» lesquels elles sont quelquefois tellement rapprochées , qu'elles finissent par se souder ensemble. Dans un petit uombre d'espèces les fleurs soul terminales et solitaires. Leur calice est tubuleux, tantôt adhérent par sa partie inférieure avec le tube du calice, tantôt entièrement libre. Le limbe préseute six divisions plus ou moins profondes , sur deux rangs, dont les trois intérieures sont colorées et pélaloïdes. Les étamines sont en général au nombre de six, rarement pins. I/ovairc est a trois loges , dans chacune desquelles sont insérés un grand nombre d'ovules. Le style se termine par un stigmate à trois divisions planes ou subulées. Le fruit est généralement une baie couronnée par les lobes du calice, à trois loges polyspermes. Quelquefois toutes les baies d'un même épi se soudent ensemble , et forment un fruit unique, comme dans l'ananas. Plus rarement le fruit est sec et déhiscent. Les graines se composent d'uu endosperme farineux, à la partie inférieure duquel est placé un embryon alongé et recourbé.
ou uuisexuées. Lcnr ovaire, infère, est adhérent au calice dont le limbe est divisé en six lobes égaux. Les élamines, au nombre de six, sont libres ou rarement monadclphes , avant leurs anthères introrses. L'ovaire est à trois loges, contenant chacune un, deux ou un plus grand nombre d'ovules lantôt ascendants , tantôt renverses. Le fruit est une capsule mince et comprimée ou une baie globuleuse , quelquefois alongée, couronnée par le limbe calycinal, eloffranl d'une à trois loges. Lis graines contiennent un embryon placé vers le hile , dans l'intérieur d'un endosperme presque corné.
Celle petite famille a été établie par Robert Brown pour placer les genres de la famille des Asparaginées de Jussieu , dont l'oraire est infère; tels sont Dioseorea, Totnnvs , Hujunfn , Flnggea, etc.
PL. XVI. Fig. 102. Rameaux deRalaneencceur, Ha jana cordata ; l'un stérile , a ; l'autre fertile , b.
1(13. Une fleur stérllo grandie.