‹ Nouveaux éléments de botanique et de physiologie végétale avec le tableau méthodique des familles naturellesChapitre 89 sur 259 · La graine vue à la loupe; a la · texte numérisé non relu

La graine vue à la loupe; a la

mémedi visée longitudinalement pour montrer l'embryon déjà gonflé par la germination.

Aspbrgr omcinAiB , Asparagus oflicinaUs. L.

Plante indigène , vivace , qui croit dans les lieux cultivés. Parties usitées. La racine.

Caractères botaniques. Tige dressée, cylindrique, glabre ; feuil. capillaires et fasciculées; fl. petites,d'un jaune verditre , unisexuées ; cal. campaoulé ; style tri gone , avec 3 stigmates ; fr., baies pisifurmes à 3 loges.

Propriétés physiques. Cette racine est écailleusc , cylindrique , charnue , donnant naissance à un grand nombre de radicules cylindriques, très-longues, de la grosseur d'une plume , d'une couleur grise à l'extérieur , blanche à l'intérieur et d'une saveur mucilagincuse et amère.

Propriétés chimiques. Cette plante contient , d'après MM. Vauquelin et Robiquet, de VAgédotte, une matière résineuse verte, de la cire , de l'albumine, du phosphate et de l'acétate de potasse et de la mannile. Les principes actifs sont solubles dans l'eau.

Usages. La racine d'asperge , que l'on rangeait autrefois parmi les cinq racines apéritives majeures , communique à l'urine une odeur très-désagréable, et parait en activer la sécrétion , sans agir d'une manière marquée sur le reste de l'économie. Ces propriétés lui sont

communes avec les autres parties de la plante , el sem- Ment dépendre de la présence de l'agédotte. On l'emploie très- fréquemment comme diurétique et apérilive dans les hydropisies , les maladies des voies urinaires , cl en général dans tous les cas où l'on veut augmenter la sécrétion de l'urine , sans exciter vivement les organes. M. Broussais a découvert récemment que les pointes d'asperges jouissent de propriétés sédatives assez prononcées; il les a employées , ainsi que plusieurs autres médecins, sous forme de sirop el d'extrait, et avec avantage , dans les cas d'hypertrophies du cœur.

Salsepareille. Smttax salsaparftta. L.

Arbuste sarroenteux qui croit spontanément au Pérou, au Mexique et dans toute l'Amérique du Sud. Parties u*7tèt$. La racine. Plus un principe immédiat particulier.

Caractères botaniques. Tige articulée , rameuse , garnie d'épines recourbées ; feuil. alternes , coriaces , cordiformes , munies de 2 vrilles à leur base ; II. verdâtres , dioïques , en petites ombelles simples sur un pédoncule commun; cal. 6 div.; fl. mâles , 6 élara.; H. femelles, ovaire a 3 loges monospermes; 3 stigmates; fr., baie arrondie , rougcâlre , à 3 graines.

Propriétés physiques. Racine fibreuse , longue de plusieurs pieds, de la grosseur d'une plume à écrire . ridée, d'une couleur grise ou rougeâtre au dehors, blanche ou légèrement rosée en dedans, inodore et d'une saveur mucilagineuseet un peu amère.

Propriétés chimiques. D'après M. Pallotta, cette racine contient de la PareflUne , de la fécule , du mucilage et de l'albumine. L'eau bouillante et l'alcool lui enlèvent ses principes actifs.

La Pareill!*! , principe immédiat particulier , découvert par M. Pallotta, est blanche, pulvérulente, plus pesante que l'eau distillée , d'une saveur amère et un peu astringente , et d'une odeur particulière. Insoluble dans l'eau froide , elle se dissout un peu dans l'eau ebaude et l'alcool froid ; ce liquide bouillant la dissout complètement. Elle rougit un peu le curcuma , se décompose par les acides concentrés et par la chaleur , et forme des sels neutres avec les acides affaiblis. D'après les essais tentés sur lui-même par M. Pallotta , on est porté à croire que celte substance est la partie active de la salsepareille. On ne l'a pas encore administrée comme médicament ; il serait peut-être important de l'essayer.

Usages. On a considéré la salsepareille comme essentiellement diaphonique et diurétique, et cependant son action est très-faible sous ce rapport. Il est difficile d'indiquer la manière d'agir de celte substance. Ce que l'on sait de positif à cet égard , c'est que la pareilline , à la dose de quelques grains , produit le ralentissement du pouls , des nausées , des syncopes , un état d'affaiblissement général , etc. On emploie très-fréquemment cette racine, soit seule, soit unie aux autres substances dites sudoriftques , dans le traitement des affections vénériennes consécutives , le rhumatisme chronique et certaines maladies de la peau. Elle parait très-utile pour combattre les ulcérations du larynx , et du pharynx , qui dépendent de la maladie syphilitique , ou de l'abus

des mercuriaux ; elle a parfaitement réussi dans plusieurs cas de ce genre , qui avaient résisté a tous les autres moyens.

SQ 0W R.S«flox china, L.

Arbuste sarmenteux, très-voisin du précédent , et qui croit à la Chine et dans l'Amérique méridionale. Parties usitées. La racine.

Propriétés physiques Cette racine est environ de la grosseur du poing, ligneuse, pesante , garnie de nœuds , dure , compacte, d'un brun foncé à l'intérieur , recouverte d'une écorce lisse , brune-rougeâlre, inodore, et d'une saveur viiqueuse . un peu acerbe.

Pbopriktés chimiques. Elle contient beaucoup de fécule , de la gomme , el un principe colorant rouge , soluble dans l'eau. L'eau dissout le peu de principes actif* qu'elle recèle.

Usages. On 1 'emploie aux mêmes usages que la salsepareille, à laquelle on l'associe ordinairement. C'est d'ailleurs un médicament très-infidèle et peu actif.

La racine du Fbagok ou Petit-roux, Ruscus aculeatus. L., petit ahrisseau indigène , à feuilles persistantes, qui croit dans les lieux couverts , est grosse comme le doigt, noueuse, longue et marquée d'anneaux trèsrapprochés. Elle jouit de propriétés analogues à celles de l'asperge , et on l'emploie souvent dans les mêmes cas et de la même manière .

Le Sang Dragon. Suc résioenx fourni par le Ptsrocarpe sang-dragon , Pterocarpus drago, L., arbre qui croit aux environs de Santa-Fé , en Amérique et dans Ici lies de la Sonde , est en masses ovales, en bâtons ou en fragments informes , durs, opaques, fragiles , d'une cassure nette , luisanic , d'un rouge foncé , et d'une saveur presque nulle. Les masses ovales sont enveloppées dans des feuilles de roseau. Cette substance, insoluble dans l'eau, soluble en presque totalité dans l'alcool , et dont la composition n'est pas connue, était employée comme astringente dans les hémorrhagics passives , les diarrhées , etc. ; mais son action nulle, ou du moins très-faible , en a fait presque complètement abandonner l'usage. Elle entre dans la composition de quelques préparations pharmaceutiques, et des poudres et opials dentifrices.

viNCT-srpTi lmi: rASfiIXE.

* LiLUcto. LiUaeea. — LiUa et Âsphodeli. Jrss. — Hemerocallidea*. Dr.

Plantes à racine bnlbifère on fibreuse. Leurs feuilles, quelquefois toutes radicales, sont planes, ou cylindriques el creuses, on épaisses et charnues. La tige ou hampe est en général nue; rarement elle porte des feuilles. Les fleurs sont tantôt solitaires et terminales, tantôt en épis simples, en grappes rameuses ou en sertules ; elles sont quelquefois accompagnées d'une spathe qui les enveloppait avant leur épanouissement. Le calice est coloré et pétaloïde , formé de six sépales distincts ou unis pnr leur base , et formant quelquefois un calice lubuletix. Ces six sépales sont dîs-

posés sur deux rangs, trois étant pins intérieurs et trois plus extérieurs. Les étaïuines sont au nombre de six, insérées à la base des sépales quand ceux-ci sont distincts, ou au haut du tube quaud ils sont soudés. L'ovaire est à trois loges, et offre trois côtes saillantes ; chacune d'elles contient un nombre variable d'ovules attachés à leur angle interne , et disposés sur deux rangs. Le style est simple ou nul , terminé par un stigmate trilobé. Le fruit est une capsule k trois loges s'ouvranten trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Leurs graines sont recouvertes d'un tégumeut tantôt noir et cruslacé, tantôt simplement membraneux. Leur endosperme est charnu , et contient un embryon cylindrique dont la radicule est tournée vers le hile ; rarement cet embryon est contourné sur lui-même.

Nous réunissons ici en un seul groupe les deux familles établies par M. de Jussieu, sous les noms de Liliacées et d'Asphodélées , cl les Hémérocallidées de M. Brown. En effet , ces deux premières familles offraient absolument la même organisation dans toutes leurs parties , et la seule différence qui existât entre elles consistait uniquement dans leur mode de germination. Ainsi , dans les Asphodèles , le cotylédon reste engagé dans l'intérieur de la graine par une de ses extrémités, et forme un prolongement filiforme, qui éloigne la gemmule. Ce caractère, joint à quelques différences dans le port, différences que l'habitude seule peut faire apprécier, sonl les seuls signes qui distinguent les Asphodèles des Liliacées : nous avons donc cru devoir les réunir.

Quant aux H émérocall idées de Robert Brown , elles ne peuvent former une famille distincte , puisque leur seul caractère essentiel consisterait dans un calice tubuleux à sa hase. Ce groupe avait été établi par le célèbre botaniste anglais pour les genres à ovaire libre, de la famille des Narcisséesde Jussieu : tels sont Hemerocallis, Tubatgia , IHandfortia.

L'insertion présente quelques différences dans les genres qui composent les Liliacées. Ainsi , tandis que les étamines , attachées au calice dans un grand nombre <le genres , et en particulier dans les Jaciuthes , les Lachénalies, les Asphodèles, etc., sont par conséquent périgynes, elles sont certainement hypogynes dans les lis, les aulx, les aloès , les Tritomes, etc.

PL. XIII. Fig. 95. Fragment du calice du Lis blanc , Lttium canâtdum , ouvert pour montrer les six étamines.

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