‹ Nouveaux éléments de chirurgie opératoireChapitre 108 sur 198 · EXTIRPATION DE LA GLANDE LACRYMALE · texte numérisé non relu

EXTIRPATION DE LA GLANDE LACRYMALE

Par extirpation de la glande lacrymale on comprend l'énucléation soit seulement de la portion principale ou orbitaire de cette glande, celle qui est placée dans la fossette lacrymale de la voûte orbitaire; soit aussi de la portion palpébrale (Badal) ^

Les indications de l'extirpation sont : l'adénome ou hypertrophie simple et les néoplasmes malins primitifs (sarcome ordinaire, chloroma, épithéliome) de la glande; les fistules rebelles de la glande, et le larmoiement autrement incurable.

Appareil instrumental :

Un bistouri droit;

Une pince anatomique fine;

Une sonde cannelée ;

Une érigne simple ;

De petits ciseaux courbes mousses ;

Quelques pinces à forcipressure ;

De petites aiguilles courbes, et du crin de Florence.

Procédé [Œil gauche). — Après avoir rasé les deux tiers

' CousuUez les thèses de Marula, Paris, 1S76; de Peyret, Bordeaux, 1883; de Guiliou, Moulpellier, 1889.

bo6

OPÉRATIONS SUR L'aPPAREIL VISUEL

externes du sourcil, la face étant inclinée à droite, tendre les téguments en place et faire une incision cutanée qui commence à 4- millimètres au-dessus de la commissure palpébrale externe sur le rebord même de l'orbite, et qui suive exactement ce rebord jusqu'à 5 millimètres en dehors de l'échancrure sus-orbitaire (fig. iOi. ab).

Diviser dans la même étendue le muscle orbiculaire et le tissu cellulaire sous-jacent.

En rasant le rebord de l'arcade orbitaire diviser le ligament large ou suspenseur du cartilage tarse ; puis, en

FiG. 4U4. — Placement de rincision.

rasant encore la face inférieure du rebord , fendre le feuillet fibreux aponévrotique qui va du rebord au bulbe et fait rideau au-devant de la glande lacrymale. La loge de la glande est alors ouverte.

Abaisser la lèvre inférieure de lïncision, et reconnaître la glande par la vue et le toucher à sa teinte jaune ou gris rougeàtre, à son état grenu, à sa forme, à sa consistance et à ses rapports.

Avec le bec de la sonde, décoller sa face supérieure; la saisir au moyen de Térigne, et, pendant qu'on l'attire en divers sens, la détacher en dedans, en bas, en dehors, toujours par diérèse mousse. La glande ne tient plus qu'en arrière, où se trouvent les vaisseaux et le nerf lacrymaux.

Etreindre le pédicule en masse au moyen d'une ligature qu'on place le plus profondément possible, ou bien simplement entre les mors d'une pince à forcipressure qu'on laisse quelques minutes en place, et séparer la glande

ET SUR l'appareil AUDITIF 557

d'un coup de ciseaux au-devant, de la pince ou de la ligature. Suturer totalement la plaie, sans drainage.

Au Congrès ophtalmologique de Heidelbcrg (9 août 1888), de W'ecker a propose la substitution de Vextirpation de la glande palpébrale à celle de la glande orbitaire pour guérir le larmoiement persistant ; il pense que la première, « entraînant à sa suite la résection d'une partie des canaux excréteurs, doit tarir la source du liquide lacrymal ».

« Après cocainisation, il écarte en haut la paupière supéi'ieure, et, de bon gré ou à Taide d'une pince, il force l'œil à se porter en bas et dedans. La glande accessoire se présente alors, non pas disséminée, mais conglomérée et sous la forme d'un bourrelet saillant, dont il pratique aisément l'excision ajirès dissection de la conjonctive. »

De Wecker a ainsi obtenu d'excellents résultats dans vingt-cinq cas '.

CATHETERISME DES CONDUITS LACRYMAUX

Le cathétérisme des conduits lacrymaux consiste à faire passer dans leur intérieur jusqu'au sac un stylet assez fin, soit qu'on veuille seulement vérifier leur perméabilité ou leur degré de perméabilité, soit qu'on se propose en outre de sonder le canal nasal. Dans ce dernier cas, il ne représente plus que le premier temps d'une opération,

On se sert généralement des stylets doubles de Bowman (fig. 405). Le n'' 1 a environ un sixième de millimètre de diamètre; le n*^ 6 mesure un millimètre comme le conduit lacrymal lui-même à l'état normal.

Procédé {Œil droit). — a. Cathétérisme du cou- ^iq, 405. duit inférieur. Après s'être placé derrière la tète, produire une éversion convenable du point lacrymal et redresser l'angle (fîg. 406) que forme l'axe de l'ampoule initiale de Sappey avec celui du reste du conduit. Pour cela, appliquer la pulpe du pouce gauche sur le milieu de la paupière inférieure, la faire basculer légèrement en avant

' Cons. à ce sujet A. Terson (th. Paris, 1892),

et la tendre en même temps vers la partie inférieure et externe du rebord orbitaire, en prenant appui sur ce rebord.

Prendre un stylet de Bowman (n*^ 2, par exemple), par la plaque entre le pouce et l'index de la main droite, l'introduire dans le point lacrymal, le diriger d'abord un peu obliquement en bas et en dedans, dans la profondeur de 1 millimètre à 2 millimètres, puis horizontalement en dedans, et le pousser avec douceur, dans la profondeur de

FiG. 406. — Schéma de l'appareil excréteur des larmes. (Côté droite

a, conduit lacrymal supérieur; — a' conduit lacrymal inférieur; — b, sac lacrvmal; — d, canal nasal.

9 à 10 millimètres, jusqu'à ce qu'on le sente arrêté par la paroi interne delà gouttière lacrymale.

Lâcher la paupière inférieure, retirer le stylet.

b. Cathètèrisnie du conduit supérieur. Même position de l'opérateur. Renverser le bord libre de la paupière et tendre celle-ci en haut et en dehors, au moyen de l'index et du médius gauches réunis, en prenant appui sur le rebord supérieur de l'orbite.

Introduire le stylet dans le point lacrymal, le diriger d'abord un peu obliquement en haut et en dedans dans la profondeur de 1 à 2 millimètres, puis obliquement en bas et en dedans, jusqu'au contact de la paroi interne de la gouttière lacrymale.

Lâcher la paupière et retirer le stylet.

Pour l'œil gauche, l'opérateur se place en face et à droite, et il manœuvre la paupière inférieure avec l'index et médius réunis, la paupière supérieure avec le pouce de la main gauche.

ET SUR L APPAREIL AUDITIF .m9

Page 1