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ET INJECTION INTRA-VEINEUSK DE SÉRUM ARTIFICIEL

La transfusion est une opération qui consiste à faire passer dans le système circulatoire d'un individu une certaine quantité de sang, empruntée, séance tenante, à un autre individu ou à un animal, tel que le veau, le mouton, de préférence l'agneau.

Elle est dite immédiate quand un vaisseau du donneur de sang est mis en communication directe avec un vaisseau du récepteur ; médiate, quand le sang du donneur est recueilli à part, et n'est infusé qu'en second lieu dans un vaisseau du récepteur.

La transfusion immédiate est, en principe, celle qui répond le mieux aux exigences de la physiologie : elle seule permet de conserver au sang d'emprunt toute sa vie et, par suite, toutes ses propriétés normales. Elle doit se faire dliomme à homme et de veine à veine, c'est-à-dire avec du sanfj complet, vivant et de même espèce. C'est seulement lorsque la transfusion immédiate de sang humain sera impossible qu'on aurait recours à la transfusion immédiate de sang animal ou à la transfusion médiate de sang humain drfîhriné ou non défihriné.

Il faut, toutefois, noter qu'on a vivement contesté depuis quelque temps l'utilité directe de ces derniers genres de tran.sfusion sanguine : les globules rouges importés ne continuent pas à vivre, ils se détruisent rapidement et perdent leur hémoglobine, et le plasma lui-même subit ' des altérations profondes. On leur a. de plus, reproché d'être dangereux, soit à cause des caillots qui peuvent se former dans l'appareil de transmission ou dans le système

' L'infusion intrapériloncale de san» défihriné ou non iléfibrim''. proposée par l'iinficlv, il y a quelque temp>, n'a pu entrer dans la pratique. (Juanl aux injections sous-cutanôes de san^ délibriné, il semblerait» d après les résultais obtenus par Ziemsson et autres, qu'elles sont susceptibles de rendre quelque service, -|iécialeuient dans les dyscra^ies chroniques.

circulatoire du récepteur sous l'influence du ferment de fibrine, soit à cause des troubles généraux qui suivent l'introduction du sang employé. On a, enfin, établi par l'expérimentalion que la transfusion du sang agit surtout, sinon exclusivement, non pas comme restitution d'éléments figurés et de principes chimiques en quantité normale, mais comme pur remplacement de liquide : à la suite de fortes hémorragies, la mort n'a pas lieu par la perte du sang en lui-même, elle a lieu par l'insuffisance de la réplétion vasculaire, le cœur s'arrête faute de tension. Delà une orientation nouvelle de la thérapeutique chirurgicale : à l'exemple de Kronecker, de Sander, d"E. Schwarz, de V. Ott, etc., beaucoup de chirurgiens et d'accoucheurs ont remplacé la transfusion du sang par Vinjection intraveineuse de sérum artificiel, sérum dont je donnerai plus loin les formules les plus recommandables, et déjà de nombreux succès sont venus à l'appui de cette innovation. V. Bergmann, Landerer, Tillmanns. rejettent même absolument l'emploi de toute transfusion sanguine. Sans partager une manière de voir aussi exclusive, je pense que l'injection intra-veineuse de sérum artificiel doit définitivement dominer dans la pratique courante ; elle est très simple, facile à improviser et à exécuter partout, et tout à fait in offensive.

Dans le même ordre d'idées, et d'une façon encore plus 'pratique, d'autres chirurgiens titilisent le sérum artificiel sous forme d'injections sous-cutanées : ils poussent 150 à 200 grammes de sérum dans les vingt-quatre heures chez les opérés qui sont en état de shock nerveux ou hémorragique. Les résultats sont des plus remarquables, ainsi que me l'affirmait naguère mon collègue M. Segond. C'est un exemple à suivre également.

La transfusion du sang est indiquée nettement dans l'anémie aiguë consécutive à des hémorragies graves (blessés, opérés, femmes en couches, etc.). "Elle l'est aussi dans l'empoisonnement par l'oxyde de carbone. Ses autres indications ne sont pas encore bien arrêtées.

L'injection de sérum ne convient qu'aux cas de prostration ou shock hémorragique ; on l'a pourtant aussi employée maintes fois, mais avec des résultats variables, dans la période algide du choléra.

TRANSFUSION DU SANG

Ktl

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