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A. — TRANSFUSION IMMÉDIATE

l"* DE SANG HUMAIN (Transfusion veinoso-veincuso)

Appnrril de Boufisel (de Genève). Les deux dangers de toute transfusion sont la projection d'air et celle des caillots dans le système circulatoire du récepteur. L'appareil de

FiG. 73. — Mise en train de la transfusion veinoso-veineuse de bras à bras avec l'appareil de Roussel.

Roussel permet de les éviter, en même temps qu'il est un des plus simples et des plus portatifs parmi les transfuseurs directs qui ont été inventés jusqu'à ce jour (fig. 73).

Entièrement construit en caoutchouc pur, simple ou durci, il se compose d'un corps ou partie principale qui est appliqué sur le lieu de la saignée (veines médianes du pli du coude, veine saphène interne) et de trois tubes qui sont annexés au corps. Celui-ci est représenté essentiellement par un cylindre rigide vertical, dont le bout inférieur doit être posé sur la veine de la saignée, et dont

le bout supérieur, laissé provisoirement ouvert, permet de bien contrôler le point d'application. Autour du bout inférieur est une sorte de calotte qui fait office de ventouse quand le corps est appliqué sur la peau et qu'on y fait le vide au moyen du ballon rond, ballon de succion, relié à la ventouse par un tube, tube de succion. Dans le bout supérieur du cylindre, à un moment donné, on engage un

FiG. 74. — Coupe verticale du corps de l'appareil.

V, coupe transversale d'une veine au-dessous de la lancette bifurquée. — PP', plan de la peau qui recouvre la veine. — bb\ calotte d'application sur la peau.

petit appareil appelé porte-lancette (fig. 74), muni : 1'^ en bas, d'une lancette bifurquée et qui se relève à ressort après la piqûre; 2° en haut, d'une tête avis millimétrique ; S'' sur les côtés, de dews.yeux, ou repères qui indiquent la direction de la lame de la lancette.

Sur un côté du cylindre, s'ouvre un tube qui présente un robinet ou un clamp près du cylindre et dont la cloche terminale plonge dans un vase rempli d'eau bouilUe légèrement sodiqua ; c'est le tube aspirateur d'eau. De l'autre côté du cylindre part un autre tube, tube d'issue, pourvu sur son trajet d'un ballon moteur, ovale, à clapets, pompe aspirante et foulante, de la contenance de 10 centimètres cubes. Ce tube, qui laisse passer d'abord un courant d'eau, puis un courant de sang, se termine par une canule en caoutchouc durci et par un embranchement dit de dégagement : la canule doit être fixée dans la veine soit par une hgature, soit par la grande serre fine ad hoc de Roussel ; l'embranchement de dégagement reste Ubre. Au point de départ de la canule et de l'embranchement est

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un robinet ou un clamp, qui permet de fermer l'un ou l'autre à volonté.

Manuel opératoire. — PnHiminairc:^. Deux sujets étant couchés l'un près de l'autre, tête en sens inverse, de façon que les bras droits par exemple puissent être juxtaposés dans l'étendue nécessaire, on considère l'un comme le donneur de sang ; on établit sur lui la circulation artilicielle, puis on applique le bandage de la saignée, comme on fait sur le vivant pour gonfler les veines du pli du coude sur l'autre qui est censé le récepteur, on applique aussi le bandage de la saignée, et l'on enroule une bande d'Esmarch autour de la main et de l'avant-bras, comme pour gonfler également les veines du pli du coude. Non loin du coude du donneur, on place un vase quelconque rempli d'eau chaude à 4-0^ G. et additionnée de liO centigrammes de bicarbonate de soude par litre.

Procédé. — Six temps. 1. Mise à nu et incision de la veine du récepteur. Au niveau de la veine médiane céphalique ou de la-médiane basilique, inciser la peau sur un pli transversal haut de 1 centimètre, et découvrir la paroi antérieure de la veine. La soulever avec une érigne, l'inciser en V, la base du V tournée vers la racine du membre, refermer pour le moment la petite plaie, et enlever le bandage de la saignée, ainsi que la bande à refoulement d'Esmarch.

2. Préparation de la saignée du donneur. Déterminer et marquer sur le donneur le point de la saignée, si la veine n'est appréciable ni à la vue, ni au toucher, la mettre à nu par une incision de 1 centimètre. D'après la profondeur de la veine, régler par lavis millimétrique du porte-lancette la longueur de la course de la lancette. Appliquer le bout inférieur du cylindre du corps de l'appareil sur le point de la saignée, et contrôler par l'ouverture du bout supérieur son exacte application. Fixer en place le corps de l'appareil en faisant le vide dans la ventouse au moyen du ballon de succion qu'on comprime et qu'on abandonne ensuite.

Cela fait, fermer le cylindre par l'introduction du portelancette, de façon que la lame bifurquée de la lancette

soit obliquement à cheval sur la veine qui sera saignée tout à l'heure.

3. Expulsion de Pair de V appareil par un courant d'eau, et placement de la canule dans la veine du récepjteur. Plonger la cloche du tube aspirateur dans le vase à eau alcaline, ouvrir son robinet ou desserrer son clamp. puis comprimer et relâcher alternativement le ballon moteur du tube dïssue. L'eau monte dans le tube aspirateur, remplit le cylindre, le tube d'issue et son ballon, et sort par la canule et l'embranchement de dégagement.

Introduire la canule dans la veine du récepteur, l'y fixer avec la serre-fine de Roussel, puis la fermer au moyen du robinet ou du clamp placé à son point de départ.

4'. Saignée. Expulsion de Veau par le courant de sang, Etablissement de la circulation anastomotique entre les deux sujets. Frapper la tête de la lancette d'un coup sec et rapide et fermer le tube aspirateur au moyen de son robinet ou de son clamp. Le sang jaillit aussitôt de la veine ouverte : il repousse devant lui l'eau du cylindre et celle du tube d'issue.

Dès qu'il apparaît pur à l'extrémité libre de l'embranchement, fermer ce dernier en tournant le robinet ou en serrant le clamp sur lui. Le courant de sang est ainsi détourné vers la veine du récepteur.

5. Transfusion proprement dite. Comprimer et relâcher alternativement le ballon moteur, en agissant avec lenteur et régularité. On fait cinq ou six compressions par minute. Chaque compression envoie 10 grammes de sang, soit 50 à 60 grammes par minute.

La quantité de sang qu'on transfuse sur le vivant varie beaucoup suivant les cas, de 60 à 300 grammes, et quelquefois davantage. En général, (^n doit continuer la transfusion tant que l'anxiété respiratoire et l'agitation ne sont pas trop marquées,

6. Retrait et nettoyage de V appareil. Après avoir enlevé le bandage de la saignée du donneur, détacher la ventouse par la compression du ballon de succion, retirer la canule et plonger l'appareil dans une cuvette d'eau alcaline chaude,

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pour le nettoyer avec un courant d'eau qu'on établit au moyen du ballon moteur.

La transfusion doit se faire d'après les règles de la méthode antiseptique, si l'on veut éviter sûrement les accidents ordinaires des plaies, notamment ceux des plaies veineuses.

Appareil dWvel in (j. — Beaucoup plus simple que le précédent, cet appareil se compose : l" d'un tube de caout-

KiG. 7.J. — Mise on train de la iransiusion veinoso-veineuse de bras à bras avec l'appareil d'Aveling.

chouc, long de îiO centimètres, pourvu en son milieu d'une ampoule de caoutchouc sans clapets, et portant à chaque extrémité un ajutage métallique avec robinet: 2*^ de deux canules métalliques dont le bout est taillé en gouttière. Ces canules s'adaptent hermétiquement aux ajutages.

Manuel opératoire. — Préliminaires. Les mêmes que pour l'appareil de Roussel. Le tube est exactement rempli d'eau, et les robinets sont fermés.

Procédé. — Quatre temps : 1" Mise en place des canules. Découvrir la veine médiane basilique du donneur, l'entailler avec un bistouri pointu, y introduire une canule, le bec dirigé vers la main, l'assujettir par une ligature, la remplir d'eau et la confier à un aide qui applique le doigt sur son extrémité libre pour empêcher la sortie de l'eau.

Installer de même l'autre canule dans la veine médiane basilique du récepteur, mais en dirigeant le bec vers

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lépaule. Après l'avoir remplie également d"eau, supprimer le bandage de la saignée.

2'^ Anastomose des canules. Relier les deux canules par le tube de caoutchouc, et ouvrir les deux robinets.

3" Transfusion proprement dite (fig. 75). Pendant qu'on suspend la circulation dans le tube du côté du donneur avec le pouce et l'index d'une main, comprimer doucement Tampoule avec les trois premiers doigts de l'autre main : on envoie ainsi 8 grammes de liquide dans la veine du récepteur. Suspendre la circulation dans le tube du côté du récepteur, et laisser l'ampoule s'emplir de nouveau. Comprimer alors l'ampoule , pendant qu'on arrête la circulation du côté du donneur i puis attendre la réplétion de l'ampoule, la comprimer de nouveau, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on juge la transfusion suffisante, d'après le nombre des évacuations ampullaires et, sur le vivant, d'après l'état de la respiralion ainsi que de la circulation générale.

4 ' Retrait et nettoj/age de l'appareil. Pansement.

Appareil de Ccllin. Je me contente d'en reproduire la

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figure (Hg-. 7()), parce qu'elle permet de concevoir sans peine son mode de fonctionnement.

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