RÈGLES ET MANŒUVRES DE L'OPÉRATION EN GÉNÉRAL
Hémostase préalable. — La circulation artificielle étant établie avec un liquide coloré, on cherche à perdre le moins possible de liquide coloré afin de se bien préparer à l'épargne du sang sur le vivant. On arrive à ce résultat, non plus par la seule compression digitale ou instrumentale, mais par la combinaison : 1'' soit de l'expression préalable du membre avec la bande d'arrêt (méthode d"Esmarch) , soit de l'élévation préalable du membre (une à deux minutes) avec la bande d'arrêt (méthode de Houzé de L'Aunoit), ou avec la compression digitale; 2" soit de l'expression du membre avec la ligature primitive de la ou des artères principales, ou simplement avec leur compression digitale, élastique ou instrumentale (épaule, hanche). La bande ou le tube d'arrêt s'applique toujours à distance au-dessus de la ligne d'amputation ou de désarticulation.
AMPUTATIONS ET DESARTICULATIONS 393
Mensuration de VétojJ'c du moignon. — Après avoir déterminé le point d'amputation ou de désarticulation, on le marque d'un petit ti'ait transversal avec le crayon de fuchsine, dont la pointe est trempée dans l'eau d'un godet. Il s'agit maintenant de conserver assez de peau en longueur et on largeur pour que toutes les parties sousjacentes puissent être bien recouvertes après l'opération, sans que la peau soit tiraillée par les sutures. Le simple coup d'œil ne suffit pas, à moins qu'on n'ait déjà une grande habitude.
a. Longueur. — Avec le ruban métrique on mesure la circonférence du membre au niveau du trait transversal, et l'on prend le tiers de la circonférence, c'est-à-dire le diamètre x. D'autre part, il faut tenir compte de la rétraction de la peau, qui est très variable suivant les régions et suivant les individus, mais qu'on peut évaluer à 2 ou 3 centimètres en général, quand la peau est mobile et doublée de peu de graisse ou d'un mince épiderme. Avec ces deux éléments de mensuration on a les formules suivantes pour les diverses méthodes d'amputation et de désarticulation qui seront décrites tout à l'heure.
Méth. circulaire perpendiculau-e . 1/2 .r -|- 2 à 3 c.
f d'un côté, 2/3 a- -f 2 à 3 c; Mctli. cii'cidah^e à inclinaison. . du côté oppose,
— ovalaire
— elliiJtique Vr + 2 à 3 c.
— 'i un lambeau . . . . r
— à 2 lambeaux égaux, cliac. 1/2 x -f 2 à 3 c.
— à 2 lambeaux inégaux ; l'un. 2/3, ou 3/4 a- -f 2 à 3 c.
— — — l'autre. 1/3, ou 1/4 .r -f 2 à 3 c.
Ces formules signifient simplement que, outre l'indice de rétraction de la peau, quelle que soit la méthode employée, la section de la peau ou le point le plus inférieur de cette section doit correspondre à un demi-diamètre, à deux tiers de diamètre, etc., au-dessous du trait d'amputation ou de désarticulation.
On marque la longueur de l'étoffe par un point ou par un trait, ou encore par deux traits (méthode circulaire à inclinaison et méthode à deux lambeaux).
394 0PÉR.\TI0-\S MUTILANTES
b. Largeur. — La largeur de chaque lambeau, quand on fait deux lambeaux, doit être égale au diamètre dans toute sa longueur., de sorte qu'il ait la forme d'un rectangle ou celle d'un U.
La largeur du lambeau unique doit être égale aussi, et même un peu supérieure au diamètre.
Position du sujet, des aides et de V opérateur. — Le sujet est placé ou tourné de telle façon que la partie sur laquelle on opère soit bien exposée à la lumière.
Trois aides sont nécessaires : un pour les instruments et objets demandés : un pour soutenir le membre au-dessous du point d'amputation : un placé du côté de la racine du membre, pour faire la rétraction successive de la peau et des chairs, pour relever le ou les lambeaux, etc.
L'opérateur prend la position qui lui laisse le plus de liberté dans ses mouvements, ou qui lui assure la parfaite exécution de Topérateur. Ainsi, il se met en dehors de la cuisse et du bras pour la diérèse des parties molles et de l'os ; en dehors de la jambe, pour la diérèse des parties molles, en dedans pour celle des os ; en dehors de l'avant-bras pour la diérèse des parties molles, en dehors encore pour celle des os dans la moitié inférieure ; en dedans pour celle des os dans la moitié supérieure, où le cubitus est plus volumineux et plus fixe ; en face, vers la racine du membre, pour la main et pour le pied.
Quant à son attitude, elle estindififérente, pourvue qu'elle soit correcte et sans raideur.
Diérèse des parties molles. — Méthodes et procédés opéra-
FiG. 265.
Le trait plein indique la partie vue de face, le trait pointillé indique la partie opposée.
toires. — La peau et les parties molles sous-jacentes
peuvent être divisées, soit suivant un cercle perpendiculaire ou oblique par rapport à l'os ou aux os (fig. 2(»Ji a), soit suivant un ovale pur ou un V renversé (fig. 20o b), soit suivant une ellipse (fig. 265 c), soit en forme de couvercles appelés lambeaux, constitués par la peau et le tissu sous-cutané seulement ou encore par une masse de chairs vaxiable. 11 y a ainsi quatre formes dites méthodes de diérèse : \d méthode circulaire, la méthode ovalaire, la méthode elliptique, et la méthode à lambi'aux.
Chacune de ces méthodes comprend une foule de procédés typiques. Je ne décrirai que les plus perfectionnés ou plutôt ceux dont Tapplicalion sur le vivant me parait le plus avantageuse. Le tableau suivant les résume :
A. Méthode
/ n •^■ i Pi'occdc ordinaire.
a. Procèdes k ^^ V ^ T , . V * • ! Froc.sous-periost.
.. ....uuu. ) ^'Xuf ""'^T' ^ """'*"" ' de Marc. Sée.
circulaire, i • i • • '^ J 6. Procédés ^ Procédé ordinaire.
I incunaison. / . , ^^ 1 t, . • ,
r ' a manchette ' Proc.sous-periost.
c. Procédés à fente.
B. Méthode \ Ti ■^■ ... . , i r> i .-
, . , Procède avec incision en croupière de Faraneut.
ovalaire. ' ^