‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 114 sur 214 · CO LCHIC AGEES - COLCHIQUE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

CO LCHIC AGEES - COLCHIQUE D'AUTOMNE

grand nombre de téguments rompus et déchirés. Evidemment, ce Sagou a subi l’action du feu à l’état de pâte humide.

On fabrique, avec la fécule de Pommes de terre, un Sagou factice offrant la forme et les nuances du vrai Sagou. Ce Sagou est vendu par les épiciers, sous le nom de Tajpioca perlé ; il ressemble à la fécule de Tacca , mais les grains tronqués sont un peu plus longs que dans cette dernière.

Le Sagou est plutôt un aliment qu’un médicament ; on l’emploie comme analeptique, cuit dans l’eau, dans le lait ou dans le bouillon.

COLCH ICA GEES

Colchique d’automne

Le Colchique d’ Automne (Colchicum autumnale , L.) fournit à la médecine deux substances fréquemment usitées : les Bulbes et les Semences. Les Fleurs , autrefois préconisées contre les rhumatismes, ne sont plus employées.

Bulbes de Colchique (fig. 247). — Ce bulbe est ovoïde, gros comme un marron, ridé, convexe d’un côté, qui porte vers le sommet une petite cicatrice , un peu aplati et creusé d’une rainure longitudinale de l'autre côté; il est gris jaunâtre au dehors, blanc et farineux à l’intérieur, inodore, de saveur âcre et mordicante.

Le Bulbe de Colchique est récolté d’ordinaire, vers le mois de juillet, au moment de la destruction des feuilles. Toutefois, Schroff a montré qu'il est plus actif, quand on le recueille pendant la floraison de la plante, c’est-à-dire, en automne.

Les Semences de Colchique sont globuleuses, noirâtres, rugueuses, d’un diamètre variant entre 2 et 3 millimètres et

Fio.247. — Bulbo de Colchique.

coi.chicacees

pourvues d’une strophiole, qui les rend un peu pointues; leur saveur est acre et amère ; leur odeur nulle. A l’état frais, elles ont une couleur brun pâle, qui se fonce par la dessiccation. Une sorte de matière saccharine exsude alors à leur surface, ce' qui les rend un peu gluantes et permet de les agglomérer, par la pression dans la main.

Ces semences sont dures et difficiles à pulvériser; elles sont formées par des téguments relativement minces, soudés à un albumen corné, sur l’un des côtés duquel se trouve un embryon petit, presque cylindrique, à radicule tournée vers le hile. On les préfère aux bulbes, pour les préparations officinales du Colchique (vin, mellite , oxymellite , teinture) ; elles renferment plus de Colchicine. On les prescrit contre le rhumatisme, la goutte et comme diurétiques, dans quelques hydropisies passives. Oberlin en a retiré une huile verte, qui, donnée à des Lapins, à la dose de 7 et 10 grammes, les a tués en moins de 24 heures.

Ces deux substances doivent leur activité à un principe qu’on a appelé Colchicine.

La Colchicine (C17 II19 Az O5) est un alcaloïde (?) amorphe ou cristallisé, fusible, soluble dans l’eau, l’alcool et l'éther. Elle est colorée par l’acide azotique en violet, puis en vert olive, ensuite en jaune. L’acide sulfurique la brunit. Ses sels sont précipités par le tannin et par le bichlorure de mercure. Elle est très vénéneuse, diminue et même abolit la sensibilité cutanée, agit lentement sur les muscles, qu’elle paralyse, sans crampes, ni secousses, et n’agit pas sur le cœur. Le professeur Oberlin a démontré que, sous l'influence des acides, la Colchicine se dédouble en une substance résineuse et en un corps nouveau cristallisable : la Colchicéine. Oberlin avait d’abord regardé la Colchicéine comme un toxique très violent ; mais, dans une nouvelle série d’expériences, cette substance, administrée à la dose de 5, 10, 20 et 50 centigrammes, n’apas déterminé d’accidents graves. Schroff la dit moins active que la Colchicine. Ludwig a confirmé les travaux d’Oberlin. Hübler, en complétant les travaux de ce dernier savant, a obtenu des résultats différents de ceux de LIess et

Page 1