‹ Nouveaux éléments de matière médicale (volume 2)Chapitre 124 sur 214 · ALOÈS · texte numérisé non relu

ALOÈS

Alors des Barbades ou de la Jamaïque. — Ou expédie, us ce nom, de la Jamaïque et de la Barbade, une sorte Aloès dont voici les caractères : couleur un peu hépatique, ivenant noire à la longue ; cassure terne, inégale et grenue; leur assez forte et comme iodée; poudre d’un jaune roueâtre sale, brunissant à la lumière. Cet Aloès est plus solue dans l’eau que l’ Aloès du Gap. Il est contenu dans de raudes calebasses et est fort estimé en Allemagne, ainsi ’en Angleterre. Il est produit par 1 ’Aïoe vulgaris, Larnk. i. vera, L.; A. indica, Roy le ; A. barbadensis , Mill. ; . perfoliata, var.,Ait. ; A. elongcitci, Murr. ; A. littolis , Kœn.). plante des côtes orientales et du nord de ifrique, peut-être de l’Inde, que l’on cultive en Espagne, Sicile, en Grèce et surtout aux Antilles.

Pereira en mentionne deux variétés : l’une, de qualité périeure, obtenue à froid ; l’autre inférieure, obtenue par coction ; celle-ci se distingue de la première, par son odeur . sagréable, que l'haleinc exalte et par la couleur de sa pou- 3, qui est jaune olive terne.

Les Anglais nomment Capey Barbados une variété de t Aloès, qui a une couleur noire, une cassure nette et lui— nte, à l’état récent, mais qui prend, au bout de quelques nps, les caractères de la sorte habituelle et acquiert une

^ure mate.

Ces deux sortes s’émulsionnent aisément par l’eau ; leur ution est colorée en rose violet, par le chlorure d’or ou par teinture d’iode.

Alors de Curaçao. — Les Hollandais exportent de Curaçao Aloès produit aussi par VA. vulgaris et qui no se dis— gue, dit-on, de la variété noire de l’ Aloès des Barbades e par son odeur, comparée par Oudemans à celle de la nir de nègre.

Le droguier de la Faculté de Lyon possède quatre échanlons de cet Aloès. Aucun ne ressemble à la description dessus. Ils sont formés par des masses compactes, brun irâtre, à cassure hépatique, terne et cireuse; leur poudre de couleur brun doré et leur odeur un peu comparable

LILIACEES

à celle de l’ Aloès du Gap. Dans l’un des échantillons, cet odeur est parfaitement iodée.

Aloès du Cap. — L’Aloès du Gap est fourni princip lement par les Aloe ferox , Mill.; A. spicata, L. F. A. linguæformis, D. G. {A. sulcata, S.-Dyck); A. afr cana , Mill.; A.perfoliata . L.

Il parait qu’on en retire aussi de Y A. Commelyni , \ ( A. nobilis, et A .supralævis, Haw.; A. mitræformis , Dt et des A. plicatilis, Mill.; A. arborescens , Mill.; A. pu purascens , Mill., auxquels H. Bâillon ajoute 1 A. suce trina, L.

Cet Aloès arrive, par voie anglaise, en Allemagne et France, où il est fort estimé et où on le vend, sous le ne d’ Aloès succotrin. Il a une couleur brun noirâtre, avec reflet verdâtre. Vu en masses, il est opaque; en lames mi ces, il est transparent, avec une coloration rouge toncé. cassure est brillante et vitreuse ; sa poudre jaune \erdâtr son odeur forte, tenace, peu agréable; sa saveur très amei' Il est peu soluble dans l’eau.

On prépare à Algoa-Bay, avec ICI . ferox , un Aloès se présente en masses diversement ridées et bosselées, cassure brillante, comme résineuse, et à poudre jaune "scre tre ; son odeur est celle des Aloès du Gap.

De Mossel-Bay (Gap), on exporte un Aloès hépatique cassure brillante, mais un peu cireuse et qui donne i poudre, jaune doré, un peu rougeâtre. Assez analogue a 1 Al succotrin opaque,, il en diffère par son odeur qui est celle l’ Aloès du Gap.

L’Aloès du Gap, soit translucide, soit opaque, est rat estimé en Angleterre, que les sortes de Socotora et. Barbades. On le préfère à ces dernières, sur le Contin européen.

Les Aloès de cette provenance et même ceux d’Algoa-I sont entièrement fragiles et se brisent au moindre cont; quand ils ont été conservés dans un lieu sec et chaud, plupart de ces Aloès donnent une poudre jaune verdâtre

Aloès de Natal. — On reçoit de Port-Natal une sc d’ Aloès hépatique, opaque, gris brun, à poudre jaune grisai

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contenant une matière ( Nataloïne ) analogue à l’Aloïne, mais qui s’en distingue par des caractères particuliers.

Cet Aloès dégage une odeur désagréable de sueur. Flückiger dit qu’on doit le rejeter de l’usage médicinal.

Nous avons sous les yeux un Aloès étiqueté hépatique de Zanzibar et qui est formé par une masse compacte, fraile, ayant une couleur fleur de soufre un peu grise. Sa cassure est conc'hoïdale et il a une odeur prononcée de sueur. Nous rapportons cet échantillon à l’ Aloès de Natal.

Aloès caballin. — On désignait jadis, sous ce nom, toutes les sortes d’Aloès impures et de mauvaise odeur. On les croyait exportées du Sénégal et de l’Espagne. Nous avons vu qu’on doit les attribuer au groupe des Aloès d’Aden ou de ombay, appelés Aloès noirs (Black Aloes , des Anglais). Les diverses sortes d’Aloès possèdent une odeur spéciale, lue, paraît-il, à une huile volatile,([\x\y existe, d’ailleurs, en très faible quantité : E. et H. Smith n’en ont retiré que 28 grammes, de 181 kilogr. d’Aloès. Selon E. et H. Smith, cette essence est un liquide mobile, jaune pâle, bouillant entre 266° et 271° et dont le poids spécifique est de 0,863.

Smith et Stenhouse ont extrait de l’ Aloès une substance (Aloïne) cristallisée en aiguilles prismatiques, le plus souvent groupées en étoiles, de couleur jaune soufre, d'une saveur d’abord sucrée, puis amère, peu soluble dans l’eau froide, très soluble dans l’eau bouillante et dans l’alcool.

L’Aloïne se dissout dans les alcalis. L’acide azotique bouillant la transforme en acide Chrysammique et l’acide sulfurique étendu la dédouble en glucose et Rottlérine (Rochleder). Le soluté azotique, traité par la potasse, donne un rouge splendide.

Chaque espèce d’Aloès paraît contenir un principe particulier, analogue à l’ Aloïne.

La Socaloïne (C15I11Ü07), qui provient de l’ Aloès succo- |trin. est à peine colorée par l'acide azotique et n’est pas affectée par l’action successive des acides sulfurique et j azotique. Elle cristallise en prismes aiguillés, groupés en .touffes et se dissout assez bien dans l’alcool méthylique. Une partie de Socaloïne se dissout dans 9 parties d’éther acétique,

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dans 30 parties d’alcool dilué, dans 90 parties d’eau et dans 380 parties d’éther ordinaire (Flückiger).

La Barbaloïne (C17H2ü07), que l’on retire de l’Aloès des Barbades, devient rouge cramoisi par l’acide azotique et n’est pas affectée par l’action successive des acides sulfurique et azotique. C’est le principe que nous avons étudié sous le nom d’Aloïne.

La Nataloïne (Gl6Hls07), extraite de l’Aloès de Natal, est en tables rectangulaires, à angles souvent tronqués. L’acide azotique la colore en rouge cramoisi et la transforme en acides picrique et oxalique; elle est colorée en bleu par l’action successive des acides sulfurique et azotique. Elle se dissout dans 60 parties d’alcool éthylique, 35 parties d’alcool méthvlique, 50 parties d’éther acétique, 230 parties d’alcool absolu et 1236 parties d’éther (Flückiger).

Groves a trouvé un moyen facile d’extraire l’Aloïne cristallisée (v. I’Officine, deborvault, 10° éd., p. 247).

E. Robiquet a obtenu de l’Aloès un principe amorphe, qu’il nomme Aloètine (CiüHi4010, F. Robiquet), et qui, dit-il, est une véritable matière colorante.

L’aloïne de Groves, étant séchée avec soin, ne parait paf susceptible de s’altérer; mais, si ses cristaux sont humide? et placés dans un air moyennement chaud, elle s’oxyde rapidement et prend l’apparence de l’Aloès, d’où on l’a extraite L’aloïne ne paraît purgative qu’après avoir subi cette altération; elle ne semble donc pas devoir remplacer, en thérapeutique, l'Aloès de bonne qualité, et sa préparation comme médicament, n’a pas de raison d’être, au mofn;

jusqu a ce jour.

L'Aloès est un purgatif, dont l’action paraît s’exercer su le gros intestin, qu'il irrite assez fortement, pour amené une distension des vaisseaux hémorrhoïdaux. Ses effets ne s montrent, chez l’homme, que cinq à six heures après l’ingestion et se caractérisent par l’évacuation d’une grand quantité de bile. C’est sans doute à une action de voisinage que l’Aloès doit d’agir comme emménagogue et d’être u: excitant génésique. On l’administre en poudre, en pilules

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il teinture. Il entre dans lin grand nombre de médicaments omposés.

Selon Pereira, l’Aloès socotrin semble moins irritant que Aloès des Barbades.

SM ILACEES

Ce groupe ne fournit qu’une substance importante : la ’alsepareüle.Le s autres n’offrent aucun intérêt; elles sont ombées en désuétude et ne sont même pas citées par beauoup d’auteurs Anglais ou Allemands. Nous en dirons seunnent quelques mots.

Turions ou Pointes d’Asperges. — Les pointes d’ Asperges mt les jeunes pousses de Y Asparagus of ficinalis, L., lante d’Europe cultivée en grand, pour l’usage alimentaire, 'es turions sont formés par un axe riche en parenchyme, ni porte des feuilles courtes, triangulaires, écailleuses, étroiiment apprimées.

Les turions d’Asperges sont employés surtout comme amestibles. Ils possèdent la propriété de ralentir les mouements du cœur. Pour l’usage médicinal, on peut les remlacer par ceux de VA. scaber. Brig. ( A . amarus, DC.: 1 .marinus, Glus.), qui vit dans les régions maritimes du lidi. Le docteur Allen Dedrick attribue leur action à un prin- :pe de l’ordre des Amicles nommé Asparagine (C4H8Az2Q3 - H2 O). Mais, selon Falck et Jacobi, l’Asparagine n’exerce u’une action très faible sur l’économie. On la trouve, 'ailleurs, très abondamment dans les racines de Guimauve, o Réglisse, etc., et l’on n’a jamais signalé, chez ces racines, js vertus sédatives des turions d’Asperge.

L’Asperge est aussi un diurétique, mais c’est un diurétiue excitant, capable parfois d’irriter les reins et les voies |rinaires, au point de produire l’effet inverse (Gubler).

Le Rhizome d' Asperge, improprement appelé Racine cl' A s- \erge , est gros comme le pouce, écailleux, charnu, raîeux. Il porte un grand nombre de racines fasciculées, rises au dehors, blanches au dedans, molles, glutineuses t d’une saveur douce.

SMILACÉES

A l’état sec, la racine d'Asperge se compose d’une soucli « presque horizontale, brunâtre, couverte d’écailles, à peu pré I grosse comme le petit doigt et portant de nombreuses radi g celles plus ou moins emmêlées, longues, ridées, flasque; | d’un gris brunâtre.

La coupe transversale du rhizhome est ellipsoïde, brun< lacuneuse vers l’extérieur, ligneuse en dedans; celle d( radicelles montre un méditullium ligneux, offrant 2 ou 3cei clés de vaisseaux et entouré par une écorce, dont le parer chyme est creusé de lacunes.

La racine d’Asperge faisait partie des Cinq Racines aqn ritives.

La Racine de Petit-Houx est le rhizome du Fragon ( Petit-Houx ( Ruscus acule atus, L.), plante dos bois ( midi et du centre de l’Europe. Ce rhizome, à l’état frai est blanchâtre, gros comme le petit doigt, noueux, articul annelé, garni inférieurement de racines blanches et 1

gneuses.

lia

A l’état sec, la racine de Petit -Houx a une légère ode térébinthacée ; sa saveur est douce et amère.

Elle se présente sous forme de tronçons longs de 5 10 centimètres, épais de 5- 10 millimètres, d’un gris jaunâtr | marqués de nombreux anneaux frangés, très rapprocht Leur face supérieure offre les impressions circulaires d tiges disparues ; leur face inférieure porte des racines a ventives grises, ridées, de 2-3 millimètres d’épaisseur, dont la portion corticale, cornée, est plus épaisse que méditullium ligneux.

C’est une des Cinq Racines apê ritives des ancienr Pharmacopées.

Les Fleurs du Muguet ( Convallaria maialis, L.) servait autrefois à faire une eau distillée, réputée antispasmodiqi

Ces fleurs sont blanches, urcéolées, disposées en grappe douées d'une odeur suave. La poudre des fleurs et celle ( racines sont sternutatoires.

Le Muguet contient deux glucosides offrant des pi

priétés bien différentes, la Convallarine et la Convallam

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