MUGUET. SCEAU DE SALOMON
La Convallarine (G34 H62 O44, Walz) est retirée de pxtrait alcoolique de la plante entière, préalablement deschée et pulvérisée. Elle cristallise en prismes rectangulaires ■oits, à peu près insolubles dans l’eau, à laquelle ils commuquent pourtant une saveur désagréable. Les acides dilués, nuillants, la dédoublent en sucre et en Convallarètine l14 H86 O3) : cette dernière se présente en masses cristalnes, solubles dans l’éther.
La Convallarine est un purgatif drastique, analogue à la ammonée. Elle existe surtout dans les feuilles et dans les tizomes.
La Convall amariné est une substance amorphe, pulvélilente, de saveur amère, soluble dans l’eau, dans l’alcool, ins l’alcool méthylique et amylique, dans l’éther, le chloro- Jrme. L’acide sulfurique concentré la dissout : la solution, •abord jaune, puis rouge brunâtre, devient violette par audition d’eau. Les acides dilués, bouillants, dédoublent la lonvallamarine en sucre et en Convallamarétine . fi La Convallamarine existe surtout dans les fleurs du Mu- | et. Elle reste, mais en petite quantité, dans le résidu delà l'épuration de la Convallarine, lorsque celle-ci a été préci- Itée de l'extrait alcoolique, par l’eau. On l’extrait exclusive lent de l’extrait aqueux. Elle possède une action cardiaqne I déniable et se range parmi les poisons du cœur, à côté de I Digitale. On ne la prescrit guère à l’état pur.
I Le Muguet est administré sous forme d 'extrait aqueux,
I lui-ci étant à peu près dépourvu de Convallarine. On lût rejeter l’extrait alcoolique, riche, au contraire, en lonvallarine et qui est un drastique puissant, comme on
II vu plus haut.
| Le Rhizome de Sceau de Salomon ( Polygonatum vulgare , lesf.) est légèrement astringent et vomitif; on l’a employé l)mme vulnéraire et aussi comme antigoutteux. Les baies |3 cette plante sont nauséuses, émétiques et purgatives.
P La racine du Ripogonum parti fiorum, R. Br., est emj lovée comme succédané de la Salsepareille, dans la Nouvelle- ■ élande.
I C’est aux Smilacées qu'appartient le Dragonnier {Dr a-
SMILACEES
Ccvna Draco, L.), dont nous avons parlé, à propos du Sang-
Dragon.
Salsepareilles
On nomme Salsepareille , dans le commerce, les racines de plusieurs Smilax fournies exclusivement par l’Amérique quoique des plantes de même genre croissent aussi dans J/l régions chaudes de l’Asie et de l’Afrique et même dans h région méditerranéenne, en Europe.
Le nom de Salsepareille vient de l’espagnol Zarzc (plante rampante épineuse) et Parilla (petite vigne).
Bien que les racines de ce nom soient entrées, depuis plusieurs siècles, dans la pratique médicale, l’origine de 1;| plupart d entre elles n’est pas encore bien connue. Sauf pou: T les sortes appelées Vera-Cruz et Jamaïque vraie , on nJ sait pas davantage le nom spécifique du Smilax . qui produi une sorte déterminée de Salsepareille. Enfin, il est rare qu’une même sorte soit décrite, par les auteurs, avec mv précision suffisante, pour qu'on ne puisse la confondre aveq une sorte voisine. Aussi, le plus souvent, est -il difficile d rapporter une Salsepareille donnée à une sorte commercial bien définie.
L’aspect extérieur, l’épaisseur relative de l’écorce et dt bois, le mode d’emballage, etc., ne fournissent pas toujours de caractères assez tranches. Lela se comprend d’autant mieux que les Salsepareilles sont surtout désignées par le nom d> port d’embarquement. Comme d’ailleurs, il existe, en Amé rique, plus de cent espèces de Smilax, il est naturel dépense que chaque sorte commerciale est fournie par plusieurs es
pèces du même genre. On s’explique ainsi pourquoi l’o: j
^ X A pvwi ijuui A. \J. ■
trou\e, dans un méîhe ballot, parfois aussi dans un mèm | paquet , des racines offrant des caractères opposés. D’u: autre côté, la plupart des différences observées, entre le diverses sortes, doivent tenir a diverses causes indépendante de la nature de l’espèce productrice. Telles sont : l\àge de racines, l’époque de leur récolte, le terrain dans lequel elle ont poussé, les soins donnés à leur choix, au triage, à la des
SALSEPAREILLES
iiccation, à l’emballage, enlin la bonne ou la mauvaise foi les gens qui s’occupent de ce commerce.
Les racines des Salse- >areilles sont tantôt déwurvues, tantôt pourvues le leur souche et, dans ;e cas, encore munies de ronçons de tige.
Ces racines sont cylin- Iriques, plus ou moins illonnées , épaisses de mm,5 à 3 millim : rarement leur diamètre transversal s’élève à 6 millim.; eur couleur varie du :ris jaunâtre au rouge et u brun ; elles peuvent tre nues ou garnies de ad icelles.
Examinée sur une coupe ransversale, la racine de Salsepareille, quelle que oit d’ailleurs son espèce, e montre composée de rois zones distinctes : une xtérieure ou corticale, ne médiane ou ligneuse,
me centrale OU medul - Fto. 2ô~>. — Salsepareille. Jamaïque allemande; Ûre (fl0- 955 coupe transversale *.
vt o 0 ne corticale est bornée eu dehors, par une couche simple u mu tiple dj cellules jaunes ou brun jaunâtre, rarement arrondies, us souvent allongées dans le sens du rayon, à lumen généralement xcentrique et à parois surtout très épaisses du côté externe. Cette ouc e, que les botanistes allemands appellent Èpiblëma , semble pouoir ctie rapportée à ce tissu protecteur du parenchyme cortical,
ï" pul,oachy'I1!!- - ce) Gaucho corticale. - k) Kernscheidc. - /I) Fibres “ , v". Vaisseaux. — l) Tissu ligneux. — cm) Cellules médullaires pénétrant
ans te bois et isolant presque un vaisseau. — /(') Fibres ligneuses grossies.
SMILACÉES
que l’on nomme le Collenchyme et que H. Bâillon appelle le sous- Epiderme. Elle est d’ordinaire nue, et constitue seule la membrane extérieure de l’écorce; rarement elle est recouverte par les débris d’un suber, qui n’existe guère que dans le creux des rides, et par quelques cellules épidermiques assez grandes, renflées et épaissies en dehors, très minces sur les côtés.
Les cellules du parenchyme cortical sont tantôt arrondies ou ovales, gorgées de fécule et laissent entre elles de nombreux méats ; tantôt plus ou moins déprimées, irrégulières et à peu près vides, ou contenant de l’amidon désagrégé. Leur dimension est plus grande, vers le milieu de l’écorce, qu’au voisinage de ses bords, soit interne, soit externe.
2° La zone ligneuse est séparée de l’écorce, par une couche simple de cellules jaunâtres, à parois tantôt uniformément épaissies, tantôt plus minces en dehors et alors plus épaisses en dedans ou sur les côtés. Ces cellules, dont l'ensemble constitue la Kernscheide 1 (Schleideu). sont, tantôt à peu près carrées , tantôt à peu près rectangulaires et alors à direction, soit tangentielle, soit radiale ; quelquefois même elles sont cunéiformes. Leur forme n'est pas constante d’une manière absolue et parfois, sur une même coupe, quelques-unes sont carrées, d’autres tangentielles, d'autres enfin sensiblement radiales. Néanmoins, on constate, même alors, que l’une ou l'autre de ces formes prédomine et c’est ce qui permet de dire que, dans une Salsepareille donnée, les cellules de la Kernscheide sont radiales, carrées, etc. Aussi leur attribue-t-on une grande importance, au point de vue de la détermination des Salsepareilles.
Le bois proprement dit est formé de trois éléments: fibres, vaisseaux, amas de tissu cribreux.
Les fibres sont généralement épaisses, au voisinage delà Kernscbeide; elles sont tantôt assez minces, tantôt épaisses et marquées de stries transversales ou circulaires; leur forme est arrondis ou ovale et alors ordinairement tangentielle, sauf au voisinage des vaisseaux.
Les vaisseaux sont irrégulièrement cylindriques, plus ou moins nombreux, toujours disposés en séries radiales.
Les amas de tissu cribreux sont arrondis ou ovoïdes allongés et situés dans l'intervalle des séries vasculaires; leurs éléments sont d'autant plus étroits, qu’ils sont plus extérieurs.
3° La moelle est constituée par des cellules arrondies, féculentes, laissant entre elles de nombreux méats. Elle renferme parfois quelques vaisseaux isolés ou réunis en un petit groupe ; ces vaisseaux sont toujours entourés par une seule couche de fibres étroites et dont la section est à peu prés linéaire.
i Ce mot, qui signifie gaine du noyau , pourrait être traduit par la phrase ! enveloppe protectrice du corps ligneux. Nous avons préféré le mot allemand, en raison de sa simplicité.
SALSEPAREILLES
Le tissu ligneux et la moelle ont (les dimensions relatives, qu’il importe de noter: ainsi, le rayon de la moelle peut être plus grand ou plus petit que celui du bois, ou bien ces deux parties peuvent être égales. Nous verrons plus loin, que les Salsepareilles Garaque et du Brésil se distinguent par la minceur de leur zone ligneuse, tandis que les Honduras, les. Jamaïque, etc., ont cette même zone proportionnellement très épaisse.
La classification des Salsepareilles en' groupes a été tentée par Pereira, Schleiden et Berg. Ces trois auteurs se sont basés sur les caractères extérieurs et sur la structure anatomique. Schleiden a pris, en outre, pour point de départ, la provenance de ces racines.
Hanbury les divise en Salsepareilles farineuses et Salsepareilles non farineuses. Cette division est commode, mais ne semble pas avoir grande valeur. Il arrive parfois, en effet, que, dans une même racine, certaines parties sont épaisses et féculentes, tandis que d’autres sont sèches et maigres.
Les Salsepareilles commerciales sont récoltées dans une zone, qui s’étend du Mexique inclus à la partie du Brésil arrosée par le fleuve des Amazones et ses afiluents. A l’exemple de Schleiden, nous les diviserons en Salsepareilles du Mexique, du Centre-Amérique et du Sud-Amérique.