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PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DU TÉRÈBENTHÉNE

On l'a administrée comme anthelminthique, et il est certain qu’elle a des propriétés vermifuges incontestables ; mais la vive irritation qu’elle détermine, sur la muqueuse gastro intestinale, doit en faire proscrire l’usage, d’autant plus que la plupart des autres anthelminthiques sont mieux supportés, tout en possédant une activité au moins aussi grande.

Préconisée contre le catarrhe de la vessie, elle a donné des résultats favorables; mais seulement à la condition que la dose en soit peu élevée. A haute dose (8 gr.), elle devient irritante et peut même provoquer de l’hématurie.

L’efficacité de l’essence de Térébenthine, contre les névralgies et principalement contre la sciatique, a été constatée par beaucoup d’observateurs ; mais la cause de cette efficacité est encore difficile à expliquer, à moins qu’on ne la rapporte à ce fait bien constaté, que l’essence diminue l’excitabilité du système nerveux central.

Les récentes observations cliniques, faites par Lépine et par G. Sée, avec la Terpine, permettent de comprendre l'aclion favorable de l’essence ingérée direclement ou en inhalations, contre les catarrhes bronchiques, non fébriles, et contre les processus putrides des poumons. Les bons résultats obtenus, par l’emploi de l’essence, contre ces affecti >ns, trouvent leur explication dans le fait, observé par Rossbach, que l’inspiration d’air térébenthiné, diminue la sécrétion bronchique, (liiez un animal trachéotomisé, Rossbach vit les vaisseaux de la muqueuse se contracter, tandis que cette membrane s’anémiait et devenait sèche ; cet état durait pendant un certain temps. On conçoit donc que l’essence doit avoir un effet plus utile, quand elle est inhalée, que lorsqu’elle est ingérée. Au reste, il semble démontré que les pulvérisations de vapeur d'eau mêlée d’essence réussissent mieux que celles que l’on pratique avec l’essence pure.

Injectée dans le sang, l’essence de Térébenthine lui fait subir des altérations prononcées, détermine des embolies des capillaires pulmonaires et produit des atélectasies étendues, tandis que 5 gr. d’essence introduits dans l'estomac provoquent, comme on l’a vu, des altérations gastro intestinales, qui retentissent sur le système nerveux.

L'action de l’essence est donc très différente, selon le mode d’administration.

Quanta ses effets généraux, sur l’économie, l’observation montre que l'essence de Térébentine fait diminuer V excitabilité dit, système nerveux central , celle des appareils respiratoire et circulatoire et abaisse la température (Rosbach).

L’essence de Térébenthine est administrée sous forme d'émulsion ou de capsules, à la dose de 0,3 à 1 ,0 par dose et de 5 gr. environ par jour.

On prescrit parfois, sous le nom de Térébenthine cuite , une préparation obtenue en faisant bouillir dans l’eau la

Térébenthine commune, jusqu’à ce qu’elle ait acquis une consistance pilulaire. Cette préparation, qui paraît devoir ses propriétés à la petite quantité d’essence qu’elle conserve, est employée contre le catarrhe de la vessie.

Terpine. — L’action fâcheuse, exercée sur l’appareil digestif, par l’essence de Térébenthine, a porté les médecins à rechercher un dérivé de celte substance, pouvant lui être substitué. Lépine, professeur de clinique médicale à la Faculté de Lyon, a, le premier, employé la Terpine dans les bronchites et dans quelques cas de néphrite chronique. Selon lui, la Terpine augmente, mais fluidifie la sécrétion bronchique : c'est un expectorant, en même temps qu'un modificateur de la sécrétion ; ses effets, sur le cœur, le système nerveux, le tube digestif, sont nuis. Son inconvénient serait la stimulation énergique, qu'elle exerce sur le rein; mais, à dose faible, elle agit comme un diurétique puissant. Enfin, elle donne de bons résultats comme emménagogue et contre diverses affections nerveuses.

Injectée à la dose de 50 centigr., chez un Chien, elle a produit un peu d’albuminurie et d’hématurie. A la dose de 3 grammes, elle a déterminé, chez un autre Chien, l'accélération des mouvements respiratoires, de la fièvre, de l’albuminurie: l'animal est mort le 3e jour, après une hématurie abondante. A l’autopsie, on a trouvé les reins congestionnés, la muqueuse stomacale congestionnée et ulcérée; les poumons étaient Je siège d’hémorrhagies punctiformes.

Les faits énoncés par Lépine ont été contestés par Guelpa et par Dujardin-Beaumetz.

Selon Guelpa, la Terpine, même à doses élevées, n’exerce aucune action sur l’appareil respirât jire ; pour qu’elle produise des accidents graves, il faudrait en donner au moins 2 grammes, par kilogr. d’animal, c’est-à-dire, 50 grammes par animal pesant 25 kilogr. La Terpine produirait, au reste, des troubles digestifs, comme la Térébenthine.

En faisant connaître les propriétés de l'essence de Térébenthine, d'après Rossbach, nous avons indiqué la différence des effets produits, selon que l'on injecte l'essence ou qu’on l’introduit dans l’estomac. Il est donc à croire que les différences observées tiennent au mode d’intromission de la Terpine, celle-ci paraissant agir comme l’essence de térébenthine, quand on l’emploie en injection et à dose élevée, mais offrant les avantages de cette dernière, sans en avoir les inconvénients, quand on l’introduit dans l’estomac.

G. Sée, reprenant les recherches de Lépine, semble avoir mieux précisé le mode d’action de la Terpine, qu’il a surtout employée comme anlisécrétoire. G. Sée a jugé la Terpine préférable- au Terpinol, à cause de la saveur désagréable de ce dernier, qui ne peut être prescrit, pour celte raison, que sous forme de capsules ou associé au benzoate de soude. Il a administré la Terpine, soit en pilules de 1 décigr., soit en dissolution dans l’alcool ( Terpine , 10; alcool à 85,150; eau, 100),

PROPRIETES DE LA TERPINE ET DU TERPINOL

qu’il fait prendre pendant le repas, aux doses de 2 pilules par repas, ou d'une cuillérée de solution. La dose, pour 24 heures, est d’abord de 60 centigr., que l’on augmente successivement, jusqu’à 90 centigr. et même 1 gr. 20.

Après avoir fait connaître les résultats obtenus contre la phthisie catarrhale, l’hémoptysie, les catarrhes bronchiques, G. Sée établit une comparaison entre les effets de la Terpine et de l’essence de Térébenthine. Ces effets sont les mêmes ; mais la Terpine est beaucoup plus active, surtout plus inoffensive, bien qu’elle agisse plus rapidement, et elle ne présente aucun des inconvénients de l’essence de Térébenthine.

« Introduites dans l’estomac, les capsules térébenthinées produisent un goût âcre de cuisson, la salivation, avec la sécheresse de la muqueuse buccale, de l’inappétence, avec des malaises, des nausées et même des vomissements, des coliques et souvent de la diarrhée. » Après l’ingestion des pilules de Terpine, aucun malade n’a accusé de sensation désagréable et il n'est survenu aucun trouble intestinal, même, quand le remède était continué pendant plusieurs semaines. La solution alcoolique a seule provoqué, mais rarement, un peu de répugnance. Voici le résumé des conclusions de G. Sée :

La Terpine est un modificateur énergique de la muqueuse respiratoire et un antisécrétoire puissant.

1° Elle diminue et tarit rapidement l'expectoration purulente, dans les formes catarrhales de la phthisie.

2° Elle sera employée avec succès, dans les hémoptysies de la tuberculose commençante.

3» Elle amoindrit l’hypersécrétion bronchique, dans le traitement des catarrhes pulmonaires et dans les bronchites chroniques, indépendantes de l’asthme.

4° Son action prompte, sûre et exempte d’inconvénients physiologiques, doit la faire préférer aux diverses préparations térébenthinées, à celle du goudron et des bourgeons de Sapin ; elle présente même des avantages sur la créosote, à cause de son innocuité et de sa facile digestibilité.

Terpinol. — On a vu que les résultats obtenus par Lépine ont été contestés par Guelpa, qui a proposé de lui substituer le Terpinol. Celte substance, étudiée par Dujardin-Beaumetz, a donné lieu aux observations suivantes :

Le Terpinol peut être pris en capsules dosées à 10 centigr.

Il s'élimine principalement par la voie pulmonaire et communique à l'air expiré une odeur de Jacinthe, qui peut persister pendant 24 heures. Il provoque alors une sensation de chaleur et comme de constriction, avec une certaine hyperhémie à l'arrière-gorge, à l’entrée du larynx.

Employé contre la toux symptomatique du catarrhe bronchique simple, il paraît avoir agi favorablement.

Le Terpinol est inoffensif, même à doses élevées : les Lapines, les Cobayes et les Poules ont pu en absorber 6 [grammes en un jour, sans aucune incommodité.

Il est à peu près sans action sur les organes génito-urinaires.

La haule compétence de Dujardiu-Beaumetz doit rendre très circonspect, dans le jugement de la question. Il semble, toutefois, que l’innocuité de laTerpine, sa facile ingestion, sous forme pilulaire surtout, et le défaut d'inconvénients physiologiques, résultant de cette ingestion, doivent, jusqu’à preuve centraire, la faire préférer au Terpiuol, à cause du goût désagréable de cet agent.

Nous avons dit que la Térébenthine, distillée pour en séparer l’essence, laisse dans la cucurbite, comme résidu, une matière résineuse, appelée Colophane , Brai sec . Arcanson. Cette matière est connue, dans le commerce anglais, sous le nom de Résine jaune (Yelloio Rosin). Quand elle est privée d’eau, les Anglais la nomment Résine transparente ; soumise à l’action de la chaleur, elle acquiert une couleur foncée : les Anglais l’appellent alors Résine noire (Black Rosin). On l’obtient aussi, comme résidu, de la distillation du Galipot. La Colophane de cette provenance est appelée, par Holmes, Colophane fausse (F aise Colophony).

La Colophane est une substance solide à froid, vitreuse, transparente, à peu près inodore, mais dégageant une odeur résineuse, quand onia broie. Elle a une cassure conchoïdale ; sa poudre est blanche. Elle se ramollit à 70°, fonda 135°, en formant un liquide clair, qui brunit, quand la température est portée à 150°; elle se décompose peu à peu, à une chaleur plus élevée, en donnant de la Colophonone , du Térébène , une huile oxygénée visqueuse, des gaz (acide Carbolique, etc.) et une matière charbonneuse. Sa densité est de i ,07.

Elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’acétone, la benzine, l’éther, les huiles fixes et volatiles et dans 8 parties d’alcool à 88° : l’addition d’un alcali dans l’alcool augmente sa solubilité.

La Colophane a pour formule C44H62 04. Mise en poudre grossière et agitée ensuite avec de l’alcool dilué, tiède, elle s’hydrate et se transforme en un corps cristallin, Y acide

La Colophane n’est guère employée qu’à l’extérieur, sous

Abiètique : G44 H64 O5 (Flückiger).

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